‎Jacquard Albert‎
‎Dieu ?‎

‎Stock/Bayard. 2003. In-8. Broché. Etat d'usage, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur acceptable. 143 pages - bandeau d'éditeur conservé - quelques annotations au crayon à papier à l'intérieur de l'ouvrage sans conséquence sur la lecture.. . . . Classification Dewey : 231-Dieu et miracles‎

Reference : R320135334
ISBN : 2234048346


‎ Classification Dewey : 231-Dieu et miracles‎

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‎JUCHEREAU DE LA FERTE, dite de Saint-Ignace, Jeanne-Françoise.‎

Reference : LCS-18112

‎Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec. Edition originale de ces annales retraçant le récit de la création à Québec du premier hôpital par les Hospitalières de Dieppe sous les auspices de la duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu.‎

‎« Ces annales sont un des documents historiques les plus précieux que l’on possède. » Montauban, chez Jerosme Legier, et se vend à Paris, chez Claide-Jean-Baptiste Herissant, s.d. [1752]. In-12 de (8) ff., 556 pp., (1) f. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs orné de fleurons dorés, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 162 x 91 mm.‎


‎Édition originale de ces annales retraçant le récit de la création à Québec du premier hôpital par les Hospitalières de Dieppe sous les auspices de la duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu. Barbier, II, 686. Chassés de la Nouvelle-France après la chute de Québec aux mains des frères Kirke en 1629, les Jésuites y retournent trois ans plus tard après que le Traité de Saint-Germain-en-Laye (1632) ait rendu à la France sa colonie et, pour un temps, « l’Église canadienne sera missionnaire », avec à sa tête le père Paul Le Jeune. C’est lui qui, en 1634, exprime le besoin d’un hôpital pour soigner les autochtones et les quelques colons qui s’y trouvent. C’est en pensant surtout aux autochtones que le père Le Jeune demandait la venue à Québec de religieuses hospitalières. « S’il y avait ici un Hopital il y aurait tous les malades du pays, & tous les vieillards, pour les hommes nous les secourerons, selon nos forces, mais pour les femmes il ne nous est pas bien seant de les recevoir en nos maisons», écrit-il. L’institution souhaitée était en effet moins destinée aux Français qu’aux autochtones, « sujets à de grandes maladies, et qui n’avaient aucun moyen d’adoucir la misère dont ils étaient accablez surtout dans leur extreme vieillesse». « L’élan mystique qui traverse la France dans les premières décennies du XVIIe siècle coïncide avec le mouvement colonisateur » et il n’est pas étonnant que plusieurs religieuses d’ordres et monastères manifestent un vif intérêt pour le projet du jésuite. Toutefois, les conditions matérielles pour l’établissement de religieuses et l’aménagement d’un monastère-hôpital à Québec sont à toutes fins utiles inexistantes. Le père Le Jeune lance alors nouvel appel mais cette fois il s’adresse aux personnes « capables de supporter financièrement l’entreprise ». La réponse est venue de la cour de France. La duchesse d'Aiguillon, mariée à 16 ans au marquis de Combalet, selon la volonté de son oncle, le cardinal de Richelieu, devient veuve à 18 ans ; elle ne se remarie pas et emploie presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. À 31 ans seulement, elle est déjà très engagée à ces fins. Elle est notamment la principale fondatrice du grand hôpital de Paris, rappelle l’historien Henri-Raymond Casgrain. Sous la conduite spirituelle de saint Vincent de Paul, promoteur et initiateur de nombreuses œuvres de charité et marquée par sa lecture des Relations des Jésuites, notamment celle de 1635 du Père Le Jeune, la duchesse prend conscience de l’importance des missions canadiennes dans l’histoire de l’Église. En 1636 en effet, la duchesse d’Aiguillon « se résolut de fonder à ses dépens un Hôtel-Dieu ». Et, pour réaliser cet ambitieux projet, elle choisit de faire appel aux Religieuses Hospitalières de l’Ordre de Saint-Augustin, dites alors Filles de la Miséricorde, installées au monastère de Dieppe. « Le Cardinal de Richelieu, son oncle, voulut entrer dans la bonne œuvre, & jusqu’à leur mort ils eurent l’un et l’autre une affection singulière pour cette maison, ils donnerent quinze cent livres de revenu au capital de 20000 liv. à prendre sur les coches et carosses de Soissons qui leur appartenoient, le contrat fut passé le 16 août 1637. ». Le Dr Yves Morin décrit la « jonction des quatre facteurs » qui ont amené la duchesse à exécuter son œuvre : « (…) l’esprit de charité de la duchesse, son influence à la cour par le biais de son oncle, le cardinal Richelieu, sa connaissance de la Nouvelle France grâce aux Jésuites et le rôle essentiel de l'Hôtel-Dieu de Dieppe, un des établissements prééminents en France ». En avril 1639, le roi Louis XIII accorde des lettres patentes pour l’établissement de l’hôpital et mentionne explicitement les motifs religieux de la duchesse. Il y aura aussi un second contrat en 1640 où ces mêmes motifs seront énoncés. Dans sa lettre à Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de l’Hôtel-Dieu de Québec, la veille du départ pour Québec des trois Augustines, la duchesse d’Aiguillon écrit clairement que l’Hôtel-Dieu devra être « dédié à la mort et au précieux Sang du fils de dieu répandu pour faire miséricorde à tous les hommes et pour lui demander qu'il l’applique sur l’âme de Monseigneur le Cardinal Duc de richelieu, et celle de Madame la Duchesse Daiguillon et pour tout ce pauvre peuple…». La duchesse obtient de la Compagnie des Cent-Associés une concession de sept arpents dans l’enclos où on avait commencé à bâtir Québec et un fief de soixante arpents dans la banlieue, entre Cap-Rouge et le coteau Sainte-Geneviève, ce terrain qu’on avait désigné sous le nom de Sainte-Marie. Les mères Anne Le Cointre de Saint-Bernard (28 ans), Marie Forestier de Saint-Bonaventure-de-Jésus (22 ans) et Marie Guenet de Saint-Ignace (29 ans), qui deviendra la première supérieure de l’Hôtel-Dieu de Québec, quittent familles et amis, et leur monastère de Dieppe, établi depuis 1285, le 4 mai 1639, à destination de Québec. « De 1739 à 1779, Latour publia une imposante somme de sermons, panégyriques, discours dogmatiques, mémoires liturgiques, canoniques et autres. En quittant le Canada, il avait emporté une copie manuscrite des ‘Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec’ rédigées par Jeanne-Françoise Juchereau de La Ferté, dite de Saint-Ignace. Il fit paraître ce texte en 1752 à Montauban, sous le titre d’’Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec’ ». « Dans ses notes bibliographiques touchant les sources de sa propre « Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec », Montréal, éd. C. O. Beauchemin & Fils, tome 4, p. 11, l’historien Henri-Raymond Casgrain écrit à propos de l’« Histoire de l'Hotel-Dieu de Québec », par la mère Juchereau de Saint-Ignace : « Cette Histoire a été écrite d'après les renseignements de la mère (Marie Guenet) de Saint-Ignace et rédigée par la mère de Sainte-Hélène. Une copie de ces annales ayant été fournie à M. de La Tour, doyen du chapitre de Québec, qui retourna en France en 1731, il prit sur lui de les faire imprimer à l'insu de la communauté de Québec. Cette impression se fit sans beaucoup de soin, et il s'est glissé dans l’ouvrage un grand nombre de fautes typographiques. Heureusement qu'on possède encore à l'Hôtel-Dieu la copie originale de la main même de la mère (Marie-André Duplessis) de Sainte-Hélène, et signée par la mère (Marie-André Duplessis) de Sainte-Hélène, et signée par la mère Jeanne-Françoise Juchereau de Saint-Ignace. CES ANNALES SONT UN DES DOCUMENTS HISTORIQUES LES PLUS PRECIEUX QUE L’ON POSSEDE. » Le texte de Jeanne-Françoise Jucheron a été réédité à Québec par Dom Albert Jamet en 1939 sous le titre de « Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716 » ». Précieux exemplaire de ce rare canadiana conservé dans sa reliure de l’époque.‎

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EUR8,500.00 (€8,500.00 )

‎SAINT-AUGUSTIN‎

Reference : LCS-A3

‎La Cité de Dieu. Traduite en François et revue sur plusieurs anciens Manuscrits. La Cité de Dieu somptueusement reliée par Thouvenin en maroquin citron orné aux mille points.‎

‎Précieuse édition de La Cité de Dieu traduite par Pierre Lombert. Paris, Jacques Rollin, 1736. 4 in-12 de: I/(1) f., (51) pp., 557 pp., (3); II/ (9) ff., 516 pp. ; III/ (1) f., 536 pp., (7) ff.; IV/ (1) f., 541 pp. mal ch. 545, (11) pp. Maroquin citron à grain long, encadrement de palmettes sur les plats, dos à nerfs ornés aux mille points, pièces de titre et de tomaison en maroquin noir, tranches dorées. Reliures du début du XIXe siècle signées de Thouvenin. 162 x 95 mm.‎


‎La prise de Rome par les Wisigoths d’Alaric le 24 août 410 provoqua un choc inimaginable dans l’occident chrétien. A ce choc profond qui pouvait être attribué par les contemporains à un abandon des dieux païens pour le culte du Dieu unique, Saint-Augustin apporte une réponse éloquente dès 412 avec les 22 livres de la Cité de Dieu, livre incontournable et intemporel, réédité dans la Pléiade en novembre 2000. Par son interprétation très large de l’histoire de l’humanité Saint-Augustin exercera une influence profonde sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. «‘La Cité de Dieu’ est l’apologie du christianisme. C’est à la fois une philosophie de la société humaine dans son devenir historique, une métaphysique de la société et une interprétation de la vie individuelle et sociale, à la lumière des principes fondamentaux du christianisme. Le livre est écrit en réponse à l’accusation formulée en 410 par les païens, qui prétendent que le sac de Rome, infligé par les Goths d’Alaric, a pour cause l’abandon du culte des dieux traditionnels, abandon imposé par le christianisme. Ce texte a exercé une influence profonde sur toutes les époques et sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. C’est pourquoi, aussi, dans les polémiques du Moyen Âge entre la papauté et l’empire, on a voulu puiser dans cette œuvre (identifiant faussement la cité de Dieu avec l’Eglise empirique et la cité du monde avec l’Etat concret); c’est pourquoi, de Bossuet à Balbo, tous ceux qui se sont à nouveau penchés sur le problème de l’histoire se sont tournés vers Saint-Augustin; c’est pourquoi, malgré le développement des sciences théoriques, La Cité de Dieu reste encore un livre vivant, qui ne cesse de trouver des lecteurs. Ce fut le premier livre imprimé en Italie (1467, à Subiaco) et nous savons combien ensuite l’humanisme en sentit le charme profond, comme le sentirent aussi les Réformateurs, Pascal, Kierkegaard». Superbe exemplaire luxueusement relié par Thouvenin en maroquin citron aux dos ornés aux mille points. Provenance: Yemeniz (ex-libris ; Paris, 1867, n° 3111); baron Ménard de Marsainvilliers (ex-libris manuscrit, au crayon, au verso de la première garde). ‎

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EUR7,500.00 (€7,500.00 )

‎GREGOIRE‎

Reference : LCS-A7

‎Explication des cérémonies de la Fête-Dieu d’Aix-en-Provence, Ornée de figures du Lieutenant de Prince d’Amour (sic) ; du Roi & Bâtonniers de la Bazoche ; de l’Abbé de la Ville ; & des Jeux des Diables, des Razcassetos, des Apôtres, de la Reine de Saba, des Tirassons… Les cérémonies de la Fête de Dieu d’Aix en Provence imprimées en Aix en 1777.‎

‎Edition originale de ce curieux ouvrage sur les fêtes instituées sous le règne du Roi René. A Aix, chez Esprit David, 1777. In-12, 1 portrait, 220 pp., ii pp., 13 planches dépliantes. Conservé broché tel que paru, à toutes marges car non rogné, qq. usures au dos. Brochure de l’époque. 188 x 110 mm.‎


‎Edition originale de ce curieux ouvrage sur les fêtes instituées sous le règne du Roi René. Leur origine se situe vers l’an 1462, elles donnaient lieu à des jeux, des processions, des joutes, des tournois, etc… E. Rouard, Notice sur la bibliothèque d’Aix dite de Méjanes, p. 53; G. Mourey, Le livre des fêtes françaises, 284, 286-8; Jacques Billiord, Le livre en Provence du XVIe au XVIIIe siècle, pp. 17, 103; Vinet, 819; Cohen-De Ricci 367-368; Lipperheide Sl 20; Rümann859. Exemplaire bien complet des 12 planches dépliantes à l’eau-forte avec des légendes en provençal, ces très pittoresques figures sont dessinées et gravées par P. et G. Grégoire (fils de l’auteur) qui furent les inventeurs de la peinture sur velours, avec la planche de musique gravée (marche du lieutenant du Prince, airs de la Reine de Saba, des chevaux frux (sic) de la passade, du guet) et en frontispice le portrait du roi René d’Anjou par G. Grégoire, soit en tout 14 figures. (Barbier, t.2, col. 378). “Cet ouvrage est de Gaspard Grégoire, natif d’Aix. Les figures ont été dessinées par Paul Grégoire, un de ses fils, et gravées par Gaspard, frère de Paul. Ce sont ces deux fils Grégoire qui sont les inventeurs de la peinture sur velours”. (Barbier, anonymes, III, 378). Instituted by King René [titular King of Naples (1435-1480)], the Fête-Dieu is one of the most popular, most original, and most picturesque of all festivals in Provence; it is at Aix that it was always held, and was celebrated with the greatest enthusiasm and magnificence; its naive rites were always observed with the greatest respect. It was originally a tournament, opening on the Monday of Pentacost by the nomination of officers or knights of which the principal ones were the Lieutenant of the Prince of Love, the Abbot of the City, and the King of La Basoche ; it lasted until the Saturday after the Fête-Dieu” (Mour). L’intérêt de ce livre est tel qu’un fac-similé fut réalisé à Marseille en 1978. Précieux exemplaire conservé broché tel que paru, à toutes marges car non rogné. The nuc contains an entry for an edition of 1773 at the Detroit Institute of Arts and two other locations. Upon inspection, this has been found to be a ghost.‎

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EUR2,500.00 (€2,500.00 )

‎MARTIN‎

Reference : LCS-1864049

‎La Vie et les Mystères de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. Superbe ouvrage entièrement chromolithographié reproduisant les ornements des manuscrits à peinture médiévaux.‎

‎Le volume comprend de plus 31 miniatures en chromolithographie par les mêmes artistes, dont 3 à pleine page. Paris, Henri Charpentier, 1859. Grand in-folio de 1 frontispice en couleurs, (4) ff., v pp., 2 planches à pleine page en couleurs, (1) p., 32 planches à pleine page en couleurs avec autant de feuillets de texte gravés en couleurs, (1) f. d’Avis au relieur. Reliure éditeur chagrin brun orné de filets or et à froid en encadrement, encadrement central à froid avec grands fleurons angulaires contenant au centre 1 grande représentation de la Sainte Vierge dorée aux 2 plats, dos à nerfs titré or orné d'1 représentation de la Vierge à l’enfant et de différents fers dorés, tranches dorées. Reliure de l’époque. 408 x 295 mm.‎


‎Somptueux ouvrage entièrement chromolithographié, dont les pages, typographiées en lettres gothiques brunes et rouges, sont ornées d'encadrements variés, tirés en couleurs vives et doré par Kellerhoven, Gsell, Ciappori et Ledoux chez Lemercier, reproduisant les ornements des manuscrits à peintures médiévaux. Le volume comprend de plus 31 miniatures en chromolithographie par les mêmes artistes, dont 3 à pleine page. “The German printmaker Franz Kellerhoven (1814-1872) was living in Paris in 1859, the year he created the 97 chromolithographs for this pseudo medieval manuscript, titled La vie et les mystères de la Bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu = Life and the mysteries of the Blessed Virgin Mary, Mother of God. The British Museum identifies them as oleographs, or chromolithographs printed with an oil-based ink to replicate the look of a painted illumination. Although the text was written by Arthur Martin (1801-1856), it is usually the Nantes printer/publisher Pierre Henri Charpentier (1788-1854) who receives the most credit for the project. The lithographs were printed at the Paris shop of Lemercier and the text in Nantes, “tirage a la presse a bras” (printed on a hand-worked press). It is interesting that similar facsimiles were produced in installments over several years, not unlike a Dickens novel. Subscribers received a small section of the book as it was being produced. There is no documentation that Charpentier followed that process with La vie, but 97 lithographs from ten stones each (970 passes) would have taken a very long time to complete. Charles Wood III notes that binding directions are found on the final leaf. Michael Twyman reminds us that Kellerhoven only undertook two major commissions with the French lithography firm of Lemercier & Cie., this being one. “In [this] book he put on stone work that Ledoux, Gsell, and Ciappori had drawn in the spirit of illuminated manuscripts of the seventh to seventeenth centuries . . . The amount of chromolithographic work needed for this publication in such a short period suggests that Kellerhoven must have employed several assistants . . . (A History of Chromolithography, pp. 352-3). (Graphic Arts Collection, Princeton University). Bel exemplaire bien frais conservé dans sa reliure d'éditeur. Bibliothèque du Château de Lalande avec ex libris.‎

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EUR6,000.00 (€6,000.00 )

‎CHARTIER, Alain (Gilles Le Bouvier).‎

Reference : LCS-18588

‎Les Croniques du feu roy Charles septiesme de ce nom que Dieu absoulle contenans les faits et gestes dudit seigneur lequel trouva le royaulme en grant desolation et neantmoins le laissa paisible. Ladvenement de la pucelle faits et gestes dicelle et autres choses singulieres advenues de son temps. Rédigées par escript par feu maistre Alain Chartier homme bien estime en son temps secretaire dudcit feu roy Charles VIIe. Avec privilège. Édition originale littéraire et historique rare et appréciée de l’épopée de Jeanne d’Arc et du règne du roi Charles VII. ‎

‎Superbe exemplaire à marges immenses. Paris, François Regnault, 1528. Petit in-folio gothique de LXXX feuillets à longues lignes, titre compris en rouge et noir. Plein maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, double filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure signée de Trautz-Bauzonnet. 256 x 188 mm.‎


‎Édition originale littéraire et historique fort rare relatant avec brio l’épopée de Jeanne d’Arc, le règne du roi Charles VII (1403-1461), les troubles occasionnés par la guerre de cent ans et la victoire finale. «Le volume que nous venons de décrire est l’édition originale de la Chronique de Charles VII. Cet ouvrage qui, dans la plupart des manuscrits, ne porte aucun nom d’auteur, était alors, on ne sait trop pourquoi, attribué à Alain Chartier. Le nom du poète figure de nouveau sur la réimpression de Nevers, Pierre Roussin, 1594, in-4; enfin André Du Chesne ne manqua pas d’insérer la chronique dans son édition des Œuvres de maistre Alain Chartier, 1617. Plus tard, le manuscrit de Bigot, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale (fr. 2860), permit à Du Chesne de corriger son erreur et lui révéla le nom de l’auteur, Gilles Le Bouvier, dit Berry, roi d’armes de France. Voy. l’excellent article publié par M. Vallet de Viriville dans la Nouvelle Biographie générale, XXX, 113-118» (Catalogue James de Rotschild, II, 2099). L’auteur commence sa chronique en l’an 1402, année où naquit Charles VII. Ce prince devient à partir de 1417 le point central du récit. Le chroniqueur nous brosse un tableau minutieux et vivant du règne et termine son récit à la mort du Roi le 22 juillet 1461. «Lors de la tragédie du pont de Montereau (1419), Charles VII publia des manifestes pour se disculper du meurtre de Jean sans Peur, accompli en sa présence; mais il n’en demeura pas moins chargé de la solidarité de cette sanglante représaille. Sa mère, l’indigne Isabeau de Bavière, le poursuivit de sa haine et contribua à la conclusion du traité de Troyes, par lequel il était exclu du trône au profit du roi d’Angleterre. A la mort de son père, il se fit couronner à Poitiers, pendant que le duc de Bedford, maître de Paris et d’une partie du royaume, prenait les rênes du gouvernement au nom de son neveu Henri IV, encore en bas âge. Les Anglais poursuivirent le cours de leurs succès, et les troupes de Charles VII perdirent successivement les batailles de Crevant (1423) et de Verneuil (1424). Déjà maîtres des trois quarts du royaume, les Anglais vinrent mettre le siège devant Orléans, et bientôt la funeste journée des Harengs (1429) vint porter le découragement parmi les derniers champions de l’indépendance nationale. C’est à ce moment qu’une jeune paysanne, exaltée par les misères et les douleurs de la patrie se présenta au roi en affirmant qu’elle avait reçu du ciel la mission de sauver la France, enflamma la nation et l’armée de l’enthousiasme patriotique et religieux dont elle était dévorée, et après une suite de succès extraordinaires, fit lever le siège d’Orléans et conduisit le roi à Reims, où l’onction sacrée lui donna aux yeux des peuples le prestige de la légitimité (1430). Quelques seigneurs puissants se rallièrent à Charles, et le duc de Bourgogne lui-même, brouillé avec les Anglais, se réconcilia solennellement avec lui par le traité d’Arras (1435). L’année suivante, Paris affranchi rouvrait ses portes au roi de France. Ce prince indolent et efféminé saisit d’une main ferme les rênes du gouvernement, s’occupa avec activité et persévérance à réparer les maux du pays, réforma son armée, dont les brigandages désolaient ses provinces, réorganisa les finances délabrées, montra le plus grand courage aux sièges de Montereau (1437) et de Pontoise (1442), et obtint enfin une trêve honorable (1444), qu’il sut employer à relever la France épuisée. Pendant cette période réparatrice, les cités sortirent de leurs décombres, les campagnes furent rendues à l’agriculture, les villes au commerce et à l’industrie, l’armée devint permanente et fut l’égide du pays au lieu d’être l’effroi des populations, les finances prospérèrent, et, sous l’influence de Jacques Cœur, le Colbert du XVe siècle, le commerce maritime fut créé et la prospérité publique se développa avec cette énergie créatrice qui suit les grandes calamités. Lorsque les Anglais, par une inspiration malheureuse, rompirent la trêve en 1448, ils trouvèrent une nation forte, unie et compacte, et n’essuyèrent plus que des revers. En moins d’un an, la Normandie était entièrement reconquise: en 1453, la Guyenne redevint définitivement française.» L’édition comporte un titre en rouge et noir avec belle initiale historiée sous laquelle figure la marque «à l’éléphant» de François Regnault. Sur le second feuillet un bois, représentant un docteur enseignant à ses disciples, précède le prologue. Le verso de ce même feuillet contient le portrait gravé sur bois du roi, surmonté de la devise «Espoir en dieu», et le commencement de la chronique. Le texte orné de nombreuses initiales décorées est accompagné de sommaires imprimés en manchettes. Né à Bourges en 1386, l’auteur, Gilles le Bouvier fut introduit à la cour à l’âge de 16 ans sous le patronage de Jean, duc de Berry; il obtint de Charles vii, alors régent, l’office de héraut d’armes en 1420; il fut créé roi d’armes du pays et Marche de Berry le 25 décembre 1420. A plusieurs reprises dans l’histoire du règne de Charles vii, G. le Bouvier prend part aux opérations importantes, tant sur le plan diplomatique que militaire. C’est ainsi qu’il pénètre à la tête de la Maison du Roi lors de l’entrée solennelle de Charlesvii à Paris le 8 novembre 1437. Les beaux exemplaires de cette édition originale littéraire et historique ont de tout temps suscite de fortes enchères. Le supplément de Brunet cite ainsi, dans les années 1870, les 920 F or atteints par l’exemplaire Potier (apparemment le présent exemplaire) relié en maroquin de Trautz; à titre comparatif aux mêmes ventes Potier et Benzon, l’édition originale des Essais de Montaigne imprimée à «Bourdeaux en 1580» atteignait 1420 F or en veau ancien. Superbe exemplaire à marges immenses (hauteur 256 mm, contre 239 mm pour l’exemplaire du marquis de Serrant relié en veau du XVIIe siècle). Références: Tchemerzine ii, 335; Brunet I, 1816; Cat. James de Rothschild, II, 2099; Institut de France, manuscrit Godefroy 242.‎

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