Rouen, Guillaume Behourt, 1704 ; in-12, veau jaspé, dos lisse à faux-nerfs dorés, fleurons dorés, pièce de titre vert-empire, roulette sur les coupes, tranches jaunes (reliure ancienne) ; (8), 256 pp.
Reference : 17638
Edition originale, donnée par Jean Le Pelletier, alchimiste né à Rouen (1633-1711), elle contient, pour la première fois en français, des extraits et commentaires de l'oeuvre d'Eyrénée Philalethe : «Le secret de la liqueur immortelle ou de l'Alkaest. Ecrit en latin et en anglais par Eirenaeus Philalethe et traduit en français», ainsi que la traduction de textes de George Starkey : De la Pyrotechnie prouvée ; «Liquor Alkaest ou discours touchant le dissolvant immortel de Paracelse et de Van-Helmont» publié en anglois en 1675 après la mort de Starkey et suivi de «Réflexions sur la manière de faire l'Alkaest, que Starkey décrit dans les Traitez précédens». Très longue préface de Jean Le Pelletier, traducteur des textes de Starkey, qu'il présente comme le disciple d'un Maitre excellent nommé Eyrénée Philalèthe, sorte d'illustre inconnu ; le «mythe» de Philalèthe a duré fort longtemps, mais des travaux modernes ont prouvé qu'il s'agit du pseudonyme de George Starkey, médecin et alchimiste anglais (1628-1665), ami du physicien et chimiste Robert Boyle, et dont l'oeuvre la plus célèbre est son «Entrée ouverte au Palais fermé du Roi». Starkey fut aussi un ardent partisan du médecin-alchimiste hollandais Jean-Baptiste Van-Helmont (1577-1644). Minuscule trou de vers au dos, et au mors, sans gravité, bel exemplaire, très frais, ouvrage rare. (Caillet-6550 ; Fergusson-401 et s. ; Duveen-353 ; Stanislas de Guaita-1551).
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Guillaume Behourt | Rouen 1704-1706 | 10 x 16.4 cm | Relié
Réunion des éditions originales de deux textes alchimiques du commerçant et érudit rouennais Jean Le Pelletier. Exemplaire présentant de nombreuses annotations anciennes à l'encre en marges. Reliure en demi veau fauve, plats de papier à la colle, dos lisse orné de filets dorés, titre auteur et année dorés au dos, tranches rouges. Frottements et salissures à la reliure, mors en partie fendus, coiffe de tête endommagée, légères taches d'encre sur la tranche, rares manques sans atteinte au texte sur quelques feuillets, déchirure marginale sans manque de huit centimètres à la page 55 du deuxième texte. Réunion de deux ouvrages annotés consacrés à l'Alkaest, une énigmatique substance alchimique réputée capable de dissoudre toute matière. * Érudit rouennais, Jean Le Pelletier fit connaître en France luvre de George Starkey en réunissant dans cet ouvrage la traduction de ses textes et de ceux dEyrénée Philalèthe, le maître mystérieux que Starkey sétait très probablement inventé. Louvrage comprend notamment le dialogue de Philalèthe sur le secret de la liqueur immortelle, cinq chapitres de laPyrotechnie de Starkey et son traité posthume Liquor Alkaest, donné avec la dédicace à Robert Boyle. Ces traductions sont accompagnées dune préface de cent six pages, dans laquelle Le Pelletier entend démontrer que Starkey, à la suite de Philalèthe, quil tient pour un autre homme, a percé la véritable nature de lalkaest. Le Pelletier y met en doute que lalkaest de Jean-Baptiste Van Helmont, alchimiste et médecin flamand qui avait précédé Starkey dans létude de ce dissolvant, soit identique à celui de Paracelse, qui en avait forgé le nom. Louvrage en donne cette définition : "D. Qu'est-ce que l'Alkaest ? R. C'est un Menstruë, ou Dissolvant universel qu'on peut apeller d'un seul mot eau de feu : C'est un être simple & immortel, qui penetre toutes choses & les résout en leur premiere matiere liquide : rien ne peut resister à sa vertu : il agit sans réaction de la chose sur laquelle il agit, & ne souffre que de son semblable, qui seul le met sous le joug. Après qu'il a dissout toute autre chose, il demeure tout entier en sa première nature, & n'a pas moins de vertu après avoir servi mille fois, qu'il en avoit en sa premiere action". Cette visée médicale est davantage développée dans le second ouvrage de Jean Le Pelletier consacré aux recherches de Starkey, relié à la suite dans ce volume : L'Art ou la manière de volatiliser Les Alcalis, & d'en préparer des Remedes Succedanées ou aprochans de ceux que l'on peut préparer par l'Alkaest, tirez des Ouvrages de Starkey. Cet ouvrage paru en 1706 à deux adresses et sous plusieurs titres différents, contient les extraits de la Pyrotecnie de Starkey traduits et commentés par Jean Le Pelletier. Disciple de Van Helmont, Starkey fondait sa médecine sur deux substances, lalkaest et le sel de tartre, quil nommait les deux clefs de la pyrotechnie. Lalkaest devait séparer la vertu active des remèdes de leur part terrestre et vénéneuse, tandis que le sel de tartre devait convertir ces impuretés en un "excellent soufre spirituel". Dans une préface de cinquante-deux pages, Le Pelletier y prend la défense de Starkey, que ses détracteurs tenaient pour un imposteur, et soutient que les alcalis volatilisés, ces sels âcres tirés des cendres végétales ou des matières animales, peuvent, à linstar de lalkaest, guérir les maladies les plus désespérées. Le volume se clôt sur des recettes : une pilule diaphorétique et diurétique, et des procédés dextraction du sel volatil végétal empruntés à Daniel Coxe. La croyance en ce fluide était encore assez répandue au milieu du XVIIIe siècle pour que Paul-Jacques Malouin consacre à lalkaest un article de chimie de lEncyclopédie de Diderot et dAlembert. Il y rappelle que Paracelse et Van Helmont lui prêtaient le pouvoir de réduire tous les corps en leur matière primitive, sans jamais saltérer lui-même, et conclut que lalkaest est "un être de raison, cest-à-dire