S.l. [Reims], s.d. in-8, [31] pp. mal chiffrées 30 (il y a deux pages chiffrées 12), couvertes d'une écriture moyenne, régulière, très lisible, avec de nombreuses ratures et biffures, en feuilles sur papier de récupération. Feuillets de hauteur différente.
Reference : 239875
La critique externe indique que l'on a affaire au brouillon d'un article ou d'une communication, probablement destinée à Cols bleus d'après ce que l'on sait des contributions de l'auteur à ce périodique de la Marine nationale, donc rédigé après la Seconde guerre mondiale. Il s'agit là d'un des très nombreux textes composés pendant et après son service actif par le médecin de la marine Albéric Bartet (7 août 1871-20 février 1968), fils de l'officier d'infanterie de marine Joseph-Désiré Bartet (1841-10 avril 1893), et entré à son tour dans la marine nationale en 1893. Devenu médecin principal le 11 octobre 1914, il servit d'abord sur le cuirassé Ernest-Renan (lancé en mars 1906), puis, après une période de trois mois à Rochefort, fut appelé sur le vieux cuirassé Jauréguiberry (mis en service depuis déjà 1893) jusqu'à la fin de 1916. C'est sur ce navire qu'il participa et à l'opération des Dardanelles, et ensuite aux missions de l'escadre de Syrie.Le début du manuscrit plante exactement le contexte :"Tandis que, vers la mi-février 1915, commençaient aux Dardanelles les premières opérations navales du blocus de ce détroit (...), il s'organisait à Bizerte une escadre dite de Syrie ou encore troisième escadre placée sous le commandement du vice-amiral Dartige du Fournet. Elle comprenait deux divisions, la première composée du cuirassé Saint-Louis (pavillon du vice-amiral) et du croiseur D'Entrecasteaux (déjà dans le Canal de Suez) ; et la deuxième composée des cuirassés Jauréguiberry et Henri-IV. Le Jauréguiberry sur lequel j'embarquai le 16 février était commandé par le capitaine de vaisseau [Auguste-René] Beaussant (devenu vice-amiral). C'était le plus vieux cuirassé de notre flotte. Il datait de 1893 où son apparition avait fait sensation par les installations permettant le fonctionnement électrique de son artillerie".Suit, comme dans les carnets de l'auteur, mais de façon très résumée, un éphéméride des activités du Jauréguiberry, depuis le 20 février 1915 jusqu'au 15 juin de la même année. Bartet s'est évidemment servi des notations au jour le jour de ses carnets pour rédiger une synthèse lisible, destinée à un public averti, mais pour lequel cette lointaine expédition devait se trouver en partie oblitérée. Ce sont les opérations et leurs (maigres) résultats qui occupent l'essentiel de la relation, mais notre médecin n'a pas renoncé aux coups de griffe qu'il affectionnait particulièrement ; en témoigne ce portrait acidulé du contre-amiral Émile Guépratte : "Le 1er avril, l'amiral vient passer l'inspection du Jauré. Il est dit que l'amiral est très à cheval sur la tenue des bâtiments. Très formaliste et très militaire, il attache une grande importance à l'exécution correcte du salut du même nom .. Grand, élancé, vêtu de noir kaki impeccable, à jolies pattes d'épaules et orné de la seule croix de la Légion d'Honneur, il a, malgré sa moustache et sa barbe grisonnantes, positivement l'allure d'un sous-lieutenant". Le tragique de la situation à terre , la crainte des sous-marins allemands, les incidents parfois fort graves affectant le navire (par exemple, un obus turc de gros calibre atteignant le pont principal le 5 mai) sont bien mis en relief et confirment par ailleurs ce que tous les témoignages français et anglais ont pu établir. Les incohérences du commandement ne sont pas épargnées : "L'amiral aurait télégraphié à Paris pour nous garder un mois encore, afin d'aller voir la 'ville promise' selon son expression favorite, c'est-à-dire Constantinople. Or, il y a quelque temps, il avait adressé une dépêche concernant l'impossibilité de garder ce cuirassé sans le sacrifier inutilement, vu les défauts dus à son ancienneté". Heureusement, avec la mutation de Guépratte nommé à Bizerte, et son remplacement au commandement de l'escadre des Dardanelles par le vice-amiral Ernest-Eugène Nicol (annoncés le 14 mai), le Jauréguiberry sera affecté à la surveillance des côtes de Syrie en application du blocus franco-anglais de l'Empire ottoman, ce qui constitue une mission nettement moins périlleuse. Après un dernier et risqué appareillage pour Gallipoli (le 23 mai), Guépratte vint faire ses adieux au navire (le 15 juin) : "Il traverse ses anciens appartements dévastés [par l'obus du 5 mai], regrette son salon et sa chambre - mais non sa salle à manger. Il me demande la photographie de 'son trou' (sic). Il se rend à l'infirmerie et dans les carrés ... il nous parle de l'éventualité de nous revoir". Le texte se termine sur ce départ, mais il manque probablement un ou deux ff. (la dernière phrase est interrompue). - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Librairie Historique Fabrice Teissèdre
M. Fabrice Teissèdre
lecurieux@teissedre-librairie.fr
06 46 54 64 48
Conditions de vente conformes au règlement du SLAM et aux usages de la LILA (ILAB). Les frais de port et d'assurance sont à la charge du client. Les envois sont effectués en colissimo contre-signature ou DHL. Règlement par chèque, virement bancaire. Pour un règlement par carte bancaire (Visa, Mastercard), un lien de paiement sécurisé (via Lyf), vous sera envoyé par mail.