‎MORIN, Lorenzo‎
‎L'il d'elle. ‎

‎(Montréal), Éditions de l'Hexagone, (1968). In-8 (20.1 cm) 89, (5) pages. Broché. Bel état. Envoi signé par l'auteur au poète et professeur Michel Van Schendel (1929-2007) : « À Michel Van Schendel, à l'intensité de sa pensée poétique. Lorenzo Morin ».‎

Reference : 2931


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Librairie Le Chercheur de Trésors (LILA/ILAB)
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5 book(s) with the same title

‎SOUBIRAN, Yvonne‎

Reference : 54723

(1928)

‎Journal Intime d'Yvonne Soubiran, élève au lycée français de Madrid puis à l'Institut Français de Madrid [ Du 16 mars 1928 au 8 mai 1928 puis du 16 février 1943 au 30 avril 1943 ] Remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents‎

‎3 cahiers manuscrits dont deux brochés (l'un oblong), 1928, 40 ff. et 1943, 36 ff. et l'autre cartonné (recueil de citations). Rappel du titre complet : Journal Intime d'Yvonne Soubiran, élève au lycée français de Madrid puis à l'Institut Français de Madrid [ Du 16 mars 1928 au 8 mai 1928 puis du 16 février 1943 au 30 avril 1943 ] Remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents‎


‎Très remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR590.00 (€590.00 )

‎FAURE-DECAMPS Veuve DENTU, Mme Léonie ; BINOT DE VILLIERS‎

Reference : 44465

(1887)

‎[ La fin d'une Dynastie de Libraire-Editeur : Importantes archives réunissant 7 dossiers manuscrits datés de 1887 à 1892 relatifs à la liquidation de la Librairie Edouard Dentu ] I : Mémoire de Madame veuve Dentu [ Mémoire manuscrit autographe de Léonie Dentu, 8 pp. in-folio, circa 1887 : ] "Madame Veuve E. Dentu, mise en cause, en vertu d'insinuations dépourvues de tout fondement lui imputant des dépenses exagérées, et une gestion imprudente de ses biens et revenus personnels, croit devoir protester avec la dernière énergie contre les calomnies dirigées contre elle dans un but intéressé. Elle met ses adversaires au défi de fournir une seule preuve de tous les faits qu'ils ont allégués. Elle n'a pas d'autre réponse à faire que d'exposer la situation désastreuse qui lui a été créée par l'incurie des liquidateurs de la succession de son mari." [Suit tout le détail de la situation, depuis le décès d'Edouard Dentu le 13 avril 1884. On relève quelques passages :] " M. Sauvaître qui avait été institué administrateur judiciaire après le décès de M. Dentu, avait présenté au notaire liquidateur, sans livre, ni écriture de commerce, des inventaires et des bilans qui n'avaient aucun caractère d'authenticité. [...] Il n'a pu ou n'a voulu fournir aucune situation relativement à ses comptes ; il s'est refusé à dresser un nouvel inventaire, à ouvrir les livres exigés par la loi, à remettre aux employés comptables les pièces leur permettant de dresser les états qu'il ne voulait ou ne pouvait faire lui-même. De plus, par son imprévoyance il accumulait de nouvelles et lourdes charges pour la maison de librairie déjà durement éprouvée par la crise commerciale ; enfin il empiétait sur les prérogatives de Mme Dentu en traitant sans mandat les auteurs. Par exemple il faisait imprimer le livre "Le Gaga" et se hâtait de le mettre en vente malgré une défense expresse de Mme Dentu. Déjà blessée par l'attitude outrageante qu'il prenait à son égard, elle ne put se dispenser de le congédier après inutiles remontrances [ ... ] C'est ainsi que la reconstitution entière de la comptabilité et les rectifications d'écriture qui en étaient la conséquence n'ont pu être essayées qu'après le départ de M. Sauvaître à dater du 1er janvier 1886. Elles ont abouti en peu de temps à la constatation de la situation désastreuse qui avait été faite à Mme Dentu. [ Celle-ci se tourne en vain de tous côtés : ] Elle fit plusieurs versements pour une somme totale de 50000 fr. à la caisse de la librairie. Elle essaya en outre de s'associer des capitalistes. Dès le mois de juin 1886 un acquéreur présenté par M. de La Batut étudiait un projet d'achat dans des conditions paraissant avantageuses [ ... mais c'est l'échec. Elle souscrit un emprunt ] Mais malgré ses efforts et en raison des manoeuvres de concurrents et des ennemis acharnés surgissant de tous côtés contre elle, elle n'eut pu suffire à conjurer le péril d'une suspension de paiement si elle n'eût conclu en février 87 un acte d'association qui consacrait presque entièrement tous les avantages et toutes les prérogatives qu'on lui avait attribués lors du partage. Malheureusement la persistance de la crise commerciale et le danger de continuer les opérations qui pouvaient créer pour l'avenir des charges qu'elle n'eût été en état de supporter même partiellement l'obligèrent à conclure de nouveaux arrangements pécuniaires pour partager la responsabilité commerciale avec ceux des associés qui étaient mieux qu'elle en mesure d'en subir les conséquences, puis à se retirer entièrement, et définitivement par acte de cession du 1er octobre 87. [...] Sans entrer dans une discussion de chiffre quelconque, il est facile d'établir quelles sont les causes directes du déficit laissé par Dentu à son décès : ce sont exclusivement les dépenses personnelles engagées depuis l'année 1879 jusqu'à la fin de 1883, notamment l'achat de divers immeubles de plaisance, d'un prix élevé, coûteux d'entretien et sans revenus avec les frais d'aménagement d'installations et d'ameublement (sans parler de l'établissement de Mme de la Batut) ; les sommes déboursées pour ces différentes affaires dépassaient pour cette période 500000 fr., prélevés sur le compte courant du comptoir d'escompte c'est-à-dire les recouvrements effectués sur les clients de la librairie, le véritable actif commercial, qui n'était alors nullement disponible". [ etc.] II : Rapport d'arbitrage par Binot de Villiers daté du 26 novembre 1892. Contestation entre Madame Veuve Dentu Demanderesse d'une part et MM. Hippeau, Curel, Gougis, Richardin d'autre part [ Rapport d'arbitrage de 39 pp. manuscrites in-folio, détaillant avec grande clarté et précision le litige complexe opposant la Veuve Dentu à ses nouveaux associés, liés par divers contrats sur la seule année 1887. Remarquable document sur l'histoire de la librairie et de l'édition à la fin du XIXe siècle. On citera notamment ce passage : ] "Pour obtenir une avance de la librairie Dentu, un auteur promet d'apporter prochainement un manuscrit, et la librairie lui fait cette avance pour qu'il n'aille pas apporter son manuscrit ailleurs et c'est-à-dire pour s'assurer la préférence. Si l'auteur ne remplit pas sa promesse la librairie subit une perte presque toujours irrecouvrable. S'il remplit sa promesse, pas de difficultés si ce n'est qu'à ce moment on lui verse généralement le complément de ses droits d'auteur. Comme la librairie n'a d'espoir d'être remboursé que sur le produit de la vente et c'est ce qu'indique très clairement la convention du 13 octobre 1887, lorsqu'elle est édicte que le remboursement des avances se fera par voie de déduction sur les sommes auxquelles ont droit les auteurs, la librairie commence par déduire des droits d'auteur les avances déjà faites et ne se libère ensuite que contre remise du manuscrit. Elle ne court plus alors que le risque de l'insuccès de l'ouvrage." ; III : Liquidation de la Société Dentu & Cie dissoute le 30 juin 1887. Deuxième Compte [ 8 feuillets in-folio. Le rapport d'arbitrage indique : " à la date du 8 février 1887, une société était formée sous la raison sociale Dentu & Cie entre Mme Veuve Dentu et M. Hippeau, associés en nom collectif et M. Curel simple commanditaire ; mais quelques mois plus tard, c'est-à-dire le 16 juillet 1887, cette société était dissoute avec effet rétroactif aux 30 juin" ] ; IV : Compte Personnel de Mme Vve Dentu du 1er octobre 1887 au 30 Juin 1888 [ 1er et 2e compte, ensemble 4 feuillets in-folio ] ; V : Librairie Dentu. Société Curel Gougis et Cie. Compte Personnel de Madame Vve Edouard Dentu, période du 1er juillet au 8 novembre 1888 [ 4 ff. in-folio] ; VI : Lot d'une cinquantaine de feuillets d'inventaire, essentiellement Inventaire des Magasins de Ségur [ Comme le précise le rapport de l'arbitre, "Le magasin de l'avenue de Ségur n'était pas un magasin de vente était uniquement un lieu de dépôt choisi par Mme dentu dans une maison montée des propriétaires et elle seule avait la clé de ce dépôt où elle avait rassemblé les ouvrages qui n'étaient plus de vente courante."] ; VII : Compte Principal de Madame Dentu chez son mandataire M. Albert Baudry depuis le 10 décembre 1889 [ 4 feuillets in-4 sous chemise, daté du 31 mars 1892 ]‎

‎Important ensemble de 7 dossiers manuscrits datés de 1887 à 1892 relatifs à la liquidation de la Librairie Edouard Dentu ] I : Mémoire de Madame veuve Dentu [ Mémoire manuscrit autographe de Léonie Dentu, 8 pp. in-folio, circa 1887 : ] "Madame Veuve E. Dentu, mise en cause, en vertu d'insinuations dépourvues de tout fondement lui imputant des dépenses exagérées, et une gestion imprudente de ses biens et revenus personnels, croit devoir protester avec la dernière énergie contre les calomnies dirigées contre elle dans un but intéressé. Elle met ses adversaires au défi de fournir une seule preuve de tous les faits qu'ils ont allégués. Elle n'a pas d'autre réponse à faire que d'exposer la situation désastreuse qui lui a été créée par l'incurie des liquidateurs de la succession de son mari." [Suit tout le détail de la situation, depuis le décès d'Edouard Dentu le 13 avril 1884. On relève quelques passages :] " M. Sauvaître qui avait été institué administrateur judiciaire après le décès de M. Dentu, avait présenté au notaire liquidateur, sans livre, ni écriture de commerce, des inventaires et des bilans qui n'avaient aucun caractère d'authenticité. [...] Il n'a pu ou n'a voulu fournir aucune situation relativement à ses comptes ; il s'est refusé à dresser un nouvel inventaire, à ouvrir les livres exigés par la loi, à remettre aux employés comptables les pièces leur permettant de dresser les états qu'il ne voulait ou ne pouvait faire lui-même. De plus, par son imprévoyance il accumulait de nouvelles et lourdes charges pour la maison de librairie déjà durement éprouvée par la crise commerciale ; enfin il empiétait sur les prérogatives de Mme Dentu en traitant sans mandat les auteurs. Par exemple il faisait imprimer le livre "Le Gaga" et se hâtait de le mettre en vente malgré une défense expresse de Mme Dentu. Déjà blessée par l'attitude outrageante qu'il prenait à son égard, elle ne put se dispenser de le congédier après inutiles remontrances [ ... ] C'est ainsi que la reconstitution entière de la comptabilité et les rectifications d'écriture qui en étaient la conséquence n'ont pu être essayées qu'après le départ de M. Sauvaître à dater du 1er janvier 1886. Elles ont abouti en peu de temps à la constatation de la situation désastreuse qui avait été faite à Mme Dentu. [ Celle-ci se tourne en vain de tous côtés : ] Elle fit plusieurs versements pour une somme totale de 50000 fr. à la caisse de la librairie. Elle essaya en outre de s'associer des capitalistes. Dès le mois de juin 1886 un acquéreur présenté par M. de La Batut étudiait un projet d'achat dans des conditions paraissant avantageuses [ ... mais c'est l'échec. Elle souscrit un emprunt ] Mais malgré ses efforts et en raison des manoeuvres de concurrents et des ennemis acharnés surgissant de tous côtés contre elle, elle n'eut pu suffire à conjurer le péril d'une suspension de paiement si elle n'eût conclu en février 87 un acte d'association qui consacrait presque entièrement tous les avantages et toutes les prérogatives qu'on lui avait attribués lors du partage. Malheureusement la persistance de la crise commerciale et le danger de continuer les opérations qui pouvaient créer pour l'avenir des charges qu'elle n'eût été en état de supporter même partiellement l'obligèrent à conclure de nouveaux arrangements pécuniaires pour partager la responsabilité commerciale avec ceux des associés qui étaient mieux qu'elle en mesure d'en subir les conséquences, puis à se retirer entièrement, et définitivement par acte de cession du 1er octobre 87. [...] Sans entrer dans une discussion de chiffre quelconque, il est facile d'établir quelles sont les causes directes du déficit laissé par Dentu à son décès : ce sont exclusivement les dépenses personnelles engagées depuis l'année 1879 jusqu'à la fin de 1883, notamment l'achat de divers immeubles de plaisance, d'un prix élevé, coûteux d'entretien et sans revenus avec les frais d'aménagement d'installations et d'ameublement (sans parler de l'établissement de Mme de la Batut) ; les sommes déboursées pour ces différentes affaires dépassaient pour cette période 500000 fr., prélevés sur le compte courant du comptoir d'escompte c'est-à-dire les recouvrements effectués sur les clients de la librairie, le véritable actif commercial, qui n'était alors nullement disponible". [ etc.] II : Rapport d'arbitrage par Binot de Villiers daté du 26 novembre 1892. Contestation entre Madame Veuve Dentu Demanderesse d'une part et MM. Hippeau, Curel, Gougis, Richardin d'autre part [ Rapport d'arbitrage de 39 pp. manuscrites in-folio, détaillant avec grande clarté et précision le litige complexe opposant la Veuve Dentu à ses nouveaux associés, liés par divers contrats sur la seule année 1887. Remarquable document sur l'histoire de la librairie et de l'édition à la fin du XIXe siècle. On citera notamment ce passage : ] "Pour obtenir une avance de la librairie Dentu, un auteur promet d'apporter prochainement un manuscrit, et la librairie lui fait cette avance pour qu'il n'aille pas apporter son manuscrit ailleurs et c'est-à-dire pour s'assurer la préférence. Si l'auteur ne remplit pas sa promesse la librairie subit une perte presque toujours irrecouvrable. S'il remplit sa promesse, pas de difficultés si ce n'est qu'à ce moment on lui verse généralement le complément de ses droits d'auteur. Comme la librairie n'a d'espoir d'être remboursé que sur le produit de la vente et c'est ce qu'indique très clairement la convention du 13 octobre 1887, lorsqu'elle est édicte que le remboursement des avances se fera par voie de déduction sur les sommes auxquelles ont droit les auteurs, la librairie commence par déduire des droits d'auteur les avances déjà faites et ne se libère ensuite que contre remise du manuscrit. Elle ne court plus alors que le risque de l'insuccès de l'ouvrage." ; III : Liquidation de la Société Dentu & Cie dissoute le 30 juin 1887. Deuxième Compte [ 8 feuillets in-folio. Le rapport d'arbitrage indique : " à la date du 8 février 1887, une société était formée sous la raison sociale Dentu & Cie entre Mme Veuve Dentu et M. Hippeau, associés en nom collectif et M. Curel simple commanditaire ; mais quelques mois plus tard, c'est-à-dire le 16 juillet 1887, cette société était dissoute avec effet rétroactif aux 30 juin" ] ; IV : Compte Personnel de Mme Vve Dentu du 1er octobre 1887 au 30 Juin 1888 [ 1er et 2e compte, ensemble 4 feuillets in-folio ] ; V : Librairie Dentu. Société Curel Gougis et Cie. Compte Personnel de Madame Vve Edouard Dentu, période du 1er juillet au 8 novembre 1888 [ 4 ff. in-folio] ; VI : Lot d'une cinquantaine de feuillets d'inventaire, essentiellement Inventaire des Magasins de Ségur [ Comme le précise le rapport de l'arbitre, "Le magasin de l'avenue de Ségur n'était pas un magasin de vente était uniquement un lieu de dépôt choisi par Mme dentu dans une maison montée des propriétaires et elle seule avait la clé de ce dépôt où elle avait rassemblé les ouvrages qui n'étaient plus de vente courante."] ; VII : Compte Principal de Madame Dentu chez son mandataire M. Albert Baudry depuis le 10 décembre 1889 [ 4 feuillets in-4 sous chemise, daté du 31 mars 1892 ]‎


‎Important ensemble réunissant diverses pièces relatives au "naufrage" de la librairie Dentu, au lendemain du décès du grand éditeur Edouard Dentu. On notera un remarquable rapport d'arbitrage détaillant avec une grande clarté les litiges très complexes qui opposèrent la Veuve Dentu à ses nouveaux associés. L'arbitre plonge dans les arcanes de l'édition et de la librairie parisienne des années 1884-1890. Prix du lot, non séparable.‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR1,400.00 (€1,400.00 )

‎Anonyme‎

Reference : 35105

(1822)

‎Journal intime manuscrit rédigé en français par une dame de compagnie de Lady Charlotte Douglas-Hamilton duchesse de Somerset Elle y relate notamment son voyage de Londres à Bradley House (Wiltshire) en passant par Fonthill, puis à Berry Pomeroy (Devon), à partir du 5 août 1822, en compagnie de Sir Edward Adolphus Seymour, 11me Duc de Somerset, et de Lady Charlotte, file aînée du Duc , puis le retour vers Bath, puis Londres, et divers voyages dont un voyage sur le Steam Packet l'Albion et son séjour à Broadstairs en compagnie de Lady Charlotte. [ Diary manuscript written in French by a lady companion of Lady Charlotte Douglas-Hamilton Duchess of Somerset. In particular, she recounts her journey from London to Bradley House (Wiltshire) through Fonthill, then Berry Pomeroy (Devon), from August 5, 1822, with Sir Edward Adolphus St Maur, 11th Duke of Somerset and Lady Charlotte, eldest Duc file, then return to Bath and London, and various trips including a trip on the Steam Packet "The Albion", and his stay in Broadstairs in the company of Lady Charlotte ]‎

‎Un carnet format in-12 relié demi-veau à petits coins rouge, avec petits onglets de vélin (porte plume) , étiquette du librairie Gardiner & Sons, n°20 Princes Street, Cavendish Sqe, 90 ff. (à 20 lignes par pages, tracées au crayon par l'auteur) dont 95 pp. mas (encre) avec 7 ff. découpés (dont 4 entre pp. 92 et 101), 4 ff blancs, 2 pp. ms. (encre), 9 ff. blanc (ou avec petit croquis - coupe d'un château), 14 ff. ms. (encre et crayon), 2 ff. blanc, 1 p. ms.‎


‎Extraordinaire manuscrit d'une jeune française anonyme, dame de compagnie de la Duchesse Charlotte Douglas-Hamilton et de sa fille aînée Lady Charlotte. Le récit est plein de vie et d'esprit et dresse un extraordinaire portrait de l'Angleterre de l'époque, et de certaines de ses figures célèbres (le duc Edward St Maur, et la duchesse de Somerset, Lord Robert Seymour, Lord Beckford, Sir Richard Hoare, etc..). The story is full of life and spirit and provides an extraordinary portrait of England at the time, and some of its famous figures (the Duke and Duchess of Somerset, Lord Robert Seymour, Lord Beckford, Sir Richard Hoare , etc. ..). Voici une longue série d'extraits du journal : "Je quitte Londre le 5 d'août 1822. Je pars ravie, enchantée d'aller visiter la plus belle province de l'Angleterre en voyageant de la manière la plus agréable. ... Il est 9 heures et demi nous montons dans une bonne berline attelée de 4 chevaux. Hyde Park et sa nouvelle statue (celle du Duc de Wellington)... Londres enfin et ses faubourgs disparaissent à notre vue. Nous allons comme le vent, et bientôt nous entrons dans ces campagnes si bien ornées qui environnent la capitale des 3 royaumes. L'intérieur de la voiture est très paisible. Le rhume de la Duchesse nous prive de son amabilité ordinaire. Lady Charlotte a pris l'habitude d'être grave en voiture, elle es sérieuse comme elle le sera pendant tout le voyage. Le Duc seul a la bonté de répondre à toutes mes questions ; c'est à sa douceur, à son esprit éclairé qui en atteignant les branches les plus élevées des hautes sciences, sait encore se plier au niveau des esprits les plus ordinaires, que je dois la connaissance de quelques détails sur ce pays bien digne d'être le rival de la France." "Notre 1er relais est à Brenfort sur la Tamise. Le roi George III avait choisi ce lieu pour sa résidence d'été. Il y a a fait bâtir un château gothique dont la singularité et le mauvais goût rappellent autant le pauvre royal esprit qui l'ordonne que la sottise de l'architecte qui put en donner le plan. Ce monument tombe déjà en ruine, car Georges IV, au lieu de continuer les folies de son père, en a créé de nouvelles dans le goût chinois" ... "La grande route de Bath présente un aspect bien différent. Elle traverse des landes immenses pendant plusieurs milles qui ne sont interrompues que par de jolies maisons de campagne dont les parcs ornés de la plus belle végétation contrastent d'une manière frappante avec l'aridité qui les entoure. Ainsi la terre pour être fertile ne demande que l'aide de l'homme opulent et celui-ci satisfait des landes où il peut chasser le renard et le lièvre oublie que des familles nombreuses pourraient trouver l'opulence dans le sacrifice d'un plaisir qui se changerait bientôt en une source de jouissances réelles" ... "L'anglais s'occupe du bonheur du monde entier, chez lui une grande partie de la nation vit d'aumône, et cette île renferme 22 millions d'arpents incultes !" ... "Nous atteignons le village de Belfont, si célèbre dans la gastronomie anglaise par l'auberge de Harvey, auteur immortel d'une sauce piquante à laquelle il a donné son nom, et qui est vraiment digne de l'éternité tant qu'il y aura des palais délicats. Cette auberge a encore acquis un autre genre de célébrité en logeant chaque nuit les fly-midnight. Le génie anglais (grâce à la bonne sauce du maître de cette maison, qui provoque le débit de ses vins de Portugal), reconnaît aux mouches de cette habitation un pouvoir surnaturel. Vers le soir elles prennent un corps humain avec ou sans une ame, je ne sais, monte dans une élégante voiture aérienne et parcourent ainsi tout le royaume. une chambre reste en permanence pour elle car les premiers rayons de l'aurore les rappellent ici, fussent-elles en Lancaster Shire. Cette chambre est remplie d'habits qui varient presque tous les jours. On n'y voit des pommades et des rubans, car remarquez que c'est un corps de demoiselles que ces mouches prennent, comme si elles pensaient que cette figure abrégeait un peu la métamorphose. Nous n'arrêtons point à cette auberge, nous avons déjeuné, la sauce est inutile, et les fly-midnight au milieu du jour n'y sont que des mouches ordinaires. Nous continuons notre route maintenant bordée de haies, qui ombrage d'un côté du chemin au moins un trottoir à s'il en est bien entretenu. Nous y rencontrons plusieurs de ces robustes galloises vêtues de jupons courts marchant à grands pas la tête couverte d'un petit bonnet noir sur lequel elles placent un immense panier de fraise ou de framboise qu'elle portent à la capitale.ces galloises quittent leur pays montagneux vers le mois d'avril ; viennent par bande se louer dans les jardins qui approvisionnent Londres ; elles y sont employées pour les travaux du jardinage, cueillent les fraises, et les apportent sur leur tête, quelquefois d'une très grande distance. Mais beaucoup plus fraîches que si elles avaient essuyé les cahots d'une charrette. à la fin d'août ces femmes satisfaites du petit produit de leur peine achètent quelques nouveaux vêtements et retourne chercher la neige de leurs montagnes. Rentrées dans leurs chaumières elles passent dans la plus grande oisiveté sept ou huit mois de l'année après la corvée qu'elles sont venues faire en Angleterre, dont le produit les a vêtues et qui a peut-être acheté aussi quelques provisions. Elles ne se créent plus d'autres besoins et laissent à leurs brebis et leurs pommes de terre le soin de les faire vivre jusqu'au printemps prochain. Ainsi milieu d'un des peuples les plus civilisées de l'Europe on peut retrouver l'état sauvage de nos premiers parents." ... "Nous arrivons à Stains. Sa jolie église bâtie en briques mais d'une forme très élégant est certainement un monument remarquable. ... Lord Glenberrie occupait une jolie maison à quelque distance de la route lorsqu'il remplissait la charge d'inspecteur des forêts du royaume. La troisième poste est à Bayshot. Le gouvernement a choisi ce lieu pour l'établissement d'une école militaire. On a créé au milieu des bruyères qui s'étendent à perte de vue pendant plusieurs milles, un assemblage de maisons bien bizarres il me semble, en les comparant leurs motifs même. ... La 4ème Poste est à Barfort Bridge. La nature devient plus gaie, elle est cultivée. Nous atteignons ainsi la cinquième poste à la petite ville de Basingstoke. La route continue entre deux haies dont la fraîche verdure et la belle végétation annonce la bonté du terrain. ... La duchesse est toujours souffrante, d'ailleurs cette route lui est si connue que si elle pouvait la faire en dormant ce ne serait que mieux. Je ne puis penser de même, tout ce que je vois et nouveau je jouis dans toute l'étendue de ce mot et le duc veut bien ne pas se lasser de toutes mes questions. La 6me Poste es à Overton, la campagne est charmante jusqu'à Whyte Church. ... c'est au milieu de cette belle campagne que nous apercevons l'habitation de Mylord Porstmouth. Ah ! le pauvre lord ! ... toutes voulaient lui plaire, et cependant il était fou !" [ et l'auteur de raconter les déboires du Lord et son mariage avec la fille de l'intendant... ] ... "7ème Poste à Andover. la vue qui se perd dans le plus riche des paysages rappelle à mon souvenir les plaines fertiles de Beaumont, Mafliers, Villiers-Adam." ... Bientôt les plaines incultes de Salisbury viennent remplacer un si beau coup d'oeil" ... Bientôt "les Stones Henge de leurs formes bizarres viennent frapper notre vue. .Leurs contours irréguliers, de couleur sombre placée dans un terrain nu est élevée, se dessinent de loin sur le vaste horizon. La route n'y passe point directement ; mais nous y faisons une petite excursion. Nous contemplons ce témoignage de la plus haute antiquité qui rappelle le sol breton. Sa forme ronde, ces pierres immenses disposées en portique, tout fait croire qu'il a servi de temple aux Druides. Mais comment ont été transportés ses énormes morceaux de granite ? Leur espèce n'est pas trouvée dans aucun des alentours, leur examen des faits trouvait semblable à la serpentine d'Anglesey." ... "Nous continuons notre route dans l'immense plaine de Salsbury, partout si inculte qu'elle se refuse aux soins du laboureur. Des troupeaux nombreux qui cherchent leur pâture, les bêlements des agneaux, les airs rustiques des pâtres animent seuls la nature. Sur un plateau plus élevé nous apercevons rien de beau qu'un seul que l'on dit être un camp des Danois. ... Le Duc y possède quelques terres. Nous nous nous arrêtons à l'auberge de Stratford qui fait partie de son domaine. Le rhume de la duchesse l'oblige à se coucher de bonheur ; Lady C. et moi dînons avec le duc et convenons de faire le lendemain à 7 heures du matin une promenade au bord du ruisseau que nous apercevons des fenêtres de notre auberge." [ Le lendemain :] "cependant 9:00 ont sonné ! Peut-être la duchesse nous attend ? Cette pensée me donne des ailes pour regagner le toit hospitalier mais vainement nous nous hâtons, la faute est commise ! La duchesse à déjeuné, les chevaux sont à la voiture, pour la première fois notre voyage est troublé de la peine que nous ressentons d'avoir manqué à notre devoir, et des petits reproches que nous adresse la duchesse. Nous déjeunons à la hâte et en silence montons en voiture. Les postillons en ordre d'aller à l'abbaye de Fonthill. [ Suit pendant 9 pages toute la description de Fonthill, oeuvre de Sir Beckford ; puis ils arrivent à Bradley ] "On me dit que nous sommes à Bradley. Nous entrons dans un antique manoir, tout y retrace certainement l'ancienneté de la noble famille ; mais rien ne s'offre à ma vue qui ne fasse sentir les améliorations que le tems amène. Il n'a passé ici qu'armé de sa faux. En voyant le Duc et la Duchesse parcourir ces appartements revêtus de boiseries délabrées, de tapisserie plus vieilles encore, meublée d'antiques fauteuils, je n'ai plus retrouvé le siècle où nous vivons. J'ai pensé faire une découverte dans la nuit du passé, et je m'attendais qu'un ancêtre du 16e siècle allait venir féliciter ses illustres descendants du souvenir qu'ils lui accordaient." ... " ... "Nous couchons à Bradley. Le 7 août à midi nous partons. Bientôt nous quittons les plaines arides du Wiltshire pour entrer dans le Comté de Somerset. Nous traversons la belle habitation de Sir Richard Hoare, voisin et ami de la Duchesse. Le maître est amateur de beaux arts, de longues galleries sont ornés de tableaux des différentes écoles, et la bibliothèque est d'une étendue et d'un choix remarquable. Tout atteste le goût du propriétaire"... "Sir Richard, bon vieillard de 72 ans, est sourd comme les personnages de la gallerie. La Duchesse peut seule lui parler en collant sa bouche près de son oreille". ... "La Poste se trouve à Wincanton, jolie petite ville bien connue par tous les prisonniers français." ... "Nous changeons de chevaux à Ilchester sur la rivière de Yeovill. C'est dans la prison bâtie sur ces bords que fut enfermé Mr. Hunt chef des radicaux. D'après l'expérience qu'il en a faite, on va réformer cette prison pour cause d'insalubrité. Ce sera une grande dépense qu'on aurait peut-être pu épargner, en ne cédant qu'en partie aux clameurs des partisans de Mr. Hunt. Nous allons à Ilminster, il est trop tard pour gagner Exeter. Nous couchons à Ilminster". ... "Le rhume de la Duchesse est mieux ; en traversant l'auberge, elle a aperçu un homme âgé, mal vêtu, portant un paquet sur ses épaules, suspendu au bout d'un gros bâton ; et les gens de l'Auberge l'appelaient Mylord. Ce mylord rustique piqua la curiosité de la Duchesse, elle interrogea les domestiques ; on lui dit que cet homme était Lord Robert Seymour, qu'il avait la coutume de loger dans cette maison, qu'il arrivait toujours dans la même simplicité d'équipage, commandait un assez bon souper, fesait allumer 10 ou 12 bougies dans sa chambre, ne souffrait point qu'un seul domestique lui rendit aucun soin, et partait d'ordinaire à 7 heurs du matin, sans parler à personne. Comme allié de la famille, la Duchesse voulut engager cet original à profiter du hazard qui les réunissait dans cette maison" ... "Le 8 août nous quittons Ilminster. Il pleut, les postillons après s'être laissé mouiller pendant plus d'une demi-heure pensent à mettre leurs manteaux. Je ne voudrais point juger le caractère anglais d'après ce trait. Cependant le Duc me dit : Voilà bien le caractère du peuple ; il ne prévoit rien, et ne pense même à quitter ou à changer un état quelconque quel que mauvais qu'il soit, qu'après en avoir été longtemps victime. Mais aussi cette impassibilité, cette lenteur à prendre une détermination nous met à l'abri des événemens qui ont bouleversé la France, et qui l'agitent encore." ... "Nous traversons la rivière de Yarle, qui sert de limite au comté de Somerset et nous sommes maintenant dans le Devonshire." ... "Nous changeons de chevaux à Honiton jolie petite ville. la conversation est soutenue par les connaissances du duc sur l'histoire de France. ... Nous traversons le village d'Heavitree qui présente le coup d'oeil le plus riant qu'on puisse imaginer. Les chaumières sont bâties en terre rouge, le jasmin, la clématite grimpent à toutes les murailles. Chaque paysan cultive devant sa porte les roses de Bengale, les myrthes, les lauriers, les roses trémières. Toute annonce le bonheur et l'aisance. Je voudrais qu'Heavy Tree fut le terme du voyage ; mais on me dit que chaque partie de ce beau comté offre les mêmes avantages." ... " La route continue dans ce nouvel éden jusqu'à Exeter. Cette ancienne et belle ville n’est pas la Capitale du comté de Devon. Elle forme à elle seule une province. ... La cathédrale bâtie dans le sixième siècle renferme des antiquités assez curieuses. La ville est bien bâtie, ces rues sont propres et larges, on n'y trouve de jolies allées bien planté. La rivière d’Ex porte les bateaux marchands jusque dans la ville, dans le commerce des biens considérables. Le château d'Ex était autrefois une place forte ; ses ruines maintenant sont environnées de remparts ombragés d'arbres antiques qui forment la promenade de la ville. J'aimerais à visiter les autres établissements mais la voiture est prête, il faut partir. En quittant Exeter nous montons une grande montagne à pied. La terre rouge est très fertile. On peut bâtir, en la mélangeant avec de la paille, des murailles très solide. Quelquefois les cabanes sont de couleur rose parce qu'on a mélangé cette terre avec du plâtre. Cette diversité de couleur ajoute encore à l'air de gaieté du paysage. Nous traversons le domaine de Lord Clifford. Cette antique demeure qu'aucune fureur révolutionnaire n'a jamais bouleversé présente un charme inexprimable par la hauteur et l'étendue de ses bois, ses vertes prairies que le printemps rajeunit sans doute mais auquel il ne peut ôter cet air d'antiquité, qu'a même un ruisseau, coulant paisiblement sur des pierres mousseuses à travers des buissons envahis par le lierre. Les touffes d'hortensias bleus sont épars dans les prairies. De gros moutons dont la laine est devenue rougeâtre comme la terre se reposent à l'ombre des grands arbres." ... "Nous traversons la petite rivière de Teign sur un pont qui a un quart de mille de longueur. La poste est à Newton Bushell petite ville. La route continue au milieu des terres coupées en petits morceaux par des haies. C'est le temps de la moisson. ... Notre vue est bornée dans le lointain par la plus haute colline du Devon appelée Hey Torr. ... Nous gagnons un petit village [manifestement il s'agit de Berry Pomeroy ] ... la voiture s'arrête près de l'église. Une modeste maison est auprès. Des pommiers ombragent le devant de la porte, des fenêtres à petits carreaux donnent l'apparence l'habitation d'un fermier ; nous y descendons cependant et cette humble demeure va loger un des premiers Ducs et Pairs d'Angleterre. Que de jouissance mee promet cette belle nature, cette simplicité de tels hôtes !" [Après 2 ff. blancs, elle reprend son récit : ] "Adieu champêtre Berry ! Les deux mois que j'ai passés dans son paisible séjour ont été des plus heureux de ma vie ! Dans ta douce tranquillité, libre d'inquiétude, j'ai joui avec délices des vraies beautés de la nature. Adieux beaux arbres, belle prairie ! Je vous quitte avec reconnaissance. Que de fois votre contemplation à combler ma jouissance ? Air pur et calme, doux murmure, cristal des ruisseaux ! Harmonie de la nature, adieu ! Demain nous partons pour la ville." ... "Le 28 octobre 1822 à 7 heures du matin nous quittons Berry. Quel différent aspect me présente la campagne ! En roulant dans notre chaise je regarde chaque bois chaque prairie je leur dis adieu comme à des amis dont la vie me présente un souvenir agréable. Nous sommes égayés par la rencontre d'un paysan monté sur un mauvais cheval, le chemin est étroit comme la plupart de ceux du Devonshire ; nous le faisons courir malgré lui pendant un quart de mille avant qu'il puisse trouver un refuge." ... "Mr Hunt sortira mercredi. Cette nouvelle paraît être répandue sur toutes les figures de la canaille des environs. Nulle part le bas peuple n'a l'air si insolent. Je regarde avec effroi pour ce beau pays le nouvel aspect que semble présenter cette race de radicaux." ... "le 29 octobre après le déjeuner nous prenons la route de Bradley." ... " Nous nous arrêtons 2 heures au château. Enfin la duchesse nous permet de partir avant elle. Nous voyons les bois qui dépendent de la terre. Par leur étendue, le mouvement du terrain, je commence à me réconcilier avec Bradley que je n'avais vu jusqu'ici que d'un côté peu favorable. Pendant le temps que nous étions à Bradley j'ai visité l'église du village qui renferme un assez beau monument en l'honneur d'un des ancêtres du noble duc le Sir Édouard Seymour [1603-1707]." "La route traverse un pays plat, mais bien cultivé jusqu'à Frome. Nous voyons la belle habitation de Lord Cork. ... La voiture de la duchesse nous y retrouve. [ Ils se rendent à Bath, abondamment décrit ] … "la salle de spectacle est jolie quoique petite. Nous y avons été voir Tom and Jerry or Life in London. Cette pièce est certainement prise dans la classe un peu trop basse de la société. Quelques scènes sont dégoûtantes. Au total cependant elle peint au naturel les moeurs purement anglaises. Les salles de bal et de concerts sont les plus belles que j'ai vues en Angleterre." ... "J'ai fait une jolie promenade à cheval avec la duchesse et Sir Alexander J. sur les hauteurs de Claverton Down." [ Suivent encore de nombreuses descriptions ] … "Le 24 novembre, j'allais à Clifton voir Miss Rice. Clifton n'est qu'un faubourg de Bristol très bien bâti et habité seulement par une classe aisée. ... Bristol était une des villes les plus commerçantes de l'Angleterre avant que Liverpool lui eut enlevé cet honneur". ... "J'ai fait connaissance à Bath de Mme St Clair femme charmante et de Miss Marie Jackson. Après un séjour d'un mois dans cette ville qui passe pour la plus belle d'Angleterre et même d'Europe, nous sommes partis pour Londres". "Le 27 novembre à 7 heures du matin nous quittons Bath. ... la poste est à Marlborough et l'auberge qu'on appelle Castle Inn était autrefois un château qui appartenait à la famille de Somerset. ... La route traverse la belle propriété de Lord Aylesbury, autrefois encore le domaine de la noble famille Somerset. ... Nous traversons la petite ville d'Hungerford, la route côtoie l'habitation de Lord Crevon." [ Ils passent par Newbury, Reading, Maiden Head ] "L'intérieur de notre chaise est devenu bien paisible. Lord Algernon dort. Lady Maria et Henrietta soupirent après leur dîner. Je fais de même et nous promettons de ne plus nous embarquer si imprudemment sans provision avec nous. On dirait que le mouvement de la voiture, l'air vif et pur que nous avons respiré toute la journée, que tout s'est joint enfin pour nous faire sentir qu'elle est toute l'importance d'un dîner. Nous changeons de chevaux à Brentford sur la Tamise" ... "Nous touchons aux barrières et le brouillard qui paraît en permanence sur cet immense cité nous enveloppe de toutes parts. Adieu air pur et serein, coups d'oeil enchanteurs ! Nous voilà bornés à l'horizon de notre chambre jusqu'au moment où nous quitterons cette ville ténébreuse pour Paris !" .... "Je passe l'hiver à Londres. Un des plus tristes de ma vie. Quel froid ! Quel brouillard ! Quelle monotonie dans le cours de chaque journée !" "Lady H. et M. sont malades, on conseille l'air de la campagne. Nous partons à Richmond [ Richmond Hill ] le 2 mars" ... "Nous dominons les bords de la Tamise ; nous ne sommes ni à la campagne à la ville" ... " 31 mars lundi de Pâques. Je quitte Richmond et reprend à Londres le cours ordinaire de notre vie. La duchesse a deux assemblées dans le commencement de mai. J'y vois la première noblesse de ce pays. Je vais à de petites soirées chez Mme Barnes. Voilà pendant trois mois mes seuls plaisirs. Lord Glenberry meurt à Bath de la jaunisse. Lady Jane s'échappe de la maison. Commencement d'un orage dont je n'ose prévoir la fin ! La fin est que la duchesse résout de séparer ses trois filles, les deux plus jeunes iront dans une école, Lady Jane restera à la maison. Pourtant la duchesse me témoigne un véritable intérêt ; ces dames partent à Tunbrige pour leur santé, je reste seule avec Lady Charlotte. Dans mes loisirs je mets en ordre la belle collection de gravures du duc, et bientôt le médecin ordonne l'air de la mer à Lady Charlotte. La duchesse ne pouvant quitter Londres résout de l'envoyé seul avec moi. Nous partons incognito. Le duc nous conduit jusqu'aux escaliers de la douane. Un petit canot nous conduit à bord du steam paquet [ steam packet] l'Albion et nous nous dirigeons vers Margate. ... Le Steam Paquet vole sur les eaux et grâce à sa rapidité aucun objet n'a le temps de nous paraître insipide. Pendant la navigation nous visitons l'intérieur de la machine ; nous sommes conduits par le maître même du Steam. Nous voyons l’énorme fournaise attisée sans cesse par deux hommes et qui met en ébullition la chaudière dont la vapeur fait tourner les deux roues qui font avancer notre vaisseau. Ce spectacle m'a paru aussi curieux qu'il était nouveau. 200 passagers étaient répandues sur le pont et dans les chambres qui sont très bien décoré ; les uns lisaient , d'autres jouaient aux dames, aux échecs, au trictrac et deux et trois ou quatre musiciens donnaient toutes les demi-heures une petite sérénade. Pendant 6 heures le temps se soutint assez beau mais nous avions passé la vue de Gravesend et nous admirions dans le lointain l'île de Chappey et l'embouchure de la Midway couverte de ces énormes vaisseaux qui se rend à Chatham lorsque tout à coup l'horizon s'obscurcit ; quelques gouttes de pluie firent rentrer avec un grand empressement tous les passagers dans les chambres" [Elles logent 3 semaines durant à Broadstairs, visitent Ramsgate, la duchesse les y rejoint puis les quittent "après un séjour d'un mois" ] "Nous nous établissons à Chatham Place, où nous passons deux mois très agréables. Nous ne voyons personne. Mais notre intérieur est bien mis." ... "Nous nous promenons tous les jours sur le port. C'est la promenade publique de la vie. Mais nous choisissons les moments où nous n'y rencontrons que des marins de différentes nations que des tempêtes ou le but de leur voyage rassemblent également dans le port.". "9 de décembre, nous faisons nos paquets et demain à 6 heures nous partons pour Londres. Lady Cha, Lady Jane, A. M. et moi remplissons l'intérieur d'une diligence qui partant de Ramsgate à 7:00 promet de nous faire voir le pont de Londres à 4 heures et demi et il y a 78 milles de distance" ... " Je suis la même route qu'à mon arrivée en Angleterre. Silencieuse dans la voiture, je compare ma position avec celle où je me trouvais il y a deux ans et demi, lorsque le je trouvais ce pays inconnu ; j'ai perdu l'appui qui m'y guidait, mais forte de ma conscience et du but qui m'anime, je remercie la Providence de l'amélioration que je trouve dans ma position ; remplie d'espérance je ne voyais pas d'abord toute l'étendue d'un revers ; mais je l'ai touché de près et un danger ainsi évité fait trouver le bonheur dans l'absence même d'un événement heureux" [ Suit, comme à l'habitude le récit du voyage ] "Bientôt nous atteignons Greenwich ; il est arrêté, le brouillard qui semble rester en permanence sur la grande cité nous annonce que nous touchons au but de notre voyage. Nous déballons de notre coche aérien et un Hackney Coach nous conduit à Park Lane. Il est 6 heures quand nous arrivons. La duchesse me donne une grande preuve d'amitié. Je lui en voue une éternelle reconnaissance. Bientôt nous reprenons le fil accoutumé de notre existence. Je commence l'année 1824. L'almanach seul m'indiquant le cours d'un tems que vois écouler sans peine puisqu'il m'avance à la mort !" ... "19 février : la duchesse a une grande soirée. J'y vois le fameux capitaine Harry. R. a beaucoup d'esprit, de connaissances. Je l'aimerais si je pouvais aimer..." [4 pages ont été découpées, le texte reprend p. 101 ] " Ces plaisirs ne sont pas ce que je demandais au sort ! Les grandeurs dont je vois si bien le revers me dégoûtent de plus en plus de leurs veines éclats. Nous quittons Paris le 17 mai 1824. ... Nous arrivons le 19 à Boulogne. j'y trouve ma malle et une lettre de E. Notre traversée se fait en 3 heures 30. Après le dîner nous visitons un escalier très curieux pratiqué dans les rochers, et des casernes qui peuvent contenir 20 000 hommes. Nous quittons Dover à 9 heures le 20 et sans même descendre une fois de la voiture nous arrivons à Londres vers 6 heures" ... " Le 23 de juin je vois un bouquet de roses pour la première fois de l'année ! Que leur vue me plaît ! Quels souvenirs elles me rappellent ! Oh ! Peut-on n'être pas heureux lorsqu'on jouit sans contrainte de ces dons de la nature ! [ Suivent 4 ff. blancs, puis :] "22 Décembre 1827, 3ème anniversaire de notre mariage ! Nous passons ce jour entre nous et nos enfants, et nous nous plaisons à récapituler le temps qui vient de s'écouler si rapidement. Combien nous devons remercier la providence ! Aucun malheur n'a troublé notre félicité. Ma fille a 25 mois, n'a jamais été malade. Son intelligence se développe aussi heureusement que son physique, elle nous donne des plus belles espérances. Son frère à 10 mois et jouit en proportion des mêmes avantages que sa soeur. Ma petite Caroline, mon Hippolyte vous faites et vous ferez toujours le bonheur de vos parents ! ... Notre paix intérieure n'a jamais été troublé que quelques instants, mais nous nous aimons trop l'un et l'autre pour ne pas revenir au bon accord, signe le plus parfait du véritable amour." [ Suivent plusieurs feuillets blancs, puis qq. pages de pensées diverses. On retrouve pp. 146 et suivantes quelques écrits plus anciens, rédigés au crayon : ] Je passe le jour de Noël 1823 tristement dans mon lit. Il faut bien peu de raisons pour s'affliger d'être malade ce jour-là plutôt qu'un autre ; cependant je ne puis m'empêcher d'envier ce que ce jour rassemblant famille au milieu de leurs amis." [suivent quelques feuillets rédigés à l'encre et plus souvent au crayon, plus ou moins lisibles ]‎

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‎MARCHAL REBOUL, Ninette‎

Reference : 55717

(1978)

‎Souvenirs illustrés de famille de "Ninette" Marchal Epouse Reboul [On joint : Souvenirs 1886-1944. Jours de Gloire par son grand-frère Fernand Marchal ]. Le grand-père maternel, Frédéric Müller, était pasteur venu d'Alsace en Algérie vers 1860. Il eut 6 enfants dont Fritz, Edouard, Caroline et Mathilde, mère de la narratrice. "Voici donc la branche maternelle, un quart de vos vies décrite, l'autre quart est certainement plus amusante, c'est celle de mon père". Celui-ci était l'un des 12 enfants de Gédéon Marchal (né au ban de la Roche près de Rothau vers 1820) lequel fut ouvrier puis contremaître à l'usine Steinlein Dieterlein. Son patron lui ayant avancé les sommes nécessaires, il put acheter une petite usine à Laclaquette. Du côté de son mari Paul Reboul, ils descendaient par la femme de Henri Reboul, Marguerite Méjan, de huguenots ("famille très HSP"). Sa soeur Pauline devint la femme du pasteur Noël. Le dernier quart "est parfaitement terrien, des vignerons du midi, j'ai toujours entendu votre père dire que ces grands parents ne travaillaient que quelques jours par an et vivaient très bien". Henri Reboul avait un frère Elie qui un deux filles dont l'une épousa un Aimé Rabinel et l'autre devint Madame Perrier. Ce grand-père Henri-Esprit Reboul était parti à Nîmes pour devenir acteur ou peintre mais il était finalement devenu directeur de l'usine dont sa femme Marguerite Méjan avait hérité de ses parents "la première usine de pâte fondée en France". "Je crois que cet homme doué pour toutes sortes de choses, de voies artistiques, à dû souffrir de se consacrer à la fabrication des vermicelles et des macaronis". 'Pendant de nombreuses années les 6 frères et 3 soeurs de la famille Marchal (Paul, Gustave, Jules, Camille, Ernest, Alfred, Mathilde, Lina, Fanny) se sont parfaitement entendus [... ] Aujourd'hui en août 1978 je suis le seul enfant vivant de Camille [ ... ]""Papa, Camille, aimait raconter son enfance dans la grande propriété de Rothau, la façon de vivre dans cette vallée de la Brûche entre le travail et la Bible". Il épousa Mathilde Müller, rencontrée à Alger. Nous passerons sur mille détails racontés avec verve. L'auteur fut au collège de fill à Saint Dié puis à Epinal. Elle survécut à la grippe espagnol (son grand-père lui avait prédit qu'elle perdrait ses cheveux...) puis à l'armistice devint cheftaine d'éclaireuse ("sans aucune formation"). L'année suivante, elle se définit une règle de vie : "ne pas mentir (sauf dans certains cas où on ne peut éviter sans dommages de faire de la peine) ; écouter sans interrompre en essayant de comprendre ; défendre le personnage absent au lieu de l'accabler ; et oublier autant que possible ce qu'on vous a dit". Elle évoque les cours de Monsieur Melchior en littérature, les cours de diction de Daniel Michenot, professeur au Conservatoire de Strasbourg (cela vers 1917-1918). Elle y rencontre le directeur, Guy Ropartz. "Le quatuor Capet était fort à la mode, je fis la connaissance de Capet 1er violon chez les Pol". Elle reçut 15 demandes en mariage de divers soupirants avant de convoler avec Paul Reboul. ‎

‎1 manuscrit illustré de 47 ff., avec nombreuses photos contrecollées (retirage de clichés anciens mais également plusieurs photos originales anciennes (Mathilde Müller, Fernand Marchal, Roger et Thérèse Ramspacher, Les Ormeaux à Epinal, Ninette Reboul), 1978-1980, et 1 vol. reprographié (Souvenirs de Fernand Marchal), 205 pp.. Rappel du titre complet : Souvenirs illustrés de famille de "Ninette" Marchal Epouse Reboul [On joint : Souvenirs 1886-1944. Jours de Gloire par son grand-frère Fernand Marchal ]. Le grand-père maternel, Frédéric Müller, était pasteur venu d'Alsace en Algérie vers 1860. Il eut 6 enfants dont Fritz, Edouard, Caroline et Mathilde, mère de la narratrice. "Voici donc la branche maternelle, un quart de vos vies décrite, l'autre quart est certainement plus amusante, c'est celle de mon père". Celui-ci était l'un des 12 enfants de Gédéon Marchal (né au ban de la Roche près de Rothau vers 1820) lequel fut ouvrier puis contremaître à l'usine Steinlein Dieterlein. Son patron lui ayant avancé les sommes nécessaires, il put acheter une petite usine à Laclaquette. Du côté de son mari Paul Reboul, ils descendaient par la femme de Henri Reboul, Marguerite Méjan, de huguenots ("famille très HSP"). Sa soeur Pauline devint la femme du pasteur Noël. Le dernier quart "est parfaitement terrien, des vignerons du midi, j'ai toujours entendu votre père dire que ces grands parents ne travaillaient que quelques jours par an et vivaient très bien". Henri Reboul avait un frère Elie qui un deux filles dont l'une épousa un Aimé Rabinel et l'autre devint Madame Perrier. Ce grand-père Henri-Esprit Reboul était parti à Nîmes pour devenir acteur ou peintre mais il était finalement devenu directeur de l'usine dont sa femme Marguerite Méjan avait hérité de ses parents "la première usine de pâte fondée en France". "Je crois que cet homme doué pour toutes sortes de choses, de voies artistiques, à dû souffrir de se consacrer à la fabrication des vermicelles et des macaronis". 'Pendant de nombreuses années les 6 frères et 3 soeurs de la famille Marchal (Paul, Gustave, Jules, Camille, Ernest, Alfred, Mathilde, Lina, Fanny) se sont parfaitement entendus [... ] Aujourd'hui en août 1978 je suis le seul enfant vivant de Camille [ ... ]""Papa, Camille, aimait raconter son enfance dans la grande propriété de Rothau, la façon de vivre dans cette vallée de la Brûche entre le travail et la Bible". Il épousa Mathilde Müller, rencontrée à Alger. Nous passerons sur mille détails racontés avec verve. L'auteur fut au collège de fill à Saint Dié puis à Epinal. Elle survécut à la grippe espagnol (son grand-père lui avait prédit qu'elle perdrait ses cheveux...) puis à l'armistice devint cheftaine d'éclaireuse ("sans aucune formation"). L'année suivante, elle se définit une règle de vie : "ne pas mentir (sauf dans certains cas où on ne peut éviter sans dommages de faire de la peine) ; écouter sans interrompre en essayant de comprendre ; défendre le personnage absent au lieu de l'accabler ; et oublier autant que possible ce qu'on vous a dit". Elle évoque les cours de Monsieur Melchior en littérature, les cours de diction de Daniel Michenot, professeur au Conservatoire de Strasbourg (cela vers 1917-1918). Elle y rencontre le directeur, Guy Ropartz. "Le quatuor Capet était fort à la mode, je fis la connaissance de Capet 1er violon chez les Pol". Elle reçut 15 demandes en mariage de divers soupirants avant de convoler avec Paul Reboul. ‎


‎Ecrit avec style ("L'Aîné était un roi d'égoisme, l'autre la bonté la plus délicate" ; "Celle-ci épousa un alsacien qui la fit plus pleurer que rire..." etc...) ce manuscrit intéressera de manière très large, notamment les amateurs d'histoire de l'Alsace ou des Vosges. Nous joignons à ce manuscrit original les souvenirs reprographiés de son frère Fernand Marchal (souvenirs beaucoup mieux "construits" mais très complémentaires).Nous fournissons ci-après un résumé succinct et quelques extraits de ce manuscrit original : Souvenirs illustrés de famille de "Ninette" Marchal Epouse Reboul, née vers 1900. Le grand-père maternel, Frédéric Müller, était pasteur venu d'Alsace en Algérie vers 1860. Il eut 6 enfants dont Fritz, Edouard, Caroline et Mathilde, mère de la narratrice. "Voici donc la branche maternelle, un quart de vos vies décrite, l'autre quart est certainement plus amusante, c'est celle de mon père". Celui-ci était l'un des 12 enfants de Gédéon Marchal (né au ban de la Roche près de Rothau vers 1820) lequel fut ouvrier puis contremaître à l'usine Steinlein Dieterlein. Son patron lui ayant avancé les sommes nécessaires, il put acheter une petite usine à Laclaquette. Du côté de son mari Paul Reboul, ils descendaient par la femme de Henri Reboul, Marguerite Méjan, de huguenots ("famille très HSP"). Sa soeur Pauline devint la femme du pasteur Noël. Le dernier quart "est parfaitement terrien, des vignerons du midi, j'ai toujours entendu votre père dire que ces grands parents ne travaillaient que quelques jours par an et vivaient très bien". Henri Reboul avait un frère Elie qui un deux filles dont l'une épousa un Aimé Rabinel et l'autre devint Madame Perrier. Ce grand-père Henri-Esprit Reboul était parti à Nîmes pour devenir acteur ou peintre mais il était finalement devenu directeur de l'usine dont sa femme Marguerite Méjan avait hérité de ses parents "la première usine de pâte fondée en France". "Je crois que cet homme doué pour toutes sortes de choses, de voies artistiques, à dû souffrir de se consacrer à la fabrication des vermicelles et des macaronis". 'Pendant de nombreuses années les 6 frères et 3 soeurs de la famille Marchal (Paul, Gustave, Jules, Camille, Ernest, Alfred, Mathilde, Lina, Fanny) se sont parfaitement entendus [... ] Aujourd'hui en août 1978 je suis le seul enfant vivant de Camille [ ... ]""Papa, Camille, aimait raconter son enfance dans la grande propriété de Rothau, la façon de vivre dans cette vallée de la Brûche entre le travail et la Bible". Il épousa Mathilde Müller, rencontrée à Alger. Nous passerons sur mille détails racontés avec verve. L'auteur fut au collège de fille à Saint Dié puis à Epinal. Elle survécut à la grippe espagnol (son grand-père lui avait prédit qu'elle perdrait ses cheveux...) puis à l'armistice devint cheftaine d'éclaireuse ("sans aucune formation"). L'année suivante, elle se définit une règle de vie : "ne pas mentir (sauf dans certains cas où on ne peut éviter sans dommages de faire de la peine) ; écouter sans interrompre en essayant de comprendre ; défendre le personnage absent au lieu de l'accabler ; et oublier autant que possible ce qu'on vous a dit". Elle évoque les cours de Monsieur Melchior en littérature, les cours de diction de Daniel Michenot, professeur au Conservatoire de Strasbourg (cela vers 1917-1918). Elle y rencontre le directeur, Guy Rapartz. "Le quatuor Capet était fort à la mode, je fis la connaissance de Capet 1er violon chez les Pol". Elle reçut 15 demandes en mariage de divers soupirants avant de convoler avec Paul Reboul, etc...‎

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‎Collectif‎

Reference : R110679237

(1987)

‎Photo n° 237 - Lynn Goldsmith, un temps, elle hésita entre musique et photographie, elle a concilié les deux, elle est l'une des meileures spécialistes de la pop music, Bette Midler, elle ne voulait pas poser pour les photographes, elle a fait‎

‎Union des Editions Modernes. Juin 1987. In-4. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 129 pages. Nombreuses illustrations en couleurs et noir et blanc dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 770-Photographie‎


‎Sommaire : Lynn Goldsmith, un temps, elle hésita entre musique et photographie, elle a concilié les deux, elle est l'une des meileures spécialistes de la pop music, Bette Midler, elle ne voulait pas poser pour les photographes, elle a fait une exception pour Greg Gorman, en compagnie de son nouveau mari, Denis O'Regan, spécialiste des grandes tournées, il est le meilleur reporter anglais de la scène pop et rock Classification Dewey : 770-Photographie‎

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