‎CREVEL René, GIACOMETTI Alberto, WIESINGER Véronique (préf.).‎
‎Mais si la mort n'était qu'un mot.‎

‎ Paris, 2007 60 p., ill. N/B, broché. 14,7 x 21,2‎

Reference : 11493


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Antinoë
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‎REGIS, Professeur Emmanuel ; TAMBURINI, Augusto ; HACK TUKE, Daniel ; LASCHI, Rodolfo ; COUTAGNE, Henry ; MONTORGUEIL, Georges‎

Reference : 72004

(1889)

‎[ Remarquable dossier de travail d'Emmanuel Régis sur la Psychiatrie des Régicides : manuscrits autographes et correspondance scientifique internationale (Tamburini, Hack Tuke, Laschi, Coutagne…), 1889-1904 : ] Important lot d'archives comprenant plus de 336 feuillets manuscrits, souvent autographes, du Professeur et aliéniste Emmanuel Régis (brouillons, notes de travail, relevés de notes sur les assassins politiques pour son ouvrage sur les "Régicides"), divers documents imprimés joints et de nombreux lettres autographes signées (L.A.S.) d'intervenants majeurs parmi lesquels Augusto Tamburini (1 L.A.S.), Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé), Rodolfo Laschi (1 L.A.S.), Henry Coutagnes (1 L.A.S.), le journaliste Georges Montorgueil (4 L.A.S.), 2 journaux américains (Gilliams Press Syndicate & The Associated news) : - Augusto Tamburini: lettre en italien rédigée depuis l'asile d'aliénés de Reggio Emilia par le célèbre psychiatre italien Augusto Tamburini, adressée au Dr Emmanuel Régis au sujet du cas de Giovanni Passannante (l'anarchiste ayant tenté d'assassiner le roi Humbert I d'Italie en 1878). LAS de 2 pp. sur 2 ff. à en-tête «FRENOCOMIO DI REGGIO NELL’EMILIA - IL MEDICO DIRETTORE» «S. Maurizio il 21. 2. 1890 Egregio Collega Nel suo bel lavoro sui Regicidi pubblicato nel fascicolo di Gennajo degli Archives d’Anthropologie Criminelle, trovo asserito che « il Passannante dà tuttora dalla sua prigione lo spettacolo di un forzato giunto all’ultimo grado della degradazione e della demenza ». L’uomo ora ciò più non soffre, così mi preme di avvertirla che fino dal Maggio dello scorso anno 1889, in seguito a giudizio pronunciato dal Mr Biffi e da me, incaricati dal Ministero dell’Interno, di visitarlo, il Passannante come affetto da delirio sistematizzato persecutivo e ambizioso allucinatorio, è stato dal Bagno di Portoferrajo trasferito al Manicomio Criminale dell’Ambrogiana, instituito dallo stesso Ministero dell’Interno, dove trovasi sotto cura e custodia psichiatrica. Poiché veggo ch’Ella sta per pubblicare un volume sullo stesso argomento, io Le ho scritto perché, s’Ella crede, voglia rettificare l’asserto, tenuto conto che il voto da Lei emesso era già stato soddisfatto. Gradisca, Egregio Collega, con perfetta stima e considerazione». [ Traduction: «Dans votre bel ouvrage sur les Régicides publié dans le fascicule de janvier des Archives d’Anthropologie criminelle, je trouve affirmé que « Passannante offre encore depuis sa prison le spectacle d'un forçat arrivé au dernier degré de la dégradation et de la démence ». Cet homme ne souffre plus de cela désormais, aussi tenais-je à vous avertir que dès le mois de mai de l'année dernière 1889, à la suite du jugement rendu par le Biffi et moi-même, chargés par le ministère de l'Intérieur de l'examiner, Passannante — atteint d'un délire systématique de persécution et d'ambition allucinatoire — a été transféré du bagne de Portoferraio vers l'asile d'aliénés criminels de Montelupo (L'Ambrogiana), créé par ce même ministère de l'Intérieur, où il se trouve actuellement sous soins et garde psychiatriques. Voyant que vous êtes sur le point de publier un ouvrage sur ce même sujet, je vous écris afin que vous puissiez, si vous le jugez bon, rectifier cette affirmation en tenant compte du fait que le vœu que vous aviez émis avait déjà été exaucé…]En 1878, Passannante avait tenté de poignarder le roi Humbert I . Condamné à mort, sa peine fut commuée en prison à vie. Enfermé dans la prison de Portoferraio (île d'Elbe) dans des conditions inhumaines (cellule sous le niveau de la mer, sans lumière, enchaîné), ce régime provoqua sa folie complète. Face au scandale public, le gouvernement italien chargea Augusto Tamburini et Serafino Biffi d'examiner le détenu. Ils conclurent à sa folie (délire de persécution et d'ambition) et obtinrent son transfert à l'asile d'aliénés criminels de Montelupo Fiorentino (Villa L'Ambrogiana). Tamburini rectifie ici l'information auprès d'Emmanuel Régis pour la mise à jour de son futur livre Les Régicides.- Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé): Daniel Hack Tuke (1827–1895), célèbre médecin et aliéniste anglais, inventeur du mot»psychothérapie», coauteur d'ouvrages majeurs de référence en psychiatrie au XIX siècle et éditeur du Journal of Mental Science. Première C.P.: “Lyndon Lodge Hanwell, London April 5, 1889 I am very sorry to have been so long in sending you the note on Régicide &c., but you will receive the M.S. in a few days (probably Wednesday). I have found it very difficult to obtain the particular information you require. There is no book in which the information is given, so that I have referred to many”. Yours, Hack Tuke [ Traduction: Je suis très désolé d'avoir tardé à vous envoyer la note sur le régicide, etc., mais vous recevrez le manuscrit dans quelques jours (probablement mercredi). J'ai trouvé très difficile d'obtenir les informations particulières dont vous avez besoin. Il n'existe aucun livre contenant ces informations, si bien que j'ai dû me référer à beaucoup». Deuxième C.P. « Apr 29th / 89 My dear Doctor, I send you the Journal of Mental Science for July 1882 containing a report of the trial of Maclean for shooting at the Queen, & a few remarks by myself upon the trial, in the same number. It is very difficult to obtain for you the information you desire. If I can send you notices of more cases of Regina-cide I will do so with pleasure. In reply to your question, I do not think our judges are more averse to the plea of insanity in Royal cases than in others. The fact is, they are opposed to it in all cases. I think that now, as much justice would be done in cases of attempted Regina-cide as in ordinary attempts to murder. Yours faithfully Hack Tuke» [ Traduction: Mon cher Docteur, Je vous envoie le Journal of Mental Science de juillet 1882 contenant un compte-rendu du procès de Maclean pour avoir tiré sur la Reine, ainsi que quelques remarques de ma part sur ce procès dans le même numéro. Il est très difficile d'obtenir pour vous les informations que vous désirez. Si je peux vous envoyer des notices sur d'autres cas de régicide ("Regina-cide"), je le ferai avec plaisir. En réponse à votre question, je ne pense pas que nos juges soient plus opposés au plaidoyer de folie dans les cas royaux que dans les autres. Le fait est qu'ils y sont opposés dans TOUS les cas. Je pense qu'aujourd'hui, autant de justice serait rendue dans les cas de tentative de régicide que dans les tentatives ordinaires de meurtre ]. 9 feuillets tapuscrits en anglais, attribuable à Daniel Hack Tuke (avec son nom et adresse au crayon sur l’un des feuillets), relatifs à plusieurs régicides, sont présents dans le dossier (Mc’Naughten , Hadfield, Bellingham, Margaret Nicholson, Oxford and Francis)Le procès de Roderick Maclean (1882) concerne la tentative d'assassinat de la reine Victoria à Windsor. Maclean fut déclaré « non coupable pour cause de démence » (Not guilty by reason of insanity), ce qui incita la reine à faire modifier la loi anglaise via le Trial of Lunatics Act de 1883 (« guilty, but insane »). - Rodolfo Laschi 1 L.A.S. de 2 pp.: « Avv. RODOLFO LASCHI PIAZZA S. NICOLÒ, 1 VERONA Verona, Monsieur, J’ai reçu Votre aimable lettre du e je Vous remercie pour avoir bien voulu vous mettre d’accord avec moi au sujet de la question posée sous mon nom au prochain Congrès d’Anthropologie Criminelle. La communication que j’avais l’honneur de présenter au Congrès, aura pour but d’exposer le résultat d’une étude faite sur le mouvement réactionnaire en France, dans ses rapports avec la race, le génie, la densité de la population, l’alimentation, etc... Cet étude n’est qu’un petit extrait d’un gros ouvrage qui paraîtra prochainement à Turin, pour le quel j’ai l’honneur d’avoir collaborateur M. le prof. Cesare Lombroso et qui traite précisément du Crime politique au point de vue anthropologique, juridique et sociologique ; naturellement un des chapitres s’occupe aussi des fanatiques politiques (fous, mattoïdes, passionnés) étudiés en rapport de leur état mental. - Mais de cette partie j’ai déjà donné comunication au premier Congrès de Rome e Vous pouvez la voir resumée dans les Actes du Congrès même pubbliés en ; c’est pour cela que Votre comunication, loin de faire double emploi avec la mienne, ne pourra que donner des nouveaux et certainement précieux matériaux aux recherches déjà faites dans l’argument et en confirmer les résultats. En attendant le plaisir de faire votre personnelle connaissance au Congrès, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués. Avv. Rodolfo Laschi»Juriste et avocat véronais, disciple proche de Cesare Lombroso et figure clé de l'École italienne de criminologie, Rodolfo Laschi évoque ici le célèbre traité « Le Crime politique et les révolutions par rapport au droit, à l'anthropologie criminelle et à la science du gouvernement » (Il delitto politico e le rivoluzioni), coécrit par Cesare Lombroso et Rodolfo Laschi et qui sera publié à Turin (Fratelli Bocca) en 1890. Dans son courrier, Laschi emploie le terme « mattoïdes » (mattoidi), un néologisme typiquement lombrosien désignant des individus à la frontière entre le génie, l'excentricité et la folie morale, très fréquemment associés dans leurs théories aux illuminés politiques et aux auteurs d'attentats.- Henry Coutagne (1846-1895), médecin légiste et collaborateur d’Alexandre Lacassagne aux «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales», 1 L.A.S. de 2 pp.: «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales. Rédaction au laboratoire de médecine légale de la Faculté de médecine de Lyon Lyon, le 20 mai 1889 Mon cher confrère, J’ai transmis votre lettre au Dr Magitot, secrétaire général du congrès, 8 rue des Saints-Pères à Paris, qui s’empressera certainement de vous inscrire comme membre et vous enverra le programme avec un bulletin d’adhésion que vous n’aurez qu’à lui renvoyer avec 20 francs. Votre communication est d’autant mieux en situation que Laschi, avocat italien, est déjà inscrit pour un travail sur le crime politique. Je vous prie de vouloir bien tenir votre promesse relativement à « L’Encéphale », et nous serions heureux de recevoir de vous soit dans ce journal, soit ailleurs, les critiques que vous jugerez méritées par nos Archives. Nous faisons de notre mieux et en somme de « mauvaises », dont l’application de l’adage : « nul n’est prophète en son pays ». Je crois que nous avons plus d’abonnés à Buenos-Ayres qu’à Paris ! La publication du congrès nouspoussera, je crois, en avant. En attendant le plaisir de vous voir à Paris, je vous prie de me croire votre tout dévoué confrère Henry Coutagne»La lettre fait le lien avec le document de Rodolfo Laschi présenté précédemment : l'expéditeur confirme à Régis que l'avocat italien Laschi est déjà inscrit pour présenter ses recherches sur le crime politique au congrès de Paris. Les «Archives de l’Anthropologie Criminelle » : Revue scientifique phare fondée à Lyon en 1886 par Lacassagne, rivale directe de la revue italienne de Lombroso (Archivio di psichiatria).- Georges Montorgueil 4 L.A.S. «: L’Éclair Journal Politique Quotidien Indépendant. Rédaction 10 Rue du Faubourg Montmartre Paris. Monsieur, Je me trouve empêché d’avoir une entrevue avec Lebrun. J’ai fait demander à M. de Valles, juge d’instruction, de vous autoriser à un titre scientifique quelconque à voir cet anarchiste. J’ignore encore ce qu’il décidera. Dès que j’aurai sa réponse, je vous la transmettrai. Votre interview a produit une très grande et très heureuse impression. Agréez, monsieur, l’assurance de mes sentiments dévoués. Georges Montorgueil» / «Cher Monsieur, M. de Valles a qui j’ai fait part de votre désir serait très heureux de vous voir. Je ne songe pas [… ], mais vos travaux l’ont frappé. Écrivez-lui, dites-lui que vous devez avoir un entretien avec lui, M. de Valles, il vous donnera certainement audience. Alors, une fois là, vous le convaincrez de faire plus. Agréez, monsieur et cher Docteur, de mes sentiments dévoués. G. M.» / «Cher maître, On publie un peu partout une opinion de Lombroso en contradiction avec la vôtre, au moins sur un point essentiel. Sur une contradiction, votre avis serait précieux. Je le sollicite [… ] de votre ordinaire bienveillance. Ce serait grand profit pour le public qui vous a prêté dans cet important débat une oreille [… ] Veuillez agréer, cher maître, l'expression de mes sentiments dévoués et respectueux. Georges Montorgueil» / Cher docteur, J’ai tellement songé à vous que mon article est resté sur le marbre [ … ] Nous serions très heureux d’avoir une impression de vous à ce sujet. N’êtes vous pas très qualifié pour parler comme il sied de la mentalité de ces fanatiques? [… ] je me tiendrai à votre disposition si vous me prenez un rendez-vous […] Georges Montorgueil»Nom de plume d'Octave Lebesgue, grand reporter, chef des informations puis rédacteur en chef au journal L'Éclair, Georges Montorgueil était célèbre pour ses grands dossiers d'actualité et ses ouvrages illustrés. Il évoque ici Ernest de Valles, juge d'instruction parisien réputé, chargé de grands dossiers criminels et d'attentats anarchistes à la fin des années 1890 et au début des années 1900. Pour contourner les règles administratives strictes du dépôt ou de la prison de la Santé, Montorgueil suggère de faire valoir le profil de chercheur et d'universitaire du Dr Régis (« à un titre scientifique quelconque »), afin que la visite ne passe pas pour une simple démarche journalistique ou de curiosité sensationnaliste, mais tout en même temps manifeste l’influence de la grande presse sur la justice et sa prise en compte de la psychiatrie moderne.- 2 courriers tapuscrits datés du 20 et 22 août 1900 de deux agences de presses américaines. L'été 1900 a été marqué par l'assassinat du roi d'Italie Humbert Ier, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci après une série de régicides anarchistes en Europe (notamment la mort de l'impératrice Sissi en 1898 ou du président Sadi Carnot en 1894). Le XIIIe Congrès international de médecine s’est tenu à Paris du 2 au 9 août 1900. Emmanuel Régis y a présenté des travaux majeurs sur les régicides, la régicidomanie et la psychologie des criminels politiques/anarchistes et les deux lettres d'agences de presse américaines de Philadelphie et New York montrent la vitesse à laquelle les débats psychiatriques européens sur le régicide ont suscité la curiosité des médias aux États-Unis, inquiets des montées anarchistes (le président américain McKinley sera d'ailleurs assassiné un an plus tard, en septembre 1901, par l'anarchiste Leon Czolgosz).- Charpentier (probablement le docteur Eugène Charpentier, célèbre alieniste français du XIX siècle, médecin-chef à l'asile de Bicêtre«Mon cher ami J’ai égaré l’observation que j’avais prise de Gasnier et que je vous avais apportée au congrès ; mais vous aviez disparu. Vous recevrez en même temps que ce mot, copie de tout ce que j’ai pu faire réunir par [… ] Michel. Je viens de faire photographier Gasnier, Je vous l’enverrai après. Gasnier a réalisé par une attaque d’apoplexie une hémiplégie gauche consécutive. Le diagnostic est cérébral. Cette attaque remonte à un mois à peu près. Dans l’intervalle entre les quinze jours consécutifs à son entrée dans mon service et son apoplexie, un médecin ignorant les motifs de sa séquestration l’eût mis en liberté tant était grand son calme, sa possession de lui-même, tant était nette sa lucidité d’esprit. Il avait refusé absolument toute visite de famille pour éviter toute émotion. A vous. Charpentier»Autres courriers reçus du Dr Ferrus, ami et aliéniste parisien, de Debrit, correspondant suisse le remerciant en 1904 au nom de M. Bouvier et de la Société Jean-Jacques Rousseau pour son article sur Jean-Jacques, de E. Graves, érudit de Mantes lui fournissant des détails sur Louvel, plusieurs lettres d’un confrère bordelais le renseignant sur les régicides dans les pays de langue germanique, d’un collègue palois critique, etc…- A la suite de cette correspondance, on trouve un dossier de 56 ff. autographes format in-8 et in-4 contenant de nombreuses notes et brouillons pour son ouvrage et ses articles sur les régicides, dont un brouillon de lettres datée du 8 septembre 1901 adressée au rédacteur en chef de la Petite Gironde et prenant pour argument l’attentat tout récent contre le Président Mac Kinley. Dans un autre brouillon, probable compte-rendu manuscrit d’un tiers, on évoque son ouvrage sur les Régicides: «Cet ouvrage, qui fait partie de la bibliothèque de Criminologie, a pour objet l’étude psychologique et médico-légale des Régicides, plus exactement les individus qui, en dehors de toute secte et de toute conjuration, ont assassiné ou tenté d’assassiner un monarque ou un puissant du jour. Il est basé sur l’observation comparative de plus de 80 fanatiques célèbres, passés ou présents, dont l’histoire pathologique jusqu’ici mal connue, a été établie aux sources les plus sûres et les plus établies». On y explique que l’auteur plaidant pour le placement en asile d’aliénés pour ces assassins, les derniers coupables de ce type de crime «ont été unanimement déclarés irresponsables et internés. L’auteur pense que son mémoire n’est pas resté absolument étranger à ce résultat et que, désormais, les régicides, types mieux connus, seront traités non plus en criminels mais en malades».- Dossier d’environ 280 ff. et divers documents imprimés joints recueillant les sous-dossiers consacrés aux régicides:- MacLean attentat contre la Reine Victoria 2 mars 1882 ( 9ff.)- Mariotti (c. Freycinet 1885) (6 ff. dont 2 ms.)- Passanante (agression du Roi Humbert 17 novembre 1878) (24 ff. in-8 «Considérations sur le procès de Passanante por le Professeur Cesar Lombroso directeur du Cabinet de Psichiatrie (sic) et de médecine légale dans la Royale Université de Turin», 3 ff. in-4, 13 ff. in-4 (Expertise médico-légale des professeurs ThomasVerga, Biffi, Buonomo, Tamburini, secrétaire Tamburini) manifestement traduits par un scripteur de langue italienne native- Guillaume Parry (att. contre la reine Elizabeth d’Angleterre 1584), 3 ff.- Balthazar Gérard (att. De Guillaume le Taciturne 10 juillet 1584) 4 ff.- Jacques Clément (att. De Henri III 1er août 1589) 13 ff. in-4 et in-8- Nicole Mignon Jean de Lille 1600-1605: 1 f.- De Paris l’Aîné att. De Lepelletier de St Fargeau 20 janvier 1793: 2 ff.- Charlotte Carlemigelli att. du député Féraud 1er prairial an III: 1 f.- John Wilkes Booth ass. du Président Lincoln 1865 : 4 ff.- Guiteau ass. du Président Garfield 2 juillet 1881: 17 ff.- Aubertinass. De Jules Ferry(11 ff. et une coupure de presse)- Santiago Salvador (anarchiste) att. Du Liceo 7 nov. 1893 : Journal Le petit Parisien du 29 juillet 1894- Angiolello (Espagne): 2 ff.- Affaire Baffier: Rapport de MM. Les Docteurs Brouardel et Motet Experts Commis 1887 (rapport lithographié de 19 pp.)- W. Channing. L’etat mental de Czolgosz: 16 ff.- Procédure de Soleyman El-Khaleby, assassin de Kléber: 9 ff.- Mariotti: 2 ff.- Perrin att. contre M. Carnot 5 mai 1889: recueil de coupures de presse dont «L’Intransigeant»du 9 mai 1889- Lucas, attentat contre Louise Michel janvier 1888: 2 ff. de journaux- Galeoti assassin de l’archevêque Martinez Izquierdo 18 avril 1886 (4 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Cocher Moore att. contre Edouard Lockroy 14 août 1893 (coupures de presse)- Gasnier septembre 1888 (8 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Staps et Schulz : 130 ff. manuscrits, dont traduction française au moins partielle et inédite d'un ouvrage allemand paru à Berlin en 1843 (Berlin 1843, Librairie du Cabinet de lecture berlinois), et extraits d'ouvrage divers (Savary, Bourienne...) consacré à deux cas célèbres de régicides/attentats politiques sous la période napoléonienne Frédéric Staps (Friedrich Staps), jeune illuminé protestant qui tenta d'assassiner Napoléon Ier avec un couteau à Schönbrunn en octobre 1809. Déclaré sain d'esprit à l'époque par le médecin de Napoléon (Corvisart) malgré son fanatisme mystique, il fut fusillé et Charles Jean Frédéric Schulz (Carl Johann Friedrich Schultz)fusillé à Kyritz en septembre 1807 sur ordre du gouvernement français‎

‎Ensemble sous 3 chemises cartonnées: Premier dossier réunissant les courriers (18 L.A.S., 2 lettres tapuscrites signées, 9 feuillets tapuscrits en anglais, attribuable à Daniel Hack Tuke et qq. prospectus) ; Second dossier de 56 ff. autographes format in-8 et in-4 contenant de nombreuses notes et brouillons pour son ouvrage et ses articles sur les régicides : Troisième dossier d’environ 280 ff. manuscrits (autographes du docteur Emmanuel Régis ou d'autres mains de divers scripteurs, copistes ou traducteurs) et divers documents imprimés joints recueillant les sous-dossiers consacrés aux régicides. Détail du contenu : ] Important lot d'archives comprenant plus de 336 feuillets manuscrits, souvent autographes, du Professeur et aliéniste Emmanuel Régis (brouillons, notes de travail, relevés de notes sur les assassins politiques pour son ouvrage sur les "Régicides"), divers documents imprimés joints et de nombreux lettres autographes signées (L.A.S.) d'intervenants majeurs parmi lesquels Augusto Tamburini (1 L.A.S.), Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé), Rodolfo Laschi (1 L.A.S.), Henry Coutagne (1 L.A.S.), le journaliste Georges Montorgueil (4 L.A.S.), 2 journaux américains (Gilliams Press Syndicate & The Associated news) : - Augusto Tamburini: lettre en italien rédigée depuis l'asile d'aliénés de Reggio Emilia par le célèbre psychiatre italien Augusto Tamburini, adressée au Dr Emmanuel Régis au sujet du cas de Giovanni Passannante (l'anarchiste ayant tenté d'assassiner le roi Humbert I d'Italie en 1878). LAS de 2 pp. sur 2 ff. à en-tête «FRENOCOMIO DI REGGIO NELL’EMILIA - IL MEDICO DIRETTORE» «S. Maurizio il 21. 2. 1890 Egregio Collega Nel suo bel lavoro sui Regicidi pubblicato nel fascicolo di Gennajo degli Archives d’Anthropologie Criminelle, trovo asserito che « il Passannante dà tuttora dalla sua prigione lo spettacolo di un forzato giunto all’ultimo grado della degradazione e della demenza ». L’uomo ora ciò più non soffre, così mi preme di avvertirla che fino dal Maggio dello scorso anno 1889, in seguito a giudizio pronunciato dal Mr Biffi e da me, incaricati dal Ministero dell’Interno, di visitarlo, il Passannante come affetto da delirio sistematizzato persecutivo e ambizioso allucinatorio, è stato dal Bagno di Portoferrajo trasferito al Manicomio Criminale dell’Ambrogiana, instituito dallo stesso Ministero dell’Interno, dove trovasi sotto cura e custodia psichiatrica. Poiché veggo ch’Ella sta per pubblicare un volume sullo stesso argomento, io Le ho scritto perché, s’Ella crede, voglia rettificare l’asserto, tenuto conto che il voto da Lei emesso era già stato soddisfatto. Gradisca, Egregio Collega, con perfetta stima e considerazione». [ Traduction: «Dans votre bel ouvrage sur les Régicides publié dans le fascicule de janvier des Archives d’Anthropologie criminelle, je trouve affirmé que « Passannante offre encore depuis sa prison le spectacle d'un forçat arrivé au dernier degré de la dégradation et de la démence ». Cet homme ne souffre plus de cela désormais, aussi tenais-je à vous avertir que dès le mois de mai de l'année dernière 1889, à la suite du jugement rendu par le Biffi et moi-même, chargés par le ministère de l'Intérieur de l'examiner, Passannante — atteint d'un délire systématique de persécution et d'ambition allucinatoire — a été transféré du bagne de Portoferraio vers l'asile d'aliénés criminels de Montelupo (L'Ambrogiana), créé par ce même ministère de l'Intérieur, où il se trouve actuellement sous soins et garde psychiatriques. Voyant que vous êtes sur le point de publier un ouvrage sur ce même sujet, je vous écris afin que vous puissiez, si vous le jugez bon, rectifier cette affirmation en tenant compte du fait que le vœu que vous aviez émis avait déjà été exaucé…]En 1878, Passannante avait tenté de poignarder le roi Humbert I . Condamné à mort, sa peine fut commuée en prison à vie. Enfermé dans la prison de Portoferraio (île d'Elbe) dans des conditions inhumaines (cellule sous le niveau de la mer, sans lumière, enchaîné), ce régime provoqua sa folie complète. Face au scandale public, le gouvernement italien chargea Augusto Tamburini et Serafino Biffi d'examiner le détenu. Ils conclurent à sa folie (délire de persécution et d'ambition) et obtinrent son transfert à l'asile d'aliénés criminels de Montelupo Fiorentino (Villa L'Ambrogiana). Tamburini rectifie ici l'information auprès d'Emmanuel Régis pour la mise à jour de son futur livre Les Régicides.- Daniel Hack Tuke (2 L.A.S. et un document autographe signé): Daniel Hack Tuke (1827–1895), célèbre médecin et aliéniste anglais, inventeur du mot»psychothérapie», coauteur d'ouvrages majeurs de référence en psychiatrie au XIX siècle et éditeur du Journal of Mental Science. Première C.P.: “Lyndon Lodge Hanwell, London April 5, 1889 I am very sorry to have been so long in sending you the note on Régicide &c., but you will receive the M.S. in a few days (probably Wednesday). I have found it very difficult to obtain the particular information you require. There is no book in which the information is given, so that I have referred to many”. Yours, Hack Tuke [ Traduction: Je suis très désolé d'avoir tardé à vous envoyer la note sur le régicide, etc., mais vous recevrez le manuscrit dans quelques jours (probablement mercredi). J'ai trouvé très difficile d'obtenir les informations particulières dont vous avez besoin. Il n'existe aucun livre contenant ces informations, si bien que j'ai dû me référer à beaucoup». Deuxième C.P. « Apr 29th / 89 My dear Doctor, I send you the Journal of Mental Science for July 1882 containing a report of the trial of Maclean for shooting at the Queen, & a few remarks by myself upon the trial, in the same number. It is very difficult to obtain for you the information you desire. If I can send you notices of more cases of Regina-cide I will do so with pleasure. In reply to your question, I do not think our judges are more averse to the plea of insanity in Royal cases than in others. The fact is, they are opposed to it in all cases. I think that now, as much justice would be done in cases of attempted Regina-cide as in ordinary attempts to murder. Yours faithfully Hack Tuke» [ Traduction: Mon cher Docteur, Je vous envoie le Journal of Mental Science de juillet 1882 contenant un compte-rendu du procès de Maclean pour avoir tiré sur la Reine, ainsi que quelques remarques de ma part sur ce procès dans le même numéro. Il est très difficile d'obtenir pour vous les informations que vous désirez. Si je peux vous envoyer des notices sur d'autres cas de régicide ("Regina-cide"), je le ferai avec plaisir. En réponse à votre question, je ne pense pas que nos juges soient plus opposés au plaidoyer de folie dans les cas royaux que dans les autres. Le fait est qu'ils y sont opposés dans TOUS les cas. Je pense qu'aujourd'hui, autant de justice serait rendue dans les cas de tentative de régicide que dans les tentatives ordinaires de meurtre ]. 9 feuillets tapuscrits en anglais, attribuable à Daniel Hack Tuke (avec son nom et adresse au crayon sur l’un des feuillets), relatifs à plusieurs régicides, sont présents dans le dossier (Mc’Naughten , Hadfield, Bellingham, Margaret Nicholson, Oxford and Francis)Le procès de Roderick Maclean (1882) concerne la tentative d'assassinat de la reine Victoria à Windsor. Maclean fut déclaré « non coupable pour cause de démence » (Not guilty by reason of insanity), ce qui incita la reine à faire modifier la loi anglaise via le Trial of Lunatics Act de 1883 (« guilty, but insane »). - Rodolfo Laschi 1 L.A.S. de 2 pp.: « Avv. RODOLFO LASCHI PIAZZA S. NICOLÒ, 1 VERONA Verona, Monsieur, J’ai reçu Votre aimable lettre du e je Vous remercie pour avoir bien voulu vous mettre d’accord avec moi au sujet de la question posée sous mon nom au prochain Congrès d’Anthropologie Criminelle. La communication que j’avais l’honneur de présenter au Congrès, aura pour but d’exposer le résultat d’une étude faite sur le mouvement réactionnaire en France, dans ses rapports avec la race, le génie, la densité de la population, l’alimentation, etc... Cet étude n’est qu’un petit extrait d’un gros ouvrage qui paraîtra prochainement à Turin, pour le quel j’ai l’honneur d’avoir collaborateur M. le prof. Cesare Lombroso et qui traite précisément du Crime politique au point de vue anthropologique, juridique et sociologique ; naturellement un des chapitres s’occupe aussi des fanatiques politiques (fous, mattoïdes, passionnés) étudiés en rapport de leur état mental. - Mais de cette partie j’ai déjà donné comunication au premier Congrès de Rome e Vous pouvez la voir resumée dans les Actes du Congrès même pubbliés en ; c’est pour cela que Votre comunication, loin de faire double emploi avec la mienne, ne pourra que donner des nouveaux et certainement précieux matériaux aux recherches déjà faites dans l’argument et en confirmer les résultats. En attendant le plaisir de faire votre personnelle connaissance au Congrès, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués. Avv. Rodolfo Laschi»Juriste et avocat véronais, disciple proche de Cesare Lombroso et figure clé de l'École italienne de criminologie, Rodolfo Laschi évoque ici le célèbre traité « Le Crime politique et les révolutions par rapport au droit, à l'anthropologie criminelle et à la science du gouvernement » (Il delitto politico e le rivoluzioni), coécrit par Cesare Lombroso et Rodolfo Laschi et qui sera publié à Turin (Fratelli Bocca) en 1890. Dans son courrier, Laschi emploie le terme « mattoïdes » (mattoidi), un néologisme typiquement lombrosien désignant des individus à la frontière entre le génie, l'excentricité et la folie morale, très fréquemment associés dans leurs théories aux illuminés politiques et aux auteurs d'attentats.- Henry Coutagne (1846-1895), médecin légiste et collaborateur d’Alexandre Lacassagne aux «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales», 1 L.A.S. de 2 pp.: «Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales. Rédaction au laboratoire de médecine légale de la Faculté de médecine de Lyon Lyon, le 20 mai 1889 Mon cher confrère, J’ai transmis votre lettre au Dr Magitot, secrétaire général du congrès, 8 rue des Saints-Pères à Paris, qui s’empressera certainement de vous inscrire comme membre et vous enverra le programme avec un bulletin d’adhésion que vous n’aurez qu’à lui renvoyer avec 20 francs. Votre communication est d’autant mieux en situation que Laschi, avocat italien, est déjà inscrit pour un travail sur le crime politique. Je vous prie de vouloir bien tenir votre promesse relativement à « L’Encéphale », et nous serions heureux de recevoir de vous soit dans ce journal, soit ailleurs, les critiques que vous jugerez méritées par nos Archives. Nous faisons de notre mieux et en somme de « mauvaises », dont l’application de l’adage : « nul n’est prophète en son pays ». Je crois que nous avons plus d’abonnés à Buenos-Ayres qu’à Paris ! La publication du congrès nouspoussera, je crois, en avant. En attendant le plaisir de vous voir à Paris, je vous prie de me croire votre tout dévoué confrère Henry Coutagne»La lettre fait le lien avec le document de Rodolfo Laschi présenté précédemment : l'expéditeur confirme à Régis que l'avocat italien Laschi est déjà inscrit pour présenter ses recherches sur le crime politique au congrès de Paris. Les «Archives de l’Anthropologie Criminelle » : Revue scientifique phare fondée à Lyon en 1886 par Lacassagne, rivale directe de la revue italienne de Lombroso (Archivio di psichiatria).- Georges Montorgueil 4 L.A.S. «: L’Éclair Journal Politique Quotidien Indépendant. Rédaction 10 Rue du Faubourg Montmartre Paris. Monsieur, Je me trouve empêché d’avoir une entrevue avec Lebrun. J’ai fait demander à M. de Valles, juge d’instruction, de vous autoriser à un titre scientifique quelconque à voir cet anarchiste. J’ignore encore ce qu’il décidera. Dès que j’aurai sa réponse, je vous la transmettrai. Votre interview a produit une très grande et très heureuse impression. Agréez, monsieur, l’assurance de mes sentiments dévoués. Georges Montorgueil» / «Cher Monsieur, M. de Valles a qui j’ai fait part de votre désir serait très heureux de vous voir. Je ne songe pas [… ], mais vos travaux l’ont frappé. Écrivez-lui, dites-lui que vous devez avoir un entretien avec lui, M. de Valles, il vous donnera certainement audience. Alors, une fois là, vous le convaincrez de faire plus. Agréez, monsieur et cher Docteur, de mes sentiments dévoués. G. M.» / «Cher maître, On publie un peu partout une opinion de Lombroso en contradiction avec la vôtre, au moins sur un point essentiel. Sur une contradiction, votre avis serait précieux. Je le sollicite [… ] de votre ordinaire bienveillance. Ce serait grand profit pour le public qui vous a prêté dans cet important débat une oreille [… ] Veuillez agréer, cher maître, l'expression de mes sentiments dévoués et respectueux. Georges Montorgueil» / Cher docteur, J’ai tellement songé à vous que mon article est resté sur le marbre [ … ] Nous serions très heureux d’avoir une impression de vous à ce sujet. N’êtes vous pas très qualifié pour parler comme il sied de la mentalité de ces fanatiques? [… ] je me tiendrai à votre disposition si vous me prenez un rendez-vous […] Georges Montorgueil»Nom de plume d'Octave Lebesgue, grand reporter, chef des informations puis rédacteur en chef au journal L'Éclair, Georges Montorgueil était célèbre pour ses grands dossiers d'actualité et ses ouvrages illustrés. Il évoque ici Ernest de Valles, juge d'instruction parisien réputé, chargé de grands dossiers criminels et d'attentats anarchistes à la fin des années 1890 et au début des années 1900. Pour contourner les règles administratives strictes du dépôt ou de la prison de la Santé, Montorgueil suggère de faire valoir le profil de chercheur et d'universitaire du Dr Régis (« à un titre scientifique quelconque »), afin que la visite ne passe pas pour une simple démarche journalistique ou de curiosité sensationnaliste, mais tout en même temps manifeste l’influence de la grande presse sur la justice et sa prise en compte de la psychiatrie moderne.- 2 courriers tapuscrits datés du 20 et 22 août 1900 de deux agences de presses américaines. L'été 1900 a été marqué par l'assassinat du roi d'Italie Humbert Ier, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci après une série de régicides anarchistes en Europe (notamment la mort de l'impératrice Sissi en 1898 ou du président Sadi Carnot en 1894). Le XIIIe Congrès international de médecine s’est tenu à Paris du 2 au 9 août 1900. Emmanuel Régis y a présenté des travaux majeurs sur les régicides, la régicidomanie et la psychologie des criminels politiques/anarchistes et les deux lettres d'agences de presse américaines de Philadelphie et New York montrent la vitesse à laquelle les débats psychiatriques européens sur le régicide ont suscité la curiosité des médias aux États-Unis, inquiets des montées anarchistes (le président américain McKinley sera d'ailleurs assassiné un an plus tard, en septembre 1901, par l'anarchiste Leon Czolgosz).- Charpentier (probablement le docteur Auguste Charpentier, célèbre alieniste français du XIX siècle, médecin-chef à l'asile de Bicêtre«Mon cher ami J’ai égaré l’observation que j’avais prise de Gasnier et que je vous avais apportée au congrès ; mais vous aviez disparu. Vous recevrez en même temps que ce mot, copie de tout ce que j’ai pu faire réunir par [… ] Michel. Je viens de faire photographier Gasnier, Je vous l’enverrai après. Gasnier a réalisé par une attaque d’apoplexie une hémiplégie gauche consécutive. Le diagnostic est cérébral. Cette attaque remonte à un mois à peu près. Dans l’intervalle entre les quinze jours consécutifs à son entrée dans mon service et son apoplexie, un médecin ignorant les motifs de sa séquestration l’eût mis en liberté tant était grand son calme, sa possession de lui-même, tant était nette sa lucidité d’esprit. Il avait refusé absolument toute visite de famille pour éviter toute émotion. A vous. Charpentier»Autres courriers reçus du Dr Ferrus, ami et aliéniste parisien, de Debrit, correspondant suisse le remerciant en 1904 au nom de M. Bouvier et de la Société Jean-Jacques Rousseau pour son article sur Jean-Jacques, de E. Graves, érudit de Mantes lui fournissant des détails sur Louvel, plusieurs lettres d’un confrère bordelais le renseignant sur les régicides dans les pays de langue germanique, d’un collègue palois critique, etc…- A la suite de cette correspondance, on trouve un dossier de 56 ff. autographes format in-8 et in-4 contenant de nombreuses notes et brouillons pour son ouvrage et ses articles sur les régicides, dont un brouillon de lettres datée du 8 septembre 1901 adressée au rédacteur en chef de la Petite Gironde et prenant pour argument l’attentat tout récent contre le Président Mac Kinley. Dans un autre brouillon, probable compte-rendu manuscrit d’un tiers, on évoque son ouvrage sur les Régicides: «Cet ouvrage, qui fait partie de la bibliothèque de Criminologie, a pour objet l’étude psychologique et médico-légale des Régicides, plus exactement les individus qui, en dehors de toute secte et de toute conjuration, ont assassiné ou tenté d’assassiner un monarque ou un puissant du jour. Il est basé sur l’observation comparative de plus de 80 fanatiques célèbres, passés ou présents, dont l’histoire pathologique jusqu’ici mal connue, a été établie aux sources les plus sûres et les plus établies». On y explique que l’auteur plaidant pour le placement en asile d’aliénés pour ces assassins, les derniers coupables de ce type de crime «ont été unanimement déclarés irresponsables et internés. L’auteur pense que son mémoire n’est pas resté absolument étranger à ce résultat et que, désormais, les régicides, types mieux connus, seront traités non plus en criminels mais en malades».- Dossier d’environ 280 ff. et divers documents imprimés joints recueillant les sous-dossiers consacrés aux régicides:- MacLean attentat contre la Reine Victoria 2 mars 1882 ( 9ff.)- Mariotti (c. Freycinet 1885) (6 ff. dont 2 ms.)- Passanante (agression du Roi Humbert 17 novembre 1878) (24 ff. in-8 «Considérations sur le procès de Passanante por le Professeur Cesar Lombroso directeur du Cabinet de Psichiatrie (sic) et de médecine légale dans la Royale Université de Turin», 3 ff. in-4, 13 ff. in-4 (Expertise médico-légale des professeurs ThomasVerga, Biffi, Buonomo, Tamburini, secrétaire Tamburini) manifestement traduits par un scripteur de langue italienne native- Guillaume Parry (att. contre la reine Elizabeth d’Angleterre 1584), 3 ff.- Balthazar Gérard (att. De Guillaume le Taciturne 10 juillet 1584) 4 ff.- Jacques Clément (att. De Henri III 1er août 1589) 13 ff. in-4 et in-8- Nicole Mignon Jean de Lille 1600-1605: 1 f.- De Paris l’Aîné att. De Lepelletier de St Fargeau 20 janvier 1793: 2 ff.- Charlotte Carlemigellix att. du député Féraud 1er prairial an III: 1 f.- John Wilkes Booth ass. du Président Lincoln 1865 : 4 ff.- Guiteau ass. du Président Garfield 2 juillet 1881: 17 ff.- Aubertinass. De Jules Ferry(11 ff. et une coupure de presse)- Santiago Salvador (anarchiste) att. Du Liceo 7 nov. 1893 : Journal Le petit Parisien du 29 juillet 1894- Angiolello (Espagne): 2 ff.- Affaire Baffier: Rapport de MM. Les Docteurs Brouardel et Motet Experts Commis 1887 (rapport lithographié de 19 pp.)- W. Channing. L’etat mental de Czolgosz: 16 ff.- Procédure de Soleyman El-Khaleby, assassin de Kléber: 9 ff.- Mariotti: 2 ff.- Perrin att. contre M. Carnot 5 mai 1889: recueil de coupures de presse dont «L’Intransigeant»du 9 mai 1889- Lucas, attentat contre Louise Michel janvier 1888: 2 ff. de journaux- Galeoti assassin de l’archevêque Martinez Izquierdo 18 avril 1886 (4 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Cocher Moore att. contre Edouard Lockroy 14 août 1893 (coupures de presse)- Gasnier septembre 1888 (8 ff. avec forte déchirure à la liasse)- Staps et Schulz : 130 ff. manuscrits, dont traduction française au moins partielle et inédite d'un ouvrage allemand paru à Berlin en 1843 (Berlin 1843, Librairie du Cabinet de lecture berlinois), et extraits d'ouvrage divers (Savary, Bourienne...) consacré à deux cas célèbres de régicides/attentats politiques sous la période napoléonienne Frédéric Staps (Friedrich Staps), jeune illuminé protestant qui tenta d'assassiner Napoléon Ier avec un couteau à Schönbrunn en octobre 1809. Déclaré sain d'esprit à l'époque par le médecin de Napoléon (Corvisart) malgré son fanatisme mystique, il fut fusillé et Charles Jean Frédéric Schulz (Carl Johann Friedrich Schultz)fusillé à Kyritz en septembre 1807 sur ordre du gouvernement français‎


‎Très remarquable réunion d'archives privées du célèbre psychiatre et professeur bordelais Emmanuel Régis (1855-1918), auteur d'un important ouvrage, paru en 1890 sur les "Les Régicides dans l'histoire et dans le présent. Étude médico-psychologique". Professeur écouté, Emmanuel Régis attirera à son cours libre de psychiatrie donné à l'hôpital Saint-André de Bordeaux des élèves célèbres tels Saint-John Perse ou Victor Segalen, et son "Manuel pratique de maladie mentale" devenu "Précis de Psychiatrie" à partir de 1906 a marqué son temps. Rédigés entre 1889 et 1904, ces présents documents et cette correspondance internationale dessinent le laboratoire où s'est élaborée la psychiatrie du crime politique à la fin du XIXe siècle : ils reviennent sur l'attentat de Passannante contre Humbert Ier (1878) et sur la tentative de Maclean contre la reine Victoria (1882), et se prolongent jusqu'aux dépêches américaines de 1901, intéressées par les conclusions de l'auteur relatives au traitement des régicides et développées lors du Congrès Médical de Paris. Emmanuel Régis a constitué ici, avec le concours des grandes écoles italienne (Tamburini, Laschi, dans l'orbite de Lombroso), anglaise (Hack Tuke) et française (Coutagne, Charpentier), le socle documentaire de son ouvrage sur "Les Régicides", plaidoyer pionnier pour que le régicide cesse d'être jugé comme un crime et soit enfin traité comme une maladie. La correspondance des principaux aliénistes de l'époque, les brouillons autographes de l'auteur et l'écho pris par ses travaux dans la grande presse composent un ensemble tout à fait remarquable, à la croisée de l'histoire de la psychiatrie, du droit pénal et de l'anarchisme fin-de-siècle. IMPORTANT : Pour tout achat à l'étranger (hors France), une demande d'autorisation d'export doit être demandée, ce qui peut entraîner des délais supplémentaire d'un à deux mois (voire plus) avant expédition.‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR7,500.00

‎BONNARD (Abel) : L’Enfance. Paris, Le Divan, 1927. Plaquette petit in-8 sensu stricto, 72pp. [dont faux-titre et titre]-(1) f. [blanc / achevé d’imprimer], brochée, couverture imprimée ocre (de très bonne apparence, malgré une petite trace d’enfoncement en bas du dos, par contre, à l’intérieur, invasion de taches brunes – déjà - : papier de très mauvaise qualité). ÉDITION ORIGINALE, dans la collection « Les Soirées du Divan », n° 25, tirée à 925 exemplaires numérotés (celui-ci un des huit cents sur « bel alfa bouffant » (sic). D’entrée, le propos se veut rassurant : « J’aime plus l’enfance que les enfants » (p.7), mais, l’éducation doit être sévère : « (elle) n’est que le dernier cas du dressage » (p.59). Par ailleurs, quelle condescendance, quelle suffisance envers les plus démunis : « Un petit pauvre regarde avec une sorte d’étonnement et d’indépendance la misère de ses parents, qui n’est pas encore la sienne [sic !]» (p.44). Quel détachement du petit malheureux sur son sort : il est vrai que la religion est là, qui lui promet un bel avenir post-mortem. Surtout, pas de révolte, car, « rien de plus sinistre qu’un polisson gouailleur (…), c’est pourquoi le type de Gavroche est si repoussant » (p.41). Rien que çà. Autobiographie ? : « Un petit garçon de quatre ans jouait souvent avec une jeune fille, qui le maniait comme une poupée (…). Moi aussi, dit-il, quand je serai une jeune fille comme toi. – Mais, mon chéri, répondit-elle, tu ne seras jamais une jeune fille. Il faillit pleurer » (p.45). Dépit. Il faudra choisir, drame freudien / cornélien, attirance/répulsion : « Les enfants excellent à manier les grandes personnes (…) Dans ces manèges, l’adresse des deux sexes n’est pas égale (…) [Les garçons] sont plus simples, plus rudes (…) Les petites filles sont des femmes dès leur naissance, et les premières armes de ces innocentes sont celles des courtisanes » (p.63). Malgré tout, le Bonnard poète jaillit in fine : « Les enfants sont l’illusion de l’espèce, comme le printemps est l’illusion de l’année » (p.70)‎

Reference : G425

‎ Abel BONNARD (Poitiers, 1883-Madrid, 1968) était plus italien que corse, dit-on, par son père biologique, le comte Joseph, Napoléon, dit « Gégé », PRIMOLI, « homme du monde », descendant de Joseph et Lucien BONAPARTE, rien que ça. Le poète sera promu Ministre de l’Education Nationale, en avril 42. Il avait toutes les qualités requises pour exercer cette haute fonction, comme en témoigne sa profession de foi sur l’Education : « Il n’est pas bon de répandre aveuglément l’instruction » ; elle doit être réservée à une élite (note 3). Et, pour enfoncer le clou, « L’instruction n’est bonne, ni pour les femmes, ni pour le peuple » ; surtout pour les femmes du peuple…. Pour lui, la diffusion de l’instruction [est] responsable de « l’abject érotisme répandu (…) dans ces derniers temps », mélange de polissonnerie du XVIII° siècle et de « lourde sensualité juive » (note 4). Il restera ministre jusque dans le dernier carré, à Sigmaringen, avant de passer en Espagne; condamné à mort par contumace, il sera quasiment blanchi en 1960, sa peine étant commuée en dix ans de bannissement (date d’effet : 1945) : en conséquence, il était en droit de demander réparation à la République ; mais n’acceptant pas cette flétrissure morale, il retourne chez Franco ; il trépassera à Madrid, parfaitement oublié. Pas tout à fait : ses nombreux surnoms ont surnagé au désastre : « Abetz Bonnard », « La belle Bonnard », l’élégant « Abel Connard » et surtout « Gestapette » (note 5), en raison de ses affinités électives et sexuelles. Sur le Web, comme d’habitude, on trouvera tout et son contraire, pile ou face, endroit et envers (note 6) : aujourd’hui, les gays revendiquent ses mœurs (note 7), les moralisateurs nostalgiques de la Révolution Nationale insistent lourdement sur ses fréquentations… exclusivement féminines (note 8). En ce qui concerne l’inventeur du terme « Gestapette », c’est la foire d’empoigne : ne prêtant qu’aux riches, c’est tout d’abord attribué au Maréchal en personne, le quel n’aimait pas les « tapettes » ; à Londres, ce serait Pierre Dac : improbables tous les deux. On ne trouve trace de ce « mot » chez les praticiens de l’humour vache, Henri Jeanson et Galtier-Boissière, les références données à leurs écrits étant fausses, « Le Canard enchaîné » et « Le Crapouillot » ayant cessé de paraître dès 1939. Peut-être s’agit-il d’une boutade lancée, microphone fermé, par un quelconque cacique dans une école de la Collaboration, devant un béat parterre de veaux quiets, diffusée de façon illégale dans les réseaux « amis », avant de passer dans ceux de la Résistance ; procédé malhonnête et très contestable, qui, bien sûr, ne pourrait pas se reproduire aujourd’hui. ADDENDUM LES « SECRETS » DE LA NAISSANCE D’ABEL BONNARD Presque toutes les plumes de la littérature historique s’accordent pour affirmer qu’Abel, par l’intermédiaire de son père biologique, descendait de la famille Bonaparte ; avec des variantes : fils naturel « d’un Bonaparte » (chire.com), d’un des frères de Napoléon « Joseph » (medias.presse.info, Rey Cabietes, Yves Morel) ; Lucien est rarement cité (note 9). Quelques rares fausses notes dans cette quasi unanimité : la « paternité » du bonhomme, lointain bâtard de l’Empire et de la Papauté, est aujourd’hui remise en cause par Amado M. Rey Cabieses (note 10) : « Giuseppe Primoli falleciό solterio (…) Existe una idea segùn laqual G.P., de sus amores con Marie-Pauline Benielli, casada con E.A.E. Bonnard (…) habria tenido un hijo, Abel Bonnard (…) Usό [SIC!] el pseudόnimo de Gestapette. Sin embargo, otras fuentes aseguran que Bonnard era simplemente amigo de Premoli ». [ souligné par nous] (note 11) Qu’en est-il réellement ? La fille de Joseph, Zénaïde Bonaparte (1801-1854) avait épousé son cousin germain, Charles Lucien Bonaparte (1803-1857), fils de Lucien. Parmi leurs rejetons viables, la Princesse Charlotte (1832- 1901) épousa le Comte Pietro PRIMOLI di FOGLIA (1821-1883), Officier de la Maison Pontificale. Après le décès d’un de leurs fils, en 1882, suivi de près par la perte de son mari (1883), Carlita dut être internée à Paris, dans le service du Docteur Blanche, psychiatre renommé, qui ne put la guérir : consanguinité quand tu nous tiens… La suite : Joseph, Napoléon Primoli, l’autre fils engendra Abel, de sa liaison avec Pauline Benielli « qui ne pouvant l’épouser, se résolut à un mariage de raison » (Yves Morel) (note 12) ; le Prince n’épousa pas la bergère. Personnellement, j’ai un penchant, une inclination pour la prime au lit conjugal…‎

‎ FAKE HISTORY Cette histoire n’est qu’un conte, une histoire à dormir debout. Les historiens se sont fourvoyés, volontairement ou non : une ascendance noble, fut-elle impériale et illégitime, flatte l’orgueil du bourgeois. Seulement voilà : comme la terre, l’État Civil ne ment pas, …au moins sur les dates. On trouvera dans les Archives de la Corse du Sud, l’acte de mariage de Pauline Benielli et Ernest Bonnard, dans celles de la Vienne, l’acte de naissance d’Abel : le premier en date du 10/02/1880 (note 13), le second, en date du 19/12//1883 (note 14). Que la gestation fut longue ! Et on comprend mieux l’attachement d’Abel à sa maman ! Elle mourra dans la villégiature pétainiste de Sigmaringen en 1945. Mais il a encore mieux : Abel n’était pas fils unique, avant lui étaient nés un frère et une sœur, décédés tous deux en bas âge (note 15). ================= ‎


‎Note 3- Abel Bonnard : Pour l’élite intellectuelle, dans la Revue hebdomadaire, t.7, 07/07/1936, p.248). Note 4- cité d’après B. Pénicaud et Vincent Vidal-Naquet : Les révolutions de l’Amour (etc.). Note 5- aujourd’hui remis à la mode par nos chères politiques, NKM à propos de Patrick Buisson, la Marine au sujet du beau Florian… [en 2017…] Note 6- cf. Pierre Dac, qui à Radio Londres, fustigeait le ministre : dans son parti, « l’envers vaut l’endroit ») Note 7- hexagonegay.com précise qu’à l’époque, « les lieux de rencontre homos parisiens (cinémas et vespasiennes) connaiss[ai]ent bien sa silhouette » ; en revanche, il déplore que « Je Suis Partout » ni la presse d’extrême- droite, si prompts à dénoncer l’homosexualité (…) n’ont fait état de l’homosexualité de Bonnard ». Note 8- pour present.fr/tag/abel-bonnard/ : « La belle Bonnard… Gestapette… Yves Morel le sait : immanquablement, ce sont les plaisanteries qui fuseront de la bouche des sots si vous jetez le nom d’A.B. dans une conversation (même universitaire). Et pourtant, voilà une personnalité plus complexe que sa mauvaise renommée : on ne lui connaît que des liaisons féminines ». Sans rire ! Note 9- Buisson (Patrick) : 1940-1945. Années érotiques (Paris, Albin Michel, 2009.2 volumes. « Abel Bonnard, le scandaleux » (t. I, p.263 et suiv.) nous apprend que « son vrai père est un aristocrate italien, J.N. Primoli, descendant de Lucien Bonaparte, qui séduisit sa mère, Marie-Paule [sic !] Benielli, peu de temps avant son mariage [re-sic !!]». Note 10- Descendia de José Bonaparte, Rey de Espana y de las Indias, y sus entronques i talianos y franceses (Anales de la Real Academia Matritense de Heràldica y Genealogia, vol.XII, 2009, pp. 143-327). Note 11- Pasquali, Costanza : Proust, Primoli. La Moda. Otto lettere inedite di Proust e tre saggi. Roma, Ed. di Storia et litteratura, 1961, p.32. Note 12- Yves Morel ( Abel Bonnard. Coll. Qui suis-je ? Editions Pardès, 2017) : « Ne pouvant épouser le père de son enfant, Pauline Benielli se résolut à un mariage de raison avec Ernest Bonnard (…) qui reconnut Abel et lui donna son nom », qui complète bien la formule de P. Buisson (note 9). Note 13- Archives Départementales de Corse du Sud Ajaccio, Mariages, 1880 (f° 55-56/159) Note 14- Archives Départementales de la Vienne, Naissances, 1883 (9 E, p. 251), avec cette note marginale manuscrite : « Décédé à Madrid (Espagne) le 31 mars 1968 ». Confirmation de sa naissance, post mortem. Note 15- Abel- Jean- Désiré (A) aux prénoms identiques et Fanny-Françoise-Justine (B) (A) Melun, avril 1881- Poitiers, 26/06/1883. A.D. de la Vienne , Décès 1883, n°490, f° 147/278 (B) AD de la Vienne, Poitiers, 08/07/1885 [Naissances 1885, n°438, f°121/250]- 12/05/1886 [Décès 1886, n°370, f° 102/259. « Nom de la mère : Pauline Bennieni »] !! Aujourd’hui, (08/2022), que l’on consulte Wikipédia, ou des sites dits sérieux ( ?) de généalogie (geneanet, geneastar), la fausse généalogie prospère. Une lueur d’espoir : la généalogie d’Ernest Bonnard, le père « nourricier »… Patatras ! Si le frère aîné Abel (1881-1883) est bien mentionné, on trouve immédiatement après un « demi-frère Abel, etc.). Errare humanum est, perseverare diabolicum. ‎

Roland Gautier - Jurançon

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