‎CLAUDE PRERYME‎
‎NI L'UN NI L'AUTRE‎

‎SPES. 1957. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos abîmé, Intérieur frais. 172 pages. Quelques illustrations en noir et blanc, hors texte. Envoi d'un inconnu sur la page de garde.. . . . Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle‎

Reference : RO20128349


‎Illustrations de Michel Gourlier. Classification Dewey : 840.091-XX ème siècle‎

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5 book(s) with the same title

‎PLUTARQUE‎

Reference : 16444

‎Les Vies des Hommes illustres grecs et romains, comparées l'une avec l'autre par Plutarque de Chaeronée‎

‎ Lausanne, François Le Preux, 1574. In-folio, [16]-1336-[22] pp., basane fauve postérieure, frise doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de caissons et fleurons dorés, tranches dorées (manques et épidermures, taches, petites déchirures marginales, pièce de titre très restaurée, une marque d'imprimeur provenant d'un autre ouvrage y a été ajouté, le dernier feuillet comportant également une marque d'imprimeur provient également d'un autre ouvrage). ‎


‎Édition suisse de la traduction par Jacques Amyot des Viesdes Hommes illustres de Plutarque. Elle est ornée de lettrines historiées, gravées sur bois et représentant des scènes tirées de la Bible : Adam et Ève dans le jardin, Loth et ses filles, Dieu donnant les tables de la Loi... mais également de médaillons encadrés de frises végétales avec le profil des Hommes illustres en début du texte. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve. ‎

Phone number : 09 78 81 38 22

EUR450.00

‎CHAMPLAIN, Samuel de (1567-1635).‎

Reference : LCS-A103

‎LES VOYAGES DE LA NOUVELLE FRANCE OCCIDENTALE, DICTE CANADA faits par le Sr de Champlain (Xainctongeois, Capitaine pour le Roy en la Marine du Ponant, & toutes les Descouuertes qu'il a faites en ce païs depuis l’an 1603 iusques en l'an 1629. Où se voit comme ce pays a esté premièrement descouuert par les François, sous l'authorité de nos Roys tres-Chrestiens, iusques au règne de sa Majesté à présent régnante Louis XIII. Roy de France & de Nauarre. Auec vn traitté des qualitez & conditions requises à vn bon & parfaict Nauigateur pour cognaistre la diuersité des Estimes qui se font en la Nauigation ; Les Marques & enseignements que la prouidence de Dieu à mises dans les Mers pour redresser les Mariniers en leur routte, sans lesquelles ils tomberoient en de grands dangers, Et la manière de bien dresser Cartes marines auec leurs Ports, Rades, Isles, Sondes, & autre chose nécessaire à la Nauigation. Ensemble une Carte generalle de la description dudit pays faicte en son Méridien selon la déclinaison de la guide Aymant, & vn Catéchisme ou Instruction traduicte du François au langage des peuples Sauuages de quelque contrée, auec ce qui s'est passé en ladite Nouuelle France en l'année 1631. A Monseignevr le Cardinal Dvc De Richeliev. « CHAMPLAIN. Les Voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada, faits par le Sr. De Champlain. Paris, Pierre Le Myr, 1632. In-4. Excessivement rare et recherché. C’est de toutes les éditions du livre de Champlain, la plus complète. La grande carte s’y trouve dans son état originel et bien conservée. »‎

‎L’édition de 1613, moins complète, vient d’être adjugée $ 1 321 000par Christie’s NY le 17 janvier 2024. «Champlain's last cartographic contribution: his rare 1632 map, arguably the first to depict the existence of the entire Great Lakes network» (Burden). This map covers the same territory as Champlain's map of circa 1616, but with greater detail, especially improving on the Great Lakes. «Above La nation neutre appears a rudimentary Lake Erie followed by a more recognizable Mer douce, Lake Huron, the 'freshwater sea'. Grand Lac, or Lake Superior, which Champlain never actually saw, is here depicted for the first time in a recognisable form on a map. Reports of its existence probably came to him through Etienne Brûlé, one of the first coureurs de bois. An illustration of a church serves to indicate the Dutch presence in the région, and is considered the first delineation of present-day New York City on a printed map» (Burden). “The Hudson River is here called "Riuere des trettes" and Long Island "Isle de l'Ascension."” Engraved map on two joined sheets, with narrow margins, 520 x 860 mm to neat lines. A Paris. Chez Clavde Collet au Palais, en la Gallerie des Prisonniers, à l’Estoille d'Or. M.DC.XXXII. Auec Priuilege du Roy. In-4, pp. 16, (1) f.bl., 308 pp., gravures dans le texte pp. 245, 291, 299 et 304, gravures à pleine page pp. 259 et 265. Seconde Partie: 310 pp., (1) f. bl., Doctrine Chretienne 20 pp., Traitté de la marine et du bon marinier par Le Sieur de Champlain, 54 pp., 1 carte p. 23, Table, 8 pp. Map, Nouvelle France, 1632, 2 sheets, 520 x 860 mm. Plein vélin ivoire, dos lisse, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 224 x 163 mm.‎


‎[video width="3652" height="2160" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2026/10/lv_0_20261007104914-1.mp4"][/video] «The best edition.» L’exemplaire complet, en vélin de l’époque, du protégé de Fouquet. « Edition excessivement rare et recherchée. C'est de toutes les éditions du livre de Champlain, la plus complète ». (Leclerc, Bibliotheca Americana). « Édition la plus complète et très rare de Champlain ». (Chadenat). Les différentes éditions anciennes sont recherchées et le 17 janvier 2024 Christie’s New York adjugeait $ 1,321,000 l’édition des Voyages de Champlain de 1613. «Of all the editions of Champlain, this is the only complete one... » (Church, Americana). « It is perhaps the most important of the old editions, as it contains a collective narrative embodying a review of all preceding French expeditions to the New World, followed by and interwoven with Champlain's own voyages to Canada: a short account of the First (1603), which had been published in 1604 and abridgment of the Second, Third, Fourth, Fifth, and Sixth (1608-1613), as they had been published in the volume dated 1613. These voyages end on p. 210. Pages 239-308 contain the Seventh Voyage (1615-1616), while the Eighth Voyage (1617) is only mentioned between pp. 211 and 214 as unimportant. The Second Part contains the Ninth Voyage and a History of Canada (1620-1631), pp. 1-310 , a Treatise on Navigation, pp. 1-54 ; followed by the Doctrine Chreftienne, du R. P. Ledesme and l'Oraison Dominicale par le R. P. Massé, with separate signature-marks and pagination. This was the last of Champlain's works. » Church. L'édition, dédicacée au cardinal de Richelieu est ornée de 6 gravures en taille-douce dont 4 dans le texte et 2 à pleine page, montrant notamment l'attaque d'un village iroquois, une chasse de cerfs, un rituel, etc. et de deux gravures sur bois dans le texte dont l'une représente l’exemple d’une carte de navigation. Samuel de Champlain, fondateur de Québec et gouverneur de la Nouvelle France, naquit vers 1570 en Saintonge d'une famille protestante. Il servit le parti d'Henri IV, pendant les dernières guerres de la Ligue, en faisant des courses sur les côtes de Bretagne. Après la paix de 1598, le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, ayant obtenu de Henri IV une commission pour créer de nouveaux établissements dans l'Amérique septentrionale, associa Champlain à cette grande entreprise. Champlain s'embarqua à Honfleur et mouilla le 24 mai 1603, au Havre de Tadouzac, situé dans le Saint-Laurent. Il y laissa son navire et remonta le fleuve avec une petite barque jusqu'au saut de Saint-Louis où Jacques Cartier s'était arrêté dans son dernier voyage ; puis il pénétra dans l'intérieur des terres et en dressa la carte qu'il rapporta en France avec une relation détaillée de son voyage. Champlain retourna dans le nouveau monde et y séjourna 3 ans. Il fit, sur les côtes et dans l'intérieur des terres de nombreuses explorations, consignées dans ces voyages. De retour en France en 1607, Champlain n'y resta que six mois et repartit pour un troisième voyage, avec les titres de géographe et de capitaine pour le roi ou la marine. Cette troisième expédition fut la plus importante. Remontant le Saint-Laurent avec l'intention de former un établissement permanent dans le Canada, il choisit un lieu situé à environ 130 lieues de l'embouchure de ce fleuve et où ses rivages se resserrent tout à coup. Il y jeta en 1608 les fondements de la ville de Québec, dont le nom veut dire « détroit ». L'année suivante, Champlain poussa plusieurs reconnaissances sur le Saint-Laurent, soutint les Algonquins contre les Iroquois et après avoir donné la victoire à ses alliés, donna son nom au lac sur les bords duquel la bataille s'était livrée ; puis il descendit la rivière qui met en communication ce lac avec le Saint-Laurent et qu'il nomma Richelieu. Il revint ensuite à Québec et de là, en France. De retour au Canada en 1610, il battit de nouveau les iroquois. Stimulé par la découverte de l'anglais Hudson, il voulut chercher par le nord de l'Amérique, une route pour aller en Chine. Une première excursion qu'il fit à la rivière Ottawa fut sans résultat et bientôt, il dut revenir en France, pour y recruter des bras au service de sa colonie. Il y ramena, en 1615, des religieux de l'ordre des récollets, qui l'aidèrent dans son œuvre en répandant la foi chrétienne dans la Nouvelle-France. Puis, reprenant son projet de découvrir un passage au nord-ouest, il remontât de nouveau l'Ottawa, et, s'avançant, tantôt en canot, tantôt par les terres, il parvint au lac Huron, dont il côtoya les rivages méridionaux, puis se dirigea par les plaines jusqu'à l'Ontario, qu'il traversa. Après avoir secouru les Hurons contre les Iroquois, il passa l'hiver au milieu des populations algonquines, dont il étudia les mœurs et la langue. Il les quitta en 1616, et retourna de nouveau en Europe l'année suivante. En 1620, il revint au Canada pour la cinquième fois, avec le titre de lieutenant général du maréchal de Montmorency, nommé vice-amiral de la Nouvelle-France. « Après le traité de Saint-Germain-en-Laye (1630), la France rentra en possession du Canada, et Champlain y fut envoyé comme gouverneur en 1633. C'est à partir de cette époque que ce pays a reçu ses plus considérables accroissements ; c'est au courage de Champlain, à son administration éclairée, à sa persévérance qui surmontait tous les obstacles, que la France dut la fixité de ses établissements dans la nouvelle colonie. Il transforma rapidement la bourgade de Québec en une ville florissante, secondé en cela par les Indiens, dont il avait su se concilier l’affection, et sur lesquels il exerçait un grand empire. Pendant la courte domination des Anglais, les naturels s'étaient retirés, fuyant toute communication avec eux ; lorsque la paix y ramena les Français, on vit les Indiens accourir à eux et renouer avec empressement leurs relations interrompues. Champlain mourut à Québec, entouré de l'estime et de la vénération de tous. On lui doit un Traité de navigation, publié en 1632, et la relation de ses Voyages, qui comprend ses navigations et ses découvertes depuis 1603 jusqu'à 1629. » Pierre Larousse. L’importance des cartes de Champlain ressort de cette analyse. «This is a crucially important Americanum, with accounts of Champlain's voyages to America between 1604 and 1613. The large two-sheet map, prepared in Paris in 1612, is absent in many of the extant copies; as Burden notes it is very rare. It exists in but a single state, and was never reissued. He notes "Although often lacking from the book, the map is the first to indicate a chain of Great Lakes, Lake Champlain and Montreal." Champlain's efforts were crucial in establishing a French presence in the New World. Again Burden: "The work was part of the overall plan to gain as much support as possible for the fledgling colony. It is interesting to note that Champlain relies only on his own knowledge and that of the native Indians for his geography. Other European sources that he had not substantiated he depicted with honesty and care. Particularly noticeable are the northern shore of the Gulf of St. Lawrence and the Maritimes marked with the legend L'auteur na point encorre recognu sette coste. Montreal is shown just a year after Champlain set up a trading post there. However, it was not to be permanently occupied until 1642. The area further upriver is derived from Indian sources. Lake Ontario, depicted quite accurately, is marked Lac Contenant 15 lournees des canaux des sauuages. At the western end of the lake is sault de au, the first reference on a printed map to Niagara Falls. The other large map, the Carte geographique de la Nouelle franse en son vray moridia is almost as scarce as its larger companion, and is also singularly important. "The map related the numerous voyages of Champlain to 1611, and of the English further to the north. Most particularly recorded is the discovery by Henry Hudson of the bay named after him. It is noted on the map, with the legend noticeably in English, the bay wher hudson did winter. In this map's second state it also records Champlain's voyage during 1613 some distance up the Ottawa River. This map has both latitude and longitude, "something virtually never attempted before on a North American map of such detail. Champlain's acute awareness of the deviation of the compass enables him to portray the St. Lawrence River in its more correct south-west to north-east flow rather than the more usual west to east'' (vide Burden). This is the second and most complete state of the map, i.e. with the course of the Ottawa, the sea monster at upper right and the 1613 date. À la suite des Voyages figurent 3 autres textes, à savoir: Doctrine chrestienne, du R. P. Ledesme de la compagnie de Jésus. Traduicte en Langage Canadois, autre que celuy des Montagnars, pour la Conversation des habitans dudit pays (10 pp.) par le missionnaire jésuite Saint Jean de Brébeuf (1593-1649). Comprend dans une seconde partie L'Oraison dominicale, traduite en langage des Montagnars de Canada par le missionnaire jésuite Ennemond Massé (1574-1646). Traitté de la marine et du devoir d'un bon marinier (54 pp.) par Samuel Champlain. Édition originale de cet intéressant traité riche de l’expérience du géographe. Table pour cognoistre les lieux remarquables en ceste carte (8 pp.). Galeries de vers dans les marges de plusieurs feuillets, avec légères atteintes au texte. Rousseurs et quelques petites mouillures. Le titre porte l’ex-libris manuscrit en latin: «pecquet, assegon doct. Med. Monsp (Montispessulani)» du médecin et anatomiste Jean Pecquet (1622-1674), un des pionniers de la physiologie. Il acheva ses études de médecine à Montpellier, grâce au financement et à la protection de Nicolas Fouquet. Colbert le désigna comme membre de l’académie des sciences en 1666. Le lien avec la famille Assengon apparaît avec sa nièce Hélène Brocard, sa seule héritière, qui épousa Charles Assengon, médecin de la duchesse de Montpensier. Précieux exemplaire en vélin de l’époque de Jean Pecquet, le protégé de Nicolas Fouquet, bien complet de la grande et précieuse carte mesurant 520 x 860 mm. L'exemplaire Streeter en maroquin moderne et dont la grande carte était entièrement doublée de tissu fut adjugé USD 264000 le 16 avril 2007 il y a 18 ans.‎

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EUR350,000.00

‎[LITTERATURE] - COLLECTIF (Sous la direction scientifique de Madeleine BERTAUD)‎

Reference : _202000842

(2004)

‎Travaux de Littérature.-Volume XVII-2004. Les grandes peurs:-2. L'autre. ‎

‎Boulogne, A.D.I.R.E.L., 2004 ; in-8, (161 x 240 mm), 560 pp., broché. Sommaire: I. QUELQUES THÈMES ET FIGURES EMBLÉMATIQUES DE LA PEUR DE L’AUTRE : Walter STEPHENS : Diable et sorciers aux XVe-XVIe siècles : peurs et curiosités face à l’Autre ; Sergio POLI : Littérature et peur du peuple aux débuts de la modernité ; Louis LOBBES : Aman, figure odieuse de l’Autre ; Jane CONROY : Figures de Mithridate, 1580-1680 : l’Orient redoutable ; Helena SHILLONY : Hérodias, Salomé, Judith : figures emblématiques de la peur de la femme dans la seconde moitié du XIXe siècle. – II. FICTIONS ET FANTASMES : Bernard GUIDOT : Le géant sarrasin dans la Bataille Loquifer et quelques chansons de geste : une nouvelle peinture de l’Autre ? ; Philippe MÉNARD : Histoires de loups-garous ; Christine FERLAMPIN-ACHER : La peur du monstre dans le roman médiéval ; François RIGOLOT : Désamorcer la peur des monstres : de Rabelais à Montaigne ; Éric FRANCALANZA : Challe : du vécu à la mise en scène des peurs ; Roger MARCHAL : La peur de l’Autre dans le roman des Lumières ; Ida MERELLO : La peur de l’Autre dans l’oeuvre de Charles Nodier : de l’imaginaire collectif au mythe personnel ; Joseph-Marc BAILBÉ : La peur collective de l’Autre dans les récits fantastiques : Nodier, Barbey d’Aurevilly, Jules Verne ; Valérie VAN CRUGTEN-ANDRÉ : Quand l’Autre est roux… ; Michel LIOURE : La tératologie de l’autre dans le Nouveau Théâtre en France ; Sara BONOMO : La mise en oeuvre de la peur dans le roman d’aujourd’hui : Rosie Carpe de Marie NDiaye. – III. ÉTRANGERS, ENNEMIS ET BARBARES : Venceslas BUBENICEK : Figures de l’altérité chez Odoric de Pordenone (Itinéraire, 1351) ; Claude-Claire et René KAPPLER : La peur vaincue : voyageurs en Tartarie au XIIIe siècle ; Alain-Julien SURDEL : La peur de l’Autre dans les récits de pèlerinage en Terre Sainte ; Jean BALSAMO : Les lieux communs de l’italophobie en France à la fin du XVIe siècle ; Frédéric TINGUELY : La peur du Turc (XVIe-XVIIIe siècles) ; Alia BACCAR BOURNAZ : Les avatars du Mahométan dans la littérature française du XVIIe siècle ; Dominique LANNI : L’Afrique fantasmée. Les Hottentots dans les voyages manuscrits de Ruelle et Melet et dans le carnet d’esquisses d’un résident anonyme du Cap de Bonne-Espérance (1665-1672) ; Denis COMBET : Images de la peur et maîtrise de l’Autre dans les quatre premiers Voyages de Pierre-Esprit Radisson ; Sophie LINON-CHIPON : Visages et masques de la peur dans l’illustration de quelques relations de voyage à l’Âge classique. De l’Amérique de De Bry à l’île de Madagascar vue par les Français ; Françoise SUSINI-ANASTOPOULOS : Le thème du barbare dans la littérature de la fin du XIXe siècle et du début du XXe ; Pierre-Jean DUFIEF : Le péril jaune, de Danrit à Alain Peyrefitte. – III. L’HISTOIRE ET SES DRAMES : Gilbert SCHRENCK : L’« Évangile » de la peur : Paris pendant les troubles civils. Le témoignage des mémorialistes (Brûlart, Fayet, L’Estoile, La Fosse) ; Wim J. A. BOTS : Montaigne devant « les Grandes Peurs » ; Gunnar von PROSCHWITZ : Beaumarchais et la Terreur ; Édouard GUITTON : André Chénier de la Révolution à la Terreur : l’homme sans peur ; Huguette KRIEF : Peurs et Terreur : les lendemains romanesques de l’An II ; Lise SABOURIN : L’écrivain du XIXe siècle face à la modernité : la peur de la barbarie sociale ; Raymond TROUSSON : Émile Zola chroniqueur de la Commune ; Cristina SOLÉ CASTELLS : De la peur du Prussien à celle de l’Allemand : 1870-1945 ; Mariana PERISANU : Le nazisme et le communisme : peurs et antidotes dans les écrits d’Ionesco ; Véronique MONTÉMONT : Après le désastre : Celan, Perec, Duras ; Jean SAROCCHI : Camus et la peur des « intellectuels français » ; Madeleine BERTAUD : Conclusions. Quelques illustrations en noir et blanc et en couleurs.‎


Phone number : 06 87 32 55 92

EUR30.00

‎[Casablanca] - ‎ ‎BOUVIER, Paul‎

Reference : 72077

(1906)

‎[ "Lettres Marocaines. Casablanca" - Tapuscrit relatif au Maroc dans les années 1909-1913 puis 1940, corrigé par l'auteur en 1954 : ] [ Contient : ] Casablanca. 1909. L'accord franco-allemand – Impopularité de Mouley Hafid – Malaises dans les colonies européennes – Résistance du Maghsen aux réformes – Réduction des effectifs du corps de débarquement – Fin du prétendant Mouley Mohammed – Retour général à l'anarchie – Reprise des travaux du port de Casablanca – Considérations sur l'occupation du Maroc – L'opposition aux réformes consolide la position de Mouley Hafid – La poste francaise – Avance des espagnols dans le Riff – Lenteur des manipulations dans le port de Casablanca. 1910. Enquête du consul Kouri sur l'assassinat du docteur Mauchamp. 1912. Démarche internationale pour l'exécution des travaux du port de Casablanca – Mauvaise organisation des manutentions du port – Casablanca doit être le grand port du Maroc. 1913. Controverse au sujet d'un port à Fedalah – Lettre au général d'Amade 1940 Appel à la résistance. [ Détail : ] "Ressortissants français au Maroc. En janvier 1906. Tanger 600 – Casablanca 70 – Mogador 20. Larache 20 – Rabat 17 – Fez 17. Mazagan 10 – El Ksar el Kebir 8. Safi 5 – Tetouan 3 – Marrakech 2. Soit au total moins de 800 Français au Maroc en 1906" [ Autre chapitre : ] "Casablanca 9 Février 1909. La nouvelle de l'accord franco-allemand laisse bien peu d'intérêt à ce qui se passe au Maroc. La situation dans le Sud où domine l'influence des grands Caïds est sans changement tandis que dans le reste du Maroc tout en n'appréciant guère la manière de Mouley Hafid on n'ose guère le manifester. Toutes les nouvelles de Fez s'accordent pour estimer que Mr. Regnault n'obtiendra rien de Mouley Hafid qui tout en ayant de bonnes paroles ne cédera rien, bien au contraire. Il est probable que l'accord Franco-Allemand rappellera Mouley Hafid à la réalité et qu'en ayant l'appui financier et militaire de la France il ne pourra éviter de se plier à sa volonté" (Une note tapée à l'encre rouge précise :"Accord Franco-Allemand du 9 Février 1909 par lequel le Gouvernement Allemand reconnaît les intérêts politiques particuliers de la France au Maroc et s'engage à ne pas les entraver") [ Autre chapitre : ] "Casablanca 7 Septembre 1909. Situation politique : La consolidation du pouvoir de Mouley Hafid que je signalais dans ma dernière lettre s'accentue de plus en plus alors que la situation des européens reste stationnaire. La proclamation de Mouley Hafid à Taza, si toutefois le fait est exact, est très intéressante car le sultan en établissant son autorité dans cette région pourra empêcher les espagnols d'y accéder. Ceux-ci font des préparatifs importants et un succès pourrait les griser. Je n'en persiste pas moins à croire que plus on ira moins on obtiendra de Mouley Hafid. Il faut tout de même espérer que l'opinion générale est dans l'erreur en estimant qu'il n'y a rien à faire avec lui. Il paraît, chose curieuse, que Mouley Hafid aurait un homme plus fort que lui en la personne du Rogui que les gens de Fez ne regardent pas sans crainte [... ] et menaçant dans la cage où il est enfermé. En Chaouia la situation est sans changement. Monsieur Gentil qui a fait un assez long séjour dans la région est parti pour Fez via Tanger après avoir effectué une audacieuse randonnée dans les Zaers, au Nord-Est de la Chaouia. Il a eu la surprise de découvrir une vaste région extrêmement riche dont les terres noires ont beaucoup d'analogie avec les plus belles de la Chaouia. Ces terres sont entièrement cultivées et les indigènes ne permettent à personne d'approcher car c'est la richesse de cette région siba. Port de Casablanca : les travaux avancent lentement et cet état de chose ne paraît pas devoir être amélioré avant plusieurs années pour le plus grand préjudice du commerce. Il y a ces jours-ci douze vapeurs en rade alors que la capacité totale d'embarquement par jour est à peine de 700 tonnes, y compris toutes les barcasses des Compagnies de Navigation dont on tolère l'usage malgré le monopole du Maghsen. Il y aurait cependant moyen de remédier à peu de frais à cette pénurie, mais le Maghsen qui encaisse actuellement des droits très importants ne veut engager aucune dépense en contre partie. Port de Safi : les travaux du warf avancent rapidement et les communications avec les bateaux en rade s'en trouvent déjà bien améliorées. Mazagan dispose d'un remorqueur, Safi va en avoir un, alors que Casablanca n'en a encore pas. Poste française : Cet excellent moyen de pénétration est bien négligé au Maroc. L'esprit qui règne dans les bureaux est celui que l'on trouverait dans un bureau de Paris. Le résultat est que les marocains vont de préférence et avec de bonnes raisons à la poste allemande. Il faudrait pour corriger ce fonctionnement défectueux : 1° - que l'Administration des Postes exige des employés aux guichets de savoir parler et écrire l'arabe de façon à pouvoir lire les adresses et délivrer des reçus écrits en arabe. 2° - Adopter pour tous les services des imprimés écrits en français et en arabe (en Égypte ils le sont en arabe, en français et en anglais). 3° - Se mettre dans l'idée qu'ici nous ne sommes pas en France mais au Maroc et qu'un employé des postes sachant l'arabe et répondant dans cette langue au guichet ne fait pas une complaisance mais remplit une obligation de sa fonction."[ Autre chapitre : ] "Casablanca 25 Juin 1910. Enquête de Mr Kouri, Consul de France à Mogador, sur l'assassinat du Docteur Mauchamp à Marrakech le 19 mars 1907. Monsieur Kouri, Consul de France à Mogador, m'ayant informé qu'il se rendait à Marrakech chargé par le Gouvernement Français de procéder à l'enquête si longtemps ajournée sur l'assassinat du Docteur Mauchamp, je me suis mis en route le 23 mai pour aller le rejoindre. Le chemin direct par Mechra ben Abbou étant alors suffisamment sûr, j'ai adopté cet itinéraire que je n'avais encore jamais parcouru. J'avais comme escorte mon fidèle domestique Abdallah et deux cavaliers amis des Ouled Harriz, ce qui formait un groupe de quatre fusils suffisant pour tenir les maraudeurs à distance. De Casablanca à Mechra ben Abbou sur l'Oum Er Rebia, à moitié chemin de Marrakech nous étions en Chaouia occupée. Un pont de bateaux lancé par le génie en face du dernier poste nous a permis le passage facile de l'oued, puis jusqu'à Marrakech le voyage s'est poursuivi sans incidents à travers l'interminable et inculte région des Rehamnas dont les rares habitants sont groupés en douars formés de tentes brunes d'aspect très misérable. Les points d'eau de Ben Guerir et de Sidi bou Athman à l'entrée des Djebilets paraissent un peu moins déshérités. Dans la matinée du quatrième jour nous entrions à Marrakech après avoir parcouru environ 240 kilomètres. Grâce à l'aimable hospitalité de mon excellent ami l'Amin Cabadj je n'ai pas eu à me préoccuper de trouver un logement. Mr Kouri m'avait précédé de plusieurs jours à Marrakech et était installé à l'Arsa ben Idriss mis à sa disposition par le Maghsen, beau jardin situé à proximité de Bab el Robb avec au milieu un spacieux et élégant pavillon dont il avait affecté le premier étage à son logement et le rez de chaussée à son bureau. Mr Kouri que je rencontrais pour la première fois me réservait un accueil aimable et confiant. C'était un Syrien très avenant d'âge mûr, arabisant distingué et fin diplomate, toutes qualités rendant particulièrement heureux le choix fait par Mr Regnault qui l'avait connu de longue date en Tunisie. Mr Kouri était au reste bien décidé à mener sa délicate tâche à bonne fin malgré les difficultés qu'elle présentait, les compromissions qu'elle était appelée à révéler et ceci en l'absence de toute autorité ou force sur lesquelles il puisse s'appuyer. Mr Kouri malgré la fatigue d'un voyage à cheval de 150 km par une chaleur accablante avait déjà bien employé à de nombreux interrogatoires ses premières journées passées a Marrakech. Dès mon arrivée, Mr Kouri m'interrogea longuement sur tout ce que je savais de l'affaire Mauchamp puis me requis comme greffier pour l'assister dans son enquête; c'est ce que je fis, apres avoir prêté le serment d'usage, durant les quelques jours qu'il resta encore a Marrakech. Je fus fort surpris au cours de ces longues séances de la facilité avec laquelle les marocains convoqués par Mr Kouri étaient envoyés par le Pacha El hadj Abd El Salam et de la franchise et spontanéité avec lesquelles les indigènes aussi bien que les étrangers et tout particulièrement les Allemands renseignaient Mr Kouri. Sa mission terminée et avant de nous separer, Mr Kouri me pria de rapporter verbalement a notre Ministre à Tanger, Mr Regnault, que je devais voir peu apres à Tanger, et en attendant son rapport les conclusions de son enquête. Voici ces conclusions: "Le principal meurtrier du Dr Mauchamp, celui qui a excité la foule et lui a porté le premier coup de poignard est un nègre qui habitait dans l'impasse débouchant devant la maison du Docteur. Cet indigene était au service de Mouley Hafid pour le compte duquel il a agi. C'est ce même indigène qui servait de messager entre le Docteur et Mouley Hafid. Mouley Hafid, intelligent lettré, mais aussi buveur et débauché se plaisant dans la compagnie des filles soumises de la ville qu'il appelle au Dar Maghsen, était selon Mr Kouri un esprit si roué que seul le qualificatif de "satanique" pouvait lui convenir. Pendant la période de six mois qui a précédé la mort du Docteur, c'est Mouley Hafid qui a provoqué et entretenu l'agitation parmi les tribus du Haouz de Marrakech. Celui-ci avait recours aux moyens les plus vils pour se procurer de l'argent, faisant battre les tribus entre elles, se faisant acheter son appui aussitôt suivi d'une trahison, organisant même des attaques à main armée contre des caravanes avec des renseignements recueillis en ville par ses émissaires et se servant en particulier à ces fins du Cheik Laiadi des Rehamnas qui perdit deux doigts dans l'attaque de muletiers qui transportaient de l'argent de Marrakech à Safi. [... à la fin du chapitre, passage tapuscri à l'encre rouge : ] Monsieur Kouri dès son enquête terminée reprit le chemin de Mogador. Il partit de Marrakech très fatigué et son état empira tellement durant son voyage de retour par une chaleur torride qu'il mourut en arrivant à Mogador. Les notes prises par Mr Kouri en écriture arabe très abrégée ne purent être déchiffrées et ne purent supplanter le rapport sur sa mission qu'il n'avait pas encore redigé. Le Sultan Mouley El Hassan a épousé El Alia Bent Salah Ben Ghasi El Aroussia El Bejjajia ; leur fils Mouley El Hafid a été Sultan du Maroc de 1907 à son abdication le 12 Aout 1912. El Alia Bent Salah avait trois freres : Si Abdallah Ben Salah Ben Ghasi, Si Kacem, Si Hhasi qui étaient les oncles de Mouley Hafid. En 1906 le Caid de Settat était Caid El Hadj Maati Ben Kebir El Mazenzi El Aroussi qui à sa mort en 1910 a été remplacé par son fils le Caid Hadj Ali. Ils étaient de meme origine (Ouled Aroussi) que la mère de Mouley Hafid mais n'étaient pas parents. C'est cette origine commune de Mouley Hafid et du Caid El Hadj El Maati qui a fait croire à Mr le Consul Koury qu'ils étaient cousins quand il a établi leur complicité dans le massacre des ouvriers du port de Casablanca en 1907. Casablanca, 28 Aout 1954"[ Autre chapitre : ] « Association amicale des Français du Maroc avant août 1907. Casablanca, le 10 juin 1940. Monsieur le Général Noguès, Résident général de France au Maroc. Mon Général, À l'heure où se discutent les destinées de la France et de son Empire, je vous déclare au nom des Français qui, encore ici au nombre de 90, furent les premiers pionniers du Maroc, conscients de la puissance que représentent l'Afrique du Nord, des Colonies immenses, une Marine intacte et une associée aux ressources inépuisables, que nous sommes tous à vos côtés, avec la pensée unanime qu'une pareille force ne peut s'effacer et qu'elle doit être l'espoir et le meilleur élément de la Restauration de la Mère Patrie. Le Maroc ne peut faillir à cette noble tâche et il est prêt à l'aborder sous votre autorité et celle de son respecté Souverain Sa Majesté Moulay Mohamed. Nos enfants qui aujourd'hui disputent pied à pied le sol national à un ennemi implacable, sont aussi les enfants de l'Empire. Ils sont attachés comme nous au sol qui les a vus naître et ne peuvent concevoir un abandon qui leur paraîtrait le reniement des engagements les plus solennels. Avec l'assurance de ma très haute et très respectueuse considération, je vous prie de croire, Mon Général, à l'entier dévouement de tous les membres de l'Association que je représente. Le Président, signé : P. Bouvier » [ Suit à l'encre rouge : ] "Je n'ai pas reçu de réponse à cette lettre mais quelques jours après l'avoir envoyée il m'a été communiqué par un des destinataires une lettre adressée par le Général Noguès aux Directeurs des services de l'Armée. Le Général les informait qu'il lui était parvenu de nombreuses demandes de résistance à la capitulation du Gouvernement Pétain et qu'il avait demandé aux Anglais quelle aide ils pouvaient lui apporter. Ces derniers lui ayant répondu être pour le moment dans l'impossibilité de lui fournir une assistance quelconque, il se trouvait dans l'impossibilité de résister. Le Général terminait en enjoignant à ses Directeurs de communiquer la teneur de sa lettre à leurs chefs de corps puis de la détruire".‎

‎Tapuscrit sur papier machine format A4 sous chemise cartonnée de remploi, liasse réunie sous attaches parisiennes, 49 ff. et un feuillet contrecollé contre la chemise. [ "Lettres Marocaines. Casablanca" - Tapuscrit corrigé par l'auteur en 1954 : ] [ Contient : ] Casablanca. 1909. L'accord franco-allemand – Impopularité de Mouley Hafid – Malaises dans les colonies européennes – Résistance du Maghsen aux réformes – Réduction des effectifs du corps de débarquement – Fin du prétendant Mouley Mohammed – Retour général à l'anarchie – Reprise des travaux du port de Casablanca – Considérations sur l'occupation du Maroc – L'opposition aux réformes consolide la position de Mouley Hafid – La poste francaise – Avance des espagnols dans le Riff – Lenteur des manipulations dans le port de Casablanca. 1910. Enquête du consul Kouri sur l'assassinat du docteur Mauchamp. 1912. Démarche internationale pour l'exécution des travaux du port de Casablanca – Mauvaise organisation des manutentions du port – Casablanca doit être le grand port du Maroc. 1913. Controverse au sujet d'un port à Fedalah – Lettre au général d'Amade 1940 Appel à la résistance.[ Nous proposons ci-dessous quelques extraits du tapuscrit : ] "Ressortissants français au Maroc. En janvier 1906. Tanger 600 – Casablanca 70 – Mogador 20. Larache 20 – Rabat 17 – Fez 17. Mazagan 10 – El Ksar el Kebir 8. Safi 5 – Tetouan 3 – Marrakech 2. Soit au total moins de 800 Français au Maroc en 1906" [ Autre chapitre : ] "Casablanca 9 Février 1909. (1). La nouvelle de l'accord franco-allemand laisse bien peu d'intérêt à ce qui se passe au Maroc. La situation dans le Sud où domine l'influence des grands Caïds est sans changement tandis que dans le reste du Maroc tout en n'appréciant guère la manière de Mouley Hafid on n'ose guère le manifester. Toutes les nouvelles de Fez s'accordent pour estimer que Mr. Regnault n'obtiendra rien de Mouley Hafid qui tout en ayant de bonnes paroles ne cédera rien, bien au contraire. Il est probable que l'accord Franco-Allemand rappellera Mouley Hafid à la réalité et qu'en ayant l'appui financier et militaire de la France il ne pourra éviter de se plier à sa volonté" (Une note tapée à l'encre rouge précise :"Accord Franco-Allemand du 9 Février 1909 par lequel le Gouvernement Allemand reconnaît les intérêts politiques particuliers de la France au Maroc et s'engage à ne pas les entraver") [ Autre chapitre : ] "Casablanca 7 Septembre 1909. Situation politique : La consolidation du pouvoir de Mouley Hafid que je signalais dans ma dernière lettre s'accentue de plus en plus alors que la situation des européens reste stationnaire. La proclamation de Mouley Hafid à Taza, si toutefois le fait est exact, est très intéressante car le sultan en établissant son autorité dans cette région pourra empêcher les espagnols d'y accéder. Ceux-ci font des préparatifs importants et un succès pourrait les griser. Je n'en persiste pas moins à croire que plus on ira moins on obtiendra de Mouley Hafid. Il faut tout de même espérer que l'opinion générale est dans l'erreur en estimant qu'il n'y a rien à faire avec lui. Il paraît, chose curieuse, que Mouley Hafid aurait un homme plus fort que lui en la personne du Rogui que les gens de Fez ne regardent pas sans crainte [... ] et menaçant dans la cage où il est enfermé. En Chaouia la situation est sans changement. Monsieur Gentil qui a fait un assez long séjour dans la région est parti pour Fez via Tanger après avoir effectué une audacieuse randonnée dans les Zaers, au Nord-Est de la Chaouia. Il a eu la surprise de découvrir une vaste région extrêmement riche dont les terres noires ont beaucoup d'analogie avec les plus belles de la Chaouia. Ces terres sont entièrement cultivées et les indigènes ne permettent à personne d'approcher car c'est la richesse de cette région siba. Port de Casablanca : les travaux avancent lentement et cet état de chose ne paraît pas devoir être amélioré avant plusieurs années pour le plus grand préjudice du commerce. Il y a ces jours-ci douze vapeurs en rade alors que la capacité totale d'embarquement par jour est à peine de 700 tonnes, y compris toutes les barcasses des Compagnies de Navigation dont on tolère l'usage malgré le monopole du Maghsen. Il y aurait cependant moyen de remédier à peu de frais à cette pénurie, mais le Maghsen qui encaisse actuellement des droits très importants ne veut engager aucune dépense en contre partie. Port de Safi : les travaux du warf avancent rapidement et les communications avec les bateaux en rade s'en trouvent déjà bien améliorées. Mazagan dispose d'un remorqueur, Safi va en avoir un, alors que Casablanca n'en a encore pas. Poste française : Cet excellent moyen de pénétration est bien négligé au Maroc. L'esprit qui règne dans les bureaux est celui que l'on trouverait dans un bureau de Paris. Le résultat est que les marocains vont de préférence et avec de bonnes raisons à la poste allemande. Il faudrait pour corriger ce fonctionnement défectueux : 1° - que l'Administration des Postes exige des employés aux guichets de savoir parler et écrire l'arabe de façon à pouvoir lire les adresses et délivrer des reçus écrits en arabe. 2° - Adopter pour tous les services des imprimés écrits en français et en arabe (en Égypte ils le sont en arabe, en français et en anglais). 3° - Se mettre dans l'idée qu'ici nous ne sommes pas en France mais au Maroc et qu'un employé des postes sachant l'arabe et répondant dans cette langue au guichet ne fait pas une complaisance mais remplit une obligation de sa fonction."[ Autre chapitre : ] "Casablanca 25 Juin 1910. Enquête de Mr Kouri, Consul de France à Mogador, sur l'assassinat du Docteur Mauchamp à Marrakech le 19 mars 1907. Monsieur Kouri, Consul de France à Mogador, m'ayant informé qu'il se rendait à Marrakech chargé par le Gouvernement Français de procéder à l'enquête si longtemps ajournée sur l'assassinat du Docteur Mauchamp, je me suis mis en route le 23 mai pour aller le rejoindre. Le chemin direct par Mechra ben Abbou étant alors suffisamment sûr, j'ai adopté cet itinéraire que je n'avais encore jamais parcouru. J'avais comme escorte mon fidèle domestique Abdallah et deux cavaliers amis des Ouled Harriz, ce qui formait un groupe de quatre fusils suffisant pour tenir les maraudeurs à distance. De Casablanca à Mechra ben Abbou sur l'Oum Er Rebia, à moitié chemin de Marrakech nous étions en Chaouia occupée. Un pont de bateaux lancé par le génie en face du dernier poste nous a permis le passage facile de l'oued, puis jusqu'à Marrakech le voyage s'est poursuivi sans incidents à travers l'interminable et inculte région des Rehamnas dont les rares habitants sont groupés en douars formés de tentes brunes d'aspect très misérable. Les points d'eau de Ben Guerir et de Sidi bou Athman à l'entrée des Djebilets paraissent un peu moins déshérités. Dans la matinée du quatrième jour nous entrions à Marrakech après avoir parcouru environ 240 kilomètres. Grâce à l'aimable hospitalité de mon excellent ami l'Amin Cabadj je n'ai pas eu à me préoccuper de trouver un logement. Mr Kouri m'avait précédé de plusieurs jours à Marrakech et était installé à l'Arsa ben Idriss mis à sa disposition par le Maghsen, beau jardin situé à proximité de Bab el Robb avec au milieu un spacieux et élégant pavillon dont il avait affecté le premier étage à son logement et le rez de chaussée à son bureau. Mr Kouri que je rencontrais pour la première fois me réservait un accueil aimable et confiant. C'était un Syrien très avenant d'âge mûr, arabisant distingué et fin diplomate, toutes qualités rendant particulièrement heureux le choix fait par Mr Regnault qui l'avait connu de longue date en Tunisie. Mr Kouri était au reste bien décidé à mener sa délicate tâche à bonne fin malgré les difficultés qu'elle présentait, les compromissions qu'elle était appelée à révéler et ceci en l'absence de toute autorité ou force sur lesquelles il puisse s'appuyer. Mr Kouri malgré la fatigue d'un voyage à cheval de 150 km par une chaleur accablante avait déjà bien employé à de nombreux interrogatoires ses premières journées passées a Marrakech. Dès mon arrivée, Mr Kouri m'interrogea longuement sur tout ce que je savais de l'affaire Mauchamp puis me requis comme greffier pour l'assister dans son enquête; c'est ce que je fis, apres avoir prêté le serment d'usage, durant les quelques jours qu'il resta encore a Marrakech. Je fus fort surpris au cours de ces longues séances de la facilité avec laquelle les marocains convoqués par Mr Kouri étaient envoyés par le Pacha El hadj Abd El Salam et de la franchise et spontanéité avec lesquelles les indigènes aussi bien que les étrangers et tout particulièrement les Allemands renseignaient Mr Kouri. Sa mission terminée et avant de nous separer, Mr Kouri me pria de rapporter verbalement a notre Ministre à Tanger, Mr Regnault, que je devais voir peu apres à Tanger, et en attendant son rapport les conclusions de son enquête. Voici ces conclusions: "Le principal meurtrier du Dr Mauchamp, celui qui a excité la foule et lui a porté le premier coup de poignard est un nègre qui habitait dans l'impasse débouchant devant la maison du Docteur. Cet indigene était au service de Mouley Hafid pour le compte duquel il a agi. C'est ce même indigène qui servait de messager entre le Docteur et Mouley Hafid. Mouley Hafid, intelligent lettré, mais aussi buveur et débauché se plaisant dans la compagnie des filles soumises de la ville qu'il appelle au Dar Maghsen, était selon Mr Kouri un esprit si roué que seul le qualificatif de "satanique" pouvait lui convenir. Pendant la période de six mois qui a précédé la mort du Docteur, c'est Mouley Hafid qui a provoqué et entretenu l'agitation parmi les tribus du Haouz de Marrakech. Celui-ci avait recours aux moyens les plus vils pour se procurer de l'argent, faisant battre les tribus entre elles, se faisant acheter son appui aussitôt suivi d'une trahison, organisant même des attaques à main armée contre des caravanes avec des renseignements recueillis en ville par ses émissaires et se servant en particulier à ces fins du Cheik Laiadi des Rehamnas qui perdit deux doigts dans l'attaque de muletiers qui transportaient de l'argent de Marrakech à Safi. [... à la fin du chapitre, passage tapuscri à l'encre rouge : ] Monsieur Kouri dès son enquête terminée reprit le chemin de Mogador. Il partit de Marrakech très fatigué et son état empira tellement durant son voyage de retour par une chaleur torride qu'il mourut en arrivant à Mogador. Les notes prises par Mr Kouri en écriture arabe très abrégée ne purent être déchiffrées et ne purent supplanter le rapport sur sa mission qu'il n'avait pas encore redigé. Le Sultan Mouley El Hassan a épousé El Alia Bent Salah Ben Ghasi El Aroussia El Bejjajia ; leur fils Mouley El Hafid a été Sultan du Maroc de 1907 à son abdication le 12 Aout 1912. El Alia Bent Salah avait trois freres : Si Abdallah Ben Salah Ben Ghasi, Si Kacem, Si Hhasi qui étaient les oncles de Mouley Hafid. En 1906 le Caid de Settat était Caid El Hadj Maati Ben Kebir El Mazenzi El Aroussi qui à sa mort en 1910 a été remplacé par son fils le Caid Hadj Ali. Ils étaient de meme origine (Ouled Aroussi) que la mère de Mouley Hafid mais n'étaient pas parents. C'est cette origine commune de Mouley Hafid et du Caid El Hadj El Maati qui a fait croire à Mr le Consul Koury qu'ils étaient cousins quand il a établi leur complicité dans le massacre des ouvriers du port de Casablanca en 1907. Casablanca, 28 Aout 1954"[ Autre chapitre : ] « Association amicale des Français du Maroc avant août 1907. Casablanca, le 10 juin 1940. Monsieur le Général Noguès, Résident général de France au Maroc. Mon Général, À l'heure où se discutent les destinées de la France et de son Empire, je vous déclare au nom des Français qui, encore ici au nombre de 90, furent les premiers pionniers du Maroc, conscients de la puissance que représentent l'Afrique du Nord, des Colonies immenses, une Marine intacte et une associée aux ressources inépuisables, que nous sommes tous à vos côtés, avec la pensée unanime qu'une pareille force ne peut s'effacer et qu'elle doit être l'espoir et le meilleur élément de la Restauration de la Mère Patrie. Le Maroc ne peut faillir à cette noble tâche et il est prêt à l'aborder sous votre autorité et celle de son respecté Souverain Sa Majesté Moulay Mohamed. Nos enfants qui aujourd'hui disputent pied à pied le sol national à un ennemi implacable, sont aussi les enfants de l'Empire. Ils sont attachés comme nous au sol qui les a vus naître et ne peuvent concevoir un abandon qui leur paraîtrait le reniement des engagements les plus solennels. Avec l'assurance de ma très haute et très respectueuse considération, je vous prie de croire, Mon Général, à l'entier dévouement de tous les membres de l'Association que je représente. Le Président, signé : P. Bouvier » [ Suit à l'encre rouge : ] "Je n'ai pas reçu de réponse à cette lettre mais quelques jours après l'avoir envoyée il m'a été communiqué par un des destinataires une lettre adressée par le Général Noguès aux Directeurs des services de l'Armée. Le Général les informait qu'il lui était parvenu de nombreuses demandes de résistance à la capitulation du Gouvernement Pétain et qu'il avait demandé aux Anglais quelle aide ils pouvaient lui apporter. Ces derniers lui ayant répondu être pour le moment dans l'impossibilité de lui fournir une assistance quelconque, il se trouvait dans l'impossibilité de résister. Le Général terminait en enjoignant à ses Directeurs de communiquer la teneur de sa lettre à leurs chefs de corps puis de la détruire".‎


‎Remarquable archive privée pour l'étude du Protectorat français au Maroc Rédigé par Paul Bouvier, minotier et homme d'affaire, président en 1940 de l"Association amicale des Français du Maroc avant août 1907", ce tapuscrit articule des observations contemporaines des faits (1906-1913), sans doute recopiée de brouillon de ses notes originales, avec une mise en perspective historique rédigée à l'encre rouge en 1954. Les enjeux majeurs portent sur l'instabilité politique sous Mouley Hafid, les mécanismes de l'intervention française après l'assassinat du Dr Mauchamp et les tensions coloniales dans les ports marocains (il croise Lyautey et a un grand rôle dans le développement du port de Casablanca). L'intérêt documentaire est remarquable par la précision des noms (plusieurs ont été rajoutés postérieurement à la main), des lieux et des détails techniques sur l'administration coloniale, notamment la critique des méthodes de gestion postale et portuaire. Cet extraordinaire témoignage direct concentré sur la période 1909-1913 (et qui se conclut par sa lettre au Général Noguès en 1940) semble une source inédite et de premier ordre pour l'histoire du Maroc et des relations diplomatiques avec la France. Bon état (chemise fort. frottée, bon état par ailleurs). IMPORTANT : Pour tout achat vers l'étranger (hors France), une demande d'autorisation d'export doit être demandée, ce qui peut entraîner des délais supplémentaire d'un à deux mois (voire plus) avant expédition.‎

Phone number : 09 82 20 86 11

EUR2,500.00

‎Collectif‎

Reference : R300307148

(1985)

‎Development Dialogue - N° spécial : 1985 - Un autre développement avec les femmes - Déclaration de Dakar sur un autre développement avec les femmes - Un autre développement avec les femmes - Les femmes, agents de production et d'approvisionnement alimenta‎

‎SIDA. vers 1985. In-8. Broché. Etat d'usage, Coins frottés, Dos fané, Intérieur frais. 153 pages. Tampon en 1re page, étiquette collée en coiffe de pied.. . . . Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues‎


‎Sommaire : Un autre développement avec les femmes - Déclaration de Dakar sur un autre développement avec les femmes - Un autre développement avec les femmes - Les femmes, agents de production et d'approvisionnement alimentaire du XXe siècle : le cas de la Zambie - Femmes africaines, industrialisation et un autre développement : une perspective globale - Un autre développement avec les femmes :point de vue d'Asie - Femmes et développement en Amérique Latine et aux Caraïbes : leçons des années 1970 et perspectives pour l'avenir - .. Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues‎

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