FAYARD. 1976. In-8. Broché. Etat d'usage, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 193 pages - petite annotation que la page de garde.. Avec Jaquette. . . Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle
Reference : RO20154171
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CNRS , 2 grands volumes , ETAT NEUF , jaquette , 2004catalogue raisonné des archives phototgraphiques du premier directeur des travaux de KARNAK 1895 à 1917 . 1 volume de texte et 1 volume de planches
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RYALL , 1977 , reliure à la bradel ,2 volumes ,très bon état , sans jaquettes , 475 et 410 pages
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DROUET (Juliette). LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À VICTOR HUGO. 21 octobre [1846]. 4 pages, 26 × 21 cm environ. Très légère coupure, d’environ 1 cm, sur le pli médian des pages 3-4, vers l’extérieur. Timbre sec dans la partie supérieure. Belle lettre, d’un grand format inhabituel, écrite quatre mois après la mort (à dix-neuf ans, de tuberculose) de sa fille Claire Pradier, dans laquelle la douleur et la résignation initiales cèdent la place à l’expression amoureuse. « 21 8bre mercredi après-midi 2h1/2 Je t’attends, mon Victor, et je t’aime toutes voiles dehors. J’ai le cœur rempli de toi et je te désire de toutes mes forces. Je suis allée à ce bout de l’an par le temps que tu sais. J’avais une double raison pour ne pas manquer d’y aller à cause du triste anniversaire de mon pauvre ange. Il y a aujourd’hui quatre mois que le bon Dieu me l’a reprise. Hélas ! Que sa volonté soit faite puisque rien ne saurait s’y opposer, mais c’est bien difficile à supporter sans murmurer. Mme Guérard est venue tout à l’heure me remercier de cette marque de déférence pour le souvenir de son mari. Mais la réalité est que je ne méritais pas tout à fait ses remerciements. Cher adoré bien aimé, je suis revenue de cette triste cérémonie t’aimant plus que jamais et sentant plus que je ne saurais te le dire que tu es ma vie. Le jour où tu ne m’aimeras plus je mourrai. C’est bien vrai, bien simplement vrai mon Victor adoré. Je vois venir le beau temps avec un sentiment de reconnaissance envers le bon Dieu parce que j’espère que tu profiteras de ce petit rayon de soleil pour venir me voir un moment. En attendant je me dépêche de faire mes affaires pour rester auprès de toi quand tu viendras. La visite de Mme Guérard et la messe m’ont mise un peu en retard. Mais je mépêche [sic] tant que je serai archi prête quand tu viendras. D’ailleurs si je ne l’étais pas je resterais comme je suis avec ma perruque ébourriffée et mes mains pleines d’encre. Pourvu que je te voie tout le reste m’est égal. Jour Toto, jour mon cher petit o. Je vous dis que vous êtes mon amour béni que je baise et que j’adore. Juliette » Madame Guérard était une marchande de modes, amie de Juliette. Son mari était mort à l’automne 1845, quelques mois avant Claire Pradier, à l’enterrement de laquelle Madame Guérard avait assisté, le 11 juillet 1846. Publication en ligne : http://www.juliettedrouet.org/lettres/spip.php?page=article&id_article=2570.
DROUET (Juliette). LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE À VICTOR HUGO. 4 pages, 21 × 13,3 cm. Jeudi matin 9 septembre, 7h45. Touchante lettre mélancolique et désabusée. « Jeudi matin 7h3/4. 9 7bre. Bonjour, cher bien aimé, bonjour tout le monde bonjour. Je suis triste ce matin et peu s’en faut que je ne sois méchante. Cependant comme je ne peux pas exercer ma méchanceté impuissante contre personne je l’utilise envers moi et je m’en sers pour me tourmenter et pour me rendre la plus malheureuse des femmes. C’est une manière de ne rien perdre qui n’a pas son charme mais qui tient lieu de chagrin à défaut de joie. Voici la belle saison passée sans que j’aie pu accrocher un pauvre jour entier de bonheur. Cependant je ne vivrai pas deux fois et je crois même intérieurement que je ne vivrai pas long-temps. Peut-être est-ce pour me rendre la vie moins regrettable que le bon Dieu me l’a fait si peu agréable ? Dans ce cas-là je dois avouer qu’il y réussit complettement car je n’ai jamais mieux compris le désenchantement de toute chose que dans ce moment. Il est impossible en effet de se soutenir long-temps dans la vie, sans famille, sans amis, sans affaires, sans bonheur, si non sans amour. Je sens bien que la terre me manque et que toutes les joies de ce monde me fuient. Il est temps d’émigrer vers une autre contrée plus clémente et plus généreuse. Il est temps aussi de finir cet affreux gribouillis plus noir et plus brumeux que le temps et plus bête encore que moi. Heureusement que mon papier est fini. Je t’aime. Juliette »