ALBIN MICHEL. Avril 1982. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 185 pages.. . . . Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française
Reference : RO80147233
ISBN : 2226014969
"Collection ""Sanguine"" Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française"
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s. n. | s. l. 1986 | 20.8 x 29.5 cm | Broché
Quatrième version du scénario. Couverture imprimée fragilisée, consolidée par des bandes adhésives au dos, salissures, plis angulaires, légère déchirure au premier plat, sinon bon état intérieur. Les mentions de la troisième version imprimées sur premier plat et sur la page de titre sont biffées et corrigées à l'encre - "quatrième version". Au scénario sont jointes des coupures de journaux, des brochures et des documents au sujet du film et de ses projections. Quelques annotations au crayon sur les pages 22, 23, 105 et 108. Une version intermédiaire du scénario du film culte de Louis Malle racontant un épisode traumatisant de son enfance sous l'Occupation. * "Bonnet, Négus et Dupont sont morts à Auschwitz, le Père Jean au camp de Mathausen [sic]. Le collège a rouvert ses portes en octobre 1944. Plus de quarante ans ont passé, mais jusqu'à ma mort je me rappellerai chaque seconde de ce matin de janvier." Ces derniers mots du scénario, prononcés par Louis Malle lui-même en voix off à la fin du film, résument l'histoire épouvantable que vécut le cinéaste, comme tant d'autres écoliers dans les années 1940. Cet exemplaire témoigne du travail méticuleux mené par Louis Malle sur son scénario, retravaillé à plusieurs reprises - au moins quatre versions successives ont vu le jour à en juger par notre exemplaire. Des répliques, des passages et des scènes entières exposées dans ce scénario n'ont pas intégré la version finale, changeant la nature des personnages et le ton de l'histoire. Les nombreuses variantes du tapuscrit avec le film réalisé mériteraient en effet une étude approfondie, non seulement pour juger de l'économie narrative adoptée par le réalisateur, mais également pour comprendre certains ressorts psychologiques et narratifs abandonnés ou détournés. Une simple étude des dernières scènes nous apporte un éclairage très signifiant : Dans le texte, lorsque Julien croise Joseph qui a dénoncé la présence d'enfants juifs dans le collège, le garçon tente de se justifier : "Ils vont me trouver du boulot. Je voulais pas venir, c'est eux qui m'ont forcé." puis plus loin : "Ils m'ont traité comme un chien. Qu'est-ce que t'aurais fait à ma place ? Hein ? Réponds, qu'est-ce que t'aurais fait ?" Dans cette version du scénario, Malle rend plus profond le personnage de Joseph, qui n'est en réalité qu'un enfant démuni, lui-même victime d'injustices. Avant de quitter la petite cour du collège, "[Julien] voit Joseph, lamentable, consolé par l'Allemand". Le garçon rajoute également : "J'ai fait le con Julien. J'ai fait le con", amorçant une contrition, finalement supprimée au tournage. La scène suivante, supprimée, comporte une autre justification, celle du Père Jean adressée au commandant Müller. Le prêtre lui oppose la loi de Dieu aux lois du Reich. Mais cette scène est surtout le prétexte d'un ultime partage d'attention entre Julien - alias Louis Malle - et ses camarades bientôt déportés. Le film les privera de cette ultime complicité : "Au passage, Julien donne sa cigarette à Dupont [devenu Dupré dans le film], qui tire une bouffée. Un allemand lui prend la cigarette de la bouche et l'écrase au sol. Un peu à l'écart, Bonnet, face au mur, béret sur la tête, balance le haut de son corps d'avant en arrière. Il se retourne pour adresser un sourire à Julien,un merveilleux sourire." Dans la scène tragique qui clôt la pellicule, au moment de l'appel dans la cour, le nazi Müller achève son discours sur la discipline aux mots "Vous devez nous aider à débarrasser la France des étrangers, des juifs" . Le script y a adjoint un épisode d'une terrible absurdité qui dévoile un peu plus la psychologie du personnage : "Le chien se jette en aboyant dans les jambes des élèves. Il attrape la cheville de François. Celui-ci donne un coup de pied au chien, qui se met à glapir. Muller s'avance vers François et le gifle. Muller : Petite brute. Je vais t'apprendre à taper sur un chien. Qu'est-ce qu'il t'a fait, ce petit chien ? Pessoz, à quelques
Paris 23 octobre 1953 | 21 x 27 cm | 14 pages tapuscrites sous chemise + 1 enveloppe
Tapuscrit complet d'un projet de scénario de film intitulé «Le Cow-boy de Normandie». Quatorze pages tapuscrites sous une couverture de papier quadrillé sur laquelle est inscrite, de la main de Boris Vian: «Projet de scénario Boris Vian 6 bis Cité Véron Paris 18e». On joint l'enveloppe de la S.A.C.D. Ce scénario a été retranscrit dans le recueil Rue des ravissantes et réalisé sous la forme d'un court métrage par Clémence Madeleine-Perdrillat en 2015. Cette parodie de western narre l'histoire de Jim Lacy, un cowboy désabusé quittant son Nevada pour une terre plus authentique: Fleurville en Normandie. Provenance : Fondation Vian. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
s. d. [circa 1950] | 21 x 27 cm | 3 pages sur 3 feuillets perforés agrafés
Manuscrit autographe inédit d'un projet de scénario cinématographique de Boris Vian. 3 pages sur 3 feuillets rédigées à l'encre noire et bleue et au stylo bille bleu. Ratures, corrections et notes marginales. Pliure centrale sans gravité. Une coupure verticale sur le premier feuillet, sans manque de texte. Amusant projet cinématographique raillant l'impitoyable monde des maisons de disques alors que Boris Vian fait la connaissance de Jacques Canetti qui lui ouvrira les portes de Polydor (qui deviendra Philips). La seconde page présente quelques lignes exposant le synopsis du projet: «Deux maisons de disques rivales se trouvent enlisées dans une guerre de concurrence acharnée. Chacune attend pour agir de savoir ce que prépare l'autre [...]» Boris Vian semble avoir une idée bien précise de l'ambiance du film, indiquant déjà des détails techniques d'importance: «Début du film en bistre (historique) [...] arbre découpé (voix des chênes) [...] ou à la guillotine (ombre dans la cour) [...] côté cinémassacre-ballet Hitchcock dans l'action». Il a également une idée assez arrêtée des les acteurs choisis pour interpréter les différents personnages: «[Jacques] Dufilho, [Hubert] Deschamps [...] Personnage de Georges Cravenne (Y.[ves] Robert ou Darry Cowl», bien qu'il ne semble pas encore décidé pour l'interprète du «personnage de Barclay».Fidèle à son humour, il imagine ponctuer l'intrigue de «sketches de démonstration», d'une «parodie du ballet M.G.M.» ou encore de «sketches satiriques venant couper le burlesque». La part belle est, compte tenu du sujet, faite à la musiqueet plus précisément au rock'n'roll: «Un seul orchestre spécialisé dans le rock, et chacune des deux maisons essaie de se l'approprier[...] Rock et Roll sont associés». Influencé par les maîtres de la science-fiction américaine d'après-guerre qu'il admire, Vian introduit dans ce scénario des éléments propres au genre de l'anticipation; les «Maisons de disques s'espionnent à coup de téléviseurs perfectionnés» et il y a même des «Martiens». L'écriture rapide et les ajouts marginaux de ce manuscrit témoignent de la vivacité de Boris Vian, infatigable travailleur à l'imagination prolifique. Dans son langage non-conformiste, il multiplie les idées sur le papier: «il faut moderniser notre organisation. On fait défiler les mecs et on les abat à coup de presse-papier quand ils sont trop vieux [...] chacun des maisons pousse au cul son grand docteur». Comme le souligne Noël Arnaud dans ses Vies parallèles de Boris Vian, «Boris Vian s'est (...) intéressé au cinéma de manière active, et à plusieurs reprises. Il a composé des scénarios (certains ont même été tournés), il est apparu comme acteur dans différents films et il a écrit des commentaires de courts métrages.» Un documentaire intitulé Le Cinéma de Boris Vian, sorti en 2010, relate la passion de Boris Vian pour le cinéma et sa collaboration avec le réalisateur Pierre Kast qui disait de son ami: «J'aimerais beaucoup - c'est un des plus grands regrets de ma vie - j'aimerais beaucoup entrer dans une salle de projection, avec un bon fauteuil et plusieurs dizaines d'heures devant moi, et regarder les vingt films que Boris rêvait de faire.» (Pierre Boiron, Pierre Kast 1985). Ironie du sort, c'est dans un fauteuil de cinéma que Boris s'éteindra...devant l'adaptation qu'il exécrait de son roman J'irai cracher sur vos tombes. Provenance : Fondation Vian - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Salies-du-Salat (Haute-Garonne) s. d. [1944] | 21 x 27 cm | une page recto verso
Amusante lettre autographe signée de Roland Dorgelès adressée à un confrère écrivain concernant le film de René Le Hénaff intitulé Coup de tête, sorti en 1944, et pour lequel le père des Croix de Bois est scénariste et dialoguiste, (41 lignes à l'encre bleue) rédigée depuis sa retraite haute-garonnaise de Salies-du-Salat. Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli. Roland Dorgelès se montre peu indulgent pour les acteurs et actrices de cinéma : "J'ai vu votre photo dans un illustré : vous faisiez un cours de littérature aux futures vedettes de cinéma. Elles en ont foutrement besoin ! " Mécontent du montage final du film Coup de tête auquel il a beaucoup donné de sa personne en l'adaptant, puis en étant scénariste et dialoguiste, l'ancien Poilu Roland Dorgelès dénonce l'attitude de René Le Hénaff qui n'a même pas pris la précaution de le consulter pour apporter quelques derniers changements à leur collaboration :"J'étais content de mon scénario. Mais en mon absence le metteur en scène (un certain Le Hénaff, que Sacha Guitry a surnommé Le Gniaf), a tripatouillé mon texte ajoutant un dialogue et des gags de son goût, si bien que je me demande ce que vaut le film ainsi remanié." Il se désolidarise à l'avance du résultat obtenu : "J'ai d'ailleurs demandé que l'oeuvre fut présentée comme tirée d'un roman de moi et non comme scénario portant ma signature." et demande comme un service à son interlocuteur d'aller visionner ce film : "Vous avez compris ce que j'attends de votre amitié ? Allez vite voir Coup de tête pour me dire franchement ce que ça vaut." - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Gallimard, collection Connaissance de l'inconscient, série La psychanalyse et son histoire, 1984. In-8 broché, couverture légèrement défraîchie (quelques traces de plis, dont plis de lecture au dos).
"Dans le courant de l'année 1958, le réalisateur américain John Huston demande à Sartre d'écrire un scénario sur Freud, plus précisément sur ce temps conflictuel de la découverte où Freud, renonçant à l'hypnose, invente la psychanalyse. De ce travail de commande, Sartre va se saisir avec autant d'amusement que de passion. Il remet l'année suivante à Huston un scénario, "gros comme ma cuisse", dira le metteur en scène qui demande remaniements et coupures. Mais la seconde version - on reconnaîtra là un trait de Sartre - est encore plus volumineux. Finalement, Sartre renonce et exige que son nom ne figure pas au générique du film Freud, the Secret Passion, tourné en 1961. Pour écrire son scénario, Sartre lit la biographie de Jones, les Etudes sur l'hystérie, L'interprétation des rêves. Ces lectures transforment l'image, jusqu'alors plutôt négative, qu'il se faisait de Freud. Elles lui révèlent une personnalité contradictoire, violente et retenue, en lutte permanente avec elle-même et l'entourage. Elles lui montrent que la psychanalyse, avant d'être une doctrine, est le produit d'un long travail mené sur soi et d'abord contre soi. Le lecteur sera surpris de la sympathie avec laquelle Freud est ici représenté (et souvent inventé). Il verra aussi comment, loin d'être un simple divertissement, le scénario Freud a été un moment important dans l'oeuvre de Sartre : Les Séquestrés d'Altona, L'Idiot de la famille et aussi Les Mots en dérivent pour une part. Est-ce ici Sartre qui analyse Freud ou Freud qui analyse Sartre ? L'un et l'autre eurent en tout cas une passion commune : l'hystérie féminine. Ils partagent aussi une même interrogation, autour de quoi Sartre construit son scénario : qu'est-ce que le lien de paternité ? "