Bordas. 1965. In-8. Cartonné. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 320 pp. Illustrations n&b. Quelques annotations personnelles au crayon à l'intérieur.. . . . Classification Dewey : 470-Langues italiques. Latin
Reference : ROD0012300
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Superbe exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque en peau de truie estampée à froid sur ais de bois. Basel, H. Petri, 1546. 2 textes en 1 volume in-4 de : I/ (3) ff., (1) f.bl., 351 pp., (1) p. avec la marque ; II/ (4) ff. (sur 5, relié sans le titre latin de la 2e partie), (1) f.bl., 207 pp., (1) p. avec la marque. Hebrew and Roman letters, illustration: woodcut figures and diagrams. Reliure en peau de truie de l’époque estampée à froid sur ais de bois. Les plats sont ornés d’une plaque à froid avec une frise comportant des scènes bibliques en encadrement. Le plat supérieur est monogrammé et daté « I S 1558 ». Dos à nerfs comportant le titre manuscrit. Superbe reliure allemande de l’époque. 195 x 140 mm.
Rarissime édition originale bilingue hébreu-latin du plus célèbre traité d’astronomie d’Abraham bar Hiyya (1065-1136), un mathématicien, astronome et philosophe juif espagnol. Adams A-33 ; VD16 ZV-19 ; USTC 661378 ; STC German 1; Zinner 1891; Macclesfield 119; Burmeister, Münster 146; Houzeau & Lancaster 1217; IA 100.165; Steinschneider 673.3; Zinner 1891. Sphaera Mundi, printed with Mizrahi (Elijah) Arithmetica, translated by O. Schreckenfuchs, edited by Sebastian Munster, printed in Hebrew and Latin. “This beautifully printed volume, is both in its Hebrew and Latin parts, illustrated by neat Diagrams and Figures cut in wood; and subsequent to a Preface in Latin, gives us (underneath a short Hebrew Title) the following copious Latin Title […]. The above work of Rabbi Abraham is thus entered in the Bibliotheca Brittanica. Abraham R. Fil. Haijae, a native of Spain, and author of ‘Sphaera Mundi, Hebraice, cim versione Oswaldi Schreckenfuchsii, et Notis Sebastiani Munsteri’, Basil, 1546, 4to. The Device of Henry Petrus (the printer of this finely executed volume) appears at the end of both the Hebrew and Latin texts. The following extract from the ‘General Biography’ must necessarily be understood to designate the author of the ‘Sphaera Mundi’ notwithstanding the variation in spelling his Father’s name – ‘Abraham Ben Chaila, a Spanish Rabbi, in the 13th century, practiced Astrology, and assumed the character of a Prophet. He predicted the coming of the Messiah, and fixed for the time of his advent, the year 1358, but fortunately died in 1303 (fifty-five years before the time when his prediction was to be fulfilled). He is also said to have written a Treatise on the Figure of the Earth in Hebrew and Latin, which was published at Basel in 1546, 4to.” (A descriptive catalogue of books in the Library of John Holmes). The author, often known as Savasorda, wrote a treatise on practical geometry, which contains the earliest account of Arabic algebra written in Europe. This work deals with astronomy and geography. Il était connu sous plusieurs autres noms, dont Savasordia, Abraham Judaeus et également Abraham Hispano comme dans le présent ouvrage. Il comporte aussi « Compendium arithmetices » par Elija Orientali, également en hébreu et en latin, et « Quos Libros Osvvaldus » par Erasme Oswald Schreckenfuchs. The treatise on arithmetic by Elijah Mizrahi (c. 1540-1526), an important figure in Ottoman Jewry, was first published in Constantinople in 1533. L’ouvrage, imprimé en hébreu et en latin, comporte des commentaires et des explications de Sebastian Münster. Il est orné de nombreuses gravures sur bois et diagrammes dans le texte ainsi que de la marque de l’imprimeur répétée à la fin de chacune des deux versions hébreu et latine. Superbe exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque en peau de truie estampée à froid sur ais de bois.
Paris, Michel Fezandat, 1556. In-folio réglé (23 x 34 cm) de (12)-328-(8) pp. (sign. ââ6, a4-h4, I4-Z4, AA4-SS4, T4), maroquin fauve, dos orné à nerfs, triple filet à froid d'encadrement sur les plats, dentelle dorée intérieure, tranches rouges (Petit succ. de Simier).
Première édition de la traduction française de Jean Regnart des cinq premiers livres de Paolo Emili (1460-1529), chargé par Charles VII de rédiger une histoire de la monarchie française. Les six premiers livres en latin parurent en 1516 et en 1519, la suite posthume rédigée d’après les notes de l’auteur, en 1539 et 1544. « Les méthodes d’historiographe humaniste de Paolo Emili lui valurent des comparaisons flatteuses avec les historiens antiques et d’aucuns estimèrent même qu’il en surpassait plusieurs fameux. (…) La traduction de Regnart paraît pour la première fois en 1556 (…) Cette traduction de l’œuvre de l’historien véronais mérite notre attention pour ses nombreuses pièces liminaires en français et en latin. Celles-ci sont de la plume d’auteurs célèbres à leur époque. Y sont réunis une ode d’Étienne Jodelle et une élégie de Jacques Tahureau, toutes deux en français, des distiques latins de Jean Dorat, suivis de huit sizains en français puis de deux distiques latins d’un poète au pseudonyme de Calliste. On compte aussi les contributions de deux humanistes provinciaux, soit des vers hendécasyllabes en latin du Saumurois Gérard Sepin, lié à Dorat, et un sonnet en français de Pierre Tredehan, angevin comme le traducteur Jean Regnart. Ces pièces s’inscrivent à la fois dans le sillage de la promotion des traductions du latin vers le français de la Défense et illustration de Du Bellay et de l’esthétique de la Pléiade, ce qui n’empêche pas Jodelle et Dorat, membres de cette école littéraire, de ne pas en endosser toutes les idées » (Brenda Dunn-Lardeau).Une première version française des deux premiers livres seuls établie par Simon de Monthiers avaient précédée la même année celle de Regnart (1556). La traduction intégrale des dix livres paraîtra en 1581, avec la suite tirée de Jean Le Ferron.Bel exemplaire réglé à grandes marges, dans une reliure signée Petit provenant des bibliothèques du marquis Charles de Biencourt (ex-libris "Le Marquis de Biencourt") et sa nièce Marguerite-Marie-Aurélie vicomtesse de Montaigne de Poncins (ex-libris Biencourt-Poncins). Le marquis Charles de Biencourt (1826-1914), maréchal de camp puis député de la noblesse, acquit le château d'Azay-le-Rideau en 1791. Son fils, Armand François Marie (1773-1854), y réunit une intéressante série de 52 portraits peints, principalement du XVIe siècle, parmi lesquels des œuvres attribuées à Clouet, Corneille de Lyon, Pourbus, Rubens, etc. Le 4e marquis du nom, Charles, y ajouta des achats de portraits et d'estampes, avec une préférence marquée pour les caricatures, les scènes de mœurs et les pièces historiques. Ses deux fils furent victimes de l'expédition du Tonkin. Après ce double deuil, il avait considéré sa nièce, la vicomtesse de Montaigne de Poncins (1859-1954), comme sa fille et son héritière. Ayant perdu le château d'Azay en 1898, la Vicomtesse qui récupère la collection fît don en 1939 de 33 portraits peints au Musée Condé de Chantilly. N'ayant pas d'enfants et ayant, en 1943, atteint l'âge de 84 ans, elle se décida à offrir la collection d'estampes à la Bibliothèque Nationale (“Royal Provenance”).Brunet, Supplément, 9 ; Pettegree, French Vernacular Books, 18152 ; Dunn-Lardeau, Brenda. 2011. « De l'événement historiographique à l'événement littéraire. La traduction de 1556 du “De revus gestis Francorum” de Paolo Emili ». Dans Humanistes italiens et imprimés de l'Italie de la Renaissance dans les Collections de l'UQAM. Article d’un cahier Figura.
S.l.n.d. (Paris,, , 1662). 3 parties en 1 vol. petit in-8 de (1) f. de titre, 80, 112, (2)-32 pp., veau brun granité, dos orné à nerfs (reliure de l'époque).
Réunion très rare précédée d'une page de titre renouvelée des deux recueils de sentences et proverbes traduits en français et en espagnol par La Gravette de Mayolas publiés à Paris en 1662 sous le titre Recueil des plus belles sentences des Pères de l'Église et Sentences latines fidellement traduites du latin en françois et en Espagnol. Contient :1. Sentencias Hespañolas, Francezas y latinas, de los Padres la Yglesia (titre de départ). 80 pp. (cahiers A-K4). Édition originale publiée sous le titre (ici retiré avec la dédicace) Recueil des plus belles sentences des Pères de l'Église (sans date). Collation conforme à Palau (80 pages).2. Sentencias Hespañolas, Francezas y latinas, de los mas famosos autores, escogidas y traducidas atentamente, para provecho de todos. 112 pp. (cahiers A-04). Édition originale publiée sous le titre (ici retiré) Sentences latines fidellement traduites du latin en françois et en Espagnol. Paris, 1662. Collation conforme à Palau (112 pages).3. Recopilacion de los mejores y mas apazibles refranes castellanos, traduzidos en langua Franceza en favor de los que quieren de prenderla. Recueil des meilleurs et des plus agréables Proverbes Espagnols, traduits en langue Françoise, en faveur de ceux qui désirent apprendre cette langue. Titre bilingue et 32 pp. Seconde partie des Sentences latines contenant les proverbes. (Partie reliée à la suite du Recueil… des Pères de l'Église dans l'exemplaire numérisé de la Bibliothèque municipale de Lyon).Auteur des Gazettes rimées en vers burlesques qui firent longtemps concurrence à celles de Robinet, La Gravette de Mayolas était le fils d'un professeur d'espagnol à Toulouse. Ex-libris manuscrit à l'encre du temps au titre « Elizeï Johanneau » ; le titre est complété à l'encre du temps : (auteurs grecs et latins) et des Sts Pères (par La Gravete) d'Angueville. Au verso de l'ultime feuillet de garde, ex-libris manuscrit : Ce livre appartient à Bartelemy Seiptier fait à Paris ce 25 juillet 1748. B. Seiptier (notes anciennes au recto du même feuillet).Manque à la BnF. 3 exemplaires recensés par le Catalogue Collectif de France sous ce titre (Sentences des plus célèbres auteurs Grecs et Latins. Traduites du Latin en François et en Espagnol. Par La Gravete) : bibliothèques de Troyes, Assemblée Nationale et Mazarine (cette dernière avec la seule collation du Recueil… des Pères de l'Église, 80 pages).Palau, VII, 129982 et 129984 ; Bulletin de la Librairie Damascène Morgand, vol. 5 n°18864 (pour les Sentences latines fidellement traduites 1662 en deux parties).
L’une des plus précieuses et des plus rares suites de l’école de Fontainebleau, gravée sur cuivre. Paris, s.n. [Jean de Mauregard], 1563. Petit in-folio de (4) feuillets oblongs repliés : titre, épître dédicatoire au roi Charles IX signée Jehan de Mauregard, et 4 pages de texte en langue latine de Jacques Gohory, suivies de 25 planches gravées (sur 26, la n°19 est manquante) en noir sur double page, montées sur onglets. Qq. taches marginales, inscriptions manuscrites biffées en marge inf. de 4 planches. Les planches ne sont pas légendées contrairement à celles des tirages ultérieurs. Plein veau brun granité, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement orné, pièces de titre en maroquin rouge et citron, coupes décorées, tranches rouges, charnières, coiffe supérieure et coins restaurés. Reliure vers 1720. 228 x 162 mm.
Première édition du tirage en latin, beaucoup plus rare que le tirage français. Un seul autre exemplaire du tirage latin répertorié sur le marché, l’exemplaire Wittock, revêtu d’une intéressante reliure Renaissance, avec 7 planches manquantes remplacées au XXe siècle par des planches d’un tirage ultérieur et deux planches avec légendes du tirage postérieur, adjugé GBP 89250 par Christie’s London le 7 juin 2004, il y a 17 ans. Précieux et remarquable premier tirage avant légende et numérotation de la majorité des planches ; l’exemplaire, proche du n°519 du Harvard College, ayant comme celui-ci 8 planches de second tirage avec numérotation mais avant les légendes : 13-18 ; 21 et 26. « Title-page without ornamentation. The volume consists of four preliminary leaves and twenty-six engraved plates of the story of Jason and Medea, approximately 63/16 x 9". The first is unsigned, the others are signed with the monogram "RB" of René Boyvin, and the last is signed in addition to the monogram, « Leonardus thiri. inuē. Renatus. .F » « In his dedication to Charles IX in French issue. Jean de Mauregard writes, "I’en ay faict desseigner & pour-traire curieusement les figures par Leonard Tyri de Belges peintre excellent (comme l'œuvre descouure) & apres faict tailler en cuiure par René Boyuin natif d'Angers : ny espargnant ne les frais ne la sollicitude, en esperance de vous en faire present qui pourroit estre agreable : fust pour la lecture du livre ou par-auenture pour patron de quelque tapisserie à orner vn jour les sales de vos magnifiques palais . . . ou pour une peinture exquise à enrichir quelque galerie" (recto of 2nd prelim. leaf). Leonard Thiry worked at Fontainebleau under Rosso and Primaticcio from 1536 to about 1542 (The Jason plates were attributed to both these masters when issued by later publishers.) Each scene measures about 3 3/8 x 5", while the remainder of the copperplate comprises an elaborate border displaying a fantastic assortment of figures, putti, grotesques, birds, animals, and cartouches containing small scenes. It is this wealth of invention in the borders, sometimes eclipsing the scenes themselves, that makes this a major work in the Fontainebleau tradition. For a study of the Jason series, and the extent to which Mauregard's plan of providing an artist's model book was realized, see J.-J. Marquet de Vasselot, "La conquête de la toison d'or et les émailleurs limousins du XVIe siècle," La revue de l'art ancien et moderne, vol. 34 (July-December 1913), p. [241], 253, [333}-345, reproductions. See also, Levron, Boyvin, p. 29-[34], P. 66-67, nos. 16-41, full series reprod. plates XIX-XLIV. Boyvin is one of the most influential figures in the early history of engraving in France. Robert Dumesnil (vol. 8, p. 36-44, n° 36-44) describes the copperplates in three states: first unnumbered, second with small numbers added at the top of the plate, and third - a much later impression - with the numbers removed. This copy contains a mixed set, the majority in the first state, but plates 13-18, 21 & 26 in the second, with the numbers. The fine, dark impression in this copy are particularly effective for the night scenes of n° 14, 18, and 23. The preliminary leaves are printed in roman and italic letter with three excellent grotesque initials. Mauregard’s dedication is dated July 3rd and the privilege, July 14th of 1563. (Harvard, French Sixteenth, n°519). L’une des plus précieuses et des plus rares suites de l’école de Fontainebleau, gravée sur cuivre par René Boyvin sur les dessins de Léonard Thiry, l’un des premiers peintres appelés à Fontainebleau par le roi François Ier collaborateur de Rosso et de Primatice dans la décoration du palais. Harvard, French 16th century books, II, n°519 ; Peter Ward Jackson, Some mainstreams and tributaries in European ornaments from 1500 to 1750, 1967, p. 10-13 ; Brun, Le livre français illustré de la Renaissance, p. 199 ; Brunet, II, 1648. L’ouvrage tire son origine d’une commande de Jean de Mauregard qui, pour la distraction de Charles IX, avait demandé à Gohory cette narration mythologique de la conquête de la Toison d’or. Mauregard, dans sa dédicace, prend en compte la dimension de « répertoire décoratif » de l’illustration et en fait présent au roi. En 26 tableaux de grand format (230 x 160 mm) Léonard Thiry excelle à traduire les épisodes multiples de la légende de Jason, insérés dans de magnifiques bordures très élaborées dont la richesse et la verve imaginative placent l’œuvre dans la grande tradition de l’école de Fontainebleau. « Ces estampes devaient servir de patron pour les grandes tapisseries royales ». J. Gohory. « A la suite des guerres d’Italie, François Ier se donne tout entier au projet de faire fleurir l’industrie, le commerce et les lettres. Les fêtes données par le roi plus élégantes que somptueuses offrent les plus brillantes images de la chevalerie. Sa curiosité presque universelle le poussait à acheter des tableaux précieux et à les proposer en modèle aux artistes français. Il visitait dans leurs ateliers le Primatice, Léonard de Vinci, et excitait l’émulation des artistes français. Il entreprit ainsi le Louvre et fit bâtir les châteaux de Fontainebleau, de Chambord et de Madrid en s’entourant des plus grands peintres et sculpteurs de l’époque. » Le peintre Léonardo Thiry fut ainsi appelé par François Ier à exercer ses talents à Fontainebleau où il travailla à partir de 1535 en collaboration étroite avec Rosso et Primatice. Il participa ainsi à la décoration de la galerie François Ier puis de 1537 à 1550 à la Porte Dorée. La dépense consentie, le recrutement des artistes, l’effort d’invention, la perfection des ornements et l’originalité du résultat ont fait de la galerie François Ier à Fontainebleau une péripétie essentielle de l’histoire de l’art français. Le répertoire décoratif à la base de guirlandes de putti, de chutes de fruits est une synthèse étourdissante du décor italien adapté au goût français, le traitement et la gaieté du maniérisme italien acclimaté en France en font une création inédite définissant pour la France, l’école de Fontainebleau et la Haute Renaissance ». André Chastel, L’Art français, II, 163-164. Précieux exemplaire du superbe tirage latin, rarissime, d’un contraste exceptionnel, conservé dans sa reliure en veau décoré vers 1720, provenant de la collection A. Brölemann.
Précieux volume conservé dans son élégante et intéressante reliure parisienne strictement de l’époque, très proche des reliures alors réalisées pour le bibliophile de la Renaissance Marcus Fugger (1529-1597). Paris, Jean Longis, 1553. In-8 de (8), 191 ff. Les gardes et les contreplats sont couvertes d’annotations manuscrites anciennes. Veau blond, double encadrement de trois filets à froid avec petits fleurons dorés aux angles, fleuron central argenté, dos à nerfs orné de filets à froid et d’un petit fer répété, mors et coiffes restaurés. Reliure parisienne de l’époque de belle facture proche de celles réalisées pour Marcus Fugger. 166 x 102 mm.
Edition originale de la traduction française établie par Etienne de la Planche, des trois derniers livres des Apophtegmes. Les cinq premiers livres avaient déjà été traduits en français par Antoine Macault. Brunet, II, 1040 ; Bibliotheca Belgica, E392. Dédiée à Jean Brinon, seigneur de Villennes, conseiller au Parlement de Paris, elle fut partagée entre Jean Longis et ses confrères parisiens Vincent Sertenas et Etienne Groulleau. Érasme publia les « Apophtegmes » pour l’éducation des Hommes d’État. Il veut ici « célébrer l’art d’être spirituel. Il le fait en traduisant et en commentant Plutarque. La scène est presque toujours la même : on pose inopinément une question à un général ou à un homme politique de Sparte. D'autres seraient pris au dépourvu. Les Spartiates, jamais. Ils répondent avec finesse, subtilité, élégance, qualités bien notées dans les marges du recueil. Parfois, avec une certaine rosserie. Le contenu de leurs réponses n'est pas la chose la plus importante. Homme du nord, Érasme aime autant que Castiglione et les grands Italiens le plaisir des bons mots. Si on l'oublie, on réduit le sens de sa culture comique. » (Daniel Ménager). « Signe évident de succès, le recueil latin de plus de 3 000 dits mémorables qu'Érasme publia à partir de 1531 sous le titre d'Apophthegmatum opus, fut réimprimé quelque soixante-dix fois en l'espace d'un demi siècle. Et comme s'il ne suffisait pas de pourvoir aux besoins intellectuels d'un public plus ou moins érudit, voici que rapidement se mirent à fleurir des traductions à l'intention de lecteurs pour qui, apparemment, la connaissance du latin n'allait plus de soi. Ainsi, s'il faudra attendre 1672 pour voir sortir des presses une édition néerlandaise, il en parut une anglaise en 1542, une italienne en 1546 et une espagnole en 1549. Non point que les Français, quant à eux, ne s'y soient pas intéressés : dès 1536, Antoine Macault s'attaqua non pas à une traduction, qui relève de l'imitatio, mais à une translation, qui appartient à l'inventio, des cinq premiers livres ; ce labeur, Etienne de Laplanche allait le compléter dix-sept ans plus tard. Qui plus est, dans les années qui suivirent, Guillaume Haudent et Gabriel Pot devaient même prétendre y trouver matière à en tirer des poésies ! Dès lors, le nombre de compatriotes qui se sont attachés à transposer le recueil d'Érasme, aussi bien que la rapidité avec laquelle ils se sont mis au travail ont de quoi nous intriguer, au point que l'on peut se demander si, au-delà d'un désir fort louable de vulgarisation, et d'une aspiration bien compréhensible, sur les brisées d'un si illustre maître, à la gloire littéraire, d'autres ambitions plus ou moins explicitement énoncées ne se laissent pas discerner. C'est à la lecture de ces exemples que l'on se rend compte à quel point, dès le milieu du XVIe siècle, le français s'est suffisamment démarqué du latin pour pouvoir se prétendre à son tour langue littéraire à part entière. Tant s'en faut, en effet, que Rabelais ait été le seul à se livrer à la truculence verbale : Macault et Etienne de Laplanche prouvent qu'elle est en réalité le fait de toute leur époque. Pour quelque raison que ce soit, mièvrerie esthétique, pruderie intellectuelle, austérité morale ou tyrannie dogmatique, les siècles suivants, à commencer par le XVIIe, allaient se charger de canaliser, voire de brider cette énergie créatrice qui, du coup, fait précisément l'originalité du XVIe. Faut-il le regretter? Il est vrai que de la sorte, le français a perdu en spontanéité ce qu'il a gagné en longévité, au point qu'à presque quatre siècles de distance, les pièces de Corneille se lisent encore sans trop de difficulté. Et si, dès cette époque, se sont mises à fleurir des Belles Infidèles qui se sont épanouies en genre littéraire à part entière, simultanément surgit le débat de fond entre l'école et la rue. » Louis Lobbes. Etienne de Laplanche, avocat au parlement de Paris au XVIe siècle, s’est immortalisé par la traduction qu’il a donnée des cinq premiers livres des Annales de Tacite et des trois derniers livres des Apophtegmes d’Érasme. Précieux volume conservé dans son élégante et intéressante reliure parisienne strictement de l’époque, très proche des reliures alors réalisées pour le bibliophile de la Renaissance Marcus Fugger (1529-1597).