A Paris, chez De Bure l'Aîné, 1755, in-4, [8]-XVI-560-[2] pp, 26 pl, Veau havane de l'époque, dos à nerfs et fleuronné, pièce de titre grenat, Édition originale. Dezallier d'Argenville considérait cette Oryctologie comme le deuxième volume de sa Conchyliologie (1742), dans laquelle il avait déjà inséré une première étude sommaire sur les pierres : c'est cette étude qu'il remanie et augmente considérablement pour former ce volume indépendant. L'auteur y souligne l'importance de la chimie dans l'étude des pierres et propose une nouvelle classification des fossiles : l'ouvrage traite d'abord des fossiles naturels (terres, pierres, sels, métaux), puis des fossiles organiques (animaux et végétaux pétrifiés); ce classement sera repris plus tard par d'Holbach pour l'Encyclopédie. L'édition est illustrée d'un frontispice allégorique de Colin de Vermont et de 25 planches, gravées par Chedel grâce à des mécènes français et suédois, soit : 23 planches de fossiles, minéraux et coraux, ainsi que 2 planches d'oiseaux et poissons "qu'on prétend n'avoir jamais été gravés". Les légendes mentionnent les souscripteurs, dont le Duc de Sully, l'abbé Jolly de Fleury ou encore les comtes de Tessin et Frederik Sparre. Ces gravures sont considérées parmi les plus belles du XVIIIe siècle. On joint à cet exemplaire une EXCEPTIONNELLE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE de l'auteur, daté du 8 août 1755*. (Rognage un peu serré de la marge, sans gêne pour la lecture.) Dezallier évoque avec son correspondant l'envoi et l'identification de fossiles (limaçons, buccins...). Il mentionne en post-scriptum la visite qu'il a reçue de [Don Pédro] Davila : "Dans le moment que je ferme cette lettre Mr Davila entre chez moi. Il ne refuserait pas quelques-uns de vos poissons embaumés, un jour"; Davila, célèbre collectionneur d'origine péruvienne, possédait un cabinet de curiosités, décrit au moment de sa vente en 1767. Dezallier entretenait des relations épistolaires avec les savants et collectionneurs importants de son temps, afin de les guider dans la constitution de cabinets de curiosités. Outre Davila et le destinataire de cette lettre, il comptait Jean-François Séguier parmi ses correspondants. Sa figure d'autorité en la matière l'incita à publier une "Lettre sur le choix et l'arrangement d'un cabinet curieux" (Mercure de France, juin 1727), reprise et enrichie quelques années plus tard dans sa Conchyliologie (Paris, De Bure, 1742). Dezallier d'Argenville (1680-1765) étudia la gravure auprès de Jean Corneille et de Bernard Picart, et le dessin auprès de l'architecte Jean-Baptiste Alexandre Le Blond. Il fréquenta les salons élégants et érudits parisiens et fut membre de plusieurs sociétés savantes en France et en Europe. Il possédait un cabinet fameux dans lequel il rangeait, outre sa collection de peintures, dessins et gravures, "les objets de l'art et ceux de la nature" qu'il glanait à l'occasion de ses nombreux voyages en Europe ; ce cabinet fut décrit par Pierre Rémy dans le Catalogue raisonné (Paris, Didot) dressé, en vue de sa vente, après la mort de son propriétaire. Petit manque angulaire à la pl. 15, sans atteinte à l'illustration. Quelques salissures, un ex-libris effacé en pied de la page de titre, rousseurs claires éparses. Sinon, bon état intérieur. La reliure est usée, mais elle demeure ferme. Galeries sur le plat supérieur, coiffes arasées, coins émoussés charnières fendillées. Ex-libris de Pierre-Magdeleine Saguez, Chevalier de Breuvery (1758-1826), membre de la Société royale des antiquaires de France. Le même est l'auteur d'une note paraphée sur le recto de la lettre, dans un encadré, datée du 2 avril 1823 : courts renseignements biographiques sur Dezallier d'Argenville. Brunet II, 522. Madeleine Pinault-Sørensen, "Dezallier d'Argenville, « l'Encyclopédie et la Conchyliologie. » Dans Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 1998, 24 Couverture rigide
Reference : 103685
Bon [8]-XVI-560-[2] pp., 26 pl.
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