La Guilde Du Livre Reliure décorative Ed. Numérotée N° 8729 1955
Reference : 000236
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Henry Charlier
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Illustré de trente-deux planches H. T. de J.-C. Harrison et de trente-sept schémas, cartes et photos. Avec un frontispice en couleurs de R. David Digby. Jaquette illustrée en couleurs par Lamotte d'après J. C. Harrison. Première édition française, avec la coopération de Pierre Ciarpaglini. Editions de l'orée 1983, The World Pheasant Association. Cartonnage d'éditeur skyvertex sous jaquette illustrée, très bon état pour ne pas dire proche du neuf (une fente de 5 mm au niveau de la coiffe supérieure), grand format, 479 p.
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Ed. Albin Michel 1967. Bel exemplaire relié, reliure pleine toile ornée, cartonnage, fort in-8 (19x14), 1596 pages avec annexes + planches. Volume 3 des oeuvres romanesques.
LES ENFANTS D'ORADOUR ; L’Enfant de Buchenwald, épreuves manuscrites et tapuscrites corrigées à la main. Texte rédigé par Marcel Paul pour un discours de commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane (par le régiment Der Führer de la division Das Reich). En tout 132 feuillets A4 remplis au recto, divisés en 4 liasses complètes, dont une entièrement manuscrite. Les minutes du drame (le plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes, perpétré aux dépens de 643 victimes), suivi d’un second récit, celui du sauvetage d’un enfant polonais à Buchenwald, d’abord caché dans une valise perforée, puis dans le magasin d’habillement du camp, protégé par deux prisonniers, torturés plusieurs fois sans passer aux aveux. Extraits : « Oradour-sur-Glane, c’est le crime cerné. L’œuvre de la bestialité si près de nous qu’elle reste d’une acuité bouleversante. (…) Je sais bien, il y a eu des dizaines de milliers de morts à Dachau, à Ravensbrück, à Mauthausen, à Bergen Belsen, des millions de morts dans les chambres à gaz d’Auschwitz et de Majdanek. A Birkenau, les SS prétendaient à l’humanisme en présentant la chambre à gaz comme une salle de douches. Ils poussaient parfois l’hypocrisie jusqu’à remettre une serviette et une savonnette à l’entrée de la chambre à gaz, qu’ils récupéraient dans les tas de cadavres et servaient pour les fournées suivantes. (…) A Oradour, ceux qui n’étaient que blessés ont vu les monstres revenir, s’avancer sur eux, tirer à la mitraillette pour les achever. Ceux qui avaient encore survécu les ont vu apporter la paille, les fagots, les allumer, tout ceci pour des mamans avec leurs enfants dans les bras, pour des fillettes, des garçonnets, pour des bébés. (…) » LA RÉSISTANCE À BUCHENWALD, épreuves manuscrites et tapuscrites corrigées à la main. Texte complet, 166 ff. A4 remplis au recto, divisés en 7 liasses, dont une entièrement manuscrite. Le récit de l’insurrection du camp de Buchenwald le 11 avril 1945, racontée par Marcel Paul, qui en fut l’un des principaux meneurs. Organisation clandestine, fabrication et cache d’une radio de fortune, transmission d’informations par le bouche à oreille, vêtements subtilisés dans les magasins, vivres volés, soins prodigués aux souffrants, sabotage des armes d’infanterie, introduction et cache des fusils, grenades, poignards, manœuvres et préparatifs pour l’insurrection…Quelques extraits : « La magnifique expression ‘l’armée des ombres’ a, je crois, pleinement défini les conditions du combat qui était celui de la Résistance organisée, conduite par les hommes et les femmes des groupes d’action, des maquis, des réseaux, des imprimeurs et des diffuseurs de publications clandestines. Le cadre dantesque du règne de la brute pesait sur l’homme le mieux équilibré. La terreur pouvait, à la longue, lui faire perdre une partie de son sens humain. (…) A Buchenwald, les enquêtes avaient succédé aux enquêtes mais l’action de sabotage était si diluée, si généralisée qu’elle restait insaisissable. (…) Dans les derniers jours, le commandement SS avait tenté l’évacuation du camp. Des colonies de déportés étaient parties sur les routes, escortées par les SS et leurs abominables chiens policiers, dressés à attaquer tout homme en tenue rayée de prisonnier. Les pertes humaines par la faim, par les coups, furent effroyables. Chaque homme qui trébuchait sur la route était abattu, suivant la fameuse méthode nazie de la balle dans la nuque. » (…) Et plus loin, à propos de la libération du camp : « Sans doute, dans la psychologie des brutes, les morts étaient resuscités de leurs cendres. Ces déportés qu’ils assaillaient de leur haine, de leur mépris, de leur bave, autant que de leurs coups, étaient devenus des diables invincibles. A la panique, succédait la débandade. (…) Deux heures plus tard, tout était fini, le camp était libre. Des centaines de SS capturés étaient nos prisonniers, les autres étaient en fuite. » A TREBLINKA, COMME DANS LES AUTRES CAMPS DE LA MORT, LE TUEUR ÉTAIT SS. Texte préparatoire d’un discours rédigé pour une table ronde, organisée par l’U.J.R.E. (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide), pour répondre à la controverse entrainée en 1966 par la publication du livre de Jean-François Steiner Treblinka (Fayard, 1966). L’ouvrage, présenté comme une œuvre romanesque et écrit par un fils de déporté, avait été préfacé par Simone de Beauvoir et salué à sa sortie par François Mauriac, Philippe Labro, Françoise Giroud et Pierre Vidal-Naquet (qui était revenu plus tard sur ses positions). Plusieurs voix s’étaient élevées (dont celles de Léon Poliakov, Claude Lanzmann, Emmanuel Levinas et Romain Gary) pour dénoncer l’une des thèses du livre, selon laquelle les Juifs, par leur docilité à se faire massacrer, s’étaient rendus complices de leur propre génocide. Dans son discours, conclu par une adresse à Jean-François Steiner, Marcel Paul insiste sur la seule culpabilité des bourreaux nazis dans les atrocités qui avaient été commises à Treblinka, où (selon le mémorial Yad Vashem) plus de 800 000 Juifs ont été assassinés entre 1942 et 1944. Tapuscrit complet, 12 ff. A4 ronéotés remplis au recto et corrigés à la main, précédés de 4 lettres dactylographiées et signées, échangées en mai 1966 entre l’auteur et les organisateurs de la rencontre. Extraits : « Il est difficile, même pour ceux qui ont vécu la tragédie, pour ceux qui sont passés par les mains des tortionnaires hitlériens, de traduire la réalité des camps de la mort avec des mots. Je ne désirais pas, pour ma part, m’essayer à le faire mais il y a un devoir, au nom des morts de Treblinka comme des autres camps, de ne pas tolérer la tentative de réhabilitation des S.S., de réhabilitation du nazisme, car c’est de cela qu’il s’agit en définitive. Il est révoltant de de voir qu’il est affirmé que les victimes auraient non seulement consenti à leur martyrologue, mais qu’elles auraient même été complices de leurs tortionnaires. Les hitlériens eux-mêmes n’avaient jamais osé aller jusque là. Eux tentaient de nier le crime, mais ils ne recherchaient pas de complicité. (…) Voici ce dont ceux des camps auraient été complices : les menaces, les tortures, l’entassement et l’étouffement dans les wagons à bestiaux sous la menace des chiens et des mitraillettes, la mort pour qui tente l’évasion, le lever à quatre heures chaque matin après quelques heures de prétendu repos, à dix dans des étages de boxes de 50 ou 60 cm, corps enchevêtrés, tête-bêche et pieds entremêlés (…) Tapuscrit complet, 12 ff. A4 dactylographiés remplis au recto. Une protestation écrite au nom de la mémoire des Résistants et des victimes du régime nazi, contre l’armement de l’Allemagne, contre la prescription des crimes de guerre allemands, contre les pensions versées par le gouvernement aux criminels reconnus comme tels, « menant des vies confortables, camouflées ou honorées ». Le texte appelle à l’extradition des anciens responsables nazis, à la dissolution de leurs organisations, reconstituées en Allemagne de l’Ouest, et au front « contre les activités fascistes, y compris reconstituées par les groupes de tueurs de l’O.A.S. » APPEL AU REFUS D'ACCORDER À L'ALLEMAGNE LE DROIT À DISPOSER DE L'ARME ATOMIQUE. Extrait : « Deux noms traduisent mieux que des phrases, le langage de la terrible tragédie. Celui d’Auschwitz où 4 500 000 êtres humains, femmes enfants, vieillards, ont été asphyxiés dans les chambres à gaz. Celui de Majdanek, où 4 200 000 êtres humains ont été exterminés dans les mêmes conditions. Si la Résistance et les armées Alliées n’avaient pas triomphé, les pays asservis seraient devenus eux-mêmes des camps de travail pour le grand Reich, c’est-à-dire des camps de la mort par le travail à l’image de Mauthausen, Dachau, du Struthof, de Sachsenhausen, Neuengamme, Buchenwald, de Ravensbrück. (…) Or, le danger persiste ! Depuis 2 ans, l’état-major de la Bundeswehr et le gouvernement de Bonn s’acharnent à obtenir le droit de disposer de l’armement atomique, sous la forme multilatérale ou multinationale pour commencer. Les Résistants, quelles que soient leurs opinions, leurs croyances, doivent déclarer un NON définitif à cette horrifiante prétention et obtenir du pouvoir qu’il s’y oppose résolument. » On joint : Marcel Paul, vie d’un « pitau », par Pierre Durand. Paris, Temps actuels, coll. La Vérité vraie, 1983."
Pupille de l’Assistance publique engagé à 17 ans dans les forces marines (où il fut nommé quartier-maître électricien), Marcel Paul (Paris, 1900 – Ile-St-Denis, 1982) adhéra au parti communiste en 1924, occupant différents postes d’ouvrier de l’industrie électrique, et commença une carrière de militant syndical. Membre de la CGTU, il se fit élire secrétaire de la Fédération des Services Publics et de l’Éclairage en 1932. Candidat malgré lui aux élections municipales de 1935, il fut élu dans une circonscription du XIVème arrondissement de Paris sur l’impulsion de Maurice Thorez, puis reprit ses responsabilités au sein de la CGT Éclairage. Mobilisé dans la marine en 1939, il fut affecté sur le Richelieu, puis à Sedan à la pose et au désamorçage des mines. Arrêté, il s’évada à deux reprises. On lui confia des responsabilités en Bretagne, puis à Paris, où il organisa un attentat (manqué) contre un train officiel allemand. Il fut arrêté dans un café du boulevard de Grenelle le 13 novembre 1941, vraisemblablement dénoncé par Albert Clément, rédacteur en chef du Cri du peuple (qui fut abattu par la Résistance en mars 1942). Après une tentative de suicide au gaz, il fut incarcéré à la Santé et condamné à six mois de prison (où il participa à la fabrication d’un journal clandestin : Le Patriote enchaîné). Transféré à Fontevrault, il prit part à l’organisation de la Résistance dans la centrale et tenta une nouvelle évasion. Livré aux Allemands en 1944, il fut conduit à Compiègne, Auschwitz, puis à Buchenwald. Il y poursuivit ses actions militantes et clandestines et fut l’un des principaux acteurs de l’insurrection qui libéra le camp. Après un court repos, il reprit ses fonctions à la direction de la Fédération de l’Éclairage et fut élu membre du Comité central du PCF (sans entrer au Bureau politique). Ministre de la Production industrielle dans le gouvernement De Gaulle, il obtint la nationalisation de l’électricité et du gaz pendant son mandat, puis reprit ses activités syndicales. Nommé président d’honneur de la CGT, il consacra la fin de sa vie à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (F.N.D.I.R.P.) et au Comité international des rescapés de Buchenwald-Dora, qu’il présida jusqu’à son décès en 1982. (Voir René Gaudy, Marcel Paul, in Le Maitron).
2000 Prato, Fondazione Centro Studi Rinascimiento Musicale, 2000. In-8 br., couverture illustrée à rabats, 64 pp. Édition originale, traduction de Xavier Lacavalerie, envoi au même. Joint : lettre manuscrite et carte postale, toutes deux adressées à Xavier Lacavalerie, ainsi que deux autres publications du même éditeur : - Il Rinascimento del arte nobile del cantare; - Violon baroque, qu’est-ce à dire ?
Nella Anfuso (1942-2020) s’est singularisée en investissant de manière militante le répertoire vocal italien, de la Renaissance jusqu’au bel canto du XIXe siècle. Élève de l’École traditionnelle de chant de Cotogni à Rome, diplômée en musicologie, elle fut l’une des fondatrices du Centro Studio Rinascimiento Musicale de Prato. Ses prises de positions radicales contre la pseudo-esthétique moderne du chant dit “baroque” l‘éloignèrent progressivement du circuit et de la vie musicale européenne. Après avoir été encensée par la critique à ses débuts (“ la Callas de la musique ancienne ” !), elle fut progressivement ignorée, jusqu’à sa mort, survenue en 2020 dans l’indifférence générale.
1879 Paris, Calmann-Lévy, 1879. In-8 relié, bradel pleine toile bordeaux, dos orné de filets dorés, pièce de titre, date en queue, couvertures et dos conservés, 362 pp. (reliure de l’époque). Édition originale, lettres adressées à Robert Schumann, Franz Liszt, Mikhaïl Glinka, Ignace Pleyel et bien d’autres. Notice de Daniel Bernard. Exemplaire ayant appartenu à Edmond de Goncourt avec son paraphe et la mention manuscrite “ édition originale ”, inscrite à l’encre rouge sur la page de garde.