CALMANN LEVY. 1899. In-12. Relié. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Quelques rousseurs. 354 pages. Titre et auteur dorés sur le dos à 5 nerfs en cuir rouge. Tampon de bibliothèque du patronnage de nansouty.. . . . Classification Dewey : 840-Littératures des langues romanes. Littérature française
Reference : RO30015720
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«Pour un esprit philosophique, c’est-à-dire un esprit préoccupé des origines, il n’y a vraiment dans le passé de l’humanité que trois histoires de premier intérêt : l’histoire grecque, l’histoire d’Israël, l’histoire romaine. Ces trois histoires réunies constituent ce qu’on peut appeler l’histoire de la civilisation». (E. Renan) Paris, Calmann Lévy, 1887-1893. 5 volumes in-8 : I/ (1) f.bl., (2) ff., xxix pp., 455 pp. ; II/ (2) ff., iv pp., 545 pp., (3) pp. bl. ; III/ vii pp., 527 pp. ; IV/ (2) ff., 411 pp. ; V/ (2) ff., 427 pp., grand papier japon, demi-maroquin bleu à coins, têtes dorées, couvertures oranges et dos conservés. Reliure signée P. L. Martin. 242 x 153 mm.
Edition originale «importante. Recherchée sur grand papier» (M. Clouzot). Précieux et superbe exemplaire de tête, l’un des 30 tirés sur papier impérial du Japon, portant le n° 15. «Histoire du peuple d'Israël de M. Renan n'a pas déçu l'attente des amis de la belle littérature. Jamais l'admirable écrivain, auquel nous devons tant de pages charmantes, ne s'est montré plus pleinement maître de toutes les ressources de notre langue, jamais sujet, sauf la Vie de Jésus, ne lui a permis de déployer plus librement les dons si divers d'artiste et de poêle qui, dans cette nature privilégiée, font presque oublier le savant et le penseur. On retrouve ici M. Renan tout entier, - avec ses défauts, sans doute, c'est-à-dire l'abus de l'ironie inutile dans la pensée et de l'anachronisme inutile dans l'expression, çà et là des traits que réprouverait un goût sévère, et des boutades qui ressemblent à des gageures - mais aussi avec ses qualités, toujours jeunes, de souplesse, de verve, de lumière, avec sa profondeur sans pédantisme et sa grâce sans afféterie, par-dessus tout, avec ce je ne sais quoi «de léger et d’ailé», qui fait involontairement songer à Platon. On peut ne pas ouvrir l’Histoire d’Israël, mais, une fois ouverte, je défie quiconque de la fermer sans l’avoir lue jusqu'au bout. On est parfois agacé ou choqué, plus souvent ému, - entraîné et séduit presque toujours. Et que de pages laissent dans la mémoire une empreinte ineffaçable, depuis ces premiers chapitres où l'existence des nomades du désert syrien ressuscite dans la fraîcheur d'une idylle peinte d’après nature, jusqu'aux portraits si vivants de Saül, de David et de leurs rudes compagnons, - depuis cette vision presque troublante du massif du Sinaï, jusqu'au parallèle, en somme, aussi juste qu'éloquent, entre la langue grecque « luth a sept cordes, qui sait vibrer à l'unisson de tout ce qui est humain », et l'hébreu « carquois de flèches d'acier, câble aux torsions puissantes, trombone d'airain brisant l'air avec deux ou trois notes aiguës! » Le secret du style de M. Renan paraît être dans l’alliance d'un vocabulaire romantique par la force, la richesse et le coloris, avec un tour de phrase classique, c'est-à-dire noble, simple et français. Quelle bonne fortune qu'un pareil livre dans un siècle où l'érudition met sa coquetterie à tourner le dos à la littérature, pendant que la littérature met la sienne à s'affubler d'un jargon scientifique ou naturaliste ! » «‘L’Histoire du Peuple d’Israël’ n’est, à proprement parler, qu’une longue préface à la grande œuvre qui assure à M. Renan une place unique dans l’histoire religieuse moderne et dans notre littérature française. Montrer le développement religieux du peuple d’Israël, dégager les principes qui se sont combinés pour former l’âme d’Israël, assigner à ce peuple étonnant sa véritable place dans l’œuvre collective de la civilisation humaine, tel est le but véritable poursuivi par M. Renan et qu’il ne faut pas perdre de vue en jugeant son œuvre […] Il importe singulièrement plus de dégager l’histoire humaine en Israël que de relier péniblement une série de monographies sur des sujets d’ordre secondaire. A chaque page, pour ainsi dire, le lecteur érudit rencontre des assertions qui, pour lui, homme du métier, sont beaucoup moins assurées que ne le suppose le récit de M. Renan. Mais on aurait tort d’en faire un reproche au savant historien. S’il les énonce, c’est qu’elles expriment la conclusion à laquelle ses longues recherches sur ces matières ont abouti. Et si parfois on est en droit de trouver trop grande la part qu’il fait à l’intuition ou à une sorte de divination dans l’appréciation des dates ou des textes, il pourrait encore nous répondre qu’en pareille matière l’instinct littéraire, le goût, je dirais volontiers le flair de l’homme qui joint une grande délicatesse artistique à une très forte culture scientifique, sont parfois de meilleurs guides que la sèche raison du critique qui dissèque des textes dont il est incapable de saisir la vie. Dans le volume qui nous occupe, il y a trois éléments bien distincts, fondus par l’auteur en un récit harmonieux et continu: une histoire profane des Israélites depuis l’avènement de David jusqu’à la destruction du royaume du nord par les Assyriens; une histoire littéraire des plus anciens documents retrouvés par l’analyse dans l’Ancien Testament, tels que le livre des Légendes patriarcales, œuvre d’un conteur de Béthel ou de Sichem, le livre des Guerres de Jahvé et celui du Iasar, composés de chants populaires et de traditions héroïques vers le Xe siècle, dans le royaume d’Israël; une double historie sainte, celle du nord, dite jéhoviste, avec le ‘Livre de l’Alliance’ et celle de Jérusalem, dite élohiste avec le ‘Décalogue’ et enfin les plus anciens écrits prophétiques; troisièmement une histoire du développement religieux d’Israël que l’on peut ne pas admettre, mais dont il est impossible de contester l’exécution magistrale. Et tout cela se pénètre réciproquement avec une abondance d’observations fines, de vues générales, reflétant une connaissance approfondie du pays et une vive intuition de la vie orientale […] Il est un fait qu’il faut noter, c’est que le tact littéraire exquis de l’auteur lui permet de sentir et de faire sentir à son lecteur la spontanéité et la fraicheur de rédaction de certains fragments qui trahissent par là même leur origine antique et leur authenticité relative. Quand on a une fois ressenti cette impression, les plus beaux raisonnements du monde ne vous feront pas admettre que ces fragments soient des compositions tardives de quelque scribe, désireux de soutenir une thèse sacerdotale aux dépens de personnages et de peuples ayant disparu depuis longtemps du théâtre de l’histoire […] (Maurice Vernes, Revue de l’histoire des religions, 1889, vol. 19, p. 230). Somptueux exemplaire de tête de cet ouvrage recherché, relié en demi-maroquin bleu à coins par Pierre-Lucien Martin.
Le rare recueil de Lagniet imprimé à Paris entre 1657 et 1663, illustrant par 119 estampes satiriques en premier tirage la vie, les mœurs et les proverbes du peuple français sous les règnes de Louis XIII et de louis XIV. L’exemplaire Destailleur conservé dans sa reliure en vélin de l’époque. Paris, sur le quay de la Megisserie au fort l’Evesque, s.d. [1657-1663]. 3 suites reliées en 1 volume in-4 de 42 planches numérotées (y compris le titre général), 47 planches et 30 planches. Restauration sans gravité dans le feuillet de titre. Relié en plein vélin rigide de l’époque, dos lisse avec le titre manuscrit, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 254 x 202 mm.
Précieux et rare recueil de Lagniet imprimé à Paris entre 1657 et 1663. Catalogue Destailleur, n° 325 ; Brunet, III, 767 ; Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 590. Rares sont les recueils de Lagniet connus des bibliographes. Brunet cite ainsi 4 exemplaires dont aucun n’est complet. La composition des quelques exemplaires connus est différente. La collation du présent exemplaire, composé de trois suites numérotées, s’établit ainsi : -Livre premier : Proverbes moraux : 42 planches ; -Livre second : Proverbes joyeux et plaisans : 47 planches ; -Livre troisième : La vie des Gueux : 30 planches ; soit un total de 119 estampes gravées sur cuivre en premier tirage. L’ensemble constitue un document d’une richesse de détails inouïe et inégalée sur la vie besogneuse et récréative des gens du peuple au cœur du XVIIe siècle : tourneur, musiciens ambulants, mendiants, vitrier, charretier, bonnetier, pêche en rivière, festins, danse, forgeron, … Dans son étude sur les Mœurs et la caricature en France, John Grand-Carteret s’enthousiasme pour les Proverbes de Lagniet : « Non seulement, écrit-il, on voit défiler devant soi une importante période de l’histoire, prise dans des détails plus intimes que par les estampes toujours un peu pompeuses d’Abraham Bosse, mais encore on peut suivre au moyen de ces drôleries et facéties le développement de l’étude de mœurs. » Avec Lagniet, on plonge dans l’univers quotidien, les vicissitudes de la vie et l’omniprésence des fléaux qui ravageaient l’Europe, la peste, la guerre et la famine. Mendiants, artisans, marchands, bourgeois et nobles se pressent dans ces Proverbes. Chacune des planches est émaillée de proverbes, de dictons, de termes populaires et parfois triviaux, qui traduisent avec beaucoup de réalisme le milieu populaire de l’époque, très imprégné de maximes et de termes dont beaucoup ont disparu. Graveur au burin, caricaturiste et éditeur, Jacques Lagniet (1620-1672) excelle dans ce recueil à réaliser une illustration d’une grande vivacité et d’une grande sureté de trait dans le mouvement qui, jointe au vocabulaire très riche d’évocation, forme un ensemble d’une originalité et d’un esprit très personnels. Seules deux bibliothèques publiques françaises semblent posséder un recueil réunissant des planches de ces trois suites de Lagniet : la B.n.F. et la Bibliothèque de Rouen. Précieux exemplaire de l’un des plus curieux recueils d’estampes de l’histoire de la gravure, relié à l’époque en vélin par l’amateur l’ayant composé. La plupart des exemplaires connus ont été établis postérieurement, généralement au XIXe siècle, et se trouvent donc dans des reliures plus tardives. Un tel recueil, constitué à l’époque, joliment relié en vélin, est d’autant plus remarquable. Il provient de la bibliothèque de H. Destailleur avec ex libris.
Editions en Langues Etrangères, Pékin, 1965, 72 pp., agrafé, traces d'usage, état correct.
Bureau de la revue. 1er-2e trim 1990. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 226 pages. Quelques illustrations en noir et blanc dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 2-Le livre
Sommaire : Peuple, plèbe, populace, idées, représentations, quotidien de l'ancien régime au temps des girondins, Propos liminaire par R. Darricau, Peuple des mots, peuple des images : les représentations du peuple de l'ancien régime a la révolution par D. Roche, Le peuple absent ou la condamnation des girondins par les montagnards par A.M. Cocula Classification Dewey : 2-Le livre
Supplément à La cause du peuple - J'accuse, juin 1971, brochure agrafée, 32 pp., bon état