Paris, Editions de Fallois, 2000 ; in-8, 572 pp., br. Broché en bon état.
Reference : 201405304
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[Saint-Pierre-d'Oléron et Le Château-d'Oléron (Île d'Oléron, Charente-Maritime)] - LABADIE, L. ; CERF, G.
Reference : 71909
(1923)
Ensemble de 24 tirages photographiques d'époque en noir et blanc (épreuves argentiques contrecollés sur supports cartonnés de type passe-partout crème ou beige) dont 3 (les 3 premiers décrits) au format 11,5 x 17 cm sur support format 21 x 27 cm, 12 au format 22,5 x 15,5 cm sur support de format 35 x 27 cm (Labadie), 3 au format 20,5 x 15,5 cm sur support de format 35 x 27 cm (Labadie) et 6 au format 24 x 16.7 cm sur support de format 36 x 27 cm (G. Cerf) : [Ensemble de 24 photographies d'une oeuvre sociale pour l'enfance à l'Ile d'Oléron, vers 1920-1933 ] "Un coin de lavabo" ; "La salle de gymnastique" ; "Un dortoir" ; "Les jeunes garçons font la pyramide" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Joyeux ébats dans les sables" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Groupe de garçons avant le bain" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Le bain joyeux en toute sécurité" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Fillettes au bain" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Pâtés de sable et saut de mouton devant les cabines" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron) ; "Un des réfectoires" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Le hall d'entrée" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Leçon d'éducation physique" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Leçon de rythmique" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; [ Photographie : Groupe de jeunes filles en uniforme d'éducation physique ] (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Le grand portique de 12m en 1923" (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; "Notre consultation de nourrissons en 1933" mention manuscrite "G. Cerf, Château d'Oléron" (2 exemplaires, l'un sans légende) ; [Photographie : Noël – Rassemblement des enfants ] (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron") ; [Photographie : Consultation médicale et pesée des nourrissons ] (cachet "Labadie, St Pierre d'Oleron"); "La salle de gymnastique" mention ms. "G. Cerf, Château d'Oléron" (2 exemplaires, l'un sans légende) ; "Notre Dortoir" mention ms. "G. Cerf, Château d'Oléron" (2 exemplaires, l'un sans légende). Intitulés figurant sur des bandes cartonnées découpées et collées. Tampon humide à l'encre noire – signature du studio « Labadie - St Pierre d'Oleron » au bas de plusieurs planches et annotations manuscrites à la mine de plomb « G. Cestat - Château d'Oléron ». Format moyen des cartons : environ 24 x 30 cm. Bel état d'ensemble, quelques piqures et légères rousseurs marginales sur les cartons.
Remarquable reportage photographique documentaire en grand format, ayant vraisemblablement servi en exposition à l'époque, illustrant l'organisation matérielle, hygiénique et pédagogique d'une oeuvre sociale pour l'enfance (préventorium marin, aérium ou colonie de vacances sanitaire) établie sur l'île d'Oléron au cours des années 1920 et 1930. Les vues, prises par Labadie et Cerf, 2 photographiques emblématiques de l'île d'Oléron, présentent d'une part la modernité des équipements immobiliers et sanitaires (salle de gymnastique avec belle charpente et appareils sportifs, grand portique de 12 mètres daté de 1923, lavabos alignés, dortoirs avec lits métalliques, hall d'entrée, réfectoires), d'autre part le quotidien des enfants pensionnaires (séances de gymnastique suédoise, rythmique, pyramides humaines, jeux de plage, baignades surveillées) ainsi que les services de puériculture et de pédiatrie sociale (consultation de nourrissons de 1933, pesée médicale, fêtes d'arbre de Noël). Bon et rare ensemble (une petite photo tachée, qq. frott. mais très bon état général)
In-4 (268 x 207 mm). 33 planches gravées et coloriées à l'époque. Relié demi veau à coins d'époque. dos lisse orné, pice de titre. Bon exemplaire. ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE. Publiée en 33 livraisons avec pagination individuelle. Notre exemplaire ne contient que 32 livraisons sur les 33 publiées. Il manque une livraison d'ornithologie. Notre recueil contient 22 planches de quadrupèdes, 8 planches d'ornithologie et 3 planches de serpents. Il manque deux planches d'ornithologie. Le naturaliste hollandais Arnout Vosmaer fut le directeur du cabinet d'histoire naturelle de Guillaume V d'Orange-Nassau. Ce sont les animaux de sa ménagerie qu'il décrit ici avec minutie.DESCRIPTION DE NOTRE OUVRAGE. - Description d'une nouvelle espèce de Porc à large groin ou sanglier d'Afrique. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1767. 15 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce de Petit Bouc de Guinée. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1767. 8 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce de Marmote-Batarde du Cap de Bonne-Espérance. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1767. 8 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce de de Grand écureuil volant à longue queue. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1767. 11 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce rare de singe d'Amérique à longue queue. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 12 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce de Paresseux Pentadactyle. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1770. 19 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce rare de Singe voltigeur américain du Surinam. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1770. 6 pages et une planche colorée. (une page déchirée réparée avec du scotch). - Description d'une espèce singulière de Chat africain. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1771. 6 pages et une planche colorée. - Description d'une espèce de Belette américaine. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1771. 6 pages et une planche colorée. - Description du Boeuf bossu nommé Bison. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1772. 10 pages et une planche colorée. - Description de l'Ichneumon indien qui tue le crocodile. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1772. 10 pages et une planche colorée. - Description d'un Chien sauvage indien, Ceylan. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1773. 6 pages et une planche colorée. - Description d'un Chien sauvage indien, Japon. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1773. 6 pages et une planche colorée. - Description de l'espèce de singe appelé Orang-Outang. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1778. 23 pages et deux planche colorées. - Description d'un animal appelé Coudou d'Afrique, de l'espèce des cerfs. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1783. 6 pages et une planche colorée. - Description d'un animal africain appelé Canna. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1773. 12 pages et une planche colorée. - Description d'un nouveau quadrupède appelé Gnou. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1784. 13 pages et une planche colorée. - Description d'une nouvelle espèce de petite gazelle, appelée Pronk-Bok. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1784. 14 pages et une planche colorée. - Description d'une Taupe verdâtre luisante du Cap de Bonne Espérance. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1787. 11 pages et une planche colorée. - Description d'un Chameau Léopard appelé Giraffe. A Amsterdam, chez les Héritiers de Pierre Meijer et G. Warnars, 1787. 46 pages et deux planches colorées. (une page dédhirée sans manque). - Description du Trompette américain oiseau apporté du Surinam. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 8 pages et une planche colorée. - Description d'un Alcyon d'Amérique à longue queue. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 9 pages et une planche colorée. - Description d'un petit Alcyon d'Amérique. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 6 pages et une planche colorée. - Description du Trompette américain oiseau apporté du Surinam. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 8 pages et une planche colorée. - Description de deux petits Alcyons des Indes Orientales. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1768. 7 pages et une planche colorée. - Description d'une belle grive d'Amérique. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1769. 7 pages et une planche colorée. - Description du Coq des Roches américain. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1769. 7 pages et une planche colorée. - Description d'une belle espèce de Perroquet des Indes nommé Lory Rouge-Pourpré. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1769. 10 pages et une planche colorée. - Description d'un oiseau de proie nommé Le Sagittaire. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1769. 8 pages et une planche colorée. - Description d'un serpent à sonnette de l'Amérique. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1767. 20 pages et une planche colorée. - Description de deux différens serpents à queue applatie, Mexique et mers des Indes. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1774. 8 pages et une planche colorée.- Description d'un très rare Lezard-Serpent et d'un Lézard-Ver. A Amsterdam, chez Pierre Meijer, 1774. 8 pages et une planche colorée.
Editions de l'Imprimerie Chaix Pierre et Françoise Cartonné "Vingt volumes in-8 (17,3 x 24 cm), cartonnés, collection complète de la série ""Pierre et Françoise"" de C. Fontugne : 1. Pierre et Françoise voyagent en auto // 2. Pierre et Françoise voyagent en avion // 3. Pierre et Françoise voyagent en bateau // 4. Pierre et Françoise voyagent en train // 5. Pierre et Françoise en Amérique // 6. Pierre et Françoise au Japon // 7. Pierre et Françoise en Polynésie // 8. Pierre et Françoise en Russie // 9. Pierre et Françoise en Chine // 10. Pierre et Françoise en Espagne // 11. Pierre et Françoise en Grèce // 12. Pierre et Françoise en Laponie // 13. Pierre et Françoise en Bretagne // 14. Pierre et Françoise en Alsace //15. Pierre et Françoise à Paris // 16. Pierre et Françoise en Provence // 17. Pierre et Françoise sur la Côte d'Azur // 18. Pierre et Françoise au Pays Basque // 19. Pierre et Françoise en Auvergne // 20. Pierre et Françoise en Ile-de-France ; frottements aux coiffes, coins et mors, dos brunis, traces sur les plats plus ou moins importantes selon le volume, coiffes du n°7 abîmées, ruban adhésif et manque au dos du n°5, scotch marron au dos du n°2, par ailleurs assez bon état général. Livraison a domicile (La Poste) ou en Mondial Relay sur simple demande."
Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque. Utrecht, Antoine Schouten, 1713. - Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour affermir beaucoup davantage les maisons souveraines sur le trône, proposé autrefois par Henry le grand. Utrecht, Schouten, 1717. 3 volumes in-12, I/ (1) portrait de l’auteur, (3) ff.., xxiv pp., 400, (10); II/ (1) gravure à pleine page, (1) f. de titre, 423 pp., (9) pp.; III/ xxxiv pp., (10) pp., 455 pp., (4) pp., 4 gravures hors-texte à pleine page dont une dépliante. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, tranches marbrées. Reliure de l'époque. 165 x 93 mm.
Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle. L'abbé de Saint-Pierre (1658-1743) a rédigé non moins de quatre ébauches de ce texte, imprimées à petit tirage, avant de publier cet état définitif, qu'il fit donc imprimer sans nom d'auteur et sous une fausse adresse. Se situant dans le cours d'une vieille tradition pacifiste, le Projet donne des moyens géométriques d'obtenir une paix définitive. Le principal d'entre eux, anticipant les tentatives du XXe siècle en la matière, consistait en la réunion d'un congrès européen permanent, siégeant à Utrecht et composé des représentants de chaque pays. Chargé de résoudre les conflits entre membres par l'arbitrage et la médiation, il ne devait recourir à la force qu'en cas de refus d'une sentence. La présente édition édition, Utrecht, Schouten, 1713, fut complétée en 1717 d'un 3e tome. Charles Irénée Castel, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est issu d'une famille de noblesse normande. Ayant reçu les ordres mineurs (1680), l'abbé de Saint-Pierre, ami de Fontenelle, est mêlé assez tôt à la vie intellectuelle parisienne. Il sera un des fondateurs du club de l’entresol, société de libre réflexion politique. Jusqu'à la fin de sa vie, il multiplie les projets de réforme sur les impôts, le système bancaire, les routes, les armées, l'assistance aux pauvres, la pédagogie, l'orthographe. « Le « Projet de paix perpétuelle, » conçu vers 1708, a eu d'abord trois ébauches imprimées successives, à petit tirage, dont une, éditée peut-être sans son aveu, est datée de Cologne, 1712, sous le titre de « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe ». La version la plus développée paraît en 1713 (deux tomes), complétée par un volume d'éclaircissement (1717), suivi par un « Abrégé» (1729) et une dernière édition (1747). Le « Projet » expose, dans une logique toute cartésienne, les moyens de mettre fin à la guerre. Se situant dans une tradition pacifiste qui remonte à l'Antiquité, il est aussi le sursaut d'une conscience révoltée par la politique belliciste de Louis xiv. Il préconise une diète européenne, siégeant à Utrecht, composée par les représentants de chaque pays. La situation territoriale des nations participantes étant garantie, la Diète règle par la médiation et l'arbitrage des différends entre les États. L'intervention armée est seulement prévue contre tout membre de l'alliance qui ne se conformerait pas à la décision arbitrale. La modernité et la générosité de ce projet, qui avait aussi pour les États l'avantage de « procurer une diminution très considérable de leur dépense militaire », ne font aucun doute. Mais l'auteur reste attaché à une idéologie d'Ancien Régime : en témoignent son souci d'assurer aux princes dans leurs États, grâce à leur alliance, « un prompt et suffisant secours (...) contre les séditieux et les rebelles », ainsi que ses variations, d'une version à l'autre, sur les rapports à établir entre la confédération des nations chrétiennes et l'Empire Ottoman, l'une d'elles (en 1717) impliquant l'organisation d'une croisade contre les Turcs. Malgré ses limites, ce rêve pacifique stimule Jean-Jacques Rousseau qui publie en 1761 un « Extrait du projet de paix perpétuelle », assurant à l'abbé une renommée européenne. Kant a été un de ses émules, comme tous ceux qui ont voulu préparer la « Société des Nations ». Roland Desné. Ce célèbre livre constitue l’une des toutes premières tentatives d'organisation systématique de la société internationale. Ému par les souffrances engendrées par la guerre de Succession d’Espagne, l'abbé de Saint-Pierre proposait aux États de renoncer à la force et de régler leurs litiges devant une - société européenne - disposant d'une Assemblée générale et de bureaux spécialisés (pour les problèmes juridiques, le commerce…). Avec un grand luxe de détails, et beaucoup d'optimisme, l’Abbé explique pourquoi les États ont plus d'intérêt à adopter son projet qu'à le rejeter, avec des arguments que reprendront par la suite les théoriciens libéraux, notamment la paix qui favorise le commerce et les discussions sur le fonctionnement d'un système à deux ou trois acteurs. Au-delà de son aspect utopiste qu'avait déjà dénoncé Rousseau (qui, en matière d'utopie, s'y entendait mieux que personne), l'abbé de Saint-Pierre a eu une vision qui anticipe sur plusieurs points les organisations internationales du XXème siècle et fait de multiples réflexions sur la société internationale qui en font un des grands fondateurs de la théorie des relations internationales. (Hervé Coutau-Bégarie. Paris, 1987). «Cette œuvre capitale, publiée à très petit nombre d’exemplaires, est à peu près introuvable, même en édition courante. Elle constitue, avec deux siècles d'avance sur l'Histoire, le premier essai d'organisation de la sécurité collective. Les idées développées par l'Auteur, reprises d'un projet dû à Henri IV et retrouvé dans les Mémoires de Sully, furent jugées à l'époque utopiques et subversive. Elles paraissent maintenant, sur beaucoup de points, prophétiques. Elles valurent à l’auteur d’être chassé de l’Académie française et de gagner l’immortalité en la perdant. Les calamités qui accompagnèrent et suivirent les guerres de religion au XVIè siècle avaient provoqué dans les esprits une aspiration générale vers une paix définitive, aspiration qui se concrétisa dans ce qui fut par la suite appelé le "Grand Projet" de Henri IV, rapporté par Sully dans les Oeconomies Royales, publiées en 1638: un plan pour l'établissement d'une Confédération destinée à maintenir la paix au sein du monde chrétien. En 1623paraissait un livre intitulé "Le Nouveau Cynée", attribué à un écrivain dont on sait peu de choses, Emeric de La Croix, qui présentait également un plan destiné à assurer une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, lié à un projet de liberté totale de commerce entre les nations. Assez vagues dans leurs conceptions, ces projets n'eurent aucun retentissement à l'époque où ils furent publiés. Par contre, celui que publia Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre eut dès sa parution une grande audience, qui se prolongea pendant le XVIIIe le XIXe et le début du XXe siècle. L'abbé de Saint-Pierre, qui avait accompagné l'abbé de Polignac au Congrès d'Utrecht en 1712, avait été témoin des difficultés qu'éprouvait la conclusion de la paix. Il forma aussitôt le projet de la rendre perpétuelle, et dressa sur le champ les articles du traité qui devait amener ce résultat important. Ce projet fut publié en trois volumes, dont les deux premiers parurent en 1713, et le troisième en 1717. Le bon abbé y démontrait que les traités de paix et d'alliance ne présentaient aucune garantie de durée, et que la paix qu'ils établissaient n'était en réalité qu'une trêve. Le seul moyen de rendre la paix permanente était de la garantir à l'aide d'institutions analogues à celles qui préservent au sein de chaque État la vie et la propriété des citoyens. II proposait donc un plan en cinq articles, qui commentait et expliquait longuement, en indiquant les moyens pratiques de les réaliser: 1°) une alliance générale et perpétuelle entre tous les souverains, sur la base des derniers traités signés. 2°) une contribution de chaque allié à la sûreté et aux dépenses de cette grande alliance. 3°) Le renoncement à jamais pour tous à la voie des armes pour le règlement des différends, et l'engagement d'avoir toujours recours à la conciliation par la médiation des grands alliés, dans le lieu de l'Assemblée Générale. L'intervention immédiate de la totalité des Grands Alliés contre tout souverain qui refuserait d'exécuter les jugements et les règlements des Grands Alliés. 5°) Le règlement à la majorité des voix, de toutes les décisions nécessaires- et importantes pour procurer à la Grande Alliance plus de sécurité et de solidité. Ce projet exposait en fait les bases morales et politiques des institutions qui, après les deux guerres mondiales, tentèrent la pacification du monde: la Société des Nations, et l'Organisation des Nations Unies, qui, toutes deux, se sont réclamées des idées de l’abbé de Saint-Pierre. Le projet de l'abbé peut donc à juste droit être considéré comme 1'utopie la plus importante qu'ait produit l'ancien régime. L’ouvrage parut en deux temps: deux volumes en 1713, c'est à dire à la fin du règne de Louis XIV, dont l'abbé de Saint-Pierre avait vivement critiqué la politique. Le tome troisième, paru en 1717, au début de la régence de Philippe d'Orléans, à l'époque où ce dernier s'efforçait de faire oublier, par de sages mesures, les misères du règne précédent, est dédicacé au Régent. Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, né le 18février 1658au château de Saint-Pierre et mort le 29avril 1743à Paris, écrivain et académicien français, est un représentant du courant des Lumières politiques favorable à des réformes impulsées par l'autorité monarchique. Il est surtout connu pour avoir pensé un monde sans guerre. Il fréquente le cercle de madame de La Fayette et celui de la marquise de Lambert, antichambre de l'Académie française et lieu de ralliement des Modernes, visite Nicole, qu'il tient en haute estime, et Malebranche. Grâce à Fontenelle, chef de file des Modernes, et à Madame de Lambert, il est élu en 1695au 8e fauteuil, en remplacement de Bergeret, et n'ayant alors encore presque rien écrit. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Fontenelle plaçait ainsi l'un de ses partisans. Il continua d'être reçu dans les salons littéraires, chez mesdames de Tencin, Dupin, d'Avaray, de Coigny, de Matignon, Geoffrin, d'Aiguillon. Introduit par son disciple et ami, le marquis d'Argenson, il participe aux travaux du club de l'Entresol de l'abbé Alary fondé en 1724et publie des mémoires sur des sujets variés pour tenter de persuader le pouvoir monarchique d'impulser des réformes en faveur du plus grand nombre. Après la cessation en 1731des activités de l'Entresol, à la demande du ministre Fleury, Saint-Pierre rassemble et révise la plupart de ses écrits pour les publier en Hollande dans la série des Ouvrages de politique et de morale édité en seize volumes à Rotterdam chez Jan Daniel Beman entre 1733et 1741. À la fin de sa vie il se lie avec Madame Dupin, dont il est le mentor, tout en continuant à promouvoir la paix, y compris auprès de Frédéric II de Prusse auprès de qui il se rend en 1740. Il meurt à Paris le 29avril 1743. Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.
Paris jeudi 4 avril [1889] | 12.50 x 20 cm | 4 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de Pierre [Louÿs], adressée à son père, quatre pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet de papier blanc.Pliures transversales inhérentes à la mise sous pli. Cette lettre a été expédiée par le jeune Pierre Louÿs alors qu'il fait ses études au lycée Janson-de-Sailly (Paris - 16e). Il s'agit vraisemblablement de l'une des dernières lettres de Pierre Louÿs à son père, dix jours avant le décès de celui-ci :«Sais-tu qu'avant quinze jours je serai auprès de toi ? [...] Puis-je espérer que d'ici là tu auras repris un peu de forces ?» La question de la réelle identité du père de Pierre Louÿs fascine aujourd'hui encore les biographes: «Son père, Pierre Philippe Louis, [...] avait épousé en 1842 Jeanne Constance Blanchin, qui mourut dix ans plus tard après lui avoir donné deux enfants, Lucie et Georges. En 1855, il se remaria avec Claire Céline Maldan, et de cette union naquit, en 1857, un fils, Paul; puis, en 1870, notre écrivain, qui reçut les prénoms de Pierre Félix. Cette naissance tardive, les différences de caractère entre le père et le fils, la désaffection du premier à l'égard du second, la profonde intimité qui régna toujours entre Louÿs et son frère Georges, tout cela a fait soupçonner à certains biographes et critiques que ce dernier était en réalité le père de l'écrivain. La relation exceptionnellement intime et constante que Pierre et Georges maintinrent entre eux toute leur vie, pourrait être un argument en ce sens. Bien entendu, on n'a point découvert de preuve irréfutable, et on n'en découvrira sans doute jamais. Il n'empêche que certaines lettres [...] sont assez troublantes. En 1895, par exemple, Louÿs écrit gravement à son frère qu'il connaît la réponse à «la question la plus poignante» qu'il puisse lui poser, question qu'il a «depuis dix ans sur les lèvres». L'année suivante, en plein triomphe d'Aphrodite, il remercie Georges avec effusion et termine sa lettre par cette phrase: «Pas un de mes amis n'a un PERE qui soit pour lui comme tu es pour moi.» Arguant de l'étroite intimité de Georges et de Claire Céline durant l'année 1870, et de la jalousie que le père ne cessa de montrer vis-à-vis de son fils cadet, Claude Farrère n'a pas hésité à conclure en faveur de Georges Louis. Et que penser de cette dédicace de Louÿs à son frère sur un japon de l'originale de Pausole: Pour Georges, son fils aîné / Pierre.» (Jean-Paul Goujon, Pierre Louÿs) Pierre Louÿs n'a que neuf ans lorsque sa mère décède brusquement. Le père confie dès lors son éducation à son frère Georges, de vingt ans son aîné et Pierre le rejoint alors à Paris où il fréquente l'Ecole Alsacienne puis le lycée Janson-de-Sailly. Malgré le peu d'affection que lui montre celui-ci, le jeune homme écrit toutes les semaines à son «cher papa», résidant à Dizy-Magenta près d'Epernay. Le jeune homme s'enquiert de sa mauvaise santé: «Puis-je espérer que d'ici là tu auras repris un peu de forces? Sans doute. Ton eczéma, nous le souhaitons, n'aura pas augmenté; et les feuilles vertes qui commencent à poindre te donneront peut-être de l'espoir à toi-même, pour un mieux l'été prochain.» Le «mieux» ne viendra hélas pas, et Pierre Philippe Louis rendra son dernier soupir le 14 avril 1889. En attendant, Pierre Louÿs donne des nouvelles de la famille, plus précisément de Germaine, la fille de sa sur Lucie: «J'ai été aujourd'hui rue de la Santé prendre des nouvelles de Germaine. J'ai trouvé la petite opérée en très bon état, très gaie et bien portante. Elle était levée, et jouait par terre. [...] Enfin j'ai terminé ma journée en allant chez ma tante Marie et chez Elisabeth. Tout le monde va bien dans les deux maisons...» Comme à son habitude, toujours soucieux de décevoir son père, il lui transmet finalement ses résultats scolaires: «je retourne demain au lycée (Georges t'a-t-il dit que j'avais été second en Anglais?)» - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -