?Paris, Rue et Hôtel Serpente, 1783, in-8, VIII-208 pp, Broché, couverture d'attente de papier tourniquet de l'époque, Édition originale, très peu courante, du premier ouvrage de Déodat de Dolomieu (1750-1801). Le "chevalier géologue" y relate sa première grande exploration géologique, son voyage en Sicile en 1781, qu'il prépare dès 1777. L'ouvrage est dédié au prince Camille de Rohan, dont Dolomieu devint le secrétaire en 1778. Il comporte sa description systématique des îles éoliennes, en commençant par Vulcano, qui porte "l'empreinte du feu auquel elle doit sa formation" (p. 9); il se rend ensuite à Lipari, où "tout, en un mot (...) doit tenir en suspens l'esprit & l'imagination du naturaliste" (p. 44); sur l'île des Salines ? Salina; Panari et ses voisines; Alicuda et Felicuda; et Stromboli, à l'approche de laquelle il s'émerveille "du spectacle de son inflammation intermittente" (p. 113). Dolomieu quitte l'archipel des îles Éoliennes pour visiter Ustica et Pantelleria et part observer les phénomènes volcaniques singuliers de Macalube. Ces observations volcaniques s'accompagnent, en fin d'ouvrage, d'un Essai sur la température du climat de Malthe. Le Voyage de Dolomieu à Lipari constitue, avec ses autres recherches sur les volcans, une digne suite aux travaux de William Hamilton (Schuh). Dolomieu, intronisé chevalier de l'Ordre de Malte en 1778, a laissé à la postérité une oeuvre multiforme : il échantillonna les basaltes des environs de Lisbonne et les reconnus comme des "produits du feu"; étudia avec ardeur les productions volcaniques de l'Etna; et présenta des observations pertinentes sur le tremblement de terre qui ravagea la Calabre en 1783. Il recueillit encore des échantillons de roches calcaires dans les montagnes du Tyrol, ces fameuses "dolomies" que Saussure nomma en son nom et qui rendirent son patronyme immortel quand, un siècle après, le massif des Dolomites qui fut baptisé en son honneur. Ses théories scientifiques s'appuyaient sur l'influence de Abraham Gottlob Werner, de Horace-Bénédict de Saussure ou encore Torbern Bergmann et Johann Gottschalk Wallerius, en particulier pour son intérêt concernant la constitution chimique des minéraux. Il démontra que tous les stades de transition existent entre les laves à cristaux grossiers et les roches vitreuses, et a confirmé l'origine ignée du basalte. Personnage aventureux, Dolomieu aurait inspiré à Choderlos de Laclos quelques traits de son vicomte de Valmont. Exemplaire tel que paru : sous couverture d'attente, non rogné et en partie non coupé. Couverture usagée, dos cassé. Lavis & Johnston-Lavis, Bibliography of the geology and eruptive phenomena of the south Italian volcanoes that were visited in 1889; p. 99. Schuh's Annotated Bio-Bibliography [en ligne]. Ward & Carozzi, n° 668. Couverture rigide
Reference : 102569
Bon VIII-208 pp.
Librairie Alain Brieux
Jean Bernard Gillot
48, rue Jacob
75006 Paris
France
331 42 60 21 98
Vente aux conditions habituelles de la Librairie
Paris, Rue et Hôtel Serpente, 1783. In-8 de VIII-208pages, demi-basane brune à tout petits coins, dos lisse orné de filets dorés, pièce de titre mauve.
Edition originale. Célèbre géologue et minéralogiste français, Déodat Dieudonné Sylvain Guy Tancrède Gratet de Dolomieu publie en 1791 « Sur un genre de pierres calcaires très peu effervescente avec les acides et phosphorescentes par la collision ». Il a découvert cette roche dans les Alpes et en envoie quelques échantillons à Nicolas de Saussure à Genève pour analyse. C’est ce savant suisse qui tranchera en faveur du nom « dolomie », en hommage à son découvreur en mars 1792, dans un courrier qu’il adresse à Dolomieu. Le nom de « Dolomites » sera ensuite donné vers 1876 à la région des Alpes italiennes. Dolomieu est le premier à supposer l’existence de masses ignées profondes à l’origine des volcans et le refroidissement de la croûte terrestre à la surface du Globe. Bibliographie du voyage français en Italie, p. 95.