Paris, ALLIA, 2007 ; in-12 broché, 83 pp. TRES BON ETAT
Reference : 49475
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LE SERPENT QUI PENSE
M. ERIC BIBAULT
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A Paris, Chez Henrichs, 1803. In-8 de XII-402 pp., demi-basane havane, dos lisse orné (reliure moderne à l'imitation).
Édition originale du premier ouvrage de Maine de Biran (1766 - 1824) et l'un des rares publiés de son vivant, avec l'Examen des leçons de philosophie de M. Laromiguière (1817) et l'Exposition de la doctrine de Leibniz (1819).La question avait été mise au concours par l'Institut le 6 octobre 1799 ; Maine de Biran concouru sans décrocher le prix, puis, après un nouveau concours le 6 avril 1801, il reçut le prix le 6 juillet 1802, Cabanis l'informant par lettre du couronnement de son mémoire et en faisant paraître le compte rendu dans Le Citoyen français en février 1803. Le texte de 1803 offre la version revue et augmentée du mémoire couronné, « d'une importance capitale pour mesurer l'évolution de la pensée biranienne, dans ces années-charnière où le philosophe découvre Tracy et Cabanis, puis se sépare d'eux pour fonder le biranisme » (Romeyer-Dherbey).Membre royaliste du Conseil des Cinq-Cents, le coup d'État du 18 fructidor avait chassé Maine de Biran de la vie publique. Retiré à Grateloup, près de Bergerac, il commence à noter « les observations qu'[il fait] sur lui-même ». L'Influence de l'Habitude, qui analyse comment la répétition transforme les sensations en perceptions et en idées, et « révèle déjà l'importance de l'activité du sujet dans la formation de la connaissance », est à la fois le premier jalon de sa pensée et le début de sa rupture progressive avec les Idéologues qu'il avait fréquentés lors de son séjour parisien, « séduit initialement par ce programme, il manifeste dès ses premiers travaux une originalité qui le distingue de l'orthodoxie sensualiste ».G. Romeyer-Dherbey (éd.), Mémoires sur l'influence de l'habitude, Paris, Vrin, 1987 ; Benoît Thirion, « Le corps dans les travaux de Maine de Biran sur l'habitude (1800-1802) ».
Rare collection complète. Paris, GLM, 1937. 14 vol. (140 x 95 mm) de 16 p. Brochés, sous chemise et étui. Rare collection complète en premier tirage.
Tous ces textes sont des éditions originales hormis celui de Georges Hugnet, préface parue cinq ans plus tôt pour L'Apocalypse de S.W. Hayter (ed. Jeanne Bucher). Quant au premier fascicule (non numéroté) de ces cahiers, L'Évidence poétique de Paul Éluard, il s'agit du texte d'une conférence donnée en 1936 à l'Exposition surréaliste de Londres organisée par Roland Penrose. Détail de la collection : 0 - Paul Éluard. L'Évidence poétique 1 - Valentine Penrose. Poèmes 2 - Fernand Marc. Autres chansons 3 - Guy Lévis-Mano. Cranes sans loi 4 - Jean Le Louët. Ceci passe 5 - Roger Lannes. La nuit quand même 6 - Tristan Tzara. Vigies 7 - Adrien Copperie. Solitudes 8 - Pierre Robin. Passage vers l'homme. Envoi signé : « À Mme Raoust hommage de Pierre Robin ». 9 - Maxime Alexandre. Sujet à l'amour 10 - Maurice Blanchard. Les Périls de la route 11 - Léon Kochnitzky. Il ragiunto 12 - Henri Michaux. La Ralentie 13 - Georges Hugnet. L'Apocalypse On rencontre souvent cette série recomposée par l'éditeur en deux volumes de 6 fascicules chacun : ce sont des réimpressions, sous couvertures rouges et/ou crème, portant sommaire. Deux titres n'y sont pas inclus, ceux d'Hugnet et de Michaux, qui ne peuvent être présents que dans les séries de premier tirage. Chaque titre est imprimé sur un papier de couleur différente.
G.L.M. (GLM), Paris, 1937. Broché. État : Excellent État. In-16. Edition originale sur papier de couleur, treizième cahier de 'Habitude de la poésie', non paginé. Exemplaire non découpé inséré dans une pochette de papier sulfurisé (cristal).
3 cahiers manuscrits dont deux brochés (l'un oblong), 1928, 40 ff. et 1943, 36 ff. et l'autre cartonné (recueil de citations). Rappel du titre complet : Journal Intime d'Yvonne Soubiran, élève au lycée français de Madrid puis à l'Institut Français de Madrid [ Du 16 mars 1928 au 8 mai 1928 puis du 16 février 1943 au 30 avril 1943 ] Remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents
Très remarquable document qui nous plonge dans la vie quotidienne et intellectuelle d'Yvonne Soubiran, 15 ans en mars 1928 ("j'ai quinze ans, c'est vrai"), une brillante lycéenne du Lycée Français de Madrid. Dans un premier cahier (daté de 1928), elle évoque sa vie quotidienne, et expose le détail de ses cours et des nombreuses conférences auxquelles elle prend plaisir à assister, telle celles de M. Lavedan sur les Hurdes. Elle évoque le cinéma Pardinas où elle se rend le 2 mai pour voir le film "El dos de Mayo". Surtout, elle parle (en date du 8 mai 1928) "d'une conférence très bien de Mr. Chevallier [le philosophe et ami de Bergson Jacques Chevalier ] au sujet de Bergson. Dans sa jeunesse, au sortir de l'école normale Bergson est positiviste. Un jour, professeur à Clermont-Ferrand, il explique à ses élèves la théorie d'Achille et de la Tortue. Pour les mathématiques, il est impossible de démontrer qu'Achille dépasse la tortue s'il part après elle, or dans la réalité il en est autrement. Ce trait donne à réfléchir au savant, il finit par conclure que le mouvement n'est pas une trajectoire mais une durée" [... ] "On pouvait se rendre compte de l'intérêt de la conférence par le silence absolu de la salle, on entendait les mouches voler. L'esprit était emporté vers des régions supérieures, on ne vivait plus qu'en extase, pendus aux mots du conférencier. [ ... ] Marie Louis et sa mère y étaient mais elles n'ont pas été très épatées, moi j'étais transportée, je l'aurai entendu pendant des heures. Maman me disait qu'elle avait ressenti la même impression en écoutant Bergson lui-même qui est venu à Madrid en 1916, pendant la guerre". Dans un second cahier (à partir du mardi 16 février 1943), elle évoque les nombreuses conférences auxquelles elle assiste à l'Institut Français de Madrid, notamment les conférences d'histoire de la littérature et surtout d'histoire de la poésie moderne par l'abbé Jobit (dont elle présente à chaque fois un compte-rendu détaillé, ainsi sur Mallarmé, Valéry ou Apollinaire), par le docteur Botella Llusia, par M. Mattei en philosophie ("un homme d'une culture supérieure, je regrette bien de ne pasl'avoir connu plus tôt") ainsi qu'aux concerts (par le pianiste Reuchsel, la violoniste Albina de Madinaveita, Reine Gianoli, etc...) ; elle se fait embaucher à l'Institut, fête le 15 mars 1943 son anniversaire ("j'ai trente ans aujourd'hui, cela me paraît impossible. Quand j'avais quinze ans il me semblait qu'on était vieux à cet âge, et maintenant je me trouve encore si peu de chose, si enfant par bien des côtés. Comme j'ai toujours vécu dans les jupons de maman, je n'ai pas l'habitude des responsabilités, et je ne sais pas me décider dans les choses sérieuses". Elle évoque les films qu'elle vient de voir (dont Rebecca avec Laurence Ollivier), un peu l'actualité : le recul des allemands devant Karkhov, "l'ambassadeur d'Allemagne von Molkte est mort en quelques jours à la suite d'une appendicite. Il y avait à peine deux mois qu'il était arrivé ici en remplacement de von Störer qui avait été dégommé. Cette mort subite a fait sensation ici et le pauvre chirurgien qui l'a opéré, le Docteur Cardenal a dû être bien embêté"... Elle relate l'arrestation d'un ami par la sûreté espagnole pour complicité dans le passage en fraude de deux voyageurs à la frontière basque. Enfermé à la Puerta del Sol, il est tout d'abord mis au secret dans une cellule microscopique : "le plus triste, c'est qu'on a commencé par lui flanquer une bonne volée pour essayer de le faire parler". Deux jours plus tard "Charles est toujours en prison. Mr Widhof est allé le rejoindre, car naturellement il a tout pris sur lui en disant que c'est lui qui l'avait envoyé à la frontière". Le 1er avril elle décrit l'imposant défilé militaire ; pour le vendredi Saint, les impressionnantes processions de pénitents
Julliard 1999 1999. Annie Saumont: Noir comme d'habitude nouvelles/ Julliard 1999 . Annie Saumont: Noir comme d'habitude nouvelles/ Julliard 1999
Très bon état