‎VON CLAUSEWITZ CARL‎
‎DE LA GUERRE.‎

‎LES EDITIONS DE MINUIT. 1959. In-8. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 755 pages.. . . . Classification Dewey : 355.021-Militaria‎

Reference : R240130411


‎Traduction intégrale par Denise Naville - Préface de Camille Rougeron - Introduction de Pierre Naville. Classification Dewey : 355.021-Militaria‎

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‎DE GAULLE‎

Reference : LCS-186417

‎Mémoires de guerre ‎


‎“A M. Emile Henriot, en témoignage de mon admiration et de mon amitié. C. de Gaulle. 4.7.56.” L’édition originale des Mémoires de guerre de Charles de Gaulle, précieux exemplaire offert et dédicacé par l’auteur à Emile Henriot. Paris, 1954-1956-1959. En Français dans le texte, 398. Gaulle, Charles de. Mémoires de guerre. L’Appel (1940-1942)- L’Unité (1942-1944)- Le Salut (1944-1946). Paris, Librairie Plon, 1954-1956-1959. 3 volumes in-8 de : I/ (4) ff., 680 pp., (2) ff., 1 carte dépliante; II/ (4) ff., 712 pp., (2) ff., 1 carte dépliante; III/ (5) ff., 653 pp., (1) f., 1 carte dépliante. Reliés en demi-maroquin rouge à coins, filet doré soulignant la séparation, dos à nerfs ornés de filets à froid, titre doré, tête dorée, non rognés, couvertures et dos conservés. Reliure signée A. & R. Maylander. 225 X 140 mm. édition originale des ‘mémoires de guerre’ du général de Gaulle, dont les deux premiers tomes font partie des exemplaires tirés sur alfa réservés aux anciens de la FranceLibre et aux membres des associations combattantes et résistantes de la guerre, celui-ci numéroté 1923. Le troisième tome imprimé sur bouffant spécial fut réservé pour Émile Henriot avec son étiquette. «Le 22 octobre 1954 paraissait ‘L’Appel’, premier volume des ‘Mémoires de guerre’ du général de Gaulle. Une fois de plus, l’homme du 18 Juin créait l’événement. Ayant quitté le pouvoir en janvier 1946 pour ne pas cautionner un gouvernement d’assemblée, il avait tenté sans succès d’y revenir par la voie des élections. Retranché à Colombey, il y poursuivait une amère traversée du désert.‘L’Appel’, loin de toute contestation politique, le remettait au premier plan. Retentissement national. Unanimité littéraire dans l’admiration. Cent mille exemplaires vendus en un mois et bientôt une diffusion mondiale : quatre ans plus tard, l’ouvrage était publié dans tous les pays non communistes d’Europe sauf la Grèce, ainsi qu’en U.R.S.S., aux États-Unis, en Amérique latine, à Beyrouth, en Israël et à Hong Kong. Le deuxième tome, sorti en 1956, eut un égal succès ; le troisième, publié alors que de Gaulle était revenu au pouvoir, fut discuté mais, dès 1961, la vente cumulée des trois volumes en France dépassait le million d’exemplaires. Grande œuvre littéraire, les ‘Mémoires de guerre’ ont comblé un vide historique. Aux Français des années 1950, abreuvés de littérature résistante, mais peu instruits de l’épopée de la France libre, ils ont révélé, documents à l’appui, le déroulement de la plus grande aventure collective française du siècle et la lutte acharnée menée par un rebelle hors du commun pour faire remonter la France de l’abîme et l’imposer comme puissance victorieuse. La réécriture de l’histoire par un de ses acteurs n’en diminue pas, pour l’essentiel, la véracité. Elle joignait à la chronique un message implicite : non seulement le maître d’énergie a entendu rappeler aux Français ce qu’ils lui devaient, mais il a souhaité les rassembler autour de la meilleure image d’eux-mêmes et les inciter à un avenir digne d’une grande nation. En cela, l’œuvre historique était également politique. Elle l’aura été doublement, car le succès des ‘Mémoires de guerre’ aura été une étape sur la voie du retour au pouvoir du général de Gaulle.» (Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Préface des Mémoires de guerre de De Gaulle dans la collection La Pléiade). Charles de Gaulle expose dans cet ouvrage l'épopée de la France Libre au cours de la Seconde Guerre mondiale et décrit son déroulement avec beaucoup de minutie. Il inclut pour étayer ses propos des documents en annexe tels que de nombreux télégrammes échangés pendant la guerre entre diverses personnalités politiques et militaires, ou des cartes des diverses opérations militaires entreprises par la France. «Les ‘Mémoires de guerre’ sont un beau succès de librairie. La vente atteint rapidement les 100000. Quand paraîtra le troisième tome, 150000 exemplaires de l’ouvrage complet garniront les bibliothèques privées et publiques. A ce jour, il en aurait été vendu en tout 750000, et l’ouvrage a été traduit en vingt-deux langues, parmi lesquelles le chinois, le finnois, le turc. La presse, d’emblée, a été admirative. ‘Chez de Gaulle écrivain, on trouve le même esprit et la même discipline qui animait l’homme d’action, la même flamme…’ (Marcel Arland, Nouvelle revue française). ‘La lecture de ces Mémoires achève de convaincre qu’un grand homme est presque toujours un grand écrivain’ (Georges Duhamel, Nouvelles littéraires). ‘Il est prestigieux dans ses raccourcis… avec des traits à la Tacite, à la Retz, à la Saint-Simon’ (Emile Henriot, Le Monde)… Les ‘Mémoires de guerre’ sont aussitôt devenus un grand classique du genre et l’écrit contemporain le plus propre à entretenir dans les nouvelles générations le sens de la patrie.» (En Français dans le texte, 398). Alors que l’année 2010 marque les 120 ans de la naissance du général de Gaulle, les 70 ans de l’Appel du 18 juin 1940 et les 40 ans de la mort du général de Gaulle, elle marque également les 10 ans de l’entrée des Mémoires du général dans la Bibliothèque de la Pléiade. Précieux exemplaire de présent portant sur les faux-titres de chacun des trois tomes un respectueux envoi autographe signé du Général de Gaulle à Emile Henriot: ”A M. Emile Henriot, dont j’admire fort le talent avec le témoignage de ma haute considération. C. de Gaulle. 18 octobre 1954” (tome 1) / «A M. Emile Henriot, en témoignage de mon admiration et de mon amitié. C. de Gaulle. 4.7.56» (tome 2) / «En gratitude et en admiration. C. de Gaulle. 7.11.59» (tome 3). L’exemplaire est en outre truffé de deux lettres autographes du Général de Gaulle (chacune d’1 feuillet in-8) datées du 13 novembre 1954 et du 29 juin 1956, dans lesquelles il adresse ses remerciements a Emile Henriot, son “ cher Maitre”, pour ses articles parus dans le Monde concernant les deux premiers tomes de Ses Mémoires. L’exemplaire contient également dans le tome 2 le brouillon de la lettre de remerciement qu’Emile Henriot adresse au Général le 9 juin 1956, après avoir reçu un exemplaire de ce même tome. Emile Henriot (1889-1961) est un poète, romancier, essayiste et critique littéraire français. Journaliste au Temps entre les deux guerres, il devient le critique littéraire du Monde, héritier du Temps à la Libération. Il fut élu à l'Académie française en 1945. Au sujet de l'appel du 18 juin, Emile Henriot a écrit : « Un homme seul avait parlé, et il avait parlé au nom de la France... Aussi bien, voilà l'homme tout d'une pièce, comme il s'est voulu, durci en lui-même, appelé à répondre de tout, conscient de ce que l'on peut dans la solitude si l'on est pourvu d'une âme opiniâtre... Alors que dans la France humiliée, un vote changeait la forme des institutions, le refus de cette humiliation, le refus de consentir à la défaite, la certitude qu'une bataille perdue n'est pas la guerre perdue et que l'espoir restait ouvert, faisaient entrer dans l'Histoire un homme de quarante-neuf ans que le destin jetait hors de toutes les séries ». Précieux exemplaire, grand de marges car non rogné, offert et dédicacé par De Gaulle a Émile Henriot.‎

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‎GAULLE (Charles de)‎

Reference : 31526

(1954)

‎Mémoires de guerre.‎

‎ Les Mémoires de guerre : exemplaire Maurice Genevoix Paris, Plon, 1954, 1956 et 1959. 3 vol. (145 x 230 mm) de 680, 712 et 653 p. + 1 carte. Brochés, sous jaquettes tricolores. Édition originale. Un des exemplaires numérotés sur Alfa Cellunaf, réservés « aux anciens de la France Libre et aux membres des associations combattantes et résistantes de la guerre 1939-1945 ». Envoi signé : « à Maurice Genevoix, en témoignage de ma haute estime pour lui et pour son grand talent. Charles de Gaulle, 15 octobre 1954 ». ‎


‎Précieux exemplaire offert à Maurice Genevoix, devenu académicien au moment où de Gaulle entame la rédaction de ses Mémoires, en avril 1946. Juste avant la parution de troisième volume, Genevoix devient le secrétaire perpétuel de l’Académie, charge qu’il assumera pendant quinze ans, de 1958 à 1973. Charles de Gaulle, en 1959, viendra présider à Orléans les fêtes de Jeanne d’Arc, aux côtés de Genevoix : l’occasion pour ce dernier de le convaincre de la nécessité d’installer une université dans la ville, et de lancer une réflexion quant à la construction d’un Mémorial de la Grande Guerre, qu’il souhaite voir naître à Verdun. Dans un éditorial de 1960 opportunément nommé, « En avant pour le Mémorial de la bataille de Verdun », Maurice Genevoix indique très bien la « mission » - y compris au sens religieux du terme - dont les « Anciens » se sont chargés à l’égard des disparus, la « lourde tâche - la dernière en faveur des copains morts - pour assurer la perpétuité de leurs communs souvenirs. C’est grâce à eux que, dans le ciel de Verdun, s’élèvera une solide bâtisse, sorte de forteresse de l’amitié, du recueillement et de la souffrance évoquée. Là les hommes viendront et apprendront ce que furent les Français de 1916 » (in Archives départementales de la Meuse, « Le Combattant de Verdun », n° 68, nov.-déc.1960). À ce moment-là, de Gaulle est obsédé par la transmission d’une mémoire française qui rassemble. Maurice Genevoix, qui incarne pour lui une mémoire « pure » de 14-18 et débarrassée des discours politiques et voyant dans Ceux de 14 un chef-d’œuvre de fidélité et d’humanité – répond à ses attentes ; de Gaulle favorisera dès lors son rôle majeur dans les commémorations nationales, l’accompagnant plusieurs fois pour les célébrations du 11 novembre, dans l’Aisne ou dans la Marne. Surtout, il permettra l’aboutissement du projet du Mémorial de Verdun dont la création est décidée le 23 octobre 1960, à l’issue de l’assemblée générale du Comité national du souvenir de Verdun. L’État décide, pour financer le projet, de lancer une grande souscription nationale. Ce lieu de mémoire pour les anciens combattants de la Première Guerre mondiale sera inauguré à Fleury-sous-Douaumont, près de Verdun, le 17 septembre 1967. Sur les lieux mêmes ou, près de soixante ans plus tôt, le 2 mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle, commandant de la 10e compagnie du 3e bataillon du 33e régi- ment d’infanterie, avait été fait prisonnier par les Allemands lors de la première prise du fort de Douaumont. Dans une lettre adressée à son supérieur le lieutenant colonel Boud’hors en décembre 1918, il avait raconté lui-même les circonstances de sa capture par les Allemands : « L’un d’eux m’envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. [...] Je restai un moment sur le carreau. » Dans le commandement, on le croit mort. Une citation à l’ordre de l’armée et la légion d’honneur lui est même décernée à titre posthume, le 7 mars 1916 ! Elles seront l’une et l’autre confirmées en 1919, à titre honorifique cette fois-ci. De Gaulle viendra inaugurer, l’année suivante, en 1968, le monument représentant « Ceux de 14 » à la butte de Chalmont, brique ultime d’un projet porté par Genevoix. À travers cette dédicace, Charles de Gaulle rend ici hommage à l’un des écrivains les plus essentiels de la mémoire française. Blessé dans les tranchées en 1915, Maurice Genevoix est l’auteur de Ceux de 14, œuvre monumentale dédiée à ses camarades tombés au front. De Gaulle, lui aussi ancien combattant de la Grande Guerre, y vit une parole rare : sobre, fraternelle, et fidèle. Le lien entre les deux hommes est fait de respect, de mémoire partagée, et d’une vision commune du devoir de transmission. Dans ses Mémoires de guerre, de Gaulle trace l’histoire du salut national ; Genevoix, dans ses récits, élève les souffrances individuelles au rang d’histoire collective. Deux écritures se croisent : l’une depuis les sommets du commandement, l’autre depuis la boue des tranchées. De Gaulle tenait Genevoix en haute estime, tant pour son œuvre littéraire que pour sa qualité de témoin de la Grande Guerre. Il le considérait comme la voix la plus juste et la plus humaine de cette génération de soldats. Genevoix, blessé en 1915, a su écrire la guerre sans emphase ni propagande, ce qui impressionnait de Gaulle. Ce rapprochement entre le général et l’écrivain, discret mais profond, est aujourd’hui encore plus lisible : en 2020, Maurice Genevoix est panthéonisé comme porte-voix des poilus, incarnant la France combattante de la Première Guerre mondiale que de Gaulle n’a cessé d’honorer : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison [...]. Seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. » Parmi les nombreux intérêts des Mémoires de guerre, le lecteur pourra estimer à quel point il fut difficile et héroïque pour le futur général de faire admettre au monde entier que la France officielle était à Londres. Hormis le strict aspect historique, le talent littéraire de de Gaulle est réel et le texte figure, depuis quelques années, au programme de la terminale L, pour la section « Littérature et débats d’idées ». Contrairement à tant d’hommes d’État, de Gaulle, fils d’un professeur de lettres, a rédigé lui-même tous ses discours et tous ses ouvrages. L’examen de ses manuscrits prouve son extraordinaire souci de la composition et du style. Dans une langue que n’aurait pas reniée Genevoix, adepte d’un style, d’une grammaire et d’un vocabulaire des plus riches. ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 30812

(1942)

‎Pilote de guerre.‎

‎ Précieux exemplaire nominatif de tête avec envoi New York, Éditions de la Maison française, [1942]. 1 vol. (185 x 230 mm) de 253 p. Demi-maroquin bleu nuit à bandes, titre doré, tête dorée, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signé d'A.[lain] Lobstein). Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur Strathmore (après un exemplaire unique réservé a l’auteur). Celui-ci est nominatif pour Madame la Comtesse de Montgomery avec un envoi signé : « avec toute ma profonde amitié, Antoine Saint-Exupéry ». ‎


‎« Je combattrai quiconque prétendra asservir à un individu - comme à une masse d'individus - la liberté de l'homme. » Avant de reprendre ce combat où il laissera sa vie, démobilisé après la « drôle de guerre », Saint-Exupéry se réfugie aux États-Unis, et c'est à New York qu'il écrit ces lignes. Cette édition, parue en février 1942, est également la première intégrale puisqu'y figurent (p. 34) les sept mots d'une phrase où l'auteur traite collectivement « d'imbéciles » son ordonnance, un ponte de l'état-major et Hitler «qui a déclenché cette guerre démente» et dont la censure en France exigera la suppression dans l'édition Gallimard de décembre 1942. Le texte paraît en pré-originale, en anglais, en janvier 1942 dans la revue Atlantic Monthly, puis en volume le mois suivant : l'oeuvre sera en tête des best-sellers pendant six mois : « ce livre est un grand et beau livre, peut-être le vrai livre de la guerre de 1939 » écrit Pierre Mac Orlan dans le journal Les Temps nouveaux le 8 janvier 1943. Précieux exemplaire de tête offert à la Comtesse de Montgomery : née à Paris en 1899, Madeleine de Montgomery passe son enfance au château de Fervaques, acquis en 1831 par son arrière-grand-père, le marquis de Portes. Elle tient à partir de 1930, dans son somptueux appartement du 77 avenue de Malakoff, un salon très prisé. Jeune, élégante et influente, sa beauté et sa personnalité font de ses réceptions l'un des lieux des plus populaires de Paris et le monde littéraire s'y presse : éditeurs, patrons de presse et écrivains. Kessel, Cocteau, Malraux et Colette en sont des habitués, comme Saint-Exupéry qui s'y rend à plusieurs reprises, d'autant que la jeune femme est passionnée d'aviation et possède son propre aéronef, un Morane-Saulnier avec lequel elle est représentée sur une photographie publiée à la une du Figaro en mai 1935. Maîtresse du patron de presse Jean Prouvost, elle deviendra directrice du journal Marie-Claire, que son amant lance en 1937. Pendant, la guerre elle agit comme une véritable héroïne de la Résistance, se réfugiant en Normandie où elle fonde un Centre maternel et infantile dans son manoir pour accueillir de nombreux enfants de mobilisés ; elle deviendra ensuite directrice des sections féminines et sanitaires de la Mission française auprès de la Croix-Rouge aux États-Unis en 1943. C'est probablement pendant ce séjour à New York qu'elle peut rencontrer à nouveau Saint-Exupéry : des retrouvailles suffisamment importantes pour qu'il lui réserve un exemplaire nominatif de son livre. Elle reprendra son salon après-guerre et sera plusieurs fois citée dans le journal de Pierre Lazareff, qui la voit en « Diane chasseresse aux attaches fines et nerveuses, avec ses cheveux cendrés, ses yeux d'aigue-marine et ses longues mains fines qui accentuaient chacune de ses phrases comme autant de point d'exclamation, elle inspirait par sa seule présence d'interminables tournois d'idées et d'éloquence ». C'est également pendant cette mission à New York qu'elle rencontre celui qui allait, en 1946, devenir son époux : le général Antoine Béthouart, Compagnon de la Libération et figure de proue du commandement militaire français libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-là même qui, promu général de division et désigné chef de la Mission militaire à Washington, rencontre Saint-Exupéry au début de l'année 1943 : il va y négocier avec le gouvernement américain les livraisons de matériel permettant de rééquiper l'armée française. Mais surtout, c'est lui qui signera, le 1er avril 1943, le tant attendu ordre de mission que trépigne d'obtenir un Saint-Exupéry désespéré de ne pas servir son pays. Ses amis tentent de le faire changer d'avis, mais le 4 mai 1943, après un départ précipité et alors que Le Petit Prince est en cours de publication, il débarque à Alger où l'attend Georges Pélissier ; Béthouart le rejoindra quelques mois plus tard, en novembre 1943, lorsqu'il est nommé chef d'état-major de la Défense nationale à Alger et promu général de corps d'armée. Il accompagnera à ce titre le général de Gaulle dans ses différents voyages à Rome, Londres et débarquera avec lui à Courseulles en Normandie le 14 juin 1944. On connaît par ailleurs les exemplaires offerts à Consuelo, à Léon Werth, à Bernard Lamotte, à Jane Lawton, à Curtice Hitchcock, à Elisabeth Reynal, à Jacques Maritain, à Isaac Molho, à Anne Morrow et Charles Lindbergh, Jean Renoir, à Natalie Paley, à Nadia Boulanger et à Lewis Galantière. Très belle provenance sur ce papier de tête du grand texte de Saint-Exupéry sur le second conflit mondial. Des bibliothèques Michel Demont (ex-libris) et Jean-Claude Mocellin (Alde, « Un siècle de littérature», 19 mai 2022, n° 50). ‎

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EUR25,000.00 (€25,000.00 )

‎BENJAMIN (René)‎

Reference : 31111

(1915)

‎Gaspard. Les Soldats de la guerre‎

‎ Goncourt 1915. Envoi signé Paris, Arthème Fayard, [1915]. 1 vol. (120 x 185 mm) de 319 p. et 1 f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «À Urbain Gohier, dont Gaspard dirait avec admiration : 'Ah ! celui-là, tu parles s'il sait moucher les fripouilles !' Bien cordialement, René Benjamin». ‎


‎Prix Goncourt en 1915, Gaspard constitue l'un des premiers témoignages littéraires écrits sur la Grande Guerre. Le 31 octobre 1914, les membres de l'Académie Goncourt se réunissent pour la première fois au restaurant Drouant, place Gaillon. L'issue de la guerre reste très incertaine et, dans ces conditions, les académiciens décident de ne pas décerner leur prix, et projettent alors d'en attribuer deux l'année suivante. La double attribution n'aura finalement lieu qu'en 1916 et, en décembre 1915, « afin de permettre aux jeunes auteurs qui avaient des romans sous presse ou en lecture au début de la guerre de prendre part au concours », c'est donc un seul prix qui est décerné. Il est attribué, pour la première fois depuis la création du Goncourt en 1903, à l'unanimité, et vient couronner Gaspard de René Benjamin. Mobilisé au début du conflit - à l'âge de 29 ans -, l'auteur livre ici une chronique de la vie de caserne et de front, à travers le personnage de Gaspard, un parigot hâbleur, gouailleur et débrouillard, censé être l'incarnation du poilu français. À la différence d'autres publications plus sombres, Gaspard se distingue par un ton allègre et satirique, donnant à lire les absurdités de la hiérarchie militaire. Parmi les douzaines d'ouvrages parus dès 1915 ayant pour thème le conflit naissant, Gaspard est surtout le premier et seul véritable roman : l'oeuvre eut un grand succès à sa parution et, renforcée du prix Goncourt, atteint très vite la centième édition. Selon Norton Cru, Gaspard fut le livre favori «d'un public maintenu dans l'ignorance de la situation militaire par cette censure du début, si stricte, si intransigeante. Paru un an plus tard, son succès eût été douteux ; deux ans plus tard, il aurait passé inaperçu. Sur un point Gaspard est plus vrai que Le Feu : le héros parisien seul parle l'argot, un argot légitime, pris sur le vif [...]. Cet éloge que je fais de l'auteur prouve son talent d'observer le langage des gens». Cet épisode ouvre une période particulière du Goncourt : en 1915, 1916, 1917 et 1918, les cinq prix seront tous décernés à des combattants et à leurs témoignages, plus ou moins romancés, du front. Cela témoigne à la fois de l'aura du récit de guerre et de la volonté des éditeurs - même motivés par des raisons commerciales - de documenter, par la littérature, ces années de conflit. Le couronnement de Gaspard consacra aussi Arthème Fayard, dont le rôle d'éditeur populaire s'accordait à l'élan national. Le livre connut de très nombreux tirages, devenant un véritable phénomène éditorial de guerre. Précieux exemplaire enrichi d'un envoi à Urbain Gohier, polémiste et journaliste socialiste, célèbre pour ses prises de position dreyfusardes puis ses engagements antimilitaristes. Son oeuvre est citée par Céline, dans ses première influences dans ces mêmes années de guerre. René Benjamin fut, en 1938, le premier lauréat du prix Goncourt à intégrer le jury. Jean Norton Cru, Témoins, 567 ; Talvart, I, 355. De la bibliothèque «Prix Goncourt» de Gérard Pouguet, avec ex-libris. ‎

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EUR200.00 (€200.00 )

‎[GUERRE D’INDÉPENDANCE DES ETATS-UNIS D’AMÉRIQUE]‎

Reference : LCS-186405

‎Recueil d’estampes représentant les différents evenemens de la guerre qui a procuré l’indépendance aux Etats-Unis de l’Amérique. Admirable recueil d’estampes sur la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique.‎

‎Il s’agit du seul ouvrage contemporain des faitspublié en France sur le sujet. Paris, Ponce, s.d. [vers 1783]. Grand in-4 de 16 planches gravées, plein maroquin vieux rouge, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs richement orné, double filet or sur les coupes, roulette dorée intérieure, tranches dorées. Reliure signée Zaehnsdorf, England. 202 x 224 mm.‎


‎Édition originale de premier tirage de cette suite complète de 16 planches gravées retraçant les origines et les évènements marquants de la Révolution Américaine. Sabin, n°68421; Cohen, 490; Howes, C-576 ; Winsor, VI, p. 185. Recorded here are some of the major events of the War and of the larger global conflict between Great Britain and France, including the tarring and feathering of John Malcom at Boston, the battle of Lexington, the capitulation of Burgoyne at Saratoga, the capture of Dominica, Senegal, Grenada, Pensacola, and Tobago, the surrender of Cornwallis at Yorktown, the battle of St. Eustache, the siege of Fort S.Philippe, and the attack on Brimstomhill. There is also a general map of the United States and a composite map of the Gulf of Mexico, Barbary, Minorca, and Tobago. Below each view, forming part of the engraved surface is brief explanatory text by Niquet. The engraved title contains a précis of the War, surmounted by five inset views of military and naval engagements, while the final plate, decorated with four similar insets, gives a précis of the Treaty of Versailles in 1783 and a list of the principal officers killed or wounded in the war. Howes describes this as the first French book with a title-page mentioning the United States. Cet extraordinaire ouvrage sur la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique se compose de belles fresques (180 x 235 mm) gravées par Ponce, Godefroy, Le Barbier, Marillier… illustrant les évènements marquants de la Révolution Américaine: – Titre gravé orné de cinq vignettes de combats navals et terrestres dont La défaite anglaise en Louisiane et la prise du Fort de la Mobile le 14 mars 1780. – John Malcom ou les Origines de la Révolution Américaine. – Journée de Lexington. – Sarratoga, le 17 novembre 1777. – Prise de la Dominique. – Prise du Sénégal. – Prise de l’isle de La Grenade. – Prise de Pensacola le 9 mai 1781. – Prise de Tabago. – Reddition de l’armée de Lord Cornwallis. – Surprise de St Eustache. – Siège du Fort S. Philippe le 4 février 1782. – Attaque de Brimstomhill. – Carte des Etats-Unis. – Cartes particulières. – Précis du Traité de Paix. Il s’agit du seul ouvrage contemporain des faits publié en France sur le sujet et du premier ouvrage français à évoquer les Etats-Unis sur sa page de titre. “This beautiful series of plates is often cited as the first French book on the "United States" since it used that name in the title. This work was of great influence in creating the iconographic model for the new democracy”. Superbe exemplaire de la plus grande rareté dont l’ensemble des 16 planches gravées ont été délicatement mises en couleurs à l’époque. Nos recherches nous ont permis de trouver trace d’un seul autre exemplaire en coloris de l’époque passé sur le marché depuis le début des relevés, en juin 2013, il y a 11 ans. Admirable recueil d’estampes sur la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. ‎

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