Leyde, Joannis Lindani, 1680 ; in-8 de [6] ff., 223 pp., [2] ff., maroquin rouge de la fin du XVIIIe siècle, trois filets dorés en encadrement avec pastille aux angles, dos lisse orné, roulette intérieure, tranches dorées.
Reference : 1168
Édition originale rare de cet ouvrage licencieux d’Adrian Beverland (1650-1716), humaniste hollandais qui provoqua quelques remous dans la sévère société huguenote de l’époque. Pas plus chaste que le Peccatum originale (Du péché originel), publié deux ans plus tôt et immédiatement brûlé par la main du bourreau, cette étude traite du célibat des prêtres et de la séduction des femmes. Condamné par le tribunal de l’Université de Leyde, l’auteur fut contraint à l’exil et trouva refuge à Londres, où il finit ses jours dans une profonde détresse.Exemplaire du libraire et bibliophile Antoine-Augustin Renouard (ex-libris, cat. 1819, I, p. 127, et 1853, nº 195), cité par Brunet. D’après une note manuscrite cabalistique (W830 Beverland) où l’on croit reconnaître l’écriture de notre père-expert Christian Galantaris, le volume aurait par la suite appartenu au général Jacques Willems, fils du bibliographe des Elzeviers, président de la Société royale des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique dont Pierre Berès acheta la bibliothèque dans les années 1970.Exemplaire de choix, dans une fine reliure en maroquin attribuable à Derome. Dos très légèrement passé, quelques légères rousseurs, un ex-libris arraché sur une garde.
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Leyde, Joan. Lindanus, 1680; suivi de [BEVERLAND (A.)] Peccatum originale…Philologice Problematicos elucubratum a Themidis Alumno…Eleutheropoli, Extra plateam obscuram, sine privilegio Auctoris, absque Ubi et Quando ( in fine: Typis Adami Evae Terae filii, 1678); 2 ouvrages en 1 vol. in-12, vélin ivoire, filets dorés, tranches jaspées. (Reliure de l’époque). "1/ 6 ff.n.ch., 223 pp., 4 pp. n.ch., 1 p. blanche.EDITION ORIGINALE. Voir Gay I, 819.- D. Clément. Biblioth. curieuse III, 270.- Brunet I, 837. « Adrien Beverland est un personnage singulier à plusieurs égards. Vivant en Hollande, au milieu d’une société rigide et calviniste, il lâcha la bride à l’indépendance e sa pensée ; il traita hardiment des questions scabreuses…il fit scandale, et le zèle des défenseurs de la morale, des soutiens de l’orthodoxie, se déchaîna contre lui » G. Brunet ( préface de la réédition Malassis d’un texte de Beverland). Il naquit à Middelbourg en 1652. Sa mère était sœur du célèbre Vossius. Dans sa jeunesse il se passionna pour les anciens poètes érotiques latins, et se plaisait à commenter Pétrone, Martial, Catulle. il se mit à écrire à 20 ans. On pense que le De Stolatae Virginitatis jure est sa première production. Il la garda longtemps au secret et quand il se décida à la publier il dédia le volume à Ulrik Huber, un professeur de jurisprudence aux idées libres qui enseignait à Franeker. C’est une dissertation indécente et assez indigeste sur le célibat ecclésiastique. 2/ 5 ff. n.ch., 146 pp., 2 ff.- EDITION ORIGINALE TRES RARE. Une seconde édition tronquée et corrigée paraîtra à Leyde en 1769. Gay III, 677.- Brunet I, 837.- Jammes. Bûcher bibliogr. 407.-Voici ce que dit Peignot I, 33 : » Cet ouvrage excessivement licencieux fit mettre son auteur en prison à Leyde ; et il aurait pu s’en trouver fort mal, s’il ne s’était pas soustrait à la justice en s’échappant de sa prison…Son livre sur le péché originel est le plus curieux de tous ceux qu’il a faits, parce que c’est celui qui est écrit avec plus de licence. L’auteur cherche à y démontrer, comme Henri Corneille Agrippa l’avait fait avant lui, que le péché d’Adam à consisté uniquement dans le commerce qu’il a eu avec Eve, et que le péché originel n’est autre chose que le désir naturel aux deux sexes de s’unir ». Plusieurs rabbins, ainsi que R. Fludd ont partagé la même idée que celle émise ici par Beverland. Voir La Monnoye in Menagiana III, 449, Bayle à l’article Eve. Le traité de Beverland sera traduit en français au XVIII e siècle par le libraire J.F. Bernard d’Amsterdam et republié par Malassis en 1868 ( voir Oberlé. Malassis n° 857). Ajoutons que Gustave Brunet range Beverland dans sa galerie des Fous littéraires ( pp. 20-23).- Du Roure, consacre un article au Péché originel de Beverland dans Analecta- Biblion II, 436. Mais ce marquis moralisateur n’est pas drôle. Il pardonne ses licences au libre-penseur Beverland, parce qu’il « parut se convertir aux bonnes mœurs sur la fin de sa vie » . Du Roure profite de cet article pour rappeler aux parents qu’ils « ne combattent pas avec assez de vigilance les désirs charnels qui tourmentent l’homme et la femme dès leur jeunesse ». Lisez plutôt l’article Beverland dans la récente Anthologie érotique du performant Jean-Jacques Pauvert : « Il y a eu un Hollandais volant, il pouvait bien y avoir un Hollandais dément…’ Pauvert insiste sur la rareté du premier livre de Beverland, le De Stolatae Virginitatis « que d’ailleurs personne ne semble avoir jamais vu ». idem pour le texte original du Peccatum que Pauvert n’a pu trouver. Conseil du bibliographe : » Cher Jean-Jacques, venez plus souvent au Manoir de Pron ! » Le volume est beau, frais et bien relié."
Un des rares écrivains protestants libertins.
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Leyde, Joannis Lindani, 1680 ; in-8 de [6] ff., 223 pp., [2] ff., maroquin rouge de la fin du XVIIIe siècle, trois filets dorés en encadrement avec pastille aux angles, dos lisse orné, roulette intérieure, tranches dorées.
Édition originale rare de cet ouvrage licencieux d'Adriaan Beverland (1650-1716), humaniste hollandais qui provoqua quelques remous dans la sévère société hugenote de l'époque. Pas plus chaste que le Peccatum originale (Du péché originel), publié deux ans plus tôt et immédiatement brûlé par la main du bourreau, cette étude traite du célibat des prêtres et de la séduction des femmes. Condamné par le tribunal de l'Université de Leyde, l'auteur fut contraint à l'exil et trouva refuge à Londres, où il finit ses jours dans une profonde détresse.Exemplaire du libraire et bibliophile Antoine-Augustin Renouard (ex-libris, cat. 1819, I, p. 127, et 1853, nº 195), cité par Brunet. D'après une note volante jointe au volume, il aurait par la suite appartenu au général Jacques Willems, fils du bibliographe des Elzeviers, président de la Société royale des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique. Exemplaire de choix, dans une fine reliure en maroquin attribuable à Derome. Dos très légèrement passé, quelques légères rousseurs, un ex-libris arraché sur une garde. Brunet, I, col. 837.- Gay, I, col. 819.- Debure, Bibliographie instructive, I, n°853.