Imprimerie Nationale, André Sauret, Editeur 1962 Exemplaire H. C. 2 volumes. In-4 broché sous couverture illustrée rempliée avec coffret rigide toile écrue avec titres dorés. 29 cm sur 22,5. 216-197 pages. Illustrations d’Edy-Legrand en couleurs et en noir et blanc hors-texte. Très bon état d’occasion.
Reference : 113308
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Paris, les frères Estienne, 1756, in-8, XXIII-[1]-380-[3] pp, Basane brune à l'imitation, Ouvrage très détaillé sur la terrible épidémie de peste qui ravagea Toulon en 1721-1722, par l'un de ses principaux témoins, le premier consul de la ville, Jean d'Antrechaus (1693-1762). L'auteur donne les premières précautions qui, selon les connaissances de l'époque, étaient censées garantir une ville de la peste, puis il décrit l'événement. D'Antrechaus avait 27 ans lorsque l'épidémie ravageuse frappa Marseille en 1720. Au moins de juillet, il forme un bureau de santé, nomme deux intendants de santé supplémentaires, met en place un cordon sanitaire et renforce la quarantaine. En dépit de ces précautions, la peste s'abat sur Toulon et fait ses premiers morts en octobre. Le fléau se renforce et les mesures se durcissent : on supprime notamment les fêtes de Noël. Les morts s'empilent, évacués par les corbeaux. D'Antrechaus fait creuser des saloirs au cimetière... Le bilan est tragique : la peste a fait dans la ville plus de 13 000 victimes, sur plus de 25 000 habitants. Bon état. Reliure moderne. Blake p.16; Wellcome II, 50. Couverture rigide
Bon XXIII-[1]-380-[3] pp.
A Vienne & à Strasbourg, chez les frères Gay, 1784, in-8, portrait, XXVIII-142 pp, Basane racinée de l'époque, dos lisse et fleuronné, pièce de titre rouge, tranches marbrées, Portrait frontispice gravé sur cuivre par J. E. Mansfeld en 1783. Première édition française. Charles de Mertens (1737-1788) livre un récit très détaillé de la peste, qui se propagea à Moscou en 1771, alors qu'il était médecin de la Maison des enfants trouvés de cette ville. L'ouvrage a été rédigé à Vienne, où il s'installa après son départ de la Russie en 1774 ; il a été publié pour la première fois en latin en 1778-1784 (Observationes medicae de febribus putridis, de peste, nonnullisque aliis morbis). L'auteur décrit les précautions à prendre pour combattre l'épidémie et empêcher sa propagation : ses soins ont pu préserver l'orphelinat dont il avait la charge. Cachet ancien : "Ex bibliotheca Lugol", avec la devise "facta potentiora verbis" (les faits sont plus puissants que les mots) ; le médecin Jean Guillaume Auguste Lugol (1788-1851), inventeur d'une préparation iodurée, la "solution de Lugol", qui s'employait dans le traitement des maladies scrofuleuses. Étiquette ex-libris de Jean Rouché. Quelques rousseurs marginales sur les premiers et les derniers feuillets. Couverture rigide
Bon portrait, XXVIII-142 pp.
Lyon, André Molin, 1721, in-12, [22]-366-[2]-76 pp, Veau havane de l'époque, dos à nerfs et fleuronné, pièce de titre rouge, Réédition de ces textes relatifs aux précautions à prendre dans le cas d'une épidémie de peste; il a été opportunément publié au moment de l'épidémie de Marseille. Les trois premières parties avaient été publiées par François Ranchin (1565-1641), chancelier de la faculté de médecine de Montpellier. Le Privile?ge place? a? la fin de la 3e partie, est donné "a? Maître Franc?ois Ranchin", en daté du 26 janvier 1640. L'auteur occupait les fonctions de premier consul et viguier de la ville lors de la peste de 1629-1630 : il est renommé pour avoir jugulé l'épidémie par l'intervention de ses soins. La quatrième partie, en pagination séparée, a une page de titre propre : L'ordre public pour la ville de Lyon, pendant la maladie contagieuse. Lyon, Jean Molin, Andre? Molin, 1720. Elle est signée G. Chevalier, à la fin de la dédicace, pour le médecin Guillaume Chevalier (?1670). Il s'agit de la réédition, rafraîchie, d'un titre publié en 1644 : l'ouvrage établit le bilan des mesures prises à Lyon au cours de l'épidémie de 1628. Ouvrage peu courant. Déchirure, sans perte, sur la page de titre. Coiffes et charnières frottées. Couverture rigide
Bon [22]-366-[2]-76 pp.
Vienne, Rudolf Gräffer et Christian Friedrich Wappler, 1778-1784, in-8, 2 tomes en 1 volume, [18]-220-[2]-XV-175 pp, Demi-basane de l'époque, dos lisse et fleuronné (pièce de titre manquante), Édition originale, peu courante. Charles de Mertens (1737-1788), médecin belge, livre ici un récit très détaillé de la peste, qui se propagea à Moscou en 1771, alors qu'il était médecin de la Maison des enfants trouvés de cette ville. Après son départ de Russie en 1774, il s'installa à Vienne, où il rédigea et publia ce compte-rendu, dans lequel il décrit les précautions à prendre pour combattre l'épidémie et empêcher sa propagation : il accordait une grande importance à la propreté et conseillait l'utilisation d'éponge avec du vinaigre et de l'eau. Il était convaincu que des hôpitaux dévolus au traitement de la peste étaient le moyen le plus efficace d'endiguer la propagation de cette maladie et il décriait la pratique consistant à mettre en quarantaine les membres d'une même famille, qu'ils soient malades ou en bonne santé. Ses soins ont pu préserver l'orphelinat dont il avait la charge. L'ouvrage a été traduit en plusieurs langues, dont en français en 1784 et en anglais en 1799. Cachet de l'Institut catholique de Paris et étiquette ex-dono de la bibliothèque de Liouville. Dos usagé. Rousseurs claires, principalement en tête et en fin de volume. Blake p. 302 et Wellcome IV, p. 119 : tome I seul. Couverture rigide
Bon 2 tomes en 1 volume,
Estienne Binet (R. P. de la Compagnie de Jésus, Jésuite).
Reference : AMO-3002
(1629)
1 volume in-12 (150 x 88 mm) de 6 ff. n. ch. et 248-(3) pages. Reliure strictement de l'époque (première reliure) en parchemin souple, titre à l'encre en haut du dos. Ecriture enfantine de l'époque (XVIIe s.) au second plat. Quelques ressauts de cahiers sans gravité. Bon papier. Collationné complet. Nouvelle édition parue un an après les premières éditions datées de 1628. Cet connut un succès considérable si l'on s'en tient au nombre d'éditions parues entre 1628 et 1629. Ainsi on répertorie une édition donnée à Vienne, par Jean Poyet (1628), à Besançon, par Denys Couché (1628), à Bourg-en-Bresse, par Jean Tainturier (1628), une édition de Grenoble, par Huet (1629) avec mention de troisième édition, à Lyon, chez François La Bottière (1629), à Pont-à-Mousson (sans nom, 1629), outre notre édition de Paris, chez Chappelet (1629). Il semblerait donc que la volonté ait été de disséminé jusqu'en province ce manuel à l'usage chrétien effrayé de la peste. La première édition semble être celle de Besançon (1628) dans laquelle l'imprimeur Denys Couché dédie son travail à la ville de Besançon, protégée du fléau de la peste par les prières publiques organisées par le gouverneur de la ville et les édiles publiques. Bien que présentes au catalogue collectif des bibliothèques de France, toutes ces éditions sont rares si l'on se réfère à leur quasi absence sur le marché du livre rare. Estienne Binet (1569-1639) est né à Dijon. Il occupa des rôles importants au sein de la Compagnie de Jésus. Condisciple de François de Sales, on lui doit plus d'une quarantaine d'ouvrages de piété. On a écrit de lui qu'il avait « un style clair et gracieux », d' « une spiritualité souriante » proche de celle de son ami de toujours François de Sales, son oeuvre abondante fournissant encore l'occasion d' « une lecture spirituelle à la fois plaisante et profitable ». Blaise Pascal est moins indulgent avec lui dans ses Provinciales : « Mais si vous voulez, mes Pères, avoir maintenant le plaisir de voir en peu de mots une conduite [...] qui porte véritablement le caractère de l'esprit de bouffonnerie, d'envie et de haine, je vous en donnerai des exemples. Et afin qu'ils vous soient plus connus et plus familiers, je les prendrai de vos écrits mêmes. Car, pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux, trouvez-vous que tant de contes ridicules de votre Père Binet, dans sa Consolation des malades, soient fort propres au dessein qu'il avait pris de consoler chrétiennement ceux que Dieu afflige? [...] ». Il ne faut chercher aucune médecine du corps dans ces pages mais seulement une médecine de l'âme destinée à soulager les pêcheurs, à les entraîner au repentir et à la contrition, la peste, cette terrible maladie contagieuse, alors encore non explicitée, à les mener à la "bonne mort", digne, sereine. "L'ouvrage est écrit d'une plume assez différente, dans son expression, de celle qui rédigea Consolation et réjouissance. Elle est, dans l'ensemble, moins pittoresque, moins truculente, légèrement conventionnelle et académique ; celui qui attend de notre jésuite quelque description putride et vermineuse serait déçu. La décence règne d'un bout à l'autre et presque la mesure. Cependant l'ouvrage ne manque pas d'intérêt et mériterait d'être offert au public. Il offre des envolées et des tirades du meilleur effet. L'idée principale soutenue par le P. Binet anticipe sur les thèses de Leibniz au sujet de l'existence du meilleur des mondes possibles. L'optimisme chrétien est poussé à l'extrême du paradoxe : la peste est un bienfait. La terreur qu'elle inspire repose sur une erreur de jugement. Elle ouvre la porte du ciel à des milliers de gens qui, continuant de mener leur vie terrestre de pécheurs insouciants, risqueraient bien d'aller rôtir en enfer après leur mort. Elle est une bénédiction pour les enfants qui n'ont pas le temps de grandir et d'offenser le bon Dieu. Celui qui a le coeur droit, l'âme légère et l'esprit éclairé par la grâce n'a rien à redouter. Toute cette réflexion illustre parfaitement la doctrine du stoïcisme chrétien, très répandue chez les Jésuites. Sénèque est maintes fois cité. La prière vaut mieux que tous les aphorismes d'Hippocrate et toutes les recettes de médecine. [...]" (Consolation et réjouissance pour les malades et personnes affligées en forme ... Etienne Binet, Claude Louis-Combet, note subséquente). "La littérature vouée à l'évocation des grandes épidémies de peste, du XIVe au XVIIIe siècle, met ordinairement l'accent sur la détresse des populations frappées par ce fléau, contre lequel les ressources de la médecine s'avéraient totalement impuissantes. L'imagination de la peste a nourri non seulement l'angoisse des contemporains mais le pathos des artistes et des écrivains. A l'opposé de toute littérature doloriste, cet opuscule d'Etienne Binet, composé en temps et lieu de ravages pestilentiels, veut éveiller l'esprit du lecteur au jeu de la grâce qui se trame dans les malheurs de l'époque. Un optimisme radical court à travers ces pages qu'inspirent quelques vérités élémentaires de la foi chrétienne. Dieu ne peut vouloir le mal. La peste, dans son implacabilité destructrice, doit être déchiffrée comme un signe, un message que le Ciel adresse à l'humanité afin de la remettre sur la voie véritable du salut." (Présentation de l'édition présentée par Claude Louis-Combet, Editions Jérôme Millon, 1998). "Que craignez-vous, la mort, ou la peste, ou tous deux ? Avez-vous point honte de craindre ce que vos laquais bravent, et dont une chambrière de village se moque, et meurt toute debout, et les enfants mêmes s'en jouent dans le berceau. N'avez-vous pas bien autant de courage qu'un garçon de village, et mille femelettes qui ne daignent pas avoir peur. [...]" (extrait). Provenance : La Martinière (signature autographe sur la page de titre). Il pourrait s'agir, selon les dates et la thématique de l'ouvrage, de Pierre Martin de La Martinière (1634-1676 ? 1690 ?), physicien, chirurgien et voyageur né à Rouen. La Martinière a traité de la peste dans plusieurs de ses ouvrages notamment son Opérateur ingénu enseignant les vérités etc, avec un discours sur la maladie pestilente de l'année 1668. Dans cet ouvrage il y dénonce les charlatans parmi les opérateurs (médecins et chirurgiens). Il y propose des remèdes contre la peste. Bel exemplaire de cet ouvrage rare conservé dans sa première reliure