Milan 1999 1999, ed Milan, collLes essentiels. in-12 broché de 64 pages, ill nb sur couv. Illustré de dessins, photographies et documents nb. | Etat : TBE général. Occasion. (Ref.: ref7611)
Reference : 14247
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SAUVAITRE, Louis ; Anonyme ; [ FAURE-DECAMPS Veuve Edouard DENTU, Léonie ]
Reference : 44462
(1884)
4 documents in-4 et in-folio à savoir : I : Dépôt d'Ordonnance nommant M. Sauvaître administrateur du fonds de Librairie Dentu, le 17 avril 1884, acte notarié de 4 feuillets in-4 signé du Notaire Duluard ; II : Procuration donnée par Mme Veuve Dentu à M. Sauvaitre devant notaire, le 15 juillet 1884, acte notarié de 2 feuillets in-4 signé du notaire Duluard ; III : Copie conforme du Livre de Caisse de M. Sauvaître du 1er Avril 1884 au 11 Juillet 1884, 1 dossier in-folio de 10 feuillets sous chemise, tampon de copie conforme du commissaire de police daté du 7 mai 1886.; IV : Constat manuscrit du 1er Janvier 1886 détaillant les Abus de Pouvoir de M. Sauvaître, 14 feuillets in-folio dont 23 pp. sont rédigés, manifestement par le Conseil juridique de Léonie Faure-Decamps, Veuve Decamps. Détail de la Notice : I : Dépôt d'Ordonnance nommant M. Sauvaître administrateur du fonds de Librairie Dentu, le 17 avril 1884 ; II : Procuration donnée par Mme Veuve Dentu à M. Sauvaitre devant notaire, le 15 juillet 1884 ; III : Copie conforme du Livre de Caisse de M. Sauvaître du 1er Avril 1884 au 11 Juillet 1884 [ Mention des sommes versées à de nombreux auteurs dont Victor Tissot, Henri Bataille, Alfred Assollant, Catulle Mendès, Allard (pour "L'araignée rose"), Hector Malot (6600 francs pour "Marichette"), Robert Halt, de Gastyne, Pierre Véron, Ponson du Terrail, Xavier de Montépin, Ferdinand du Boisgobey, Henri de Bornier, Alphonse Daudet (5090 fr. en compte de droits d'auteur)] ; IV : Constat du 1er Janvier 1886 détaillant les Abus de Pouvoir de M. Sauvaître : [ Très important dossier de 22 pp. in-folio détaillant les accusations pour abus de pouvoir visant Sauvaître, auteur par auteur : "Assollant : Lettre du 7 septembre 1885. M. Sauvaître n'en a donné connaissance à personne et a engagé l'affaire sans mandat. - Auguste Barbier : Lemerre 1er mai 1884. Hons-Olivier 5 mai 1884, demandant le droit de reproduction de pièces de poésies de Barbier. Lettre gardées et vraisemblablement non répondues. [...] Biard : 2 et 26 août 1884. Répondu par Sauvaître qui a traité en dehors de Mme Dentu pour impression et vente d'une brochure, et encaissé 270 fr. de provisions sans ouvrir un compte spécial. [...] Bourcard : correspondance pour la réception et l'impression compte à demi d'un volume Estampes au XVIIIe siècle publications onéreuses pour la maison. [...] Champfleury : Au lendemain de la mort de Dentu cet auteur réclame des comptes et ses lettres restant sans réponse, même recommandé, il fait intervenir le Comité de la Société des Gens de Lettres. Depuis cette affaire, Sauvaître lui fait attendre un an et demi la réimpression de divers volumes, entre autres l'Histoire de l'Imagerie Populaire et la publication de plusieurs annoncés depuis longtemps, tels que Le Musée secret de la Caricature, etc. Tous ces faits et toute cette correspondance restée entre les mains de Sauvaître n'ont jamais été communiqués à Mme Dentu [...] Claretie : Correspondance personnelle avec Sauvaître restée ignorée de Mme Dentu et de ses représentants, ayant trait aux mises en vente d'ouvrages inédits ou réimprimés, à des modifications aux traitées, etc. M. Claretie a fait faire des démarches par M. Decaux, éditeur, depuis le renvoi de Sauvaître, pour obtenir la résiliation amiable de son traité, prétendant qu'il n'est plus lié depuis la mort de Dentu : il a refusé de livrer à l'impression son dernier roman, "Succession Charvet", déjà paru dans l'Illustration, sous prétexte que la qualité semi-officielle lui interdit actuellement de publier un ouvrage qui a le caractère d'une satire politique ! Se référer pour éclaircir ce point au rôle douteux joué par l'intermédiaire de M. Claretie, Decaux, tant en cette affaire que celle des Scandales de Lundi et de son compte de dépôt chez Dentu, ainsi qu'à propos de l'édition de romans à 60 centimes [etc...] Contentieux : Calmann-Lévy : Réclamation relative au titre d'un volume de Mme Carette, "L'Outrage", 9 mai 1885. M. Sauvaître n'en a rien dit à personne est a dû payer 148 fr. à Calmann. Recours contre lui. Rouveyre : même date. Réclamation concernant le titre de Montépin, "Le Rastaquouère", et réponse insolente de M. Sauvaître, sans autorisation [ etc... ] Alphonse Daudet : Lettres de M. Hetzel se refusant à indemniser Mme Dentu pour la publication de Tartarin de Tarascon, faite au mépris de tout droit. M. Sauvaître a laissé sans réponse la dernière, datée du 4 février 1885, trouvée dans le volume d'Hetzel. M. Daudet a fait interdire la publication du Tartarin illustré, qui devait paraître en 1886, et dont les illustrations ont été payées à M. Jeanniot, dont M. Daudet a approuvé le dessin. Cette affaire est en suspens depuis trois ans bientôt, et M. Hippeau en a rédigé le prospectus en juillet 1885, M. Sauvaître s'étant engagé à le lancer dans la saison d'automne. M. Daudet a négocié avec M. Sauvaître la rupture du traité de Goncourt et s'est entremis dans diverses démarches dont l'objet était de procurer à la maison Charpentier des avantages au détriment des intérêts et en violation du droit de Mme Dentu [...] Debay : les ouvrages de cet auteur forment une section très important du catalogue Dentu, et leur vente est toujours très fructueuse et constante. La correspondance de M. Debay avec Sauvaître laisse voir des négligences dans le terme des comptes et dans la publication des éditions de cet auteur [...] Dubut de Laforest : grave affaire qui, intervenant après tant d'autres, a déterminé le renvoi de M. Sauvaître, aussitôt la citation du juge d'instruction à propos de la publication du "Gaga". [...] Eden Théâtre : Le traité d'annonce pour le rideau de scène a été signé par M. Sauvaître [...] Ferdinand Fabre : une note de cet auteur portant engagement de retirer de la librairie à des dates déterminées les six volumes qui appartiennent à la maison. En vertu de quel pouvoir M. Sauvaître a-t-il conclu un pareil arrangement [...] Mme Fould : Un volume, "Le Sphinx des Perles", était en manuscrit au moment de la prise de possession de Mme Dentu. M. Sauvaître s'est permis de le rendre, par l'entremise d'Olympe Audouard, prétendant que la veuve Dentu ne voulait pas le publier. Ce n'était pas vrai : elle n'en savait pas le premier mot. [...] Gaboriau : en juin 1895, M. Sauvaître se permet de déchirer les traités avantageux pour la reproduction de romans de cet auteur et de priver de ses bénéfices la librairie. [...] Galopin : pour le livre "Le Parfum de la femme", M. Sauvaître écrit à l'auteur [...] qui lui offre 40 centimes par volume, condition supérieure à celle des traités ordinaires .[...] De Goncourt : M. Sauvaître s'est pressé de rompre le traité qui liait cet auteur, pour la série des "Actrices du XVIIIe siècle". La lettre du 24 octobre 1884, citée par Goncourt, donne à ce dernier le droit de réimprimer ailleurs. De quel droit ? Pourquoi ce dommage pour la maison et sans consulter même le traité, dont M. Faure avait seul l'interprétation et le dépôt ? Recours formel contre Sauvaître ! [...] Guides Dentu : ... " Dommages à la maison alors que cette publication promettait de réaliser une somme de bénéfices considérables." [...] Abel Hermant : recommandé par M. Alphonse Daudet, cet auteur a publié deux livres, "M. Rabosson" et "la Mission de Cruchod", dont les manuscrits ont été livrés à l'impression par M. Sauvaître sans avoir été mis en lecture. [...] Lorédan-Larchey : réclamation par le canal de la Société des gens de lettres, 1er juillet 1895, restée sans réponse. [...] Malot : depuis la rupture du traité avec cet auteur M. Sauvaître a traité seul la réimpression de ces ouvrages et conservé de nombreux documents sans lesquels Mme Dentu ne pouvait en rien être au courant des affaires le concernant,... [...] Catulle Mendès : nombreuses lettres à Sauvaître qui se mêle sans cesse des affaires de cet auteur, lequel un moment donné en vient à lui dire : Si mon traité ne vous convient pas, rompez-le vous-même. [...] Montépin : c'est dans une lettre de cet auteur qu'on trouve la trace d'une opération entamée par M. Sauvaître pour la publication d'une série de romans bon marché et sur laquelle il n'a jamais voulu s'expliquer vis-à-vis de Mme Dentu [...] Ponson du Terrail : conflits occasionnés par les agissements de Sauvaître entre la veuve et la belle-soeur de Ponson du Terrail [...] Société des Gens de Lettres [ idem...] Victor Tissot : nombreuses lettres gardées et répondues par M. Sauvaître, qui semble avoir fait tout son possible pour brouiller cet auteur avec Mme Dentu. Il a même dépassé la mesure en s'efforçant de rompre le traité avec cet auteur pour la publication et la collection des chefs-d'oeuvre à 1 fr."
A la mort de son époux, le fameux éditeur Edouard Dentu, sa veuve Léonie Faure-Decamps s'efforça de remédier à une situation difficile. Mais elle fut confronté aux agissements de Louis Sauvaître, principal commis de son défunt mari, auquel elle avait confié l'administration du fonds. Ce dossier est remarquable en ce qu'il présente une version sinon impartiale, mais du moins approfondie, des relations des auteurs avec la Librairie Dentu au lendemain de la mort d'Edouard. La simple lecture des extraits que nous proposons suffira à donner une idée de la richesse de ces documents.
7 vol. in-4 reliure uniforme début XIXe demi-basane marron, dos lisse orné numéroté de 1 à 6 avec un 3bis. Détail [ Contient Notamment ] : Tome I 1755-1773 : Mémoire pour Maître Bourdon, Greffier en chef de l'Hôtel de Ville de Péronne 1755 - Arrests de la Cour de Parlement portant défenses aux nommés Bazin, De La Sauvagère, Mormont & De Renty de récidiver leurs Libelles & diffammations - Sommaire pour Me Jean-Baptiste Ropiquet, Procureur en la Cour contre Messire De La Folie de Vorme, Seigneur de Reincheval - Sommaire pour Jacques Maillard, Fermier de la Ferme de Renancourt - Précis sur Délibéré pour le Sieur Gallot & les Héritiers du Sr Savoye, Propriétaires des Moulins bannaux du Bourg d'Ault - Mémoire pour Me Etienne Lalau, Prêtre Chapelain de la Cathédrale d'Amiens - Mémoire pour la Dame veuve Masset et les Sieurs Masset... tous Marchands Commissionnaires à Saint-Valéry sur Somme, Intimés Contre la prétendue Communauté des Gribaniers de la même Ville - Mémoire sur Délibéré pour le Sieur Dubus Avocat en Parlement... Elu en l'Election de Senlis - Observations Sommaires pour les Habitans, Corps & Communautés d'Wavant & Beauvoir-Rivière contre le Vicomte de Marle & la Dame son Epouse - Mémoire et Consultation pour M. Luneau de Boisjermain, Soucripteur de l'Encyclopédie contre le Sieur Briasson et le Sieur Lebreton - Mémoire pour Me Boistel, Ecuyer, Seigneur de Belloy-sur-Somme, Avocat en Parlement au Bailliage & Siège Présidial d'Amiens - Mémoire pour les Maïeurs & Echevins de la Ville d'Abbeville, Défendeurs ; contre le receveur Général des Domaines & Bois de la Généralité de Picardie - Mémoire pour les Maire, Echevins et Officiers Municipaux de la Ville d'Amiens, Intervenans, contre le Sieur Le Seneschal, Receveur Général des Domaines & Bois de Picardie, Demandeur - Précis pour Me Jean-Baptiste Hesse, Curé d'Agnière, Doyen de Chrétienté de Grandvilliers - Précis pour les Srs Claude & Balthazar Picquet Seigneurs de Belloy-sur-Somme - Mémoire pour le Marquis de Gouy contre la Marquise de Gouy, par Le Go, Procureur. 1772 - Addition au Mémoire par De Vergès et Linguet - A Messieurs les Grands Bailli, Lieutenant-Particulier & Hommes de Fiefs, Gradués de la Gouvernance & Bailliage Royal d'Arras. 1773 - Mémoire signifié pour les Sieurs Dégardin, Bailli-Général de la Châtellenie & Comté d'Oisy - Mémoire pour le Sieur Ducandas, Chanoine de l'église Cathédrale d'Amiens - etc... ; Tome II 1774-1777 : Consultation pour le Marquis de Soyecourt 1774 - Mémoire pour la Communauté des Procureurs au Parlement contre les Prévot et Echevins de la Ville de Paris, les Conseillers et Quartiniers, les Six Corps des Marchands, De l'Imprimerie de Louis-Charles Caron, Amiens, 1774 - Mémoire pour Anéglique Galletn Veuve Clément, Contre Joseph & Jean-Baptiste Leroi, neveux & héritiers de Me Jean-Baptiste Leroi, en son vivant Curé de Warloy 1774 - Mémoire pour le Sieur Louis-Pierre-François Assegond Marchand Corroyeyr à Dieppe Contre Charles Duval, Marchand Tanneur à Blangy en Normandie - Mémoire sur Délibéré pour le Sieur Jean Marchant du Casseau, Avocat en Parlement, Intimé, Contre Timothée Girault, ci-devant Meunier du moulin de Saint-Eloy de Ferrière, Appelant, et les Abbé Prieur & Religieux de l'Abbaye Royale de Ferriere - Précis pour Gabriel Bos é Consors intimés Contre Me Jean Martin, Prêtre, Curé d'Allenay, appellant et contre Firmin Machet, Ménager à Bourseville - Mémoire pour les Maire, Echevins, Habitans & Corps commun de la Ville d'Albert en Auvergne contre M. le Comte de Merle, Brigadier des Armée du Roi, ci-devant son Ambassadeur en la Cour de Portugal 1775 - Précis pour la Demoiselle Elizabeth Mouret, Demanderesse, Contre Maître Watier & le Sieur Calixte Vilbault, dit Condé - Observations pour le Receveur-Général des Domaines & Bois de la Généralité d'Amiens, Demandeur, Contre le Sieur François-Alexandre de Bucy, Chevalier, Seigneur de Villers-Saint-Christophe, 1755 - Réponses Sommaires du Sieur de Bucy, Chevalier, Seigneur de Villers, aux Observations du Sieur le Sénéchal - Extrait de Titres et Observations Sommaires pour Monsieur le Comte de Crequi Canaples contre les Habitans de Beauquêne 1775 - Mémoire pour la Comtesse de Béthune, De l'Imprimerie de Philippe-Denys Pierres, Paris, Seguier, Avocat, Linguet Avocat 1775 - lettre de M . le Président de Meinières à Madame la Comtesse de Béthune - Mémoire pour la Comtesse de Béthune, Seconde Partie - Observations sur un Imprimé ayant pour titre : Mémoire pour Me Gerbier ancien Avocat, De l'Imprimerie de Philippe-Denys Pierres, Paris, 1775 - Supplêment aux Réflexions pour Me Linguet, Avocat de la Comtesse de Béthune - Mémoire pour la ville d'Amiens 1776 - Mémoire pour le sieur Isidore-Parfait Mimerel Chapelain de la Chapelle de Notre-Dame, dite de l'Aurore, érigée dans l'Eglise Cathédrale d'Amiens, Défendeur, contre le Sieur Asselin, Vicaire de la Paroisse de Notre-Dame, 1776 - Précis pour le Sieur Flesselle, Entrepreneur de l'un des Manufactures de la Ville d'Amiens, & encore les Sieurs Mercier & Doucet tous deux Voituriers au Village de Saint-Maurice-lès-Amiens, Contre les soi-disant Compagnons Fluqueurs & Déchargeurs de la Ville d'Amiens 1776 - Affaire très-intéressante pour le Commerce, en ce que l'Arrêt à intervenir doit faire réglement 1776 - mémoire pour les Syndic, Habitans, Corps & Communauté de la Paroisse de Vaux sous Amiens , Contre les Abbé, Prieurs & Religieux de l'Abbaye de Saint Jean d'Amiens, Ordre de Prémontré 1776 - Mémoire pour Firmin Sannier, Laboureur demeurant au Village de Métigny-Laleu, Défendeur, 1777 - Mémoire Me Cochepin, Seigneu de Métigny 1777 (avec plan dépliant en couleurs) - Mémoire Signié pour Sieur Louis-Robert Cocu, ci-devant négociant à Amiens, Appellant, contre Louis Vautour, Marchand de Modes à la même ville, 1777 - Précis pour Messie Vollant de Bervill, Marquis de Lisbourg, contre Messire Marie de Berne, Ecuyer, Seigneur de Lahaye - Précis pour la Dame Veuve du Comte de Fercourt, Tutrice de ses Enfans Mineurs, Défendresse, contre le Sieur Papin de Caumesnil, Demandeur - Précis dans l'Instance sur sur Référé pour le Sieur de La Morlière, Teinturier à Amiens, Contre le Sieur Cordier Duflos, Négociant à Abbeville 1777 - Précis pour les Frères Coquillard, Négocians à Amiens ; Tome III 1777 - 1783 : Précis pour le Sieur de Crocquoison de la Cour de Fiefs 1778 - Mémoire sur Délibéré pour les Sieurs Auguste & Augustin Coquillart, Frères, Négocians à Amiens, Appelans 1779 - Mémoire pour Jean-Baptiste Morgan, Ecuyer, Seigneur de Frucourt, Dondelainville & Warcheville, demeurant à Amiens, Contre le Sieur Sanson Leprince, Agent de Change, demeurant audit Amiens 1779 avec grand plan dépliant en couleurs - Mémoire signifié pour le Sieur Henry, Bourgois d'Amiens, Défendeur, contre le sieur Dotttin, 1779 - Précis pour les Habitans de Vignacourt, contre Philippe Duboisle, Habitant dudit lieu, et contre le Sieur de Famechon, Chevalier, Seigneur de Canteleu, Etouvi & autres lieux - Mémoire pour Me Pierre Bardoux, Notaire Royal au Bailliage d'Amiens, à la résidence de Fienvillez, et pour Jean-Baptiste Bardoux, Majeur Coutumier vivant de son Bien, contre Augustin Destrée, Tisserand, demeurant au village de Fief 1779 - Mémoire sur Appointement à mettre pour les Sieurs Paillieux négocians contre le Sieur Florimond d'Wailly, Fabricant, demeurant à Saint-Maurice-les Amiens, 1779 - Plaidoyer pour le Sieur Jean Tranel contre le Sieur de Portelance 1773 (nombreux mémoires sur la même affaire) - Mémoire pour les Officiers de la Sénéchaussée de Ponthieu & Siège Présidial d'Abbeville Contre Me Lavernier, Notaire Royal en la même ville 1780 - Mémoire pour Messire Louis-François Pingré, Ecuyer, Seigneur de Fricamps, La Houssoye, Vadancourt, Dutronquoy et autres lieux, 1781 - Mémoire signifié pour les Syndics, Habitans, Corps & Communautés du Bourg d'Auxi-le-Château, Picardie & Artois contre Messire Charles-Antoine, 1782 - Mémoire pour François Demonchy, Laboureu, demeurant à Woignarue, contre Jean-Baptiste Boinat, Tisserand, demeurant à Chepy, contre les Sieurs Navier du Coudray et Jean-Gaspard Testard-Desportes, intéressés dans les affaires du Roi, fermiers de la Mense Abbatiale de Saint-Valéry-sur-Somme, 1782 - Précis pour Adrien d'Arragon, Maître Sellier demeurant à Lignières-Châtelain, Conre Alexis Mouret, ci-devant Domestique à Paris, 1782 - Mémoire pour le Sieur Pierre-François Beauvarlet, Marchand Cirier, demeurant Abbeville, contre ses soeurs - Précis pour le sieur Nicolas Boulnois, Négociant à Sarcus en Picardie, contre le Sieur Robert, Négociant, ci-devant à Amiens, depuis à Philadelphie en Pensylvanie, & actuellement à Amiens, 1782 - Mémoire signifié pour Demoiselle Pélagie Monchaux, veuve du Sieur carretten Laboureur au village de Bussun contre Nicolas-Joseph Carrette, Laboureur, demeurant au village de Noyelles-en-Chaussée - Consulation pour Jean-Baptiste Boint, Tisserand à Chepy, 1783 - etc. ; Tome III bis 1776 - 1783 [ Recueil d'une vingtaine de mémoires, réponses ou consultations sur l'Affaire de la Baronie de Picquigny vendue au Comte d'Artois ] : Consutlations pour le Sr Calmer, Seigneur de la Baronie de Picquigny & du Vidamé d'Amiens, sur la question de savoir s'il est dû un droit de Quint & Requint à M. l'Evêque d'Amiens, pour la vente faite au prix de 1500500 livres de la Baronie de Picquigny, du Vidamé d'Amiens & dépendances, tenus en un seul Fief de son Evêché, 1776 - etc ; Tome IV 1784-1792 : Mémoire pour le Sr Bernard de Nolongue contre Bernard de Cléry, 1784 - Mémoire pour Messire Danzel Vicomte de Boismont, demeurant en son Château au Village d'Aigneville, 1784 - Requête au Roi et Pièce Justificative pour le Marquis de Wargemont ; contre le Comte de Wargemont, en présence de Monsieur le Comte d'Artois, 1785 - Mémoire pour Me De La Haye, Ecuyer, Seigneur de Vaulx-sous-Corbie, Sailly-le-Secq, 1785 - Mémoire et Consultation pour les Engagistes du Greffe des Présentations d'Amiens, 1786 - Mémoire Signifié pour Pierre-Marie Delahaye, Ecuyer, Seigneur de Molliens-le-Vidame, contre Langlois Seigneur de Courcelles - Mémoire Signifié pour les Seigneurs, Syndic, Habitans, Corps et Communauté du Village de l'Hortoy, Contre Me Antoine Marminia, Prêtre, Vicaire perpétuel à portions congrue de la Warde-Mauger, & Curé seul gros Décimateur de la Paroisse de l'Hortoy, 1787 - Mémoire pour Me Léonor Scribe, Notaire au Bailliage d'Amiens, 1787 - Mémoire pour le Sieur Brandicourt, Curé de Saint-Firmin le Confesseur, à Amiens, 1788 - Mémoire à Consulter pour Claude Boullet, Ecuyer, Sieur de Lamothe - Mémoire à Consulter et consultation contre les Srs Administrateurs de l'Hôpital-Général d'Amiens, 1789 - Mémoire pour les sieurs de Vermont contre le Sieur de Morel de Foucaucourt, 1789 - Mémoire pour le Sieur Delamarre, Laboureur à Sarcus, contre le Marquis de Grasse, 1789 - Observations des Sieurs Eloy-Louis et Dominique-César Leleu Frères, négocians, Sur un écrit intitulé "Second Mémoire pour les Maîtres Boulangers", 1789 - Compte-Rendu au Public par les Sieurs Leleu sur l'établissement des Moulins de Corbeil, 1789 - Rapport fait au Roi, par M. Taboureau, Contrôleur Général, le 23 Février 1777 - Réflexions d'un Citoyen sur la conduite du Peuple envers M. Jourdain de Leloge, Négociant à Amiens, 1789 - Mémoire pour le Sieur Jean Baptiste Alexandre Leleu Fils, Négociant & Consul en exercice de la Ville d'Amiens, 1789 - Réplique du Sieur Caron-Berquier, imprimeur, 1790 - Mémoire pour M. Bussilot, négociant à Amiens, 1790 - Observations de Germai-Louis Chambosse, receveur du district d'Amiens ; Tome V An 4 - 1806 : Précis servant de réponse pour le Cotoyen Guidé le jeune, Négociant demeurant à Amiens contre le Citoyen Barbieux, Négociant à Lille, An IV - Mémoire sur délibéré pour les Héritiers d'Honoré Delaporte contre les Enfan Lesouef - Mémoire à consulter et consultation pour les citoyens Durieux le jeune, et Morgan, négocians à Amiens, Contre la citoyenne Dujardin du Royal, an VI - Mémoire à Consulter, pour les intéressés à la Manufacture de draps et ratines d'Andely, stipulés et representés par les citoyens Ribard et Levieux, Négociants à Rouen - Mémoire à Consulter et Consultation pour le Citoyen Mille Marchand à Amiens, contre les Citoyens Mallet-Dessommes et Rousseau, An VII - Mémoire présenté à la Commission consulaire exécutive de la République Française, par les négocians et manufacturiers d'Amiens, An VIII - Mémoire pour le Cotoyen Pierre Louis, Négociant demeurant à Lille, contre le Citoyen Ladame, Négociant demeurant à Amiens An VIII - Mémoire pour Jean-Baptiste Canaples ci-devant Marchand à Oisemont contre Villeret, Cultivateur demeurant à Avelège, An IX - Réhabilitation Coulon Frères, An XI - Mémoire pour François-Joseph Lecus, Agent de Change, à Abbeville, Demandeur en Cassation, etc. - Tome VI 1806-1813 : Mémoire en réponse pour les Frères Enfantin, Demandeurs en homologation, poursuites et diligences de marcel Enfantin, l'un deux, Liquidateur, contre le Sieur Herbel fils - Affaire Veuve Dewarsy contre Poujol D'Avankerque (nombreux mémoires) - Mémoire pour Mme De Bussy de Folleville contre Musnier, Général de Division - Résumé pour Charpentier, Comte de l'Empire, Général de Division, contre Brayer Maison Neuve demeurant à Soissons - Précis pour le Sieur Dumoiron contre le Sieur Stubert - Consultation pour MM les Syndics à la Faillite de la Maison Virnot de Lille - Précis pour le Sieur Jean-Baptiste Laurent, ancien Négociant demeurant à Amiens - Conclusions motivées pour les Habitans de la Commune de Magny-le-Freule, etc...
Cet ensemble unique et remarquable provient de la bibliothèque de l'amiénois Pierre-Joseph Berville (1751-1832). Fils d'un procureur au bailliage, homme de loi dès avant la Révolution, il est secrétaire général de l'assemblée provinciale de Picardie entre 1782 et 1787, premier suppléant aux Etats-Généraux en 1789, secrétaire du conseil général de la Somme en 1790 puis administrateur des hospices d'Amiens en l'an IV. Sous le Premier Empire, il sera nommé secrétaire général de la préfecture de la Somme. Il sera député de la Somme en 1815, pendant les Cent-Jours, puis, révoqué à la Seconde Restauration, il deviendra juge de paix dans le Canton de Charenton. Cet ensemble exceptionnel, rassemblant près de 200 mémoires souvent rares, et relié avec soin, nous fait rentrer d'une manière unique dans le détail des querelles judiciaires en Picardie, de la fin du règne de Louis XV jusqu'aux dernières années du Premier Empire. Notre descriptif rapide se contente de citer une partie des imprimés contenus dans les 7 volumes. Parmi ceux-ci, on notera la présence du mémoire en défense rédigé par l'avocat Simon Linguet dans l'affaire de la marquise de Gouy, où la présence de 2 plans dépliants en couleurs venant en illustration de plaidoiries. Bon ensemble (premier plat du premier volume coupé sans manque, accroc à une coiffe en tête, restauration ancienne avec mq. au dernier feuillet du tome 4, qq. petits frott. et usures, très bon état par ailleurs).
[Paris, Versailles, Saumur, Saint-Domingue, Nantes, Ath, Hambourg] - [ TRUTIE DE VAUCRESSON, Léger François ]
Reference : 71911
(1840)
1 cahier format 31 x 20 cm, 44 ff. , 2 ff. débrochés (le premier a été manifestement détaché suite à une erreur du rédacteur qui a inversé recto et verso), dont 12 ff. rédigés à l'encre brune, souvent en recto verso, d'une écriture cursive régulière, s.d. [ circa 1830-1849 ] Etat satisfaisant : une forte salissure en angle supérieur droit, 2 feuillets débrochés, qq. accrocs, mais le manuscrit reste bien lisible. Voici la transcription complète : [ Manuscrit autographe : ] Mémoires du Chevalier Léger Trutié de Vaucresson [Souvenirs autobiographiques autographes et inédits retraçant le destin du jeune Léger Trutié de Vaucresson, jeune noble de 15 ans pris dans la tourmente de la Révolution française. Avec un témoignage saisissant du traumatisme de l'été 1789, du massacre de ses proches, Foulon et Bertier de Sauvigny, des derniers jours de la cour de Versailles, une immersion rare dans la société coloniale de Saint-Domingue en 1790 avec ses tensions raciales et un duel à 16 ans, le retour en France en 1791 et les réseaux de l'émigration militaire ] Mémoires du Chevalier T. de Vaucresson. Chapitre 1. Trop avancé dans la vie pour que le présent ait quelque charme pour moi, j’ai besoin de jeter un regard en arrière & e chercher à revivre dans le passé. Je n’ai point la prétention d’occuper le public de moi car je n'aime point à me mettre en évidence. J'abandonne le plan à ceux qui ont l'opinion contraire et cherchent à faire de l'effet, [… ] bien commun dans le siècle où nous vivons. Il auraitt peut-être mieux convenu à mon goût pour le repos de garder le silence et de mourir dans l'oubli, mais dans la longue carrière que j'ai parcourue et au milieu des orages qui se sont renouvelés si fréquemment pendant sa durée, j'ai dû naturellement voir beaucoup de choses & je suis entraîné à les raconter à mes enfants et à mes contemporains pour éclaircir certains faits dont j'ai été témoin et que l'esprit de parti qui corrompt tout a dénaturés. Je parlerai avec le langage de la vérité, si rare dans les convulsions qui nous agitent et des faits qui me sont personnels et de ceux qui se rattachent à la politique.Je ne cacherai rien, je ne déguiserai rien, car, je n’ai aucune raison pour altérer la vérité, et si quelques personnes pouvaient en être blessées, je déclare ici que je n'ai point la volonté de les atteindre et que bien ou mal, je passe condamnation sur tout ce qui a été fait [Page 2 :] même contre moi. Ce n'est point [ au ] déclin de la vie, lorsque l'on n'a plus rien à attendre ou à espérer des hommes que peut continuer de la haine pour eux.Naissance. Je suis né à Paris le 11 mars 1774 : mon père qui possédait une très brillante fortune avait commencé à servir dans les mousquetaires; depuis, lors de la dissolution des parlements à la fin du règne de Louis XV, pressé par le chancelier de Maupeou et par M. Bertier de Sauvigny premier président, il quitta le militaire pour accepter dans le nouveau parlement de Paris une charge de conseiller de grand'chambre, mais l'espèce de réprobation qui paraissait se manifester contre cette magistrature improvisée et les difficultés qu'il éprouva pour obtenir une charge de président à mortier qui lui avait été promise le dégoûtèrent de cette carrière. Iil rentra dans le militaire comme capitaine de cavalerie et acheta une charge de maréchal général des logis de la cavalerie qui devait le porter au grade de Mestre de camp. Quelques temps auparavant il avait épousé à Versailles Marie le Noir de Pasdeloup, d'une des plus anciennes familles nobles de l'Anjou, elle était nièce du Conseille Foulon conseiller d'état surintendant de la guerre et de la marine. De ce mariage il eut plusieurs enfants.Éducation. Dans la position de fortune où était mon père, rien ne fut épargné pour mon éducation [Page 3:] Toutefois à l'époque dont il s'agit, l’éducation n'était pas poussée à fond comme de nos jours, l'état militaire étant [ le seul recherché] par la noblesse, elle négligeait [la connaissance] des sciences exactes et celle du droit [qui demandaient] de longues études et qui ne lui auraient [ pas permis ] d'entreprendre, dès l'âge de 15 ans, la carrière qui lui semblait la seule honorable. [ … ] jusqu'en troisième, l'arithmétique, l'histoire, le dessin, la danse et l'escrime, composaient à peu près toute la science d'un gentilhomme. On pensait alors et peut-être avec raison que l’excès des études propres aux savants détruisaient ou énervaient les forces physiques des jeunes gens et qu'enfin pour remplir avec honneur la carrière militaire il fallait en première ligne s'attacher à développer les forces du corps et à graver dans le coeur de ceux qui s'y destinaient les beaux et nobles sentiments qui dans les siècles précédents ont imposés à la noblesse tant de sacrifices pour le service du Roi et la défense de la patrie.Révolution de 1789. J'atteignais à peine l'âge de 14 ans lorsque la révolution de 1789 vint bouleverser toutes les têtes et troubler le doux repos dont la France jouissait. On a déjà tant parlé à tort ou à raison des causes qui ont amené cette sanglante catastrophe qu'il deviendrait superflu d'y revenir. Chacun a apporté dans ces tristes discussions l'opinion qu'il s'était faite dans son propre intérêt et peut-être n'était-il jamais [Page 4 :] existé de contraintes plus vives de part et d'autre, sans cependant amener le triomphe de la vérité. Trop jeune à cette époque pour avoir pu juger sainement cette grande question, je dois me borner à rappeler ces moments dont chacun s'est plus ou moins ressenti.En 1782, mon père, qui possédait de grands biens à Saint-Domingue, avait été obligé pour rétablir l'ordre dans ses affaires, de se rendre dans cette colonie, où des gérants profitaient de son absence, mettant depuis la mort de mon grand-père tous ses biens au pillage (il était temps d’arrêter ces dilapidations). En quittant la France, il avait abandonné à ma mère qui agissant en cela avec prudence, avait établi dans ses dépenses plus d'ardeur et d'économie que par le passé. Nous habitions l'hiver à Paris et l'été la terre de Vaucresson entre Saint-Cloud et Versailles. Ce fut dans cette terre, qui dans le grand siècle faisait les délices du duc de Bauvilliers, que j'ai passé une partie des premières années de mon enfance. Temps heureux ! où l'avenir se déroulait plein de charmes à mes yeux, bonheur que je croyais sans fin, qui fut bientôt remplacé par de cruelles douleurs.Au mois de juin 1789, nous jouissions de cette douce paix qui n'était troublée que [Page 5: ] par les inquiétudes que font toujours naître les avant-coureurs d'une commotion politique, lorsqu'un courrier venant de Paris annonça à ma mère le massacre de monsieur Foulon et de monsieur Berthier. Les détails de cette circonstance nous affligèrent douloureusement. Non seulement le peuple en délire avait répandu le sang de ses victimes, mais il s'était livré à des excès tels, que les peuples les plus sauvages en auraient rougi de honte, après avoir assouvi leur rage sur ces infortunes, dont le seul crime était leur dévouement comme au roi, ces monstres leur coupèrent la tête, la placèrent au bout d'une pique et connaissant les liens de famille qui existaient entre nous et leurs victimes, ils vinrent présenter leurs têtes sanglantes aux croisées de l'hôtel que nous occupions à Paris. Ces détails étaient un avertissement pour nous de nous tenir sur nos gardes ; en conséquence ma mère quitta sur le champ le château de Vaucresson pour venir se réfugier à Versailles, mais déjà les affreuses nouvelles étaient partout répandues, et ce ne fut pas sans peine et sans être insulté par nos paysans que nous pûmes effectuer notre retraite. [Page 6: ] Ainsi le même jour et presque au même instant les deux chefs vénérés de ma famille nous furent enlevés, par un crime atroce que l'on ne peut avec raison toutefois attribuer entièrement à ceux qui l'ont commis, mais dont nous avons tous connu l'auteur qui, pour arriver au trône, voulait se débarrasser à tout prix des hommes de tête et de coeur qui entouraient le malheureux Louis XVI. Il fallait pour l'atteindre facilement le laisser sans défense.Stanislas … Foulon, baron de Doué, seigneur de Morangies, Soulangé et autres lieux, conseiller d'État, décoré de la croix de commandeur de Saint-Louis, à l'époque de sa mort avait environ 75 ans. Il était d'une famille respectable de Saumur en Anjou. Le marquis de Pasdeloup, mon grand-père maternel, avait épousé sa sœur; sa belle et noble figure, ses talents distingués et principalement la fermeté de son caractère le firent remarquer. Jeune encore, il était commissaire ordonnateur de la guerre et le maréchal duc de Richelieu qui l'aimait le fit nommer intendant de son armée. De retour de ses campagnes, il fut bien accueilli à la cour et sous le ministère de monsieur le duc de Choiseul, fut nommé par le roi surintendant de la guerre et de la marine. La chute du [Page 7:] Premier ministre entraina la sienne, mais le Roi ne pouvant consentir à se priver de ses talens le nomma conseiller d'Etat. Louis Seize qui connoissait sa bonne réputation et qui sentait le besoin de s'entourer d'hommes de tête, ayant en 1789 nommé premier ministre Mr le Maréchal duc de Broglie, Mr Foulon fut nommé ministre de la guerre, mais il connoissait le système de modération et de concession adopté par la cour. Les sourdes menées des révolutionnaires, la confiance d'un Roi faible et timide devait l'exposer personnellement aux plus grands malheurs, sans qu'il put en rien résulter d'avantageux pour son pays; il refusa de se charger d'un fardeau que les circonstances rendaient trop pesant. Sa détermination prise, il crut pouvoir revenir à Paris, mais il y fut insulté dans son hôtel et quelques jours après arrêté par les factieux et conduit à l'hôtel de ville où il fut impitoyablement massacré par une populace ivre de sang.Mr Foulon était malgré la fermeté de son caractère, d'une humeur douce et facile, très attaché à sa famille il avait fait élever ma mère auprès de lui et contribua à son mariage avec mon père. Son gendre Berthier fils de Mr Berthier de Sauvigny, premier président au parlement sous le Chancelier [Page 8:] Maupeou était d'une figure fort agréable et d'une petite taille. Il était doué d'une grande distinction de manières. Très jeune encore il fut nommé intendant de la généralité de Paris. Enfant gâté de la fortune mais d'un esprit aimable et conciliant il avait su se faire pardonner son élévation prématurée et avait peu d'ennemis. Toutefois son dévouement au Roi était connu, c'était assez pour le rendre suspect au duc d'Orléans qui ne laissa pas échapper l'occasion de se débarrasser d'un homme qu'il considérait comme un obstacle à ses projets ambitieux.Ma mère était trop sincèrement attachée à sa famille pour ne pas être profondément affligée de ces événements qui nous firent sur le champ quitter la campagne. Nous arrivâmes en fugitifs à Versailles sans y être attendus et sans savoir où nous irions loger, un de nos amis touché de notre situation nous offrit un asile chez lui et bientôt Madame Elisabeth ayant appris notre arrivée, daigna faire mettre à notre disposition un logement qui lui appartenait rue de Maurepas.J'avais à peine quatorze ans à cette époque, par principe et par devoir j'étais dévoué au Roi, ses malheurs n'avaient fait que développer ce sentiment et je puis affirmer qu'il était arrivé [Page 9: ] à un tel degré d'exaltation qu'il était une sorte de fanatisme. Quoique dans l'âge où l'on ne pouvait être admis à la cour, je ne manquai cependant aucune occasion de m'y présenter et les huissiers de la chambre étaient tellement dans l'usage de me voir que je pénétrais dans tous les appartements sans aucun obstacle. L'habitude de voir le Roi, la Reine et les princes, la fréquentation continuelle de tous les habitués de la galerie du château et de l'oeil de boeuf me donna bientôt le goût et les manières du grand monde & c’est sans contredit à ces premiers mois de mon entrée dans la vie que j’ai dû, depuis les succès que j'ai obtenus dans un monde inférieur.Quatre mois se passèrent ainsi et les événements suivaient leur triste cours. Quelques jours après le peuple de Paris, encouragé par la faiblesse du gouvernement, vint à Versailles pour forcer le Roi de venir s'établir à Paris avec sa famille. (Jusque là les régimens qui composaient la garnison de Versailles s’étaient maintenus dans un assez bon espoir mais pour fortifier encore leurs bonnes dispositions, les Gardes du Corps les invitèrent à dîner avec ma permission du Roi dans la salle de spectacle du château. J’assistais à cette fête où les plus nobles sentimens se manifestèrent. La Reine en digne fille de Marie-Thérèse prit Mr le Dauphin dans ses bras et le présenta aux troupes qui firent éclater leurs transports, mais cette démonstration n’eut aucun bon résulta). Ce fut le 5 octobre 1789 que cet événement s’effectua, une armée de bandits dirigée par les factieux vint assiéger la résidence Royale, les portes du château furent enfoncées, le peuple se précipita dans les appartements et la malheureuse Reine ne dut son salut [Page 10: ] qu'au dévouement d'un garde du corps qui en défendant l'entrée de sa chambre à coucher aux dépens de sa vie, donna le temps à la princesse de se sauver dans la chambre du roi. Cette nuit fut affreuse et j'en conserve encore le souvenir. Chaque instant était marqué par la détonation d'une arme à feu et dix-sept gardes du corps périrent victimes de leur attachement à leur maître.Le lendemain la cour quitta le château de Versailles et cette ville ne pouvant plus être un asile sûr pour nous nous partîmes pour Saumur où était mon grand-père.Saumur est une charmante petite ville sur les bords de la Loire, le marquis de Pasdeloup, père de ma mère y jouissait d'une haute considération, acquise par une conduite sans reproche et une naissance distinguée. Sa maison était ouverte à tout ce qu'il y avait d'honorable dans l'Anjou et à tous les officiers supérieurs de la garnison. C'est alors que sollicité par mes instances ma mère consentit à me faire entrer de suite au service j'avais quinze ans et demi, il était temps d'y penser, mais comme à cette époque ainsi que je l'ai déjà dit, la noblesse ne recherchait que le service militaire, il en résultait que toutes les issues dans les corps étaient [Page 11:] encombrées par une foule de jeunes gens dont le nombre excédait de beaucoup celui des places dont le gouvernement pouvait disposer, et qu'ainsi tout mouvement étant arrêté, il fallait attendre quelques fois des années pour arriver à son but et perdre un temps précieux. Le régiment de Royal Roussillon cavalerie (4ème de cuirassier) qui était alors en garnison à Saumur comptait dans ses rangs à cette époque 33 officiers à sa suite absents du corps. Mon impatience ne s'accommodant pas d'un tel état de choses ma mère écrivit en conséquence au marquis de Vignacourt qui était colonel du régiment et le 1er janvier 1790 je fus admis comme volontaire en attendant un brevet de sous-lieutenant.Le service militaire avait un grand attrait pour moi et je ne puis exprimer tout le bonheur que j'éprouvais en portant pour la première fois cet habit depuis longtemps objet de mes désirs. Je commençai donc à faire mon cours d'équitation et à monter mes gardes afin de me rendre digne du grade sur lequel je comptais. Ces occupations qui avaient pour moi un grand charme durèrent toute l'année mais, l'horizon politique se couvrait [Page 12:] de nuages, tout s'écroulait sous nos pieds, la discipline des meilleurs régiments commençait à se relâcher, les bas officiers se plaignaient de ne pas participer aux avancements et d'être commandés par des jeunes gens inexpérimentés dont le seul mérite selon eux était leur titre de noblesse. Toutes ces clameurs suggérées par les nouvelles idées révolutionnaires, étaient en partie fondées par la négligence avec laquelle beaucoup de jeunes officiers faisaient leur service, la plupart suivaient leur carrière à défaut d'autres que les préjugés du temps leur interdisaient et dans le seul but de se faire un état et d'ajouter à leur considération. L'armée était encombrée de ces auxiliaires inutiles et les officiers supérieurs des corps n'avaient pas toujours assez de caractère ou d'indépendance pour les contenir et les diriger, les plaintes des inférieurs pouvaient donc se justifier jusqu'à un certain point et naturellement elles devaient finir par ébranler la discipline et diviser les corps qui à l'époque dont il s'agit avaient plus que jamais besoin d'union. Comme tous les autres devenus la victime de ces fâcheuses dispositions et pour éviter le prétexte d'un mouvement insurrectionnel dans mon régiment je fus obligé de [Page 13: ] m'éloigner et de demander un congé qui me fut accordé sur le champ. Je revins donc chez mon grand-père espérant que mon absence ne serait que momentanée et que les événements me permettraient de reprendre mon service. Cette espérance fut vaine il était dans ma destinée de ne jamais revoir les étendards du régiment de Royal Roussillon et la tourmente révolutionnaire me réservait un autre destin.Pendant le cours de ces tristes événements les colonies n'avaient pas été préservées. Elles étaient alors trop riches et trop florissantes pour ne pas exciter l'envie des révolutionnaires toutefois leur influence n'avait pas encore fait un grand progrès et elles avaient à lutter avec l'intérêt personnel des propriétaires et des habitans et le tems de leur triomphe n'était pas encore venu. J'ai déjà dit que mon père était reparti pour St Domingue en 1782 dans le but d'établir l'ordre dans ses habitations. En 1790, époque dont nous parlons, il était parvenu après huit ans de travail et de peines à remettre ses biens dans l'état le plus florissant mais ce changement n'était d'aucun [Page 14:] avantage pour nous en France; car mon père avait pris depuis le commencement de la révolution une telle aversion pour la France, telle qu'on cherchait à la faire qu'il y avait renoncé pour toujours et qu'il ne voulait faire à ma mère aucun envoye de fonds pour soutenir sa famille. Cet état de choses rendait notre position très fâcheuse en France et il devenait indispensable de la faire cesser. Mon père vint à notre aide en écrivant à ma mère de lui envoyer au plutôt ses trois fils, cet ordre était accompagné de recommandations très detaillées sur les précautions à prendre pour effectuer ce grand voyage qui devait effrayer naturellement beaucoup ma mère.Lorsque l'ordre de mon père arriva je venais de recevoir mon congé, j'étais encore à Saumur. Je n'hésitai pas à me mettre en route et j'arrivai à Nantes en octobre 1790 pour m'embarquer sur le navire le [ Zwininger ? ], Cap. Tarbois en chargement pour St Domingue.A cette époque l'état de la France devenant de plus en plus inquiétant pour le repos des honnêtes gens, chaque personne un peu marquante cherchait à s'éloigner du foyer révolutionnaire et ceux que l'idée d'un voyage long et hasardeux avait effrayés dans un tems [Page 15: ] de calme et de repos n'éprouvaient aucune répugnance à se risquer aux plus grandes entreprises pour fuir des dangers qui leur paraissaient bien plus redoutables. Cette disposition des esprits me fut favorable en ce que je trouvai parmi les nombreux passagers embarqués sur le Zwininger plusieurs personnes respectables dont la société devait naturellement adoucir les ennuis d'un long voyage et les regrets que je devais éprouver en quittant pour la première fois ma mère et le sol de la patrie.Notre bâtiment l'un des plus beaux du commerce de Nantes était depuis quelques jours descendu au mouillage devant St Nazaire petit bourg au-dessous de Paimboeuf à l'entrée de la Loire. Tout étant près pour le départ et le vent étant favorable nous appareillâmes le 24 février 1790. Sous voile nous nous trouvâmes 52 passagers dont 17 à la table du capitaine, parmi ces derniers on remarquait le Comte et la Comtesse Auguste de la Tourette avec Mr. et Mde de Pimelle qui allaient chercher à St Domingue des habitations dont les revenus ne leur parvenaient jamais, Pauvre famille qui était destinée à trouver la mort au lieu de ces grands biens objet de leur espérance. [Page 16:] Monsieur de La Tourette était d'une famille noble très connue en Vivarais et assez mal famée dans son état bien près de la misère tous les moyens leur semblaient bons pour arriver à la fortune. Celui dont il est icy question, comme ses frères, était officier des gardes du corps du Roi, pour se soutenir dans cette position l'argent lui manquait il épousa Mlle de Pimelle fille d'un gentilhomme Bourguignon d'assez bonne race, qui s'était allié à une mulâtresse propriétaire à Saint-Domingue. Mde Auguste de La Tourette était donc femme de couleur ce qui affectait peu la délicatesse de son mari, mais cette origine lui attira à Saint-Domingue de grandes humiliations. Quelques temps après l'arrivée de la famille dans la colonie Messieurs de La Tourette et de Pimelle s'étant présentés dans une assemblée de propriétaires en furent chassés ignominieusement et la douleur qu'ils en ressentirent les conduisit bientôt au tombeau. Mme de La Tourette restée veuve usa fort légèrement de sa liberté et vint au Port au Prince où elle mourut de chagrin en laissant un fils, mort quelques années après. Cette jeune femme n’était pas la seule qui fut nous promettre quelques compensations aux peines du voyage, mais était celle qui méritait le plus vif intérêt. [Page 17:] Je n'entreprendrai pas de détailler ici l'emploi de notre temps pendant la traversée je n'en ai le temps, ni la volonté, de faire le journal de mon voyage, il suffit de dire qu'après quarante cinq jours bons ou mauvais notre bâtiment vint mouiller au Cap Français, à cette époque la plus belle et la plus riche ville des Antilles.Une discussion que j'avais eue à bord avec un nommé Coussin ingénieur se disant Grand Voyer à Saint-Domingue me força de descendre à terre un moment après le mouillage. J'avais alors 16 ans. Je n'avais jamais mis l'épée à la main, mon adversaire âgé de plus de 30 ans avait sur moi un immense avantage. Cette infériorité devait naturellement appeler sur moi tout l'intérêt, aussi lorsque j'arrivais à terre où déjà le bruit du combat s'était répandu je me trouvai entouré de plus de 200 jeunes gens de la ville qui m'accompagnaient au rendez-vous. Cette publicité à laquelle je ne m'attendais pas fit d'abord une forte impression sur moi, toutefois j'étais trop animé pour hésiter un instant je mis l'épée à la main et malgré tous les dangers de ma position et le sentiment de ma propre faiblesse, je me présentai [Page 18:] avec fermeté au-devant de mon adversaire. Les fers croisés l'affaire ne devait pas se prolonger, car, je ne savais ni attaquer, ni me défendre, l'épée de mon adversaire ne rencontrant aucune opposition le sang jaillit bientôt de ma chemise, aussitôt tous les témoins s'écrièrent que j'étais blessé et se jetèrent sur moi en me comblant d'éloges et de marques d'intérêt, ma rentrée en ville fut une véritable ovation, chacun cherchait à me soutenir, tandis que d'autres appelaient un chirurgien à mon secours. De tous ceux cependant qui étaient présents à cette scène j'étais peut-être le plus calme, car je ne me sentais pas gravement blessé et bientôt on reconnut que je ne m'étais pas trompé. Le premier appareil mis je pus sortir le soir me rendre au spectacle.Je restai environ huit jours au Cap et je me rendis ensuite au Port au Prince où je devais trouver mon père. A peine au mouillage un officier vint de la part de Mr. le Comte de Blanchelande alors gouverneur de l'île, ordonner au capitaine de se rendre avec tous ses passagers au gouvernement. Chacun se prépara donc à descendre à terre. Mon frère et moi nous primes nos uniformes et accompagnés des autres passagers nous primes seul le capitaine le chemin du gouvernement.Lorsque nous eûmes traversé la ville et la cour du palais du gouverneur nous nous trouvâmes au pied du grand escalier et comme j'étais en tête de la file avec mon frère je franchis les degrés et m'adressai à un chevalier de Saint Louis qui se tenait sur la terrasse et que je crus être le gouverneur. Je lui dis que d'après des ordres transmis par un de ses aides de camp les passagers du Domingue venaient lui rendre leurs devoirs. Je ne suis point le gouverneur me répondit-il mais voici le gouverneur dans le salon où il vous attend.Nous entrâmes alors en foule dans le salon où nous trouvâmes Monsieur de Blanchelande qui nous reçut avec bonté et demanda au capitaine la liste de ses passagers. Les noms furent appelés successivement et quand le gouverneur fut arrivé au notre il se tourna devers le chevalier de Saint Louis à qui j'avais parlé et lui dit comment Monsieur de Blanchelande n'avez vous pu reconnaitre vos enfans ? Cher Monsieur ajouta-t-il embrassez votre père.L'entrevue fut touchante, mon père nous fit mille caresses. Il nous fit part de la crainte de sa fortune de ses projets et des craintes sur le résultat des troubles qui à cette époque désolaient la France. Son dessein était de réaliser sa fortune et de se retirer au continent de l'Amérique où il voulait nous établir.Le soir même il nous conduisit à son habitation du quartier du Lamentin qui était l'une des plus belles de cette partie de la colonie et les premiers momens de notre séjour auprès de lui eurent mille charmes pour nous. – Toutefois ce tems de repos et de bonheur fut de peu de durée, une querelle, dans le principe fort légère vint mettre un terme à cette bonne harmonie et nous nous sommes obligés de quitter son habitation et de nous retirer au Port au Prince. Cette séparation eut du retentissement dans la colonie et beaucoup de gens qui connaissaient le caractère violent de mon père vinrent à nous, et comme nous ne pouvions revenir au Lamentin sans y donner lieu à un nouveau scandale on prit le parti de la négociation et il fut convenu que nous retournerions en France par le premier bâtiment de commerce en partance et que mon père pourvoirait à nos frais du passage et à notre entretien en France. Ceci bien arrêté nous nous embarquâmes sur un navire de Nantes et après une traversée bien longue [Page 22: ] et bien dangereuse nous arrivâmes à Nantes soixante six jours après notre départ du Port au Prince, le 25 avril 1791.Mes frères partirent pour leurs régimens mais, avant de rejoindre le mien, j'avais à m'assurer si ma présence n'y causerait pas quelque nouveau trouble. En effet les mauvaises dispositions des sous officiers n'avaient fait que s'accroitre et je ne fus pas à me repentir de ma prudence. Je pris le parti de venir en Normandie chez Monsieur de Bertingles ma tante ou ma mère se trouvait alors à y attendre le résultat des événemens qui se préparaient. En Juillet le Roi parti des Tuileries où il était prisonnier, avec toute sa famille et quelques jours après fut ramené à Paris. Cette catastrophe qui plongea la France dans le deuil, vint finir mes irresolutions, je quittai ma famille et le 8 septembre je partis pour Enconnay ville de la frontière de la Flandre autrichienne, dans l'intention de me rendre à Ath, ville désignée pour la réunion de tous les gentilshommes émigrés de France.Les premiers jours d'octobre Monsieur le Comte de la Châtre commandant tout le cantonnement m'ordonna de me rendre à Soignies et me fit incorporer provisoirement dans une compagnie composée de tous les officiers appartenant au régiment Royal des vaisseaux [Page 22sur feuillet volant, décrivant des événemens postérieurs] Mon séjour à Hambourg, le comte Bernhard ambassadeur, le 7 septembre 1798 départ de Hambourg, passage de l'Elbe, voyage dans le pays de Hanovre, arrivée à Leer, première ville hollandaise, mon passeport signé par l'ambassadeur, entrée en France, arrivée à Rouen, [… ] Marchand, je vais me réfugier dans la forêt de Léon au château de St Crespin chez Monsieur de [ Bertinay ?] visite domiciliaire, la gendarmerie cerne le château, conduite du maire et du commissaire de police de Lyon = mon sang-froid en cette circonstance me [ sauve? ], la gendarmerie se retire, résolution que je prends de quitter la Normandie, avec un passeport de complaisance. Arrivée à Saumur chez mon oncle le Ministre pour la succession de mon grand père, séjour à Saumur.. voyage à Poitiers.
Manuscrit manifestement autographe (comme le suggèrent corrections et ratures) constituant un témoignage d'une valeur historique exceptionnelle. Il s'agit des mémoires de jeunesse, inédits, attribuable à Léger François Trutié de Vaucresson (1774-1849) ; ces mémoires couvrent essentiellement la période 1788-1791 (de ses 14 à ses 17 ans) et offrent un récit de première main sur des événements majeurs de la Révolution française (l'assassinat de sont grand-oncle Foulon et Berthier de Sauvigny, les journées d'octobre 1789, la société insulaire à Saint-Domingue et le début de l'Émigration). Le grand-oncle de l'auteur, Joseph François Foulon de Doué (74 ans) et son gendre Louis Benigne François Berthier de Sauvigny (intendant de la généralité de Paris) furent parmi les toutes premières victimes de la violence populaire de la Révolution le 22 juillet 1789, accusés à tort d'avoir accaparé les grains pour affamer le peuple. L'auteur accuse à mots à peine couverts le Duc d'Orléans (Philippe Égalité) d'avoir téléguidé ces assassinats et ces menées. Réfugiée à Versailles, sa famille y est logé dans un appartement mis à sa disposition par Madame Élisabeth. Il assiste et relate le célèbre Banquet des Gardes du Corps du 1er octobre 1789 à l'Opéra royal de Versailles, où la famille royale fut acclamée, événement qui mit le feu aux poudres à Paris. Il part à Saint-Domingue, où son père gère ses possessions depuis plusieurs années. Le texte met en lumière la tension sociale et raciale (dont le refus des colons blancs de laisser siéger les propriétaires mulâtres ou d'accepter les mariages mixtes, tout cela à quelques mois de la grande insurrection des esclaves d'août 1791 et y rencontre le Comte de Blanchelande, Gouverneur général de Saint-Domingue, qui le présente à son propre père. Rentré en France l'année suivante, il rejoint l'armée des émigrés. Suivent quelques notes évoquant sa conduite sous le Directoire (à Hambourg en 1798, retour en France...). Dans ce récit captivant, Léger Trutié de Vaucresson porte son regard acéré sur ces événements de sa jeunesse, avec le recul de la maturité. Son ton se distingue par trois grands traits. Le manuscrit s'ouvre sur un ton d'une sincérité détachée : rédigés au soir de sa vie (« lorsqu'on n'a plus rien à attendre ou à espérer des hommes »), le texte est débarrassé de toute volonté de plaire ou de régler des comptes politiques. Cela n'empêche nullement un ton d'une lucidité sans concession : bien qu'issu de la haute aristocratie et habité par une dévotion monarchique poussée jusqu'à une « sorte de fanatisme », l'auteur ne cède pas au parti pris aveugle et pose un diagnostic clinique sur son propre camp : il dénonce un roi « faible et timide », dont la modération excessive a condamné ses plus fidèles serviteurs, pointe du doigt la désinvolture des jeunes officiers aristocrates (« auxiliaires inutiles ») et la rigidité du système social qui a légitimement exaspéré la troupe, sur Saint-Domingue, il expose crûment les tensions raciales et le mépris de caste subi par les familles de couleur, tout en révélant la gestion brutale et tyrannique de son propre père sur ses terres. Et souvent le ton se fait romanesque dans cet incroyable récit mené comme un roman d'apprentissage sur fond d'effondrement d'un monde. La nostalgie de l'enfance au château de Vaucresson cède brutalement le pas à la tragédie (les têtes de ses proches braquées sous les fenêtres de la demeure familiale au bout de piques), à l'héroïsme désabusé (lors de son duel d'honneur improvisé à 16 ans sur les quais du Cap-Français sous les yeux de 200 spectateurs !) et l'on passe rapidement de la théâtralité des retrouvailles paternelles au Port-au-Prince devant le gouverneur à la rupture familiale soudaine et au retour en France... Léger-François Trutié de Vaucresson fera carrière dans l'administration coloniale, il deviendra Commissaire-Ordonnateur de la Marine puis gouverneur par intérim de la Guadeloupe entre 1814 et 1815. Il semble avoir rédigé ces "Mémoires" dans ses vieux jours, mémoires qu'il interrompt soudainement à la fin de l'année 1791 ; Vaucresson rédige quelques notes évoquant l'année 1798 sur un dernier feuillet, et l'on regrette fort qu'il ne soit pas allé plus avant dans son travail. On sait que son père mourra cette même année en décembre 1791, assassiné à Port-aux-princes dans son habitation du Lamantin (on trouvera d'utiles informations dans le bel article consacré à la famille Trutié de Vaucresson par Bernadette et Philippe Rossignol paru dans GHCaraïbe, n° 238, Juillet-Août 2010)
Importantes archives de la Succession Rohan-Soubise, héritiers de Charles de Rohan, Prince de Soubise (volume global : environ 27 x 34 x 24 cm) [ Contient : ] 1 - Dossier «Liquidation et Partage de la Succession de Mr le Maréchal Prince de Soubise», 6 cahiers manuscrits brochés ensemble, 532 pp. avec importante table des matières et une très utile table alphabétique. Ce dossier, fondamental, est décomposé en 6 parties: la 1ère présente les questions que l’opération fait naître et ses solutions, la 2e le résultat des administrations antérieures, la 3e établit le partage de tous les biens de la succession suivant les dispositions des 17 coutumes & du droit écrit qui les régissaient, la 4e les contributions aux dettes, la 5e la balance de l’actif et du passif, la 6e les abandonnements. La consultation de la table alphabétique fait notamment ressortir les noms suivants: coutume d’Angoumois, de Paris, de Mantes, Bar, Vitry, Franche-Comté, Normandie, Saintonge et Saint Jean d’Angély, Anjou, Bretagne, Hainault, Tournay, Lille, Artois, Bapaulme, Montreuil, Duc de Bourbon, terre d’Aubepierre, d’Avaugour, Brain, Clisson, Brimeux, Goello, Petit Grimberg (Alsace), Hébuterne, Lebreucq, Loupy & Revigny, Montguyon, Montlieu, Méchin, Préaux, Saint Aulay, Sainte Marie Dumont, Soubise, Tournon, Ventadour, Vertus, Vivarais, Vitry, Woulte, Wiers, les Salines de Bourgogne, Hôtel Soubise, Hôtel rue de l’Arcade, Maison de Marly, etc…2 - Dossier «Etat Liquidation et Partage de la Succession de Mr le Prince de Soubise», 4 cahiers ms. brochés ensemble, 299 pp. avec importante table des matières et une très utile table alphabétique. Ce dossier, complémentaire du précédent et essentiel à la compréhension d’ensemble, présente notamment un dépouillement des procès-verbaux d’estimation des biens dépendant de la succession Soubise, département par département: Ardèche (La Voulte, Tournon, Annonay…), Charente (Montguyon, Montlieu, Soubise), Corrèze, Côte du Nord (Goëllo et Avaugour), Dordgne, Drôme, Gard, Isère Loire, Maine-et-Loire, Manche, Marne, Haute-Marne, Meuse, Nord, Pas-de-Calais, Seine Inférieure, Deux-Sèvres, Seine-et-Oise, Seine 3 - Dossier intitulé «Liquidation des créances de la Succession Soubise», environ 70 ff.4 - Fort dossier sous chemise intitulé «Pr Mr Lebordayre contre les Princes et Princesse de Rohan» contenant un important ensemble de documents imprimés et manuscrits dont «Mémoire pour les héritiers de Mad. La Ctesse de Marsan contre le Sieur Pottier et le Sieur Lançon, nombreux documents relatifs aux affaires des Rohan-Guéménée (Lebordayre contre Rohan-Guéménée, héritiers Sabatier, Bouchet de Préville, etc…) 5- Dossier sous chemise intitulé «Sanson contre Rohan» recueillant de nombreux documents manuscrits (datés de 1789 à 1840)6 - 6 petits dossiers sous chemise recueillant de nombreux documents manuscrits, et intitulés: «Contribution de Rohan Guéménée Production pour les héritiers Sabatier du 2 février 1836», «Affaire Guéménée Actif dans la Succession cotte 228», «Contribution De RohanProduction her. Courtois», «Tribunal de Ire Instance Chambre pour Mr Courtois & Lacroix, contre Mr de Rohan», «Contribution de Rohan Production Héritiers Courtois»7 - Dossier sous chemise intitulé «27e Liasse, De Castries» relatif aux intérêts du Duc de Castries, recueillant de nombreux documents manuscrits8 - Dossier sous chemise intitulé «Forêt de Couzières P. M. et Mad. Titon et M. Brodelet, contre les héritiers de Rohan» recueillant de nombreux documents manuscrits et imprimés dont deux grandes affiches: «Vente sur Folle-Enchère en un seul lot de la Forêt de Couzières, sise commune d’Evres, et de Veigné, canton de Montbazon, arrondissement de Tours, département d’Indre-et-Loire. La première publication aura lieu le 14 février 1839»8 - Imprimé intitulé «Affaire de Mgr le Duc d’Aumale contre Mme Veuve et Héritiers Declercq et les Princes de Rohan. Réquisitoirede M. Pinard substitut de M. le Procureur Impérial», [ juillet 1838 ], 30 pp. On joint document ms.: «Cession par la princesse de Rochefort» et deux petits dossiers Titon et Brodelet9 - Dossier sous chemise intitulé: «Château de Guéménée. Folle enchère Pour les s. en demande Titon et le sieur Brodelet contre le prince de Rohan duc de Montbazon» recueillant divers documents manuscrits et imprimés dont numéro des «Affiches parisiennes» du 19 novembre 1830 détaillant le domaine du château de Guéménée (arrondissement de Pontivy, département du Morbihan), et un document manuscrit de 20 ff. daté de 1829-1830 présentant également ce même détail10 - Dossier sous chemise intitulé «Demande en reddition de compte de bénéfice d’inventaire» Samedi 1ere chambre «Pour M. et Mme Titon contre les f. et de de Rohan», recueillant de nombreux documents11 - Dossier sous chemise intitulé«P. MM Titon et Brodelet contre héritiers de Rohan» recueillant divers documents manuscrits et imprimés dont grande affiche sur papier: «Vente sur Folle-Enchère en un seul lot de la Forêt de Couzières, sise commune d’Evres, et de Veigné, canton de Montbazon, arrondissement de Tours, département d’Indre-et-Loire. La première publication aura lieu le 14 février 1839», un manuscrit contenant un «Compte sommaire de M. Brodelet avec M. le Prince de Guéméné d’après les Etats déposés au greffe de Mrs les Commissaires Généraux du Conseil, et annexés à l’arrêt de liquidation du 30 Janvier 1787», plusieurs documents ms. anciens sur vélin (1777)12 - Dossier sous chemise intitulé «Mgr le Duc d’Aumale» contenant de nombreux documents manuscrits dont correspondance avec M. Rocher, administrateur du Duc d’Aumale13 - Dossier sous chemise intitulé «3e Liasse 9 Rohan» contenant de nombreux documents manuscrits (circa 1790-1840)14 - Dossier sous chemise intitulé «3e Liasse 7e Rohan» «Table Compte de Bénéfice d’Inventaire» contenant des documents manuscrits (liste par ordre alphabétique depuis lettre B, lettre A sur chemise)15 - Dossier sous chemise intitulé «Rohan Soubise» contenant de nombreux documents manuscrits dont de très importantes «Observations sur les Comptes d’Administration que se doivent réciproquement les deux branches de Rohan et de Condé dans la Succession Soubise» qui exposent notamment avec force détail le rôle important des coutumes qui s’appliquèrent lors de la transmission des biens immeubles en 1787. 16 - Nombreux dossiers (plus de 11) sous chemise, divers demandeurs contre Rohan: Chabrillon, Carcel, Charlet, Titon et Brodelet, Lormand, Ligneyron, Dame de Chateauvillard, de Bondy, etc.17 - Divers dossiers et documents imprimés et manuscrits divers relatifs à la succession Rohan-Soubise
Très remarquables archives provenant du fonds de l'avocat et avoué Léon Dubreuil, relatives à l'impressionnante succession de Charles de Rohan Prince de Soubise (1715-1787). Maréchal de France, l'un des grands personnages et l'une des grandes fortunes de son temps, Charles de Rohan laisse à sa mort en 1787 une grande fortune mobilière et immobilière, mais les événements de la Révolution Française vont profondément bouleverser l'héritage. Les litiges évoqués dans ces archives sont traités dans les années 1825-1845 (les actes ou documents recueillis dans ces dossiers datés approximativement entre 1775 à 1860), et concernent fondamentalement la défense des intérêts de Berthe de Rohan, petite-fille de la princesse de Guéménée. On peut citer les propos éclairants du substitut Pinard qui, dans son réquisitoire imprimé intitulé: «Affaire de Mgr le Duc d’Aumale contre Mme Veuve et Héritiers Declercq et les Princes de Rohan» rappelle les grandes lignes des affaires: «En 1787 décède le maréchal prince de Soubise: il laisse une de ces grandes successions seigneuriales, comme en comptait souvent l’ancien régime, composée de domaines presque royaux, de terres considérables, et chargée aussi d’un énorme passif. L’actif néanmoins surpassait de beaucoup toutes les dettes, et cet opulent patrimoine allait à deux branches, la branche des Condéet la branche de Rohan. Le duc de Bourbon et sa sœur représentaient la première; la princesse de Guéménée représentait la seconde. Le duc de Bourbon et sa sœur étaient, par leur mère, les petits-enfants du maréchal; la princesse de Guéménée était sa propre fille». Légataire universel du duc de Bourbon, le duc d’Aumale «représente la branche des Condé. Quant à la princesse de Guéménée, elle recueille encore l’héritage de Mme la Comtesse de Marsan, sa tante, décédée en 1803, et elle meurt elle-même en 1807, en laissant pour héritiers: sa fille, la princesse de Rohan-Rochefort et sa petite-fille, la princesse Berthe». En 1812 la princesse Berthe achète pour 400.000 fr à sa tante, la princesse de Rochefort, tous ses droits indivis, et réunit ainsi sur sa tête les trois successions de Soubise, de Marsan et de Guéménée. Mais dès 1814, elle cède l’intégralité de ces 3 successions, avec leur passif et actif, à un homme d’affaire, M. Declercq, pour la somme de 800.000 fr. «Plus tard, en présence du décret du 15 janvier 1815, qui restituait les biens de Soubise, et la loi de 1825 sur l’indemnité des émigrés», un important supplément de prix fut stipulé (700.000 fr. pour la princesse de Rochefort et 615.000 fr. pour la princesse Berthe). On comprend alors l'importance et la complexité du dossier, qui nous plonge au coeur de l'Histoire de France, à travers la multiplicité des coutumes d'Ancien Régime et les bouleversements de la Révolution et de la Restauration. On notera parmi les biens évoqués l'Hôtel de Soubise, qui, rendu à la Princesse de Guéméné en 1804, sera vendu en 1807 avant d'être acquis par l'Etat en 1808 et affecté par Napoléon Ier aux Archives Impériales (futures Archives Nationales).