‎ROUZIC L.‎
‎Le père‎

‎Pierre Téqui. 1927. In-18. Broché. Bon état, Tâchée, Dos plié, Intérieur frais. 288 p., gouttière recoupée.. . . . Classification Dewey : 240-Théologie morale et spirituelle‎

Reference : ROD0041221


‎ Classification Dewey : 240-Théologie morale et spirituelle‎

€14.90
Bookseller's contact details

Le-livre.fr / Le Village du Livre

ZI de Laubardemont
33910 Sablons
France

serviceclient@le-livre.fr

05 57 411 411

Contact bookseller

Payment mode
Others
Cheque
Others cards
Sale conditions

Les ouvrages sont expédiés à réception du règlement, les cartes bleues, chèques , virements bancaires et mandats cash sont acceptés. Les frais de port pour la France métropolitaine sont forfaitaire : 6 euros pour le premier livre , 2 euros par livre supplémentaire , à partir de 49.50 euros les frais d'envoi sont de 8€ pour le premier livre et 2€ par livre supplémentaire . Pour le reste du monde, un forfait, selon le nombre d'ouvrages commandés sera appliqué. Tous nos envois sont effectués en courrier ou Colissimo suivi quotidiennement.

Contact bookseller about this book

Enter these characters to validate your form.
*
Send

5 book(s) with the same title

‎[Paris, Versailles, Saumur, Saint-Domingue, Nantes, Ath, Hambourg] - ‎ ‎[ TRUTIE DE VAUCRESSON, Léger François ]‎

Reference : 71911

(1840)

‎[ Manuscrit autographe : ] Mémoires du Chevalier Léger Trutié de Vaucresson [Souvenirs autobiographiques autographes et inédits retraçant le destin du jeune Léger Trutié de Vaucresson, jeune noble de 15 ans pris dans la tourmente de la Révolution française. Avec un témoignage saisissant du traumatisme de l'été 1789, du massacre de ses proches, Foulon et Bertier de Sauvigny, des derniers jours de la cour de Versailles, une immersion rare dans la société coloniale de Saint-Domingue en 1790 avec ses tensions raciales et un duel à 16 ans, le retour en France en 1791 et les réseaux de l'émigration militaire ] Mémoires du Chevalier T. de Vaucresson. Chapitre 1. Trop avancé dans la vie pour que le présent ait quelque charme pour moi, j’ai besoin de jeter un regard en arrière & de chercher à revivre dans le passé. Je n’ai point la prétention d’occuper le public de moi car je n'aime point à me mettre en évidence. J'abandonne le plan à ceux qui ont l'opinion contraire et cherchent à faire de l'effet, [… ] bien commun dans le siècle où nous vivons. Il aurait peut-être mieux convenu à mon goût pour le repos de garder le silence et de mourir dans l'oubli, mais dans la longue carrière que j'ai parcourue et au milieu des orages qui se sont renouvelés si fréquemment pendant sa durée, j'ai dû naturellement voir beaucoup de choses & je suis entraîné à les raconter à mes enfants et à mes contemporains pour éclaircir certains faits dont j'ai été témoin et que l'esprit de parti qui corrompt tout a dénaturés. Je parlerai avec le langage de la vérité, si rare dans les convulsions qui nous agitent et des faits qui me sont personnels et de ceux qui se rattachent à la politique.Je ne cacherai rien, je ne déguiserai rien, car, je n’ai aucune raison pour altérer la vérité, et si quelques personnes pouvaient en être blessées, je déclare ici que je n'ai point la volonté de les atteindre et que bien ou mal, je passe condamnation sur tout ce qui a été fait [Page 2 :] même contre moi. Ce n'est point [ au ] déclin de la vie, lorsque l'on n'a plus rien à attendre ou à espérer des hommes que peut continuer de la haine pour eux.Naissance. Je suis né à Paris le 11 mars 1774 : mon père qui possédait une très brillante fortune avait commencé à servir dans les mousquetaires; depuis, lors de la dissolution des parlements à la fin du règne de Louis XV, pressé par le chancelier de Maupeou et par M. Bertier de Sauvigny premier président, il quitta le militaire pour accepter dans le nouveau parlement de Paris une charge de conseiller de grand'chambre, mais l'espèce de réprobation qui paraissait se manifester contre cette magistrature improvisée et les difficultés qu'il éprouva pour obtenir une charge de président à mortier qui lui avait été promise le dégoûtèrent de cette carrière. Iil rentra dans le militaire comme capitaine de cavalerie et acheta une charge de maréchal général des logis de la cavalerie qui devait le porter au grade de Mestre de camp. Quelques temps auparavant il avait épousé à Versailles Marie le Noir de Pasdeloup, d'une des plus anciennes familles nobles de l'Anjou, elle était nièce du Conseille Foulon conseiller d'état surintendant de la guerre et de la marine. De ce mariage il eut plusieurs enfants.Éducation. Dans la position de fortune où était mon père, rien ne fut épargné pour mon éducation [Page 3:] Toutefois à l'époque dont il s'agit, l’éducation n'était pas poussée à fond comme de nos jours, l'état militaire étant [ le seul recherché] par la noblesse, elle négligeait [la connaissance] des sciences exactes et celle du droit [qui demandaient] de longues études et qui ne lui auraient [ pas permis ] d'entreprendre, dès l'âge de 15 ans, la carrière qui lui semblait la seule honorable. [ … ] jusqu'en troisième, l'arithmétique, l'histoire, le dessin, la danse et l'escrime, composaient à peu près toute la science d'un gentilhomme. On pensait alors et peut-être avec raison que l’excès des études propres aux savants détruisaient ou énervaient les forces physiques des jeunes gens et qu'enfin pour remplir avec honneur la carrière militaire il fallait en première ligne s'attacher à développer les forces du corps et à graver dans le coeur de ceux qui s'y destinaient les beaux et nobles sentiments qui dans les siècles précédents ont imposés à la noblesse tant de sacrifices pour le service du Roi et la défense de la patrie.Révolution de 1789. J'atteignais à peine l'âge de 14 ans lorsque la révolution de 1789 vint bouleverser toutes les têtes et troubler le doux repos dont la France jouissait. On a déjà tant parlé à tort ou à raison des causes qui ont amené cette sanglante catastrophe qu'il deviendrait superflu d'y revenir. Chacun a apporté dans ces tristes discussions l'opinion qu'il s'était faite dans son propre intérêt et peut-être n'était-il jamais [Page 4 :] existé de contraintes plus vives de part et d'autre, sans cependant amener le triomphe de la vérité. Trop jeune à cette époque pour avoir pu juger sainement cette grande question, je dois me borner à rappeler ces moments dont chacun s'est plus ou moins ressenti.En 1782, mon père, qui possédait de grands biens à Saint-Domingue, avait été obligé pour rétablir l'ordre dans ses affaires, de se rendre dans cette colonie, où des gérants profitaient de son absence, mettant depuis la mort de mon grand-père tous ses biens au pillage (il était temps d’arrêter ces dilapidations). En quittant la France, il avait abandonné à ma mère qui agissant en cela avec prudence, avait établi dans ses dépenses plus d'ardeur et d'économie que par le passé. Nous habitions l'hiver à Paris et l'été la terre de Vaucresson entre Saint-Cloud et Versailles. Ce fut dans cette terre, qui dans le grand siècle faisait les délices du duc de Bauvilliers, que j'ai passé une partie des premières années de mon enfance. Temps heureux ! où l'avenir se déroulait plein de charmes à mes yeux, bonheur que je croyais sans fin, qui fut bientôt remplacé par de cruelles douleurs.Au mois de juin 1789, nous jouissions de cette douce paix qui n'était troublée que [Page 5: ] par les inquiétudes que font toujours naître les avant-coureurs d'une commotion politique, lorsqu'un courrier venant de Paris annonça à ma mère le massacre de monsieur Foulon et de monsieur Berthier. Les détails de cette circonstance nous affligèrent douloureusement. Non seulement le peuple en délire avait répandu le sang de ses victimes, mais il s'était livré à des excès tels, que les peuples les plus sauvages en auraient rougi de honte, après avoir assouvi leur rage sur ces infortunes, dont le seul crime était leur dévouement comme au roi, ces monstres leur coupèrent la tête, la placèrent au bout d'une pique et connaissant les liens de famille qui existaient entre nous et leurs victimes, ils vinrent présenter leurs têtes sanglantes aux croisées de l'hôtel que nous occupions à Paris. Ces détails étaient un avertissement pour nous de nous tenir sur nos gardes ; en conséquence ma mère quitta sur le champ le château de Vaucresson pour venir se réfugier à Versailles, mais déjà les affreuses nouvelles étaient partout répandues, et ce ne fut pas sans peine et sans être insulté par nos paysans que nous pûmes effectuer notre retraite. [Page 6: ] Ainsi le même jour et presque au même instant les deux chefs vénérés de ma famille nous furent enlevés, par un crime atroce que l'on ne peut avec raison toutefois attribuer entièrement à ceux qui l'ont commis, mais dont nous avons tous connu l'auteur qui, pour arriver au trône, voulait se débarrasser à tout prix des hommes de tête et de coeur qui entouraient le malheureux Louis XVI. Il fallait pour l'atteindre facilement le laisser sans défense.Stanislas … Foulon, baron de Doué, seigneur de Morangies, Soulangé et autres lieux, conseiller d'État, décoré de la croix de commandeur de Saint-Louis, à l'époque de sa mort avait environ 75 ans. Il était d'une famille respectable de Saumur en Anjou. Le marquis de Pasdeloup, mon grand-père maternel, avait épousé sa sœur; sa belle et noble figure, ses talents distingués et principalement la fermeté de son caractère le firent remarquer. Jeune encore, il était commissaire ordonnateur de la guerre et le maréchal duc de Richelieu qui l'aimait le fit nommer intendant de son armée. De retour de ses campagnes, il fut bien accueilli à la cour et sous le ministère de monsieur le duc de Choiseul, fut nommé par le roi surintendant de la guerre et de la marine. La chute du [Page 7:] Premier ministre entraina la sienne, mais le Roi ne pouvant consentir à se priver de ses talens le nomma conseiller d'Etat. Louis Seize qui connoissait sa bonne réputation et qui sentait le besoin de s'entourer d'hommes de tête, ayant en 1789 nommé premier ministre Mr le Maréchal duc de Broglie, Mr Foulon fut nommé ministre de la guerre, mais il connoissait le système de modération et de concession adopté par la cour. Les sourdes menées des révolutionnaires, la confiance d'un Roi faible et timide devait l'exposer personnellement aux plus grands malheurs, sans qu'il put en rien résulter d'avantageux pour son pays; il refusa de se charger d'un fardeau que les circonstances rendaient trop pesant. Sa détermination prise, il crut pouvoir revenir à Paris, mais il y fut insulté dans son hôtel et quelques jours après arrêté par les factieux et conduit à l'hôtel de ville où il fut impitoyablement massacré par une populace ivre de sang.Mr Foulon était malgré la fermeté de son caractère, d'une humeur douce et facile, très attaché à sa famille il avait fait élever ma mère auprès de lui et contribua à son mariage avec mon père. Son gendre Berthier fils de Mr Berthier de Sauvigny, premier président au parlement sous le Chancelier [Page 8:] Maupeou était d'une figure fort agréable et d'une petite taille. Il était doué d'une grande distinction de manières. Très jeune encore il fut nommé intendant de la généralité de Paris. Enfant gâté de la fortune mais d'un esprit aimable et conciliant il avait su se faire pardonner son élévation prématurée et avait peu d'ennemis. Toutefois son dévouement au Roi était connu, c'était assez pour le rendre suspect au duc d'Orléans qui ne laissa pas échapper l'occasion de se débarrasser d'un homme qu'il considérait comme un obstacle à ses projets ambitieux.Ma mère était trop sincèrement attachée à sa famille pour ne pas être profondément affligée de ces événements qui nous firent sur le champ quitter la campagne. Nous arrivâmes en fugitifs à Versailles sans y être attendus et sans savoir où nous irions loger, un de nos amis touché de notre situation nous offrit un asile chez lui et bientôt Madame Elisabeth ayant appris notre arrivée, daigna faire mettre à notre disposition un logement qui lui appartenait rue de Maurepas.J'avais à peine quatorze ans à cette époque, par principe et par devoir j'étais dévoué au Roi, ses malheurs n'avaient fait que développer ce sentiment et je puis affirmer qu'il était arrivé [Page 9: ] à un tel degré d'exaltation qu'il était une sorte de fanatisme. Quoique dans l'âge où l'on ne pouvait être admis à la cour, je ne manquai cependant aucune occasion de m'y présenter et les huissiers de la chambre étaient tellement dans l'usage de me voir que je pénétrais dans tous les appartements sans aucun obstacle. L'habitude de voir le Roi, la Reine et les princes, la fréquentation continuelle de tous les habitués de la galerie du château et de l'oeil de boeuf me donna bientôt le goût et les manières du grand monde & c’est sans contredit à ces premiers mois de mon entrée dans la vie que j’ai dû, depuis les succès que j'ai obtenus dans un monde inférieur.Quatre mois se passèrent ainsi et les événements suivaient leur triste cours. Quelques jours après le peuple de Paris, encouragé par la faiblesse du gouvernement, vint à Versailles pour forcer le Roi de venir s'établir à Paris avec sa famille. (Jusque là les régimens qui composaient la garnison de Versailles s’étaient maintenus dans un assez bon espoir mais pour fortifier encore leurs bonnes dispositions, les Gardes du Corps les invitèrent à dîner avec ma permission du Roi dans la salle de spectacle du château. J’assistais à cette fête où les plus nobles sentimens se manifestèrent. La Reine en digne fille de Marie-Thérèse prit Mr le Dauphin dans ses bras et le présenta aux troupes qui firent éclater leurs transports, mais cette démonstration n’eut aucun bon résulta). Ce fut le 5 octobre 1789 que cet événement s’effectua, une armée de bandits dirigée par les factieux vint assiéger la résidence Royale, les portes du château furent enfoncées, le peuple se précipita dans les appartements et la malheureuse Reine ne dut son salut [Page 10: ] qu'au dévouement d'un garde du corps qui en défendant l'entrée de sa chambre à coucher aux dépens de sa vie, donna le temps à la princesse de se sauver dans la chambre du roi. Cette nuit fut affreuse et j'en conserve encore le souvenir. Chaque instant était marqué par la détonation d'une arme à feu et dix-sept gardes du corps périrent victimes de leur attachement à leur maître.Le lendemain la cour quitta le château de Versailles et cette ville ne pouvant plus être un asile sûr pour nous nous partîmes pour Saumur où était mon grand-père.Saumur est une charmante petite ville sur les bords de la Loire, le marquis de Pasdeloup, père de ma mère y jouissait d'une haute considération, acquise par une conduite sans reproche et une naissance distinguée. Sa maison était ouverte à tout ce qu'il y avait d'honorable dans l'Anjou et à tous les officiers supérieurs de la garnison. C'est alors que sollicité par mes instances ma mère consentit à me faire entrer de suite au service j'avais quinze ans et demi, il était temps d'y penser, mais comme à cette époque ainsi que je l'ai déjà dit, la noblesse ne recherchait que le service militaire, il en résultait que toutes les issues dans les corps étaient [Page 11:] encombrées par une foule de jeunes gens dont le nombre excédait de beaucoup celui des places dont le gouvernement pouvait disposer, et qu'ainsi tout mouvement étant arrêté, il fallait attendre quelques fois des années pour arriver à son but et perdre un temps précieux. Le régiment de Royal Roussillon cavalerie (4ème de cuirassier) qui était alors en garnison à Saumur comptait dans ses rangs à cette époque 33 officiers à sa suite absents du corps. Mon impatience ne s'accommodant pas d'un tel état de choses ma mère écrivit en conséquence au marquis de Vignacourt qui était colonel du régiment et le 1er janvier 1790 je fus admis comme volontaire en attendant un brevet de sous-lieutenant.Le service militaire avait un grand attrait pour moi et je ne puis exprimer tout le bonheur que j'éprouvais en portant pour la première fois cet habit depuis longtemps objet de mes désirs. Je commençai donc à faire mon cours d'équitation et à monter mes gardes afin de me rendre digne du grade sur lequel je comptais. Ces occupations qui avaient pour moi un grand charme durèrent toute l'année mais, l'horizon politique se couvrait [Page 12:] de nuages, tout s'écroulait sous nos pieds, la discipline des meilleurs régiments commençait à se relâcher, les bas officiers se plaignaient de ne pas participer aux avancements et d'être commandés par des jeunes gens inexpérimentés dont le seul mérite selon eux était leur titre de noblesse. Toutes ces clameurs suggérées par les nouvelles idées révolutionnaires, étaient en partie fondées par la négligence avec laquelle beaucoup de jeunes officiers faisaient leur service, la plupart suivaient leur carrière à défaut d'autres que les préjugés du temps leur interdisaient et dans le seul but de se faire un état et d'ajouter à leur considération. L'armée était encombrée de ces auxiliaires inutiles et les officiers supérieurs des corps n'avaient pas toujours assez de caractère ou d'indépendance pour les contenir et les diriger, les plaintes des inférieurs pouvaient donc se justifier jusqu'à un certain point et naturellement elles devaient finir par ébranler la discipline et diviser les corps qui à l'époque dont il s'agit avaient plus que jamais besoin d'union. Comme tous les autres devenus la victime de ces fâcheuses dispositions et pour éviter le prétexte d'un mouvement insurrectionnel dans mon régiment je fus obligé de [Page 13: ] m'éloigner et de demander un congé qui me fut accordé sur le champ. Je revins donc chez mon grand-père espérant que mon absence ne serait que momentanée et que les événements me permettraient de reprendre mon service. Cette espérance fut vaine il était dans ma destinée de ne jamais revoir les étendards du régiment de Royal Roussillon et la tourmente révolutionnaire me réservait un autre destin.Pendant le cours de ces tristes événements les colonies n'avaient pas été préservées. Elles étaient alors trop riches et trop florissantes pour ne pas exciter l'envie des révolutionnaires toutefois leur influence n'avait pas encore fait un grand progrès et elles avaient à lutter avec l'intérêt personnel des propriétaires et des habitans et le tems de leur triomphe n'était pas encore venu. J'ai déjà dit que mon père était reparti pour St Domingue en 1782 dans le but d'établir l'ordre dans ses habitations. En 1790, époque dont nous parlons, il était parvenu après huit ans de travail et de peines à remettre ses biens dans l'état le plus florissant mais ce changement n'était d'aucun [Page 14:] avantage pour nous en France; car mon père avait pris depuis le commencement de la révolution une telle aversion pour la France, telle qu'on cherchait à la faire qu'il y avait renoncé pour toujours et qu'il ne voulait faire à ma mère aucun envoye de fonds pour soutenir sa famille. Cet état de choses rendait notre position très fâcheuse en France et il devenait indispensable de la faire cesser. Mon père vint à notre aide en écrivant à ma mère de lui envoyer au plutôt ses trois fils, cet ordre était accompagné de recommandations très detaillées sur les précautions à prendre pour effectuer ce grand voyage qui devait effrayer naturellement beaucoup ma mère.Lorsque l'ordre de mon père arriva je venais de recevoir mon congé, j'étais encore à Saumur. Je n'hésitai pas à me mettre en route et j'arrivai à Nantes en octobre 1790 pour m'embarquer sur le navire le [ Zwininger ? ], Cap. Tarbois en chargement pour St Domingue.A cette époque l'état de la France devenant de plus en plus inquiétant pour le repos des honnêtes gens, chaque personne un peu marquante cherchait à s'éloigner du foyer révolutionnaire et ceux que l'idée d'un voyage long et hasardeux avait effrayés dans un tems [Page 15: ] de calme et de repos n'éprouvaient aucune répugnance à se risquer aux plus grandes entreprises pour fuir des dangers qui leur paraissaient bien plus redoutables. Cette disposition des esprits me fut favorable en ce que je trouvai parmi les nombreux passagers embarqués sur le Zwininger plusieurs personnes respectables dont la société devait naturellement adoucir les ennuis d'un long voyage et les regrets que je devais éprouver en quittant pour la première fois ma mère et le sol de la patrie.Notre bâtiment l'un des plus beaux du commerce de Nantes était depuis quelques jours descendu au mouillage devant St Nazaire petit bourg au-dessous de Paimboeuf à l'entrée de la Loire. Tout étant près pour le départ et le vent étant favorable nous appareillâmes le 24 février 1790. Sous voile nous nous trouvâmes 52 passagers dont 17 à la table du capitaine, parmi ces derniers on remarquait le Comte et la Comtesse Auguste de la Tourette avec Mr. et Mde de Pimelle qui allaient chercher à St Domingue des habitations dont les revenus ne leur parvenaient jamais, Pauvre famille qui était destinée à trouver la mort au lieu de ces grands biens objet de leur espérance. [Page 16:] Monsieur de La Tourette était d'une famille noble très connue en Vivarais et assez mal famée dans son état bien près de la misère tous les moyens leur semblaient bons pour arriver à la fortune. Celui dont il est icy question, comme ses frères, était officier des gardes du corps du Roi, pour se soutenir dans cette position l'argent lui manquait il épousa Mlle de Pimelle fille d'un gentilhomme Bourguignon d'assez bonne race, qui s'était allié à une mulâtresse propriétaire à Saint-Domingue. Mde Auguste de La Tourette était donc femme de couleur ce qui affectait peu la délicatesse de son mari, mais cette origine lui attira à Saint-Domingue de grandes humiliations. Quelques temps après l'arrivée de la famille dans la colonie Messieurs de La Tourette et de Pimelle s'étant présentés dans une assemblée de propriétaires en furent chassés ignominieusement et la douleur qu'ils en ressentirent les conduisit bientôt au tombeau. Mme de La Tourette restée veuve usa fort légèrement de sa liberté et vint au Port au Prince où elle mourut de chagrin en laissant un fils, mort quelques années après. Cette jeune femme n’était pas la seule qui fut nous promettre quelques compensations aux peines du voyage, mais était celle qui méritait le plus vif intérêt. [Page 17:] Je n'entreprendrai pas de détailler ici l'emploi de notre temps pendant la traversée je n'en ai le temps, ni la volonté, de faire le journal de mon voyage, il suffit de dire qu'après quarante cinq jours bons ou mauvais notre bâtiment vint mouiller au Cap Français, à cette époque la plus belle et la plus riche ville des Antilles.Une discussion que j'avais eue à bord avec un nommé Coussin ingénieur se disant Grand Voyer à Saint-Domingue me força de descendre à terre un moment après le mouillage. J'avais alors 16 ans. Je n'avais jamais mis l'épée à la main, mon adversaire âgé de plus de 30 ans avait sur moi un immense avantage. Cette infériorité devait naturellement appeler sur moi tout l'intérêt, aussi lorsque j'arrivais à terre où déjà le bruit du combat s'était répandu je me trouvai entouré de plus de 200 jeunes gens de la ville qui m'accompagnaient au rendez-vous. Cette publicité à laquelle je ne m'attendais pas fit d'abord une forte impression sur moi, toutefois j'étais trop animé pour hésiter un instant je mis l'épée à la main et malgré tous les dangers de ma position et le sentiment de ma propre faiblesse, je me présentai [Page 18:] avec fermeté au-devant de mon adversaire. Les fers croisés l'affaire ne devait pas se prolonger, car, je ne savais ni attaquer, ni me défendre, l'épée de mon adversaire ne rencontrant aucune opposition le sang jaillit bientôt de ma chemise, aussitôt tous les témoins s'écrièrent que j'étais blessé et se jetèrent sur moi en me comblant d'éloges et de marques d'intérêt, ma rentrée en ville fut une véritable ovation, chacun cherchait à me soutenir, tandis que d'autres appelaient un chirurgien à mon secours. De tous ceux cependant qui étaient présents à cette scène j'étais peut-être le plus calme, car je ne me sentais pas gravement blessé et bientôt on reconnut que je ne m'étais pas trompé. Le premier appareil mis je pus sortir le soir me rendre au spectacle.Je restai environ huit jours au Cap et je me rendis ensuite au Port au Prince où je devais trouver mon père. A peine au mouillage un officier vint de la part de Mr. le Comte de Blanchelande alors gouverneur de l'île, ordonner au capitaine de se rendre avec tous ses passagers au gouvernement. Chacun se prépara donc à descendre à terre. Mon frère et moi nous primes nos uniformes et accompagnés des autres passagers nous primes seul le capitaine le chemin du gouvernement.Lorsque nous eûmes traversé la ville et la cour du palais du gouverneur nous nous trouvâmes au pied du grand escalier et comme j'étais en tête de la file avec mon frère je franchis les degrés et m'adressai à un chevalier de Saint Louis qui se tenait sur la terrasse et que je crus être le gouverneur. Je lui dis que d'après des ordres transmis par un de ses aides de camp les passagers du Domingue venaient lui rendre leurs devoirs. Je ne suis point le gouverneur me répondit-il mais voici le gouverneur dans le salon où il vous attend.Nous entrâmes alors en foule dans le salon où nous trouvâmes Monsieur de Blanchelande qui nous reçut avec bonté et demanda au capitaine la liste de ses passagers. Les noms furent appelés successivement et quand le gouverneur fut arrivé au notre il se tourna devers le chevalier de Saint Louis à qui j'avais parlé et lui dit comment Monsieur de Blanchelande n'avez vous pu reconnaitre vos enfans ? Cher Monsieur ajouta-t-il embrassez votre père.L'entrevue fut touchante, mon père nous fit mille caresses. Il nous fit part de la crainte de sa fortune de ses projets et des craintes sur le résultat des troubles qui à cette époque désolaient la France. Son dessein était de réaliser sa fortune et de se retirer au continent de l'Amérique où il voulait nous établir.Le soir même il nous conduisit à son habitation du quartier du Lamentin qui était l'une des plus belles de cette partie de la colonie et les premiers momens de notre séjour auprès de lui eurent mille charmes pour nous. – Toutefois ce tems de repos et de bonheur fut de peu de durée, une querelle, dans le principe fort légère vint mettre un terme à cette bonne harmonie et nous nous sommes obligés de quitter son habitation et de nous retirer au Port au Prince. Cette séparation eut du retentissement dans la colonie et beaucoup de gens qui connaissaient le caractère violent de mon père vinrent à nous, et comme nous ne pouvions revenir au Lamentin sans y donner lieu à un nouveau scandale on prit le parti de la négociation et il fut convenu que nous retournerions en France par le premier bâtiment de commerce en partance et que mon père pourvoirait à nos frais du passage et à notre entretien en France. Ceci bien arrêté nous nous embarquâmes sur un navire de Nantes et après une traversée bien longue [Page 22: ] et bien dangereuse nous arrivâmes à Nantes soixante six jours après notre départ du Port au Prince, le 25 avril 1791.Mes frères partirent pour leurs régimens mais, avant de rejoindre le mien, j'avais à m'assurer si ma présence n'y causerait pas quelque nouveau trouble. En effet les mauvaises dispositions des sous officiers n'avaient fait que s'accroitre et je ne fus pas à me repentir de ma prudence. Je pris le parti de venir en Normandie chez Monsieur de Bertingles ma tante ou ma mère se trouvait alors à y attendre le résultat des événemens qui se préparaient. En Juillet le Roi parti des Tuileries où il était prisonnier, avec toute sa famille et quelques jours après fut ramené à Paris. Cette catastrophe qui plongea la France dans le deuil, vint finir mes irresolutions, je quittai ma famille et le 8 septembre je partis pour Enconnay ville de la frontière de la Flandre autrichienne, dans l'intention de me rendre à Ath, ville désignée pour la réunion de tous les gentilshommes émigrés de France.Les premiers jours d'octobre Monsieur le Comte de la Châtre commandant tout le cantonnement m'ordonna de me rendre à Soignies et me fit incorporer provisoirement dans une compagnie composée de tous les officiers appartenant au régiment Royal des vaisseaux [Page 22sur feuillet volant, décrivant des événemens postérieurs] Mon séjour à Hambourg, le comte Bernhard ambassadeur, le 7 septembre 1798 départ de Hambourg, passage de l'Elbe, voyage dans le pays de Hanovre, arrivée à Leer, première ville hollandaise, mon passeport signé par l'ambassadeur, entrée en France, arrivée à Rouen, [… ] Marchand, je vais me réfugier dans la forêt de Léon au château de St Crespin chez Monsieur de [ Bertinay ?] visite domiciliaire, la gendarmerie cerne le château, conduite du maire et du commissaire de police de Lyon = mon sang-froid en cette circonstance me [ sauve? ], la gendarmerie se retire, résolution que je prends de quitter la Normandie, avec un passeport de complaisance. Arrivée à Saumur chez mon oncle le Ministre pour la succession de mon grand père, séjour à Saumur.. voyage à Poitiers. ‎

‎1 cahier format 31 x 20 cm, 44 ff. , 2 ff. débrochés (le premier a été manifestement détaché suite à une erreur du rédacteur qui a inversé recto et verso), dont 12 ff. rédigés à l'encre brune, souvent en recto verso, d'une écriture cursive régulière, s.d. [ circa 1830-1849 ] Etat satisfaisant : une forte salissure en angle supérieur droit, 2 feuillets débrochés, qq. accrocs, mais le manuscrit reste bien lisible. Voici la transcription complète : [ Manuscrit autographe : ] Mémoires du Chevalier Léger Trutié de Vaucresson [Souvenirs autobiographiques autographes et inédits retraçant le destin du jeune Léger Trutié de Vaucresson, jeune noble de 15 ans pris dans la tourmente de la Révolution française. Avec un témoignage saisissant du traumatisme de l'été 1789, du massacre de ses proches, Foulon et Bertier de Sauvigny, des derniers jours de la cour de Versailles, une immersion rare dans la société coloniale de Saint-Domingue en 1790 avec ses tensions raciales et un duel à 16 ans, le retour en France en 1791 et les réseaux de l'émigration militaire ] Mémoires du Chevalier T. de Vaucresson. Chapitre 1. Trop avancé dans la vie pour que le présent ait quelque charme pour moi, j’ai besoin de jeter un regard en arrière & e chercher à revivre dans le passé. Je n’ai point la prétention d’occuper le public de moi car je n'aime point à me mettre en évidence. J'abandonne le plan à ceux qui ont l'opinion contraire et cherchent à faire de l'effet, [… ] bien commun dans le siècle où nous vivons. Il auraitt peut-être mieux convenu à mon goût pour le repos de garder le silence et de mourir dans l'oubli, mais dans la longue carrière que j'ai parcourue et au milieu des orages qui se sont renouvelés si fréquemment pendant sa durée, j'ai dû naturellement voir beaucoup de choses & je suis entraîné à les raconter à mes enfants et à mes contemporains pour éclaircir certains faits dont j'ai été témoin et que l'esprit de parti qui corrompt tout a dénaturés. Je parlerai avec le langage de la vérité, si rare dans les convulsions qui nous agitent et des faits qui me sont personnels et de ceux qui se rattachent à la politique.Je ne cacherai rien, je ne déguiserai rien, car, je n’ai aucune raison pour altérer la vérité, et si quelques personnes pouvaient en être blessées, je déclare ici que je n'ai point la volonté de les atteindre et que bien ou mal, je passe condamnation sur tout ce qui a été fait [Page 2 :] même contre moi. Ce n'est point [ au ] déclin de la vie, lorsque l'on n'a plus rien à attendre ou à espérer des hommes que peut continuer de la haine pour eux.Naissance. Je suis né à Paris le 11 mars 1774 : mon père qui possédait une très brillante fortune avait commencé à servir dans les mousquetaires; depuis, lors de la dissolution des parlements à la fin du règne de Louis XV, pressé par le chancelier de Maupeou et par M. Bertier de Sauvigny premier président, il quitta le militaire pour accepter dans le nouveau parlement de Paris une charge de conseiller de grand'chambre, mais l'espèce de réprobation qui paraissait se manifester contre cette magistrature improvisée et les difficultés qu'il éprouva pour obtenir une charge de président à mortier qui lui avait été promise le dégoûtèrent de cette carrière. Iil rentra dans le militaire comme capitaine de cavalerie et acheta une charge de maréchal général des logis de la cavalerie qui devait le porter au grade de Mestre de camp. Quelques temps auparavant il avait épousé à Versailles Marie le Noir de Pasdeloup, d'une des plus anciennes familles nobles de l'Anjou, elle était nièce du Conseille Foulon conseiller d'état surintendant de la guerre et de la marine. De ce mariage il eut plusieurs enfants.Éducation. Dans la position de fortune où était mon père, rien ne fut épargné pour mon éducation [Page 3:] Toutefois à l'époque dont il s'agit, l’éducation n'était pas poussée à fond comme de nos jours, l'état militaire étant [ le seul recherché] par la noblesse, elle négligeait [la connaissance] des sciences exactes et celle du droit [qui demandaient] de longues études et qui ne lui auraient [ pas permis ] d'entreprendre, dès l'âge de 15 ans, la carrière qui lui semblait la seule honorable. [ … ] jusqu'en troisième, l'arithmétique, l'histoire, le dessin, la danse et l'escrime, composaient à peu près toute la science d'un gentilhomme. On pensait alors et peut-être avec raison que l’excès des études propres aux savants détruisaient ou énervaient les forces physiques des jeunes gens et qu'enfin pour remplir avec honneur la carrière militaire il fallait en première ligne s'attacher à développer les forces du corps et à graver dans le coeur de ceux qui s'y destinaient les beaux et nobles sentiments qui dans les siècles précédents ont imposés à la noblesse tant de sacrifices pour le service du Roi et la défense de la patrie.Révolution de 1789. J'atteignais à peine l'âge de 14 ans lorsque la révolution de 1789 vint bouleverser toutes les têtes et troubler le doux repos dont la France jouissait. On a déjà tant parlé à tort ou à raison des causes qui ont amené cette sanglante catastrophe qu'il deviendrait superflu d'y revenir. Chacun a apporté dans ces tristes discussions l'opinion qu'il s'était faite dans son propre intérêt et peut-être n'était-il jamais [Page 4 :] existé de contraintes plus vives de part et d'autre, sans cependant amener le triomphe de la vérité. Trop jeune à cette époque pour avoir pu juger sainement cette grande question, je dois me borner à rappeler ces moments dont chacun s'est plus ou moins ressenti.En 1782, mon père, qui possédait de grands biens à Saint-Domingue, avait été obligé pour rétablir l'ordre dans ses affaires, de se rendre dans cette colonie, où des gérants profitaient de son absence, mettant depuis la mort de mon grand-père tous ses biens au pillage (il était temps d’arrêter ces dilapidations). En quittant la France, il avait abandonné à ma mère qui agissant en cela avec prudence, avait établi dans ses dépenses plus d'ardeur et d'économie que par le passé. Nous habitions l'hiver à Paris et l'été la terre de Vaucresson entre Saint-Cloud et Versailles. Ce fut dans cette terre, qui dans le grand siècle faisait les délices du duc de Bauvilliers, que j'ai passé une partie des premières années de mon enfance. Temps heureux ! où l'avenir se déroulait plein de charmes à mes yeux, bonheur que je croyais sans fin, qui fut bientôt remplacé par de cruelles douleurs.Au mois de juin 1789, nous jouissions de cette douce paix qui n'était troublée que [Page 5: ] par les inquiétudes que font toujours naître les avant-coureurs d'une commotion politique, lorsqu'un courrier venant de Paris annonça à ma mère le massacre de monsieur Foulon et de monsieur Berthier. Les détails de cette circonstance nous affligèrent douloureusement. Non seulement le peuple en délire avait répandu le sang de ses victimes, mais il s'était livré à des excès tels, que les peuples les plus sauvages en auraient rougi de honte, après avoir assouvi leur rage sur ces infortunes, dont le seul crime était leur dévouement comme au roi, ces monstres leur coupèrent la tête, la placèrent au bout d'une pique et connaissant les liens de famille qui existaient entre nous et leurs victimes, ils vinrent présenter leurs têtes sanglantes aux croisées de l'hôtel que nous occupions à Paris. Ces détails étaient un avertissement pour nous de nous tenir sur nos gardes ; en conséquence ma mère quitta sur le champ le château de Vaucresson pour venir se réfugier à Versailles, mais déjà les affreuses nouvelles étaient partout répandues, et ce ne fut pas sans peine et sans être insulté par nos paysans que nous pûmes effectuer notre retraite. [Page 6: ] Ainsi le même jour et presque au même instant les deux chefs vénérés de ma famille nous furent enlevés, par un crime atroce que l'on ne peut avec raison toutefois attribuer entièrement à ceux qui l'ont commis, mais dont nous avons tous connu l'auteur qui, pour arriver au trône, voulait se débarrasser à tout prix des hommes de tête et de coeur qui entouraient le malheureux Louis XVI. Il fallait pour l'atteindre facilement le laisser sans défense.Stanislas … Foulon, baron de Doué, seigneur de Morangies, Soulangé et autres lieux, conseiller d'État, décoré de la croix de commandeur de Saint-Louis, à l'époque de sa mort avait environ 75 ans. Il était d'une famille respectable de Saumur en Anjou. Le marquis de Pasdeloup, mon grand-père maternel, avait épousé sa sœur; sa belle et noble figure, ses talents distingués et principalement la fermeté de son caractère le firent remarquer. Jeune encore, il était commissaire ordonnateur de la guerre et le maréchal duc de Richelieu qui l'aimait le fit nommer intendant de son armée. De retour de ses campagnes, il fut bien accueilli à la cour et sous le ministère de monsieur le duc de Choiseul, fut nommé par le roi surintendant de la guerre et de la marine. La chute du [Page 7:] Premier ministre entraina la sienne, mais le Roi ne pouvant consentir à se priver de ses talens le nomma conseiller d'Etat. Louis Seize qui connoissait sa bonne réputation et qui sentait le besoin de s'entourer d'hommes de tête, ayant en 1789 nommé premier ministre Mr le Maréchal duc de Broglie, Mr Foulon fut nommé ministre de la guerre, mais il connoissait le système de modération et de concession adopté par la cour. Les sourdes menées des révolutionnaires, la confiance d'un Roi faible et timide devait l'exposer personnellement aux plus grands malheurs, sans qu'il put en rien résulter d'avantageux pour son pays; il refusa de se charger d'un fardeau que les circonstances rendaient trop pesant. Sa détermination prise, il crut pouvoir revenir à Paris, mais il y fut insulté dans son hôtel et quelques jours après arrêté par les factieux et conduit à l'hôtel de ville où il fut impitoyablement massacré par une populace ivre de sang.Mr Foulon était malgré la fermeté de son caractère, d'une humeur douce et facile, très attaché à sa famille il avait fait élever ma mère auprès de lui et contribua à son mariage avec mon père. Son gendre Berthier fils de Mr Berthier de Sauvigny, premier président au parlement sous le Chancelier [Page 8:] Maupeou était d'une figure fort agréable et d'une petite taille. Il était doué d'une grande distinction de manières. Très jeune encore il fut nommé intendant de la généralité de Paris. Enfant gâté de la fortune mais d'un esprit aimable et conciliant il avait su se faire pardonner son élévation prématurée et avait peu d'ennemis. Toutefois son dévouement au Roi était connu, c'était assez pour le rendre suspect au duc d'Orléans qui ne laissa pas échapper l'occasion de se débarrasser d'un homme qu'il considérait comme un obstacle à ses projets ambitieux.Ma mère était trop sincèrement attachée à sa famille pour ne pas être profondément affligée de ces événements qui nous firent sur le champ quitter la campagne. Nous arrivâmes en fugitifs à Versailles sans y être attendus et sans savoir où nous irions loger, un de nos amis touché de notre situation nous offrit un asile chez lui et bientôt Madame Elisabeth ayant appris notre arrivée, daigna faire mettre à notre disposition un logement qui lui appartenait rue de Maurepas.J'avais à peine quatorze ans à cette époque, par principe et par devoir j'étais dévoué au Roi, ses malheurs n'avaient fait que développer ce sentiment et je puis affirmer qu'il était arrivé [Page 9: ] à un tel degré d'exaltation qu'il était une sorte de fanatisme. Quoique dans l'âge où l'on ne pouvait être admis à la cour, je ne manquai cependant aucune occasion de m'y présenter et les huissiers de la chambre étaient tellement dans l'usage de me voir que je pénétrais dans tous les appartements sans aucun obstacle. L'habitude de voir le Roi, la Reine et les princes, la fréquentation continuelle de tous les habitués de la galerie du château et de l'oeil de boeuf me donna bientôt le goût et les manières du grand monde & c’est sans contredit à ces premiers mois de mon entrée dans la vie que j’ai dû, depuis les succès que j'ai obtenus dans un monde inférieur.Quatre mois se passèrent ainsi et les événements suivaient leur triste cours. Quelques jours après le peuple de Paris, encouragé par la faiblesse du gouvernement, vint à Versailles pour forcer le Roi de venir s'établir à Paris avec sa famille. (Jusque là les régimens qui composaient la garnison de Versailles s’étaient maintenus dans un assez bon espoir mais pour fortifier encore leurs bonnes dispositions, les Gardes du Corps les invitèrent à dîner avec ma permission du Roi dans la salle de spectacle du château. J’assistais à cette fête où les plus nobles sentimens se manifestèrent. La Reine en digne fille de Marie-Thérèse prit Mr le Dauphin dans ses bras et le présenta aux troupes qui firent éclater leurs transports, mais cette démonstration n’eut aucun bon résulta). Ce fut le 5 octobre 1789 que cet événement s’effectua, une armée de bandits dirigée par les factieux vint assiéger la résidence Royale, les portes du château furent enfoncées, le peuple se précipita dans les appartements et la malheureuse Reine ne dut son salut [Page 10: ] qu'au dévouement d'un garde du corps qui en défendant l'entrée de sa chambre à coucher aux dépens de sa vie, donna le temps à la princesse de se sauver dans la chambre du roi. Cette nuit fut affreuse et j'en conserve encore le souvenir. Chaque instant était marqué par la détonation d'une arme à feu et dix-sept gardes du corps périrent victimes de leur attachement à leur maître.Le lendemain la cour quitta le château de Versailles et cette ville ne pouvant plus être un asile sûr pour nous nous partîmes pour Saumur où était mon grand-père.Saumur est une charmante petite ville sur les bords de la Loire, le marquis de Pasdeloup, père de ma mère y jouissait d'une haute considération, acquise par une conduite sans reproche et une naissance distinguée. Sa maison était ouverte à tout ce qu'il y avait d'honorable dans l'Anjou et à tous les officiers supérieurs de la garnison. C'est alors que sollicité par mes instances ma mère consentit à me faire entrer de suite au service j'avais quinze ans et demi, il était temps d'y penser, mais comme à cette époque ainsi que je l'ai déjà dit, la noblesse ne recherchait que le service militaire, il en résultait que toutes les issues dans les corps étaient [Page 11:] encombrées par une foule de jeunes gens dont le nombre excédait de beaucoup celui des places dont le gouvernement pouvait disposer, et qu'ainsi tout mouvement étant arrêté, il fallait attendre quelques fois des années pour arriver à son but et perdre un temps précieux. Le régiment de Royal Roussillon cavalerie (4ème de cuirassier) qui était alors en garnison à Saumur comptait dans ses rangs à cette époque 33 officiers à sa suite absents du corps. Mon impatience ne s'accommodant pas d'un tel état de choses ma mère écrivit en conséquence au marquis de Vignacourt qui était colonel du régiment et le 1er janvier 1790 je fus admis comme volontaire en attendant un brevet de sous-lieutenant.Le service militaire avait un grand attrait pour moi et je ne puis exprimer tout le bonheur que j'éprouvais en portant pour la première fois cet habit depuis longtemps objet de mes désirs. Je commençai donc à faire mon cours d'équitation et à monter mes gardes afin de me rendre digne du grade sur lequel je comptais. Ces occupations qui avaient pour moi un grand charme durèrent toute l'année mais, l'horizon politique se couvrait [Page 12:] de nuages, tout s'écroulait sous nos pieds, la discipline des meilleurs régiments commençait à se relâcher, les bas officiers se plaignaient de ne pas participer aux avancements et d'être commandés par des jeunes gens inexpérimentés dont le seul mérite selon eux était leur titre de noblesse. Toutes ces clameurs suggérées par les nouvelles idées révolutionnaires, étaient en partie fondées par la négligence avec laquelle beaucoup de jeunes officiers faisaient leur service, la plupart suivaient leur carrière à défaut d'autres que les préjugés du temps leur interdisaient et dans le seul but de se faire un état et d'ajouter à leur considération. L'armée était encombrée de ces auxiliaires inutiles et les officiers supérieurs des corps n'avaient pas toujours assez de caractère ou d'indépendance pour les contenir et les diriger, les plaintes des inférieurs pouvaient donc se justifier jusqu'à un certain point et naturellement elles devaient finir par ébranler la discipline et diviser les corps qui à l'époque dont il s'agit avaient plus que jamais besoin d'union. Comme tous les autres devenus la victime de ces fâcheuses dispositions et pour éviter le prétexte d'un mouvement insurrectionnel dans mon régiment je fus obligé de [Page 13: ] m'éloigner et de demander un congé qui me fut accordé sur le champ. Je revins donc chez mon grand-père espérant que mon absence ne serait que momentanée et que les événements me permettraient de reprendre mon service. Cette espérance fut vaine il était dans ma destinée de ne jamais revoir les étendards du régiment de Royal Roussillon et la tourmente révolutionnaire me réservait un autre destin.Pendant le cours de ces tristes événements les colonies n'avaient pas été préservées. Elles étaient alors trop riches et trop florissantes pour ne pas exciter l'envie des révolutionnaires toutefois leur influence n'avait pas encore fait un grand progrès et elles avaient à lutter avec l'intérêt personnel des propriétaires et des habitans et le tems de leur triomphe n'était pas encore venu. J'ai déjà dit que mon père était reparti pour St Domingue en 1782 dans le but d'établir l'ordre dans ses habitations. En 1790, époque dont nous parlons, il était parvenu après huit ans de travail et de peines à remettre ses biens dans l'état le plus florissant mais ce changement n'était d'aucun [Page 14:] avantage pour nous en France; car mon père avait pris depuis le commencement de la révolution une telle aversion pour la France, telle qu'on cherchait à la faire qu'il y avait renoncé pour toujours et qu'il ne voulait faire à ma mère aucun envoye de fonds pour soutenir sa famille. Cet état de choses rendait notre position très fâcheuse en France et il devenait indispensable de la faire cesser. Mon père vint à notre aide en écrivant à ma mère de lui envoyer au plutôt ses trois fils, cet ordre était accompagné de recommandations très detaillées sur les précautions à prendre pour effectuer ce grand voyage qui devait effrayer naturellement beaucoup ma mère.Lorsque l'ordre de mon père arriva je venais de recevoir mon congé, j'étais encore à Saumur. Je n'hésitai pas à me mettre en route et j'arrivai à Nantes en octobre 1790 pour m'embarquer sur le navire le [ Zwininger ? ], Cap. Tarbois en chargement pour St Domingue.A cette époque l'état de la France devenant de plus en plus inquiétant pour le repos des honnêtes gens, chaque personne un peu marquante cherchait à s'éloigner du foyer révolutionnaire et ceux que l'idée d'un voyage long et hasardeux avait effrayés dans un tems [Page 15: ] de calme et de repos n'éprouvaient aucune répugnance à se risquer aux plus grandes entreprises pour fuir des dangers qui leur paraissaient bien plus redoutables. Cette disposition des esprits me fut favorable en ce que je trouvai parmi les nombreux passagers embarqués sur le Zwininger plusieurs personnes respectables dont la société devait naturellement adoucir les ennuis d'un long voyage et les regrets que je devais éprouver en quittant pour la première fois ma mère et le sol de la patrie.Notre bâtiment l'un des plus beaux du commerce de Nantes était depuis quelques jours descendu au mouillage devant St Nazaire petit bourg au-dessous de Paimboeuf à l'entrée de la Loire. Tout étant près pour le départ et le vent étant favorable nous appareillâmes le 24 février 1790. Sous voile nous nous trouvâmes 52 passagers dont 17 à la table du capitaine, parmi ces derniers on remarquait le Comte et la Comtesse Auguste de la Tourette avec Mr. et Mde de Pimelle qui allaient chercher à St Domingue des habitations dont les revenus ne leur parvenaient jamais, Pauvre famille qui était destinée à trouver la mort au lieu de ces grands biens objet de leur espérance. [Page 16:] Monsieur de La Tourette était d'une famille noble très connue en Vivarais et assez mal famée dans son état bien près de la misère tous les moyens leur semblaient bons pour arriver à la fortune. Celui dont il est icy question, comme ses frères, était officier des gardes du corps du Roi, pour se soutenir dans cette position l'argent lui manquait il épousa Mlle de Pimelle fille d'un gentilhomme Bourguignon d'assez bonne race, qui s'était allié à une mulâtresse propriétaire à Saint-Domingue. Mde Auguste de La Tourette était donc femme de couleur ce qui affectait peu la délicatesse de son mari, mais cette origine lui attira à Saint-Domingue de grandes humiliations. Quelques temps après l'arrivée de la famille dans la colonie Messieurs de La Tourette et de Pimelle s'étant présentés dans une assemblée de propriétaires en furent chassés ignominieusement et la douleur qu'ils en ressentirent les conduisit bientôt au tombeau. Mme de La Tourette restée veuve usa fort légèrement de sa liberté et vint au Port au Prince où elle mourut de chagrin en laissant un fils, mort quelques années après. Cette jeune femme n’était pas la seule qui fut nous promettre quelques compensations aux peines du voyage, mais était celle qui méritait le plus vif intérêt. [Page 17:] Je n'entreprendrai pas de détailler ici l'emploi de notre temps pendant la traversée je n'en ai le temps, ni la volonté, de faire le journal de mon voyage, il suffit de dire qu'après quarante cinq jours bons ou mauvais notre bâtiment vint mouiller au Cap Français, à cette époque la plus belle et la plus riche ville des Antilles.Une discussion que j'avais eue à bord avec un nommé Coussin ingénieur se disant Grand Voyer à Saint-Domingue me força de descendre à terre un moment après le mouillage. J'avais alors 16 ans. Je n'avais jamais mis l'épée à la main, mon adversaire âgé de plus de 30 ans avait sur moi un immense avantage. Cette infériorité devait naturellement appeler sur moi tout l'intérêt, aussi lorsque j'arrivais à terre où déjà le bruit du combat s'était répandu je me trouvai entouré de plus de 200 jeunes gens de la ville qui m'accompagnaient au rendez-vous. Cette publicité à laquelle je ne m'attendais pas fit d'abord une forte impression sur moi, toutefois j'étais trop animé pour hésiter un instant je mis l'épée à la main et malgré tous les dangers de ma position et le sentiment de ma propre faiblesse, je me présentai [Page 18:] avec fermeté au-devant de mon adversaire. Les fers croisés l'affaire ne devait pas se prolonger, car, je ne savais ni attaquer, ni me défendre, l'épée de mon adversaire ne rencontrant aucune opposition le sang jaillit bientôt de ma chemise, aussitôt tous les témoins s'écrièrent que j'étais blessé et se jetèrent sur moi en me comblant d'éloges et de marques d'intérêt, ma rentrée en ville fut une véritable ovation, chacun cherchait à me soutenir, tandis que d'autres appelaient un chirurgien à mon secours. De tous ceux cependant qui étaient présents à cette scène j'étais peut-être le plus calme, car je ne me sentais pas gravement blessé et bientôt on reconnut que je ne m'étais pas trompé. Le premier appareil mis je pus sortir le soir me rendre au spectacle.Je restai environ huit jours au Cap et je me rendis ensuite au Port au Prince où je devais trouver mon père. A peine au mouillage un officier vint de la part de Mr. le Comte de Blanchelande alors gouverneur de l'île, ordonner au capitaine de se rendre avec tous ses passagers au gouvernement. Chacun se prépara donc à descendre à terre. Mon frère et moi nous primes nos uniformes et accompagnés des autres passagers nous primes seul le capitaine le chemin du gouvernement.Lorsque nous eûmes traversé la ville et la cour du palais du gouverneur nous nous trouvâmes au pied du grand escalier et comme j'étais en tête de la file avec mon frère je franchis les degrés et m'adressai à un chevalier de Saint Louis qui se tenait sur la terrasse et que je crus être le gouverneur. Je lui dis que d'après des ordres transmis par un de ses aides de camp les passagers du Domingue venaient lui rendre leurs devoirs. Je ne suis point le gouverneur me répondit-il mais voici le gouverneur dans le salon où il vous attend.Nous entrâmes alors en foule dans le salon où nous trouvâmes Monsieur de Blanchelande qui nous reçut avec bonté et demanda au capitaine la liste de ses passagers. Les noms furent appelés successivement et quand le gouverneur fut arrivé au notre il se tourna devers le chevalier de Saint Louis à qui j'avais parlé et lui dit comment Monsieur de Blanchelande n'avez vous pu reconnaitre vos enfans ? Cher Monsieur ajouta-t-il embrassez votre père.L'entrevue fut touchante, mon père nous fit mille caresses. Il nous fit part de la crainte de sa fortune de ses projets et des craintes sur le résultat des troubles qui à cette époque désolaient la France. Son dessein était de réaliser sa fortune et de se retirer au continent de l'Amérique où il voulait nous établir.Le soir même il nous conduisit à son habitation du quartier du Lamentin qui était l'une des plus belles de cette partie de la colonie et les premiers momens de notre séjour auprès de lui eurent mille charmes pour nous. – Toutefois ce tems de repos et de bonheur fut de peu de durée, une querelle, dans le principe fort légère vint mettre un terme à cette bonne harmonie et nous nous sommes obligés de quitter son habitation et de nous retirer au Port au Prince. Cette séparation eut du retentissement dans la colonie et beaucoup de gens qui connaissaient le caractère violent de mon père vinrent à nous, et comme nous ne pouvions revenir au Lamentin sans y donner lieu à un nouveau scandale on prit le parti de la négociation et il fut convenu que nous retournerions en France par le premier bâtiment de commerce en partance et que mon père pourvoirait à nos frais du passage et à notre entretien en France. Ceci bien arrêté nous nous embarquâmes sur un navire de Nantes et après une traversée bien longue [Page 22: ] et bien dangereuse nous arrivâmes à Nantes soixante six jours après notre départ du Port au Prince, le 25 avril 1791.Mes frères partirent pour leurs régimens mais, avant de rejoindre le mien, j'avais à m'assurer si ma présence n'y causerait pas quelque nouveau trouble. En effet les mauvaises dispositions des sous officiers n'avaient fait que s'accroitre et je ne fus pas à me repentir de ma prudence. Je pris le parti de venir en Normandie chez Monsieur de Bertingles ma tante ou ma mère se trouvait alors à y attendre le résultat des événemens qui se préparaient. En Juillet le Roi parti des Tuileries où il était prisonnier, avec toute sa famille et quelques jours après fut ramené à Paris. Cette catastrophe qui plongea la France dans le deuil, vint finir mes irresolutions, je quittai ma famille et le 8 septembre je partis pour Enconnay ville de la frontière de la Flandre autrichienne, dans l'intention de me rendre à Ath, ville désignée pour la réunion de tous les gentilshommes émigrés de France.Les premiers jours d'octobre Monsieur le Comte de la Châtre commandant tout le cantonnement m'ordonna de me rendre à Soignies et me fit incorporer provisoirement dans une compagnie composée de tous les officiers appartenant au régiment Royal des vaisseaux [Page 22sur feuillet volant, décrivant des événemens postérieurs] Mon séjour à Hambourg, le comte Bernhard ambassadeur, le 7 septembre 1798 départ de Hambourg, passage de l'Elbe, voyage dans le pays de Hanovre, arrivée à Leer, première ville hollandaise, mon passeport signé par l'ambassadeur, entrée en France, arrivée à Rouen, [… ] Marchand, je vais me réfugier dans la forêt de Léon au château de St Crespin chez Monsieur de [ Bertinay ?] visite domiciliaire, la gendarmerie cerne le château, conduite du maire et du commissaire de police de Lyon = mon sang-froid en cette circonstance me [ sauve? ], la gendarmerie se retire, résolution que je prends de quitter la Normandie, avec un passeport de complaisance. Arrivée à Saumur chez mon oncle le Ministre pour la succession de mon grand père, séjour à Saumur.. voyage à Poitiers. ‎


‎Manuscrit manifestement autographe (comme le suggèrent corrections et ratures) constituant un témoignage d'une valeur historique exceptionnelle. Il s'agit des mémoires de jeunesse, inédits, attribuable à Léger François Trutié de Vaucresson (1774-1849) ; ces mémoires couvrent essentiellement la période 1788-1791 (de ses 14 à ses 17 ans) et offrent un récit de première main sur des événements majeurs de la Révolution française (l'assassinat de sont grand-oncle Foulon et Berthier de Sauvigny, les journées d'octobre 1789, la société insulaire à Saint-Domingue et le début de l'Émigration). Le grand-oncle de l'auteur, Joseph François Foulon de Doué (74 ans) et son gendre Louis Benigne François Berthier de Sauvigny (intendant de la généralité de Paris) furent parmi les toutes premières victimes de la violence populaire de la Révolution le 22 juillet 1789, accusés à tort d'avoir accaparé les grains pour affamer le peuple. L'auteur accuse à mots à peine couverts le Duc d'Orléans (Philippe Égalité) d'avoir téléguidé ces assassinats et ces menées. Réfugiée à Versailles, sa famille y est logé dans un appartement mis à sa disposition par Madame Élisabeth. Il assiste et relate le célèbre Banquet des Gardes du Corps du 1er octobre 1789 à l'Opéra royal de Versailles, où la famille royale fut acclamée, événement qui mit le feu aux poudres à Paris. Il part à Saint-Domingue, où son père gère ses possessions depuis plusieurs années. Le texte met en lumière la tension sociale et raciale (dont le refus des colons blancs de laisser siéger les propriétaires mulâtres ou d'accepter les mariages mixtes, tout cela à quelques mois de la grande insurrection des esclaves d'août 1791 et y rencontre le Comte de Blanchelande, Gouverneur général de Saint-Domingue, qui le présente à son propre père. Rentré en France l'année suivante, il rejoint l'armée des émigrés. Suivent quelques notes évoquant sa conduite sous le Directoire (à Hambourg en 1798, retour en France...). Dans ce récit captivant, Léger Trutié de Vaucresson porte son regard acéré sur ces événements de sa jeunesse, avec le recul de la maturité. Son ton se distingue par trois grands traits. Le manuscrit s'ouvre sur un ton d'une sincérité détachée : rédigés au soir de sa vie (« lorsqu'on n'a plus rien à attendre ou à espérer des hommes »), le texte est débarrassé de toute volonté de plaire ou de régler des comptes politiques. Cela n'empêche nullement un ton d'une lucidité sans concession : bien qu'issu de la haute aristocratie et habité par une dévotion monarchique poussée jusqu'à une « sorte de fanatisme », l'auteur ne cède pas au parti pris aveugle et pose un diagnostic clinique sur son propre camp : il dénonce un roi « faible et timide », dont la modération excessive a condamné ses plus fidèles serviteurs, pointe du doigt la désinvolture des jeunes officiers aristocrates (« auxiliaires inutiles ») et la rigidité du système social qui a légitimement exaspéré la troupe, sur Saint-Domingue, il expose crûment les tensions raciales et le mépris de caste subi par les familles de couleur, tout en révélant la gestion brutale et tyrannique de son propre père sur ses terres. Et souvent le ton se fait romanesque dans cet incroyable récit mené comme un roman d'apprentissage sur fond d'effondrement d'un monde. La nostalgie de l'enfance au château de Vaucresson cède brutalement le pas à la tragédie (les têtes de ses proches braquées sous les fenêtres de la demeure familiale au bout de piques), à l'héroïsme désabusé (lors de son duel d'honneur improvisé à 16 ans sur les quais du Cap-Français sous les yeux de 200 spectateurs !) et l'on passe rapidement de la théâtralité des retrouvailles paternelles au Port-au-Prince devant le gouverneur à la rupture familiale soudaine et au retour en France... Léger-François Trutié de Vaucresson fera carrière dans l'administration coloniale, il deviendra Commissaire-Ordonnateur de la Marine puis gouverneur par intérim de la Guadeloupe entre 1814 et 1815. Il semble avoir rédigé ces "Mémoires" dans ses vieux jours, mémoires qu'il interrompt soudainement à la fin de l'année 1791 ; Vaucresson rédige quelques notes évoquant l'année 1798 sur un dernier feuillet, et l'on regrette fort qu'il ne soit pas allé plus avant dans son travail. On sait que son père mourra cette même année en décembre 1791, assassiné à Port-aux-princes dans son habitation du Lamantin (on trouvera d'utiles informations dans le bel article consacré à la famille Trutié de Vaucresson par Bernadette et Philippe Rossignol paru dans GHCaraïbe, n° 238, Juillet-Août 2010)‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR4,950.00

‎CHAMINADE ; CAILLET ; CHEVAUX ; DEMANGEON ; SIMLER ; HISS ; SORRET ; JUNG ; JOERGENS ; HOFFER ; SALAVERRI ; HAKENEWERTH ; FLEMING‎

Reference : 29923

(1834)

‎Série : [ Exceptionnel recueil suivi de circulaires des Supérieurs de la Société de Marie de 1834 à 1971, puis de 1981 à 2005 et présentant sur plus de 170 années les orientations spirituelles et tous les développements de l'Oeuvre marianiste dans le monde : Europe, Etats-Unis, Japon... ] Circulaires du Père Chaminade (extrait) - Circulaires du Père Caillet (1846-1868) - Du Père Chevaux 1868-1875 - Du Père Demangeon Vicaire Général (1875-1876) - Du Père Simler (1876 - 1904) - Du Père Hiss (1905 - 1922) - Du Père Sorret (1923 - 1933) - Du Père Kieffer (1934-1940) - Du Frère Jung Vicaire Général (1940 - 1946) - Du Père Juergens (1946-1956) - Du Père Hoffer (1956-1971) - Du Père Salaverri (1981-1991) - Du Père Hakenewerth (1991-1996) - Du Père Fleming (1996 - 2005)‎

‎16 vol. et recueils de brochures (avec anciennes cotes de bibliothèques et parfois d'anciens cachets) ainsi composés : 1 vol. in-8 relié demi-skyvertex marron, Circulaires du Bon Père Chaminade, Fribourg 1961, 1 vol. in-8 relié demi-basane mauve (Circulaires du Père Chaminade (extrait) et Circulaires du Père Caillet jusqu'en 1863, Gauthier Frères, Lons-Le-Saunier, 1863) ; 1 vol. in-4 relié demi-percaline verte, (Circulaires du Père Caillet jusqu'en 1868) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire, Circulaires du Père Chevaux ; 1 vol. in-8 relié demi-basane bleue, (Circulaires du Père Chevaux 1868-1875 - du Père Demangeon Vicaire Général (1875-1876) et premières circulaires du Père Simler (1876 - 1879) ; 1 vol. relié demi-basane verte (Suite des circulaires du Père Simler 1876-1904 sauf 2 circulaires) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire (Circulaire du Père Hiss (1905 - 1922)) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire (Circulaires du Père Sorret (1923 - 1933) sans la circulaire n°3) ;1 recueil de brochures (Circulaires) du Père Kieffer (1934-1940) sans les circulaires 18 ni 25-26 ; 1 recueil de brochures (Circulaires) du Frère Jung Vicaire Général (1940 - 1946)) ; 1 recueil de brochures (Circulaires) du Père Juergens (1946-1956)) ; 3 recueils de brochures (Circulaires) du Père Hoffer (1956-1971), sans les circulaires n° 2 - 18 - 19 - 38 - 44 - 45 ; groupe de 24 brochures Du Père Salaverri (1981-1991) - groupe de 7 brochures du Père Hakenewerth (1991-1996) - groupe de 14 brochures du Père Fleming (1996 - 2005)‎


‎Cet ensemble remarquable (malgré un état plutôt moyen, avec des cotes de bibliothèque en dos, et l'absence de quelques circulaires, voir descriptif) présente les développements de la Société de Marie dans le monde entier. Ainsi, pour les Etats-Unis, on suit les développements des établissements de "Nazareth" à Dayton (Ohio), fondée en 1849, Cincinnati, Cleveland, Sanduski, Pittsburg, San Antonio (Texas) (depuis 1852), la fondation à Hawaï (Iles Sandwich) en 1883 ; on peut y suivre tous les développements de l'Oeuvre marianiste, dont leurs missions en Chine et au Japon, avec la longue (76 pages) et passionnante circulaire n° 47 du Père Simler (consacré à la "Fondation à Tôkyô" du 19 mai 1888 ; le père Simler y relate tout le détail de son voyage de fondation et de son installation au Japon, avec ses jugements sur la société japonaise et son système éducatif). On trouve d'autres circulaires du plus haut intérêt telle la fondation de la mission à Hawaï (1883, circulaire n° 28 du Père Simler) et l'importante "Notice historique" du même retraçant l'origine des missions les plus anciennes. Entre 1900 et 1945, les circulaires se recentrent plus sur l'organisation générale de la Société de Marie (les développements sur les missions étant plus spécifiquement traités dans la revue "l'Apôtre de Marie"), puis après la guerre, elles évoquent à nouveau plus précisément les développements missionnaires. On lira par exemple avec grand profit la circulaire n°6 du Père Juergens (1948) relative à sa visite au Japon, 2 ans après la fin des hostilités, avec le compte-rendu de sa visite à l'Empereur, une présentation de l'état physique et moral du Japon et le détail des visites à Tokyo (Gyosei Chu Gakko et Akebono Gaku), Nagasaki (Kaisei Chu-Gakko), Urakami (Nagasaki), Osaka (Meisei Chu-Gakko), Fukuoka (Taisei Chu-Gakko), Sapporo (Kosei Chu-Gakko)n Gora (Park Hotel), Jindai Mura (Shudoin), Kioyose Mura (Kiyoto Gakunen), ou encore la circulaire n° 23 de 1953, du Père Juergens, relatant sa visite aux missions d'Amérique : Honolulu, Waikuku, San Francisco, Alameda, Gardena, Los Angeles, Santa Cruz, San Antonio, Victoria et Sommerset (Texas), Kirkwood, Glencoe, Clayton, Saint Louis, Belleville, Chicago, Milwaukee, Galesville, Dayton, Cincinnati, Cleveland, Fairborn, Covington et Hamilton dans l'Ohio, Pittsburgh et Philadelphie (Pennsylvanie), Marcy, Beacon Brooklyn, Mineola et Tockaway Park (New York), Baltimore et Washington, San Juan et Ponce (Puerto Rico), S. Boniface et S. Anselme et Levis au Québec, Lima, Callao, Chaclayo et Chupaca au Pérou, etc., ou encore la circulaire n° 25, de 1963, du Père Hoffer relative à sa visite des missions en Afrique : Côte d'Ivoire, Togo, Nigéria, Congo, etc...‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR890.00

‎[Alfred Vromant] - ‎ ‎Collectif ; KEMPIS, Thomas a ; BERTHIER, Guillaume ; PALLU, Martin ; VAN DEN ABEELE ; DE VOSS, Adolphe ; NIEREMBERG ; ROBERTI, Jean-Baptiste ; CRASSET, Jean ; TRIBOLET, Bernard ; etc...‎

Reference : 61298

(1884)

‎[ 34 Opuscules de Piété : 4 Volumes ] Vol. I : Entretiens intimes de l'Ame avec Dieu par le vénérable Thomas a Kempis - Méditations pour parvenir à l'Union avec Dieu par le père Guillaume Berthier - Considérations sur l'Esprit de Foi par le père Guillaume Berthier - Un Puissant moyen de Salut - La Vie Divine ou la Voie Royale de la Perfection par le Père Jean-Eusèbe Nieremberg ; Vol. II : La Médisance. Ses sources, ses effets, ses prétextes, difficultés et obligations de la réparation tiré des opeuvres du Père Martin Pallu - L'Ame chrétienne et le péché vénielpar le Père Charles Van den Abeele, traduit pour la première fois du flamand - Dilexit nos ! Jésus nous a aimés ! par un Anonyme du XVIIe siècle - Jésus notre Modèle dans sa vie cachée suivi de Maximes pour la Vie Spirituelle par des Anonymes - Maximes pour la Vie spirituelle par un Jésuite anonyme, Petites Etrennes spirituelles pour l'an de grâce 1894 - Combats pénibles et Glorieux Triomphes de l'Ame Chrétienne, extrait des oeuvres de l'abbé Leguay - De la Paix de l'Ame par un Anonyme de la fin du XVIIIe siècle - La Perle des vertus par le père Adolphe de Voss - Amour à Marie ! Les Amabilités de la Vierge, par le Père J.-E. Nieremberg - La Vertu de Patience, tiré des Oeuvres du Père J.-B. Scaramelli - Le Serpolet et le Thym croissant au pied de la Croix, ou les Petites Vertus chrétiennes, par le Père Jean-Baptiste Roberti - La Charité est patiente et bienfaisante, tiré des oeuvres du Père Martin Pallu - Amour à Jésus ! Les Amabilités du Divin Sauveur, par le Père Nieremberg - La Beauté de Dieu, par le Père Nieremberg ; Vol. III : Traité du Purgatoire oar Sainte Catherine de Gênes - Les Sept Paroles de Jésus-Christ mourant sur la Croix, extrait des oeuvres du Père Bernard Tribolet - Les Sept Dons du Saint Esprit tiré des oeuvres du père Joseph Pergmayr - La Dévotion à Saint François-Xavier Apôtre des Indes et du Japon, La Neuvaine de la Grâce, son histoire ses pratiques et ses heureux fruits par le père J.F. Kieckens - Analyse Sommaire de la doctrine de Saint Jean de la Croix, par le père G.-F. Berthier - Levez-vous et priez ! tiré des Oeuvres des Pères Alois Belleci et Jean Crasset - Or & Alliage dans la Vie Dévote par le T.R.P. J.-M.L. Monsabré ; Vol. IV : Du Don de Soi-Même à Dieu par le R. P. Grou - Méthode pour converser avec Dieu, par le P. Michel Boutault - Revelationes Selectae S. Mechthildis Textum ad Fidem Codd. mss. cognovit Dr. A. Heuser - Probations sur différentes Vertu - Pratiques de mortification - L'Echelle du Ciel ou Traité de l'Oraison, texte latin avec traduction française et commentaires tirés de Suarez par le Chanoine Fuzet - Probation sur l'Amour du Prochain - Probations sur la Piété‎

‎4 vol. in-12 et in-18 reliure uniforme demi-basane bleue, [ Opuscules de Piété : 4 Volumes ] Vol. I : Entretiens intimes de l'Ame avec Dieu, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1884, 228 pp. - Méditations pour parvenir à l'Union avec Dieu par le père Guillaume Berthier, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1885, 127 pp. - Considérations sur l'Esprit de Foi par le père Guillaume Berthier, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1886, 262 pp. - Un Puissant moyen de Salut, 11 pp. - La Vie Divine ou la Voie Royale de la Perfection par le Père Jean-Eusèbe Nieremberg, traduction abrégée de l'espagnol, Alfred Vromant & Cie, Bruxelles, 1900, 140 pp. ; Vol. II : La Médisance. Ses sources, ses effets, ses prétextes, difficultés et obligations de la réparation tiré des opeuvres du Père Martin Pallu, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1890, 52 pp. - L'Ame chrétienne et le péché vénielpar le Père Charles Van den Abeele, traduit pour la première fois du flamand, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1890, 62 pp. - Dilexit nos ! Jésus nous a aimés ! par un Anonyme du XVIIe siècle. Deuxième édition, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1891, 80 pp. - Jésus notre Modèle dans sa vie cachée suivi de Maximes pour la Vie Spirituelle par des Anonymes, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1894, 63 pp. - Maximes pour la Vie spirituelle par un Jésuite anonyme, Petites Etrannes spirituelles pour l'an de grâce 1894, Livraison Supplémentaire, 1894, 27 pp. - Combats pénibles et Glorieux Triomphes de l'Ame Chrétienne, extrait des oeuvres de l'abbé Leguay, Alfred Vromant et Cie, Bruxelles, 1894, 80 pp. - De la Paix de l'Ame par un Anonyme de la fin du XVIIIe siècle, Alfred Vromant, Bruxelles, 1895, 47 pp. - La Perle des vertus par le père Adolphe de Voss, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1896, 136 pp. - Amour à MArie ! Les Amabilités de la Vierge, par le Père J.-E. Nieremberg, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1897, 76 pp. - La Vertu de Patience, tiré des Oeuvres du Père J.-B. Scaramelli, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1898, 63 pp. - Le Serpolet et le Thym croissant au pied de la Croix, ou les Petites Vertus chrétiennes, par le Père Jean-Baptiste Roberti, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1898, 63 pp. - La Charité est patiente et bienfaisante, tiré des oeuvres du Père Martin Pallu, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1898, 56 pp. - Amour à Jésus ! Les Amabilités du Divin Sauveur, par le Père Nieremberg, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, Janvier 1899, 88 pp. - La Beauté de Dieu, par le Père Nieremberg, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant & Cie, Bruxelles, Janvier 1902, 91 pp. ; Vol. III : Traité du Purgatoire oar Sainte Catherine de Gênes, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1892, 55 pp. - Les Sept Paroles de Jésus-Christ mourant sur la Croix, extrait des oeuvres du Père Bernard Tribolet, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1896, 130 pp. - Les Sept Dons du Saint Esprit tiré des oeuvres du père Joseph Pergmayr, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1896, 72 pp. - La Dévotion à Saint François-Xavier Apôtre des Indes et du Japon, La Neuvaine de la Grâce, son histoire ses pratiques et ses heureux fruits par le père J.F. Kieckens, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1896, 128 pp. - Analyse Sommaire de la doctrine de Saint Jean de la Croix, par le père G.-F. Berthier, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, s.d., 95 pp. - Levez-vous et priez ! tiré des Oeuvres des Pères Alois Belleci et Jean Crasset, Petite Bibliothèque Chrétienne, Alfred Vromant, Bruxelles, 1897, 56 pp. - Or & Alliage dans la Vie Dévote par le T.R.P. J.-M.L. Monsabré, Bureaux de l'Année Dominicaine, Paris, 1899, 208 pp. et 1 f. ; Vol. IV : Du Don de Soi-Même à Dieu par le R. P. Grou, Librairie Vic et Amat, Charles Amlat, Paris, 1899, 61 pp. et 4 f. - Méthode pour converser avec Dieu, par le P. Michel Boutault, Nouvelle édition, Ch. Amat, Paris, 1899, 64 pp. - Revelationes Selectae S. Mechthildis Textum ad Fidem Codd. mss. cognovit Dr. A. Heuser, Apud J.M. Heberle Coloniae, 1854, 181 pp. - Probations sur différentes Vertus, Germain et G. Grassin, Anger, Angers, 1896, 29 pp. - Pratiques de mortification, 7 pp. - L'Echelle du Ciel ou Traité de l'Oraison, texte latin avec traduction française et commentaires tirés de Suarez par le Chanoine Fuzet, Imprimerie de Saint Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, Lille, bruges, 1880, 145 pp. - Probation sur l'Amour du Prochain, J. Mersch, Paris, 1895, 162 pp. - Probations sur la Piété, J. Mersch, Paris, 1895, 162 pp. ‎


‎Remarquable réunion d'opuscules spirituels de très grande qualité, une source incomparable pour l'élévation de l'âme vers Dieu et la sanctification du chrétien. Bon ensemble, non séparable.‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR490.00

‎CHAMINADE ; CAILLET ; CHEVAUX ; DEMANGEON ; SIMLER ; HISS ; SORRET ; JUNG ; JOERGENS ; HOFFER‎

Reference : 28987

(1863)

‎Série : [ Exceptionnel recueil suivi de 13 volumes de circulaires des Supérieurs de la Société de Marie de 1834 à 1971, présentant sur plus de 130 années les orientations spirituelles et tous les développements de l'Oeuvre marianiste dans le monde : Europe, Etats-Unis, Japon... ] Circulaires du Père Chaminade (extrait) - Circulaires du Père Caillet (1846-1868) - Du Père Chevaux 1868-1875 - Du Père Demangeon Vicaire Général (1875-1876) - Du Père Simler (1876 - 1904) - Du Père Hiss (1905 - 1922) - Du Père Sorret (1923 - 1933) - Du Père Kieffer (1934-1940) - Du Frère Jung Vicaire Général (1940 - 1946) - Du Père Juergens (1946-1956) - Du Père Hoffer (1956-1971)‎

‎13 vol. (avec anciennes cotes de bibliothèques et parfois d'anciens cachets) ainsi composés : 1 vol. in-8 relié demi-toile mauve (Circulaires du Père Chaminade (extrait) et Circulaires du Père Caillet jusqu'en 1863, Gauthier Frères, Lons-Le-Saunier, 1863) ; 1 vol. in-4 relié demi-percaline verte, (Circulaires du Père Caillet jusqu'en 1868 et 3 premières circulaires du Père Chevaux, avec divers tableaux très complets du personnel des établissement en 1860) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire, (Circulaires du Père Chevaux 1868-1875 - du Père Demangeon Vicaire Général (1875-1876) et premières circulaires du Père Simler (1876 - 1879) ; 2 vol. in-8 dont 1 vol. relié demi-basane noire et 1 vol. relié demi-toile noire (Circulaires du Père Simler 1876-1904 sauf 2 circulaires) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire (Circulaire du Père Hiss (1905 - 1922)) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire (Circulaires du Père Sorret (1923 - 1933)) ; 1 vol. in-8 relié demi-percaline bleue (Circulaires du Père Kieffer (1934-1940)) ; 1 vol. in-8 relié demi-percaline bleue (Circulaires du Frère Jung Vicaire Général (1940 - 1946)) ; 1 vol. in-8 relié demi-toile noire (Circulaires du Père Juergens (1946-1956)) ; 3 vol. in-8 relié demi-percaline verte (Circulaires du Père Hoffer (1956-1971))‎


‎Cet ensemble remarquable présente les développements de la Société de Marie dans le monde entier. Ainsi, pour les Etats-Unis, on suit les développements des établissements de "Nazareth" à Dayton (Ohio), fondée en 1849, Cincinnati, Cleveland, Sanduski, Pittsburg, San Antonio (Texas) (depuis 1852), la fondation à Hawaï (Iles Sandwich) en 1883 ; on peut y suivre tous les développements de l'Oeuvre marianiste, dont leurs missions en Chine et au Japon, avec la longue (76 pages) et passionnante circulaire n° 47 du Père Simler (consacré à la "Fondation à Tôkyô" du 19 mai 1888 ; le père Simler y relate tout le détail de son voyage de fondation et de son installation au Japon, avec ses jugements sur la société japonaise et son système éducatif). On trouve d'autres circulaires du plus haut intérêt telle la fondation de la mission à Hawaï (1883, circulaire n° 28 du Père Simler) et l'importante "Notice historique" du même retraçant l'origine des missions les plus anciennes. Entre 1900 et 1945, les circulaires se recentrent plus sur l'organisation générale de la Société de Marie (les développements sur les missions étant plus spécifiquement traités dans la revue "l'Apôtre de Marie"), puis après la guerre, elles évoquent à nouveau plus précisément les développements missionnaires. On lira par exemple avec grand profit la circulaire n°6 du Père Juergens (1948) relative à sa visite au Japon, 2 ans après la fin des hostilités, avec le compte-rendu de sa visite à l'Empereur, une présentation de l'état physique et moral du Japon et le détail des visites à Tokyo (Gyosei Chu Gakko et Akebono Gaku), Nagasaki (Kaisei Chu-Gakko), Urakami (Nagasaki), Osaka (Meisei Chu-Gakko), Fukuoka (Taisei Chu-Gakko), Sapporo (Kosei Chu-Gakko)n Gora (Park Hotel), Jindai Mura (Shudoin), Kioyose Mura (Kiyoto Gakunen), ou encore la circulaire n° 23 de 1953, du Père Juergens, relatant sa visite aux missions d'Amérique : Honolulu, Waikuku, San Francisco, Alameda, Gardena, Los Angeles, Santa Cruz, San Antonio, Victoria et Sommerset (Texas), Kirkwood, Glencoe, Clayton, Saint Louis, Belleville, Chicago, Milwaukee, Galesville, Dayton, Cincinnati, Cleveland, Fairborn, Covington et Hamilton dans l'Ohio, Pittsburgh et Philadelphie (Pennsylvanie), Marcy, Beacon Brooklyn, Mineola et Tockaway Park (New York), Baltimore et Washington, San Juan et Ponce (Puerto Rico), S. Boniface et S. Anselme et Levis au Québec, Lima, Callao, Chaclayo et Chupaca au Pérou, etc., ou encore la circulaire n° 25, de 1963, du Père Hoffer relative à sa visite des missions en Afrique : Côte d'Ivoire, Togo, Nigéria, Congo, etc... ‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR1,450.00

Reference : 44503

(1731)

‎[Affaire Girard-Cadière]. Recueil de pièces relatives au procès du père Girard, jésuite, et Marie-Catherine Cadière..‎

‎, , 1731. 23 pièces reliées en 1 vol. in-folio, veau brun, dos orné à nerfs, tranches rouges (reliure de l'époque). ‎


‎Réunion de pièces relatives au procès du Père Girard, de la compagnie de Jésus, accusé devant le Parlement d’Aix de séduction et de magie ; mais soutenu par les jésuites, d'accusé il devint accusateur, et le parlement d'Aix qui voulait sa mort le renvoya aux juges ecclésiastiques, qui se hâtèrent de l'absoudre. « Ce procès qui retint l'attention de toute l'Europe scandalisée, se termina par l'acquittement de Girard, accusé "d'enchantement, rapt, inceste spirituel, avorement et subornation de témoins".1- Lettre d'un magistrat désintéressé à un de ses amis au sujet du procès intenté contre le Père Girard, jésuite La Haye, chez Dhonet, 1731, 10 pp. 2- Dénonciation des factums de Maître Chaudon, avocat de la Demoiselle Cadière, à Messieurs les avocats du Parlement de Provence. Nancy, chez Nicolas Barbier, 1731, 13 pp. 3 bis- Seconde et troisième parties du mémoire du Procès Demoiselle cadière contre le Père Girard. La Haye, 1731 pages 23 à 50. 3- Résultat des mémoires de la Demoiselle Cadière et adhérans contre le Père Girard : Première partie, 21 pp. Le texte 3 est le début du texte 3 bis et devrait précéder le 3 bis ; il y a eu inversion lors de la reliure. 4 - Mémoire instructif pour Messire François Cadière, Prêtre de la ville de Toulon, appellant du Décret d'assigné contre lui rendu le 23 février dernieret de ce qui s'en suivi... Signé François Cadière/ Bourgarel, Avocat/ Simon, Procureur. 60 pp. s.l.n.d. 5- Réflexions sur la récrimination en prétendu complot imputé au Père Estienne Thomas Cadière, Prêtre religieux de l'Ordre de Saint Dominique par le Père Jean-Baptiste Girard, jésuite , Recteur du séminaire royal de la Marine de la ville de Toulon. Toulouse, Imprimerie J. Desclassan, 1731, 52 pp. 6- Mémoire instructif pour le Père Nicolas de Saint Joseph, prieur des Carmes déchaussés du Couvent de la ville de Toulon, décrété d'ajournement personnel ... Toulouse, Desclacçan, imprimerie-Librairie Rue de la Poterie, 1731, 52 pp. 7 à 13 : Suppliques de Catherine Cadière à NOSSEIGNEURS DU PARLEMENT : chaque supplique comporte 4 pp. s.l. 1731. 14 - Acte protestatif et interpellatif fait par la demoiselle Cadière à la Dame supérieure de second monastère de la Visitation de la ville d'Aix. 2 pp non datées signées Catherine Cadière/ Chaudon avocat/ Aubin , Procureur. Marseille, chez Sibié, Imprimerie du Roi sur le port, s.d. 15- Parallèle des sentiments du Père Girard avec ceux de Molinos, justifié par les lettres qu'il écrivait à la Dame Catherine, par ce qu'il lui enseignait, de même qu'à ses autres pénitentes et par ce qu'il pratiquait lui-même. 12 pp non datées, signées Monsieur le Conseiller de Villeneuve d'Ansouis/ Chaudon , avocat/ Aubin, Procureur Aix, chez Imbert , s.d. 16 - Réponse à l'écrit qui a pour titre Mémoire des faits qui se sont passés sous les yeux de Mr Evêque de Toulon lors de l'origine de l'affaire du Père Girard, jésuite et de Demoiselle Cadière . Signé Catherine Cadière/ Chaudon/ Aubin Aix, Joseph David, 18 pp. 17- Réflexions sur les prétendues contradictions que le Père Girard oppose à la Demoiselle Cadière dans ses réponses par devant l'Official. Signé Chaudon, avocat/ Aubin , Procureur. s.l.n.d. 14 pp 18- Réponse de la Demoiselle Cadière à la seconde partie du second mémoire du Père Girard 40 pp. s.l.n.d. 19- .Réponse au second mémoire instructif du Père Jean-Baptiste Girard , jésuite par Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, querellanteen crimes d'enchantement, de Quiétisme, d'inceste spirituel, d'avortement, de subornations de témoins contre le dit Père Girard querellé. Fin de la première partie. Signé Catherine Cadière, Chaudon avocat, Aubin; Procureur, Monsieur le Conseiller de Villeneuve d'Ansouis, rapporteur. Aix, Imprimerie René Adibert, imprimeur du Roi, s.d., 40 pp. 20- Observations sur les réponses personnelles du Père Girard jésuite et de la demoiselle Cadière . Toulouse, Imprimerie de Joseph Desclassan, imprimeur près le Collège de Paix, s.d., 48 pp 21- Analyse des témoins produits par le Promoteur en l'Officialité de Toulon pour Demoiselle Catherine Cadière contre le Père Jean Baptiste Girard, jésuite. Aix, chez René Adibert, 39 pp. 22- Précis des charges pour Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, querellante en inceste spirituel et autres crimes contre le Père Jean Baptiste Girard, jésuite. Aix, Imprimerie Veuve de Joseph Senez, 1731, 24 pp.23- Réponses au mémoire instructif du Père Jean Baptiste Girard, jésuite pour Demoiselle Catherine Cadière de la ville de Toulon, appelante à minima du Décret d'assigné rendu par Monsieur le Commissaire du Parlement le 23 Février dernier et en principal querellante en inceste spirituel et autres crimes. Aix, Imprimerie de la veuve Joseph Senez, 1731, 84 pp.Manques de cuir aux coiffes et au bas du mors supérieur, mors fatigués, frottements, coins arrondis, mouillures claires importantes par endroits et quelques pages brunies. ‎

Logo SLAM Logo ILAB

Phone number : 33 01 46 33 57 22

EUR800.00
Get it on Google Play Get it on AppStore
The item was added to your cart
You have just added :

-

There are/is 0 item(s) in your cart.
Total : €0.00
(without shipping fees)
What can I do with a user account ?

What can I do with a user account ?

  • All your searches are memorised in your history which allows you to find and redo anterior searches.
  • You may manage a list of your favourite, regular searches.
  • Your preferences (language, search parameters, etc.) are memorised.
  • You may send your search results on your e-mail address without having to fill in each time you need it.
  • Get in touch with booksellers, order books and see previous orders.
  • Publish Events related to books.

And much more that you will discover browsing Livre Rare Book !