‎[LITTERATURE] - CASAMAYOR - ‎
‎Le prince. ‎

‎Paris, Aux éditions du seuil, 1966 ; in-8, 141 pp., broché. Roman.‎

Reference : 200812963


‎Roman.‎

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‎BALZAC, Jean-Louis Guez de.‎

Reference : LCS-18214

‎Le Prince. Edition originale du Prince de Guez de Balzac (1597-1654), « l’œuvre qui contribua à fixer la langue et constitue l’un des plus beaux monuments de la prose française ».‎

‎Superbe exemplaire provenant de la bibliothèque Guy Pellion avec ex-libris. Paris, Toussainct du Bray, P. Roccolet, Cl. Sonnius, 1631. In-4 de 27 pp., (1) p. d’extrait du Privilège, 400 pp., 56 pp. et (8) ff. Plein veau blond, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs richement orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, double filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure du XIXe siècle signée Niédrée. 237 x 178 mm.‎


‎Édition originale du Prince, « l’œuvre qui contribua à fixer la langue et constitue l’un des plus beaux monuments de la prose française ». « Edition originale ornée d’un beau titre-frontispice offrant le portrait de Louis XIII ». Tchemerzine, I, 355. Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654) bénéficie désormais d’un nouvel éclairage. Si l’on reconnaît toujours en lui le restaurateur de la langue française célébré par Ménage, on scrute avec plus d’intérêt ses conceptions de la morale et de la politique, « sa vieille Maitresse ». « A son retour d’Italie où il avait suivi le cardinal de la Valette, Balzac s’était déjà rendu célèbre par ses Lettres. Il fut accueilli comme un triomphateur et recherché de tout le monde élégant et lettré ; Richelieu, en particulier, fit tout ce qu’il put pour s’attacher un aussi précieux esprit. C’est probablement dans le milieu de la cour, qu’il ne fréquentait plus guère cependant après 1624, que Balzac conçut son projet d’écrire ce livre : peut-être lui fut-il plus ou moins directement commandé. On raconte qu’ayant entendu citer par un gentilhomme l’indignation d’un de ses amis, alors prisonnier des pirates barbaresques, provoquées par les insultes qu’on prodiguait devant lui au nom de Louis xiii, Balzac aurait eu l’idée de consacrer sa plume à retracer le bonheur de la France de vivre sous un sceptre aussi glorieux que celui de ce roi. Bien que « Le Prince » prétende à quelque généralité et que le nom du roi n’y figure pas, c’est en fait une peinture idéalisée de Louis xiii, héros digne de l’Antiquité. Pleine d’harmonie et d’une grande rigueur, cette œuvre contribua, au moins autant que les « Lettres », à fixer la langue et constitue un des plus beaux monuments de la prose française. Les idées politiques de Balzac ne sont d’ailleurs pas indifférentes, elles sont la parfaite expression de l’esprit de son temps ». (Dictionnaire des Œuvres, V, 511). « C’est d’Italie qu’il commença d’écrire ses ‘Lettres’ qui devaient un jour lui assurer la gloire. D’emblée, ou peu s’en faut, il s’acquit l’admiration de la haute société française. C’est dire que lorsqu’il revint à Paris, l’année suivante (1622), il se vit déjà célèbre. L’un après l’autre, tous les grands personnages se mirent à le rechercher ; Richelieu lui-même fit tout ce qu’il put pour s’en faire bien voir, tant il tenait à s’attacher un esprit aussi remarquable [...] Sitôt qu’il vit le jour, le recueil obtint un succès prodigieux : non seulement en France, mais dans toute l’Europe [...] En somme, Guez de Balzac a rendu à la prose le même service que Malherbe à la poésie. Il a préparé l’éclosion de la prose classique. » (Dictionnaire des Auteurs, I, 208). Le Prince (1631), découronné d’un prélude pastoral, mais éclairé d’arguments en 1634, prétend peindre « la révolution morale » entraînée par l’impérieux pouvoir de Richelieu. Balzac, cette fois, plaide pour un paternalisme monarchique, où « la Prudence soulage la Justice » selon une raison d’Etat soucieuse du bien public. Dans cet ouvrage riche de « toutes les vertus oratoires », Balzac s’efforce d’atteindre à « la perfection du genre sublime » en faisant fond sur les « Lettres Sainctes » et la tradition de Cicéron et Sénèque. Par ses contradictions mêmes Balzac instaure un nouvel « humanisme », héroïque et moderne, embrassant sous le nom de politesse le cœur, le goût et la raison. Prosateur et poète latin du premier rang, il comble l’ambition majeure des statuts de l’Académie par le triomphe indiscuté des lettres françaises. Résigné au Dieu caché, il a foi en une création rationnelle et s’efforce de repenser selon la nature la société et l’art. « Observateur », il élabore une politique où la culture pourrait rendre « plus humains » princes et sujets. Chantre de la retraite, mais mondain toujours, il plaide pour l’urbanité contre la double trahison d’une arrogante ignorance et du pédantisme. « Atticiste » enfin, il témoigne pour un travail à la Malherbe qui n’étouffe pas la spontanéité ni « la raisonnable fureur » d’un Théophile. Force et majesté, mais douceur ; diversité, mais ordre, économie et choix ; sérieux, mais finesse de la raillerie et gaieté, telles sont les marques de l’art de plaire et persuader qu’il propose à la cour et à la bonne société, et qui fondent un authentique classicisme Louis XIII. Précieux et fort bel exemplaire provenant de la Bibliothèque Guy Pellion avec ex-libris.‎

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EUR14,500.00

‎GRASSET DE SAINT-SAUVEUR‎

Reference : LCS-186456

‎Voyage dans les îles Baléares et Pithiuses ; fait dans les années 1801, 1802, 1803, 1804 et 1805, par M. André Grasset de Saint-Sauveur, jeune, Commissaire des relations commerciales de France et Consul de S. M. J. et R. aux îles Baléares. Avec planches. Edition originale imprimée sur grand papier vélin relié à l’époque pour le Prince Cambacérès Archi-Chancelier de l’Empire.‎

‎Précieux exemplaire provenant des bibliothèques Cambacérès, Jean Lhomer et Docteur Lucien-Graux. Paris, Léopold Collin, 1807. In-8 de (4) ff., xvi pp., 390 pp., 2 planches dépliantes (Vue de la ville de Palma, Autel des druides) et 1 planche à pleine page (Femmes des Iles Baléares). Cartonnage maroquiné, plats ornés d’une roulette dorée, «A. S.A.S. Monseigneur le Prince Cambacérès Archi Chancelier de l’Empire» frappé en lettres d’or sur le plat supérieur, non rogné, charnières fendillées. Reliure de l’époque. 217 x 135 mm.‎


‎Édition originale dédicacée au prince de Talleyrand ornée de 3 planches gravées dont 2 dépliantes: vue de Palma, costume des femmes des îles Baléares, autel des Druides. «Je me suis efforcé d’acquérir un nouveau titre à la bienveillance du public par des recherches suivies sur la topographie, les richesses physiques des îles Baléares et Pithiuses, et sur le caractère, les mœurs, l’industrie et le commerce de leurs habitans. Je me suis attaché à donner une description, la plus exacte et la plus détaillée qu’il m’a été possible des côtes et de l’intérieur de ces îles. Après avoir donné, dans des chapitres particuliers, la description détaillée de chacune des îles, j’ai réuni dans des chapitres généraux, tout ce qui est relatif au caractère, aux mœurs, aux usages, à l’industrie, au commerce, aux costumes et au langage des habitans de toutes ces îles. J’ai consacré un chapitre aux antiquités qui s’y sont trouvées, ou qui y existent encore. Je termine enfin, par un aperçu historique.» «Pour donner un tableau complet de ces îles, il fallait non seulement y avoir voyagé et résidé plusieurs années, il fallait encore y avoir été revêtu d’un caractère qui autorisât l’auteur à se procurer tous les renseignements possibles sur le pays et sur ses habitants; il fallait posséder l’esprit d’observation propre à tirer avantage de ces documents. M. Grasset de Saint-Sauveur a réuni ces avantages, et nous devons à ces laborieuses recherches sur les îles Baléares et Pithiuses, des lumières aussi étendues que celles qu’il nous avait procurées sur les îles vénitiennes. Son ouvrage est divisé en dix-neuf chapitres: il renferme I) La situation des îles Baléares et Pithiuses, l’origine de leurs noms, leur étendue, leur figure; la situation, les côtes et les mouillages de l’île Majorque et de Cabrera, 2) La description de l’île Majorque, qui comprend le tableau de son climat, les qualités, la culture et les productions de ses terres, 3) La description de la ville de Palma, 4) La situation, l’étendue, les côtes et les mouillages de l’île Minorque, 5) La description de la ville de Mahon et de son territoire, 6) Des observations sur le climat, les qualités et les productions des terres et côtes de l’île de Minorque, 7) La situation, l’étendue, les côtes et les mouillages des îles de Minorque, 8) Une description particulière de l’île de Formentera, et des canaux que forment entre elles les îles Pithiuses, 9) Le tableau du caractère et des mœurs, de l’industrie et du commerce des habitans des îles Baléares et Pithiuses, 10) Des recherches sur leur idiome et sur leur costume, 11) Les antiquités des îles Baléares, 12) Enfin, un aperçu historique sur les îles Baléares et Pithiuses. Dans tout le cours de l’ouvrage, de curieuses et d’instructives recherches, des remarques utiles ou piquantes, des rapprochemens heureux, font oublier l’aridité de quelques détails topographiques…» (Journal général de la littérature de France, vol. 9). Précieux exemplaire relié pour Cambacérès, imprimé sur grand papier vélin. Jean-Jacques-Régis Cambacérès, fils aîné de Jean-Antoine, conseiller à la Cour des comptes et maire de Montpellier, et de Marie-Rose Vassal, né dans cette ville le 18 octobre 1752, devint conseiller à la même Cour le 16 novembre 1774, puis conseiller au Parlement de Toulouse en 1783; favorable aux principes révolutionnaires, bien que d’origine noble, il fut nommé président du tribunal criminel de l’Hérault, puis fut élu en septembre 1792 député à la Convention, où il s’occupa surtout des questions juridiques; il en devint le président le 7 octobre 1794; il présida aussi le conseil des Cinq-Cents du 22 octobre 1796 au 20 mai 1797 et fut nommé ministre de la Justice en août 1799. Bien que n’ayant pas pris part au coup d’Etat du 18 brumaire, il fut choisi par Bonaparte comme second consul le 13 décembre 1799. Devenu empereur, Napoléon nomma Cambacérès archichancelier en 1804, président perpétuel du Sénat, officier civil de la maison impériale, membre du conseil privé, président de la Haute Cour, membre de l’Institut, où il était déjà entré en 1796, grand-aigle de la Légion d’honneur en 1805, grand commandeur de la Couronne de fer et duc de Parme, prince de l’Empire, le 24 avril 1808. Administrateur remarquable, esprit modéré, de jugement sûr, Cambacérès, dont le Code civil et le Code de procédure étaient en grande partie l’ouvrage, réorganisa l’administration judiciaire et dirigea l’organisation intérieure pendant tout l’Empire. Après avoir vécu dans la retraite pendant la première Restauration, il reprit ses fonctions d’archichancelier avec l’intérim du ministère de la Justice pendant les Cent-Jours et présida la Chambre des pairs dont il avait été créé membre. Il renonça toutefois à son titre de duc de Parme le 26 mars 1815. Exila pendant la seconde Restauration comme régicide, ce qui n’était d’ailleurs pas exact, il résida à Bruxelles et à Amsterdam, mais il fut autorisé à rentrer en France par ordonnance royale du 23 mai 1818. De retour à Paris, il vécut de nouveau dans la retraite et mourut d’apoplexie dans cette ville le 8 mars 1824. Cambacérès possédait une très belle bibliothèque, composée surtout d’ouvrages de droit et de science reliés en maroquin vert ou rouge. Tous les livres de l’archichancelier étaient marqués soit à son chiffre, soit à ses armes; les uns avaient été reliés pour son compte personnel, d’autres lui avaient été offerts somptueusement présentés. Provenance: Cambacérès, Jean Lhomer, Docteur Lucien-Graux.‎

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EUR6,000.00

‎NAPOLÉON (Prince)‎

Reference : 023836

(1857)

‎Rapport sur l'Exposition Universelle de 1855 présenté à l'Empereur par S.A.I. Le Prince Napoléon.‎

‎Paris IMPRIMERIE IMPÉRIALE 1857 un volume grand in-8° ( 256 x 180 mm ), 511 pp. Reliure de l' époque en demi chagrin vert olive, dos à nerfs, soulignés de pointillés dorés, orné du titre et de fleurons dorés " à l'abeille impériale " placés au centre de caissons encadrés de larges guirlandes dorées, plats de percaline verte, mention " Don de S.A.I. Le Prince Napoléon Président de la Commission Impériale" au premier plat, blason impérial doré frappé au second plat, toutes tranches dorées, gardes de papier jaune. (légers frottements à la coiffe supérieure, sur les nerfs et sur une coupe au niveau du coin supérieur externe au premier plat, auréoles claires au premier plat et salissure au bas du second, présence de rousseurs pâles situées sur la gouttière et en bordure supérieure de quelques feuillets). Orné de 2 planches dépliantes reliées en fin d'ouvrage ( Plan d'ensemble et Plan de la Cérémonie de clôture du 15 Novembre 1855 ). Nombreux tableaux. Introduction. Constitution et Organisation. Installation. Appréciation et Récompenses. Liquidation. Considérations générales. Documents divers. Rapport de cette première Exposition Universelle Française consacrée aux Beaux-Arts, à l' Industrie et à l' Agriculture, divisée en quatre parties. Bel exemplaire. Gouttière " lingot ".‎


Aparté - Pézenas

Phone number : 33 04 67 98 03 04

EUR300.00

‎Buren Raymond‎

Reference : 13586

ISBN : 2874021083

‎JOURNAL DE ROUTE du Prince Albert en 1909 au Congo‎

‎ Editions Mols, 2008 - In-8, broché, couverture souple ill sobre en noir et blanc ( le prince encasque et bateau), 256 pages, quelques photographies en noi. Bel exemplaire.‎


‎Le livre contient le journal de route écrit de la main du Prince Albert de retour en Belgique en 1909 sur base de ses carnets de notes et des commentaires de l'auteur. Le voyage du Prince Albert est le premier d'un membre de la famille royale au Congo. Voulu et organisé par le Prince lui-même, il constitue un véritable exploit sportif. A vélo, à pied, en bateau et en chemin de fer, il parcourut pendant près de trois mois ce pays immense venant du Cap et de Rhodésie, à partir du Katanga afin de rejoindre le fleuve et redescendre sur Léopoldville, Matadi et Boma. Le journal n'a jamais été édité. Le Prince Albert n'en avait pas l'intention.L'auteur a concentré ses commentaires sur le Katanga, Cette région - que le Prince Albert a tenu personnellement à visiter - était, à l'époque, pratiquement inoccupée par l'administration du Congo belge.Pour Charles-Ferdinand Nothomb, préfacier, l'intérêt du Prince héritier pour les situations réelles et la description sans fard qu'il en fait montrent à quel point le prince était soucieux du bien commun des populations mais aussi de l'organisation de la colonie qui se met en place.C'est ainsi que le Prince Albert n'hésite pas à fustiger I 'inertie du capitalisme belge, lorsqu'il aborde la question des réserves minières du Katanga convoitées par les Britanniques, ou encore absolutisme Léopoldien lorsqu'il évoque la vraie muraille de Chine voulue par Léopold Il entre les deux pays. Et le prince Albert de poursuivre : " Les seules ont rarement Iïenthousiasme et l'esprit d'aventure inné, ils n 'ont pas demandé mieux que de se désintéresser de l'entreprise africaine du Roi. Il y a là tout un courant à remonter et cela ne sera pas facile... " Et bien que, plus loin encore, dans un mouvement de colère, il écrive " Le travail en Afrique, l'or à Bruxelles, voilà la devise de l'Etat Indépendant " le Prince héritier est généralement admiratif face aux exploits réalisés en quelques années seulement par les Belges au Congo. Excellent Etat Mise à jour du 4 novembre 2026. Paiement PayPal immédiat. Mondial Relay pour : France, Angleterre, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Portugal, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne (Communiquer votre point ou locker si connu). Une participation supplémentaire peut être demandée hors France; les envois compris entre 5 et 25 kg sont dégressifs Pour linternational hors Europe (Suisse, Canada, Japon, Etats-Unis, les frais dexpéditions peuvent varier selon le poids (mise à jour : 1 juin 2026). A compter de fin novembre un catalogue " Cadeau de fin d'année" sera crée (très bon état à neuf. tous budgets).‎

Artlink - Saint-Haon-le-Vieux

Phone number : +33 47 78 70 476

EUR23.00

‎SAINT-EXUPERY (Antoine de)‎

Reference : 30752

(1940)

‎Autoportrait évoquant le Petit Prince.‎

‎ Spectaculaire et émouvant autoportrait inédit. [circa 1940-1942]. Encre sur papier (230 x 160 mm), sous encadrement. Spectaculaire dessin d'Antoine de Saint-Exupéry, réalisant son autoportrait dans un décor vallonné. L'écrivain-aviateur s'y représente en pied, au sommet d'une petite colline herbeuse et fleurie. Au second plan, une maisonnette avec sa cheminée fumante, jouxtée d'un sapin, sous un soleil irradiant. ‎


‎Saint-Exupéry a toujours crayonné, dessiné. Tous les supports furent bons : marges de ses brouillons, dans les lettres à ses amis, sur des télégrammes reçus, des factures, des reçus, des nappes, des prospectus, et évidemment dans ses manuscrits et dans les dédicaces de ses livres. Tout support offre à son imaginaire un espace où il peut exprimer, souvent par l'esquisse et la caricature, des personnages vivants ou imaginaires. Ces oeuvres éphémères sont recensées dans l'ouvrage Antoine de Saint-Exupéry. Dessins, Aquarelles, pastels plumes et crayons (Gallimard, 2006) ; ceux ayant particulièrement à voir avec le Petit Prince sont également reproduits dans le merveilleux catalogue de l'exposition au Musée des arts décoratifs de 2022, À la rencontre du petit prince. Ce dessin - inédit - est l'un des plus aboutis qui soit de la période américaine précédant l'élaboration du Petit Prince. Le visage du personnage est à rapprocher de celui du dessin réalisé dans une lettre à Léon Werth datée du 1er juin 1940 : la veste, la ceinture, le visage, le noeud papillon, tout y est identique dans cette étape supplémentaire, où Saint-Exupéry campe cette fois son personnage dans un nuage, et où il apparaît, sur la « terre des hommes », avec touffes herbes, fleurs, mouton, cabane et cheminée fumante (Album Pléiade, 267, également reproduit dans le catalogue de l'exposition du Musée des arts décoratifs, 2022, p. 163). Et parmi eux, notre dessin est plus proche encore de l'époque de la rédaction du Petit Prince : Saint-Exupéry s'est débarrassé des éléments de guerre, pour ne s'intéresser qu'à la quiétude - ou l'inquiétude - de son personnage, perdu au milieu de ce décor. De nombreuses esquisses, avec les mêmes traits, sont réalisés depuis New York pendant les années 1941-1942, au moment où l'écrivain va pleinement s'attacher à la rédaction de son conte. « On le voit sur les traits même du Petit Prince : Antoine de Saint-Exupéry simplifie petit à petit le visage. Il enlève ses sourcils. Il lui donne son fameux cache-nez, comme il l'appelle dans le livre, c'est-à-dire son écharpe. Il y a tout un travail et des résultats qui ne viennent pas tout de suite. [...] Tout cela montre que le travail graphique est à la source de sa réflexion littéraire » (Alban Cerisier). Comme le confirme Olivier d'Agay, petit-neveu de l'auteur et directeur de la succession Saint-Exupéry, « c'est lui, le Petit Prince, c'est Saint-Ex évidemment. Il se dessine dans des situations en avion, sur un nuage. Il le met en scène, il se met en scène. Ce Petit Prince, c'est lui enfant, lui adulte. C'est lui adulte rencontrant lui enfant, comme cela s'était passé dans le désert. Tout vient de là, après l'accident d'avion du 31 décembre 1935, entre Paris et Saïgon. Dans son délire, il rencontre Le Petit Prince et pour lui c'est un choc qui va générer le conte, six ans après » (interview Radio France, 5 avril 2022). L'identification de l'auteur à son personnage est décelable et confirmée dans plusieurs autres dessins new-yorkais. Miroir de son âme, ce Petit Prince qui ne l'est pas encore est plus qu'un compagnon de route : c'est un double poétique, trait d'union entre l'imaginaire et la vie réelle, amplifié par l'épisode de la guerre. « Le Capitaine de réserve Antoine de Saint-Exupéry est mobilisé en septembre 1939, de retour d'un séjour à New York [...]. Il y effectuera des missions au-dessus de la France et des pays voisins, et pour rendre compte à ses proches de ces vols très risqués, il prendra l'habitude de dessiner des scènes représentant non des avions, mais des personnages, perchés sur des nuages, des collines ou des montagnes [...]. Et si le petit prince n'avait pas d'âge ? [...] Pour son livre, l'écrivain tranchera, en prêtant à son personnage des traits et une silhouette d'enfant [...]. La jeunesse du petit prince n'est autre que la jeunesse de son regard sur le royaume du monde. Il est enfant comme symbole. Il ne l'est pas au nom de l'appartenance à une classe d'âge » (À la rencontre du Petit Prince, p. 163 et 205). Dès lors, et bien avant de s'atteler aux illustrations en couleurs et à l'aquarelle qui orneront l'ouvrage, Saint-Exupéry ne cessa de dessiner, pendant l'année 1942, ces petits personnages, mi-homme, mi-enfant, qu'il campe le plus souvent seul, sur une colline ou un bout d'herbe. Au fur et à mesure qu'avance la rédaction de ses conte, l'écrivain lui ajoutera les attributs que l'on connaît : l'écharpe remplacera le noeud papillon, la chevelure blonde et frisée s'étoffera, et les décors planétaires supplanteront les univers terrestres. Rare et merveilleuse représentation de l'auteur dont il n'existe, dans ce format et par son caractère abouti, que peu d'équivalents. Certificat joint (Thierry Bodin expert). Delphine Delcroix & Alban Cerisier, Antoine de Saint-Exupéry. Dessins, Aquarelles, pastels plumes et crayons, Paris, Gallimard, 2006. ‎

Librairie Walden - Orléans
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