Livourne, 22 avril 1839, in-folio, [2] pp. n. ch., couvertes d'une écriture moyenne et très lisible, en feuille.
Reference : 245528
Amusante correspondance émanant du Sétois Gracchus Bouilhon, ancien babouviste, neveu d'André Pons de l'Hérault, et, comme son prénom l'indique, fort dans les sentiments de son oncle pendant la période révolutionnaire. On est très peu renseigné sur lui (même son nom de baptême demeure inconnu).André Pons de l'Hérault (1772-1853), célèbre pour son rôle dans l'administration de l'île d'Elbe, avait en effet épousé le 5 juin 1802 Marguerite-Catherine-Rosalie Bouilhon (1775-1848), et le rédacteur doit figurer parmi les fils de son frère. "Mon cher oncle, J'espère que vous serez arrivé à bon port port à Gênes, après avoir passé dans le paquebot une nuit assez paisible pour vous laisser le loisir de crayonner quelques portraits et de faire quelques observations propres à augmenter l'intérêt public pour la relation de votre voyage, lorsque vous le publierez".En-dehors d'une commission effectuée pour le compte d'un certain capitaine Baldanzi, présenté comme responsable d'un "lazaret Saint-Jacques" (?), toute la missive tourne autour d'une pressante demande d'argent (300 francs quand même), nécessaire avant la fin du mois, et évidemment présentée comme exceptionnelle et inhabituelle de la part d'un neveu attentionné qui "depuis l'âge de 15 ans s'est passé des secours de ses parents"... Néanmoins, à sec, à la suite de mauvaises affaires semble t-il, le cher homme chante la nénie : "J'ai dû, en quittant les affaires, sacrifier la dot de ma femme, le pain de mes enfants (...). Le peu que j'ai pu sauver du naufrage est employé dans mon exploitation agricole, d'où provient précisément la gêne dans laquelle je me trouve présentement, ayant dû faire de fortes avances en grains & à mes paysans"... Et les pleurs de saisir le lecteur.On trouve au recto du second feuillet le brouillon de la réponse du destinataire, qui ne se laisse nullement conter par les jérémiades de son dispendieux parent (rappelons qu'il avait déjà intercédé pour lui en 1797 lors de la Conspiration des Égaux) : "Mon cher neveu, ta lettre du 22 de ce mois, à laquelle je réponds, m'a affligé, et m'affligera encore beaucoup (...). J'ai passé par toutes les épreuves de la vie. Je sais combien il est cruel de demander : je sais aussi combien il est cruel de refuser. Ici ce n'est pas un refus, c'est une impossibilité". - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
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