Le Divan.1923.In-12 br.E.O.Ex.74/100.TBE.
Reference : 52315
Librairie Ancienne Laurencier
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LA FONTAINE (Jean de) ; HOOGHE (Romeyn de, ill.) ; EISEN (Charles, ill.)
Reference : 1094
Paris ; id. : Adolphe Delahays ; [s.n.], 1858 ; 1858. UN PROTOTYPE D'ÉDITION ILLUSTRÉE PAR LES SUITES GRAVÉES ANCIENNES
2 vol. in-12° (165 x 106 mm), [3] ff. - [1] pl. - ci pp. - [1] pl. - [1] f. - 257 pp. - [87] pl. + [1] f. - [222] pp. numérotées de 259 à 480 - [52] pl., cartonnage à la bradel, demi-veau rouge estampé d'un quadrillage, dos lisse orné, tranches naturelles, non rognée en gouttière et en queue (Reliure de l'époque). Édition non illustrée, truffée de pages de titre imprimées sur papier filigrané « T. DE LA RUE & Cie » ainsi que de 2 célèbres suites de gravures pour les Contes. Cet exemplaire unique pourrait avoir été établi en vue d'un projet d'édition illustrée. On y trouve : Une copie en contrepartie de la suite de 59 gravures réalisée par Romeyn de Hooghe pour la première édition collective et première illustrée des Contes, parue chez Henry Desbordes à Paris en 1685. Gravures découpées avec titre du conte contrecollées sur feuillets blancs. Suite complète, avec le frontispice portant le titre « Contes de Mr. La Fontaine enrichis de taille-douce ». Seule illustration contemporaine de ces récits licencieux, la suite de De Hooghe est considérée comme un chef d'oeuvre. Une copie en contrepartie de la suite des 81 gravures (seconds frontispices et vignettes in-texte non-compris) réalisées par Charles Eisen pour l'édition dite « des fermiers généraux » (Amsterdam [Paris], 1762). La figure illustrant « Le cas de conscience » apparaît en 2 versions, l'une « couverte » (sexe de l'hermaphrodite censuré) et l'autre « découverte ». La plupart des gravures de cette seconde suite, non-signées, semblent être issues de la contrefaçon « assez jolie » de 1777 (Cohen I 571-572). 5 d'entre elles, signées « Boily », « C. Boily » ou « Boily sculp » semblent provenir de la contrefaçon d'Amsterdam, 1764 (Cohen I 571), jugée comme la plus réussie. D'autres gravures portent les signatures « Binel 1763 » (« La courtisane amoureuse »), « Milcent sc » (« A femme avare galant escroc », « Le Magnifique ») ou encore « Balibeth [?] » (« La coupe enchantée »). Un portrait de l'auteur gravé par Ingouf Junior d'après Hyacinte Rigault (1778). Deux culs de lampe imités des culs de lampe de Chouffard pour l'édition des Fermiers généraux, découpés et rapportés. Soit 141 planches et deux culs de lampe. Jean de La Fontaine (1621-1695), poète français né à Château-Thierry, est l'auteur des Fables et de recueils de Contes et nouvelles en vers, d'inspiration licencieuse, puisés chez Boccace et l'Arioste. Romeyn de Hooghe (1645-1708), graveur et dessinateur néerlandais, illustra la première édition illustrée des Contes (1685). Charles Eisen (1720-1778), dessinateur et graveur d'origine flamande, donna les figures de l'édition dite des Fermiers généraux (1762). Provenance : Victor Diancourt (1825-1910) : ex-libris gravé à la devise "Eligere Colligere Legere" contrecollé au contreplat supérieur. Bibliophile, homme politique et écrivain, Victor Diancourt fut maire de Reims, sénateur de la Marne et président de l'Académie de Reims. À sa mort, la plus grande partie de ses livres furent légués à la bibliothèque municipale de Reims. Toutefois, près de 16 000 volumes disparurent en 1917 dans l'incendie de l'Hôtel de ville, où ils étaient entreposés. Les quelque 3000 ouvrages survivants firent en 2016 l'objet d'une exposition organisée par la Bibliothèque municipale de Reims ("Le goût des livres : Victor Diancourt, collectionneur champennois"). Quelques frottements. Un cahier décalé, gravure imitée de De Hooghe pour "On ne s'avise jamais de tout" légèrement rognée, quelques rousseurs.
Amsterdam [Montauban] : sans nom, 1770. CURIEUX MÉLANGE DE CONTES LÉGERS, ANTICLÉRICAUX ET GRAVELEUX, VOIRE NAUSÉABONDS
2 tomes reliés en 1 vol. in-16° (163 x 101 mm), [1] f. - vi pp. - 161 pp. - [1] f. - 104 pp. - [2] ff., demi-chagrin violine, dos lisse, plats de papier chagriné (reliure postérieure, second quart du XIXe siècle). Édition en grande partie originale de ce très rare recueil de 88 contes (d'après la préface de l'éditeur, une douzaine d'entre eux avait déjà été publiés). La plupart de ces pièces en vers sont dues à Siméon Fagon, dit Valette ; une vingtaine d'autres sont de Vergier (« Le Mal d'Aventure », « Le Tonnerre »...), Grécourt (« Les Bottes », « Le Pucelage »...), Ferrand (« Les Doigts bénis »), La Monnoye (« La Rage d'Amour »), Piron (« L'Ane et le Cordelier ») ou encore Voltaire (« La Mule du Pape » ) - ce-dernier avait pris Valette, recommandé à lui par d'Alembert, comme modèle de son « Pauvre Diable ». Contes de Perrault mis en vers (« Le Petit Chaperon Rouge », « Les fées », « La Barbe Bleue ») y côtoient réécritures de contes arabes (« Les Trois Bossus »), anecdotes rimées (impliquant souvent un ecclésiastique humilié ou un amant dissimulé dans un placard) et une 50aine de pièces graveleuses, concentrées surtout dans la dernière partie de l'ouvrage. Ainsi, dans « Le Trésor », le Diable trompe un homme pour le pousser à déféquer dans la bouche de sa femme. Dans « La Reine de Cadie », un homme entre possession d'un anneau magique qui lui permet d'allonge son sexe - mais l'anneau est perdu, et cause bien des ennuis au prélat qui le ramasse sans connaître son pouvoir : « Et son instrument de paroître / D'autant plus dur, d'autant plus long / S'il continue encore de la même façon / Il passera par la fenêtre » (p. 49). « Les deux rats » met en scène le dialogue de deux rats ayant surpris les ébats d'un couple : le premier « dans le plus prochain trou brusquement se jeta [...] Mais le maudit Mitron m'a bourré tout son sou / Avec je ne sais quoi qu'il poussoit à mesure / Que pour sortir je voulois avancer : Il m'a coigné le nez [...] / Ce gros et long je ne sais quoi / Prenant enfin congé de moi / M'a craché, par mépris, au visage ». Le sort du second rat n'est pas plus enviable : « Dans l'encoignure d'une cuisse / Sans grouiller m'étant cantonné [...] / Deux boules, qui pendaient à son chien de derrière / Sans cesse allant, venant, coignoient mon nez aussi » (p. 52). Deux des pièces apparaissent dans deux versions : l'une, « Le Don de la Nayade », apparaît une fois mise en vers par Jacques Vergier, et une autre fois par Valette (« Richardet »). Note bibliographique manuscrite (d'après Barbier 747) insérée à la reliure. Siméon Valette (1719-1801), professeur de mathématiques à Montauban, séjourna à Ferney chez Voltaire ; il laissa, en plus de ces contes, un Traité de Trigonométrie Sphérique et un poème portant sur l'astronomie, "La Lumière", paru dans le Mercure. Provenance : Philippe-Louis de Bordes de Fortage, ex libris " Ph-L. des Bordes de Fortage " contrecollé au contreplat supérieur. Bibliophile bordelais de renom issu d'une famille de parlementaires reconvertis dans le commerce. Les 3 ventes de sa bibliothèque en 1924, 1925 et 1927, marquèrent les esprits. Bibliographie : TOURLET, "Anecdote sur le Pauvre Diable de Voltaire et sur le personnage qui en a fait naître l'idée". In Magasin Encyclopédique, t. II, 1811, pp. 68-81. CCFR : Manque à la BnF. Deux bibliothèques : Bordeaux, Humathèque Condorcet. OCLC : Aucun exemplaire. Légers frottements à la reliure. Déchirure marginale aux pp. 27-28.
1987, ed NéO, série Conan Doyle, in-8 toilé vert de 304 pages, titres dorés sur dos rond, jaquette rempliée noire et ill en couleurs. Introduction par Jean-Baptiste Baronian. Jaquette et frontispices originaux de Jean-Michel Nicollet. Edition originale. Dans ce volume : «Contes d'autrefois : La fin des légions / La dernière galère / A travers le voile / L'arrivée des Huns / Le concours / Le premier navire / Un iconoclaste / Maximin le géant / L'étoile rouge / Le miroir d'argent / Le retour au foyer / Un point de contact «, «Contes de pirates : Le gouverneur de Saint [...] | Etat : Très bon état général, jaquette légèrement défraichie au 4ème plat, piqures sur la tranche (Ref.: KH6107)
Club NéO (Nouvelles éditions Oswald)
Paris : P. Ducrocq libraire-éditeur, successeur de son père, s. d. (1864). LES MILLE ET UNE NUITS DE L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE
2 vol. in-12°(184 x 118 mm) [1] pl. - 281 pp. - [1] f. - [3] pl. + [1] pl. - 284 pp. - [1] f. - [3] pl. Édition en 2 volumes in-12° de 24 contes des Mille et une nuits donnée par Paul Ducrocq et illustrée de 8 figures gravées d'après René Demoraine (ou De Moraine) par Nivet, Pouget, Bernard, Budzilowicz et Guillaumont. Les gravures de cette suite semblent avoir paru pour la première fois dans l'édition des Contes arabes donnée par Lehuby en 1843, puis avoir été reprises dans de nombreuses éditions des contes parues notamment chez Ducrocq père et fils au format in-12° et in-8°. Certaines de ces éditions (comme l'édition in-12° en 2 vol. à l'adresse « A la librairie de l'enfance et de la jeunesse / E. Ducrocq / successeur de P. C. Lehuby », 1861) semblent ne comprendre qu'une partie de la suite ; c'est le cas de la présente. Elle comprend les gravures ayant pour légende « Il arriva un autre viellard suivi de deux chiens noirs » (frontispice, t. I), « et touchant de son baton un des poissons » (t. I, p. 72), « et du bout de sa queue il me creva l'oeil droit » (t. I, p. 185),« Cortège du roi de Sérandib »(t. I, p. 270),« ma femme me frappa impitoyablement jusqu'à ce que les forces lui manquèrent »(t. 2, frontispice),« Il la vit venir au travers d'une fente »(t. II, p. 129),« Et dans cet état, il fut conduit vers la ville »(t. II, p. 196), et« Vous êtes le bien venu, lui dit-il, entrez »(t. II, p. 266). Antoine Galland (1646-1715), orientaliste et antiquaire français, fut le premier traducteur européen des Mille et une nuits, dont il donna entre 1704 et 1717 une version en français qui connut un immense succès et fit découvrir l'oeuvre à l'Occident. Professeur d'arabe au Collège royal, il rapporta également de ses voyages au Levant des manuscrits, des médailles et des inscriptions. Provenance : Monogramme couronné de l'impératrice Eugénie en tête et pied des dos (voir Lamort Reliures impériales p. 232) ; il s'agit peut-être d'une bibliothèque de campagne - on imagine sans peine que ces ouvrages destinés à la jeunesse auraient pu être lus par son fils, le Prince impérial. Bibliographie : Manson, Michel."Les éditeurs de littérature de jeunesse au Musée National de l'Éducation"in Trois siècles de publications pour la jeunesse (du XVIIIe au XIXe siècle) au Musée national de l'éducation, Paris / Rouen, Institut national de recherche pédagogique / Musée national de l'éducation, 2008, p. 46-65. CCFR : Aucun autre exemplaire. OCLC : Aucun autre exemplaire. Reliures frottées, dos passés, coins rognés. Rousseurs à certains feuillets, déchirure sans manque habilement restaurée à la planche de la p. 129 au v. 2.
Paris, Librairie de France, (1930). 2 forts vol. au format in-4 (283 x 237 mm) de xx - 249 pp. et 361 pp. Reliures de l'époque de demi-maroquin lie-de-vin à coins, filets gras à froid portés sur les plats, dos à nerfs ornés de filets en noir, titre doré, tomaison dorée, têtes dorées sur témoins, couvertures et dos conservés.
''Edition recherchée, surtout en grand papier''. (in Carteret). Ensemble - revêtu de délicates reliures du temps de plein maroquin - complet des deux volumes le constituant. Un des 300 exemplaires du tirage numéroté sur Arches ; venant après les 65 exemplaires de tête sur Japon et Hollande. Celui-ci, le n°CCLXXXI. Outre de nombreux ornements typographiques, l'ouvrage s'agrémente - en premier tirage - de 64 intéressantes compositions par Charles Martin ; dont 32 mises en couleurs au pochoir. Le conteur eclipse ici le fabuliste... La crispation religieuse de la fin du règne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du xixesiècle, ont mis dans l’ombre ces contes licencieux dont le défi poétique consiste à jouer de l’implicite pour (ne pas) nommer la sexualité, à «dire sans dire», dans un jeu de dérobade et de provocation reposant sur la complicité du lecteur. La Fontaine a mené simultanément ces deux activités, jusqu’à joindre des contes à l’ultime recueil de fables de 1693: bien plus qu’un laboratoire de la narration enjouée des Fables, les Contes pourraient bien participer d’une même entreprise, celle d’une narration poétique sous le signe d’une gaieté sans illusions. Ces récits paillards, imités pour beaucoup d'entre eux de l'Arioste, Boccace, ou de François Rabelais feront dire à leur auteur dans sa préface : "...et puis ce n'est ni le vrai ni le vraisemblable qui font la beauté et la grâce de ces choses-ci ; c'est seulement la manière de les conter." L’œuvre de La Fontaine offre la figure, exemplaire, d’une sagesse désabusée: elle choisit, comme le Démocrite de la fable Démocrite et les Abdéritains, la retraite méditative plutôt que la vie de la cité d’Abdère soumise aux pensers du vulgaire, et, face à la violence forcenée du réel elle préfère, contre l’Héraclite de l’Histoire, le rire plutôt que les pleurs. Monod II, Manuel de l'amateur de livres illustrés modernes, 6685 - Bénézit VII, Dictionnaire des peintres, p. 211 - Carteret IV, Le Trésor du bibliophile / Illustrés modernes, p. 226. Infimes marques d'usage affectant les reliures. Rares autant que claires rousseurs dans les corps d'ouvrages ; exception faite des feuillets du relieur. Nonobstant, belle condition.