Fata Morgana 1992 In-8 Broché, couverture illustrée à rabats
Reference : 013383
Edition originale. Illustrations en noir de Reinhoud. Un des exemplaires sur vergé ivoire, celui-ci portant un ENVOI AUTOGRAPHE signé de Reinhoud et de Frédéric Baal. Non coupé Très bon 0
Librairie-Galerie Emmanuel Hutin
Emmanuel Hutin
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Seul portrait dédicacé connu S.l.n.d. [« Galerie contemporaine, 126 boulevard de Magenta » et « Cliché Nadar, rue d'Anjou-Saint-Honoré, 51 »]. 1 tirage sur papier albuminé (250 x 340 mm), encadré. Célèbre portrait sur papier fin, contrecollé sur carton de la Galerie Contemporaine littéraire (2e série, n°37). Rarissime épreuve dédicacée : «à mon cher Villegeorges, souvenir d'amitié, George Sand»
Ce portrait fait partie de l'une des entreprises éditoriales les plus caractéristiques de la fin du XIXe siècle : La Galerie contemporaine, publiée de 1876 à 1884, réunit 242 biographies illustrées de 410 photographies, dont 241 reproduits en photoglyptie par la maison Goupil & Cie Ce procédé photomécanique nouveau connut pendant trente ans un énorme succès dans la presse et l'édition, grâce à une impression stable, diffusable en grand nombre et bien moins coûteux que les tirages argentiques. George Sand est la première figure féminine à être publiée dans la Galerie Contemporaine. Le portrait reprend l'un des fameux clichés exécutés par Nadar en mars 1864 : une série de huit clichés de la romancière au mois de mars 1864. La bonne dame de Nohant ne s'appréciait pas physiquement, et ne fit confiance qu'à Nadar pour poser, lequel consacra de longues heures à la photographier jusqu'à ce que l'image lui convienne : « Les épreuves de ma photographie n'ont pas encore très bien réussi chez Nadar j'y retourne demain...", écrit-elle à Maurice son fils le 8 mars 1864 à Paris. Ces photographies, restées célèbres, inaugurèrent le début d'une longue série. Nadar qui avait toujours admiré la romancière, l'avait placée en tête de son Panthéon Nadar (1854) et lui avait dédicacé un livre, Quand j'étais étudiant (1856) : « À madame George Sand, enthousiasme fervent et profond respect » ; la romancière deviendra par ailleurs la marraine de son fils Paul. Précieuse épreuve dédicacé par Georges Sand, qui devait décéder l'année même de cette parution, le 8 juin 1876, si bien que les portraits signés sont absolument rarissimes, George Sand n'ayant que peu d'occasions de les avoir en mains. On ne connaît qu'un autre portrait dédicacé de la série Nadar, au petit format carte de cabinet (à Charles-Edouard de Vasson) et quelques autres tirages dans ce même format carte, simplement signés.
Rare tirage signé - Edimbourg, 1942 S.l.n.d. [Edinburgh, 1942] 1 tirage argentique (155 x 205) sur papier, monté sur carton (200 x 255 mm) avec tampon au dos. Photographie originale signée par le général de Gaulle (en marge inférieure du carton de support). Le tampon de copyright comporte la mention : «E.R. YERBURY & SON. 92 MORNINGSIDE ROAD, EDINBURGH».
Très beau portrait photographique du général de Gaulle, pris à Édimbourg en 1942 par Edward Reuben Yerbury, dans l’atelier de la maison E. R. Yerbury & Son. La photographie appartient à un moment très précis de l’histoire de la France libre. Le 23 juin 1942, de Gaulle se rend à Édimbourg pour inaugurer la Scottish Free French House, installée au 28 Regent Terrace, dans l’un des plus beaux ensembles géorgiens de la New Town, au flanc de Calton Hill. La maison devait servir à la fois de lieu d’accueil pour les Français libres de passage en Écosse et de centre de rayonnement culturel français. Après la guerre, elle deviendra pour un temps le consulat général de France, avant de devenir la résidence officielle du consul général. Le discours prononcé ce jour-là est resté célèbre. De Gaulle y célèbre l’alliance franco-écossaise, l’ancienne Auld Alliance, scellée à la fin du XIIIe siècle, et la présente dans une formule appelée à une grande fortune : « la plus ancienne alliance du monde ». En pleine guerre, alors que la France libre cherche partout ses appuis, ce rappel historique n’a rien d’anecdotique. Il permet au Général d’inscrire le combat présent dans une fidélité longue, presque dynastique, entre l’Écosse et la France. C’est dans ce contexte que s’inscrit le portrait réalisé par Yerbury. Edward Reuben Yerbury, issu d’une importante dynastie de photographes d’Édimbourg, dirige alors avec la maison familiale l’un des studios les plus réputés de la ville. Installé à Morningside Road, le studio E. R. Yerbury & Son s’était fait une spécialité du portrait, avec une exigence de pose, de lumière et de tirage qui lui valut une reconnaissance bien au-delà du cercle local. En 1942, Yerbury est sollicité pour réaliser plusieurs études photographiques du chef de la France libre. Le portrait est d’autant plus intéressant qu’il fixe un de Gaulle encore en guerre, mais déjà pleinement constitué dans son image publique. Ce n’est pas le de Gaulle présidentiel des années 1960, ni même seulement l’homme du 18 Juin : c’est le chef de la France libre au moment où sa figure se stabilise, droite, grave, militaire, offerte à la fois aux réseaux français, britanniques et alliés. L’image prise à Édimbourg devint rapidement l’un des portraits de référence du Général, appréciée de ses fidèles et largement diffusée au cours de l’année 1942. Le destin ultérieur de Yerbury confirme l’importance accordée à ces portraits. À la Libération, le photographe fut invité par le gouvernement français à Paris, en 1945, pour photographier à nouveau de Gaulle. Le geste témoigne de la reconnaissance portée à ces images de guerre, réalisées loin de la France occupée, mais déjà destinées à construire la présence visible du chef de la France libre. Magnifique tirage, l'un des rares connus signés.
Seul portrait de Pagnol dédicacé à Fernandel connu. S.l.n.d. [circa 1938]. 1 tirage argentique (240 x 295 mm) en noir, sous verre. Dédicace en marge inférieure : « à mon ami Fernandel. Saturnin - Gédémus - Schpountz, avec mon admiration et mon affection. Marcel Pagnol 1937 ».
Dans cette historique dédicace, Pagnol rappelle les trois personnages que Fernandel venait d’incarner sous sa direction : Saturnin dans Angèle (1934), Gédémus dans Regain (1937), et surtout le rôle-titre du Schpountz (1938), film qui fit de lui une véritable vedette. « C’est à Pagnol, dira Fernandel, que je dois d’avoir pu prouver que j’étais un vrai comédien. » La dédicace permet de dater le portrait du tournant 1937-1938, au cœur de leur féconde collaboration. Leur association devait marquer durablement le cinéma français : La Fille du puisatier (1940), Naïs (1945), puis Topaze (1951), confirmèrent cette alliance entre l’auteur dramatique devenu cinéaste et l’acteur populaire qui, selon Pagnol, « possédait le don de faire rire des êtres qui ont tant de raisons de pleurer ». Leur complicité fut pourtant suivie d’une brouille retentissante après le refus de Fernandel de jouer Ugolin dans Manon des sources : Pagnol le traita de « grimacier », et il fallut attendre la fin de leur vie pour que s’apaise cette querelle. Précieux portrait, qui fut la propriété de Fernandel toute sa vie durant. C'est le seul portrait de Pagnol dédicacé qu'il possédait, témoin de l'âge d'or de la collaboration entre les deux hommes.
Portrait de Churchill par Florence Vivienne.Tirage signé. [London: Vivienne, 20th Century Studios Ltd., 1950]. 1 tirage original, monté sur carton fort, encadré. Tirage original. Le premier portrait de Churchill par Florence Vivienne. Rare tirage offert par Winston Churchill : il porte, en marge inférieure, la signature de Churchill à E. M. Pommier, un résistant français. Une lettre du secrétaire privé de Churchill a été conservée au verso, certifiant que cette photographie et la signature ont été envoyées à Pommier avec les compliments du Prime Minister.
Florence Vivienne Entwistle débuta dans la photographie en aidant en 1934 son mari, Ernest Entwistle et son fils, Antony. Elle créa son propre studio à la fin des années 1930 et se spécialisa dans les portraits de personnalités. Les relations avec les Churchill dépassèrent le strict cadre professionnel puisque, en octobre 1949, la fille des Churchill, Sarah, épouse le fils de Vivienne, Antony. Les Churchill « apprendra le mariage... par les journaux et en furent très contrariés... surtout Clémentine, qui le prend très mal ». Néanmoins, le 19 décembre 1949, le couple Churchill rencontre le couple Vivienne et, « après un agréable déjeuner ensemble, Florence Vivienne réalise le portraits de Winston Churchill, dans son studio de Piccadilly » (Gilbert, Vol. VIII, p. 496). Le portrait plut tant à Churchill qu'il l'utilisera dès l'année suivante, pour la campagne des élections générales de février 1950 et qu'il deviendra l'un des plus célèbres du Prime Minister. Florence Vivienne était connue pour exiger de ses sujets qu'ils viennent dans son studio et la jaquette qui orne son autobiographie (They Came to My Studio, publiée en 1956) est illustrée par cette photographie. Vivienne rappelle (p. 16) combien cette image est devenue iconique, et qu'elle était alors la seule qu'elle ait prise de Churchill. La National Portrait Gallery conserve 214 portraits de Vivienne, dont celui-ci (14, en tout, pour la famille Churchill, la plupart ayant été pris dans leur maison de campagne, Chartwell).
Seule épreuve signée connue [1934], pour la prise de vue, [1944], pour la signature voire le tirage. 1 tirage argentique (233 x 293 mm) et (330 x 420 mm avec marges) noir et blanc. Encadré. Rare portrait, méconnu, dont il existe peu d'épreuves. La photographie est signée à l’angle inférieur droit « Rogi-André 1944 » et dans la marge blanche « Rogi-André. Paris ». : il s'agit de la photographe hongroise Rosa Klein et le portrait fut réalisé en 1934 dans l'appartement de Paul Éluard.
Rosa Klein fut un temps l'épouse d'André Kertesz, qui l'initia à la photographie dans les années 1920. Au milieu du bouillonnement intellectuel parisien, elle se lie avec les artistes d'avant-garde, notamment les surréalistes, dont elle réalise de nombreux portraits, en suivant le conseil de Kertesz : « Ne jamais photographier quelque chose pour lequel tu éprouves peu d'enthousiasme, mais seulement ce qui t'intéresse passionnément. » Elle privilégie - et c'est une nouveauté - de faire poser les modèles dans leur environnement, certains critiques relevant dans ses portraits une influence du cubisme, par exemple lorsqu'elle réalise une composition géométrique grâce au jeu des ombres et des lumières - comme ici, avec ce portrait utilisant les éléments de la pièce où se tient Éluard. En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, Rogi André a été contrainte de fuir en zone libre et de se réfugier en Touraine en raison de ses origines juives, avant de regagner Paris et de s'y cacher grâce à l'aide de la galeriste Jeanne Bucher. Elle décède le 11 avril 1970 à Paris, dans la pauvreté, et tous ses modestes biens sont mis en vente à l'Hôtel Drouot. Une partie de ses archives, et notamment ses tirages, sont cependant sauvés du désastre grâce aux efforts de Jean-Claude Lemagny, conservateur responsable de la photographie contemporaine au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, qui en fait l'acquisition pour la collection de la BnF, qui possède une épreuve de ce tirage (cote 40299995), non signée ; un tirage tardif de 1982 est détenu par le Centre Pompidou (AM1983-429). On connaît par ailleurs une autre épreuve de ce tirage, non signée par la photographe mais offerte par Paul Éluard à Max-Pol Fouchet, dédicacée. Ce sont les trois seules épreuves connues. Notre épreuve, tirée par l'artiste en 1944, est la seule qui soit signée, ici par deux fois : sur la photo, et sur le montage.