Piranhas. 1978. In-8. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 150 pages - nombreuses illustrations en noir et blanc hors texte.. . . . Classification Dewey : 398.2-Conte populaire
Reference : R100055904
ISBN : 2902630026
Racontées, recueillis, et traduits du judéo-arabe par André Nahum - illusrés par Anne-Victoire L'Hrar. Classification Dewey : 398.2-Conte populaire
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Amsterdam [Montauban] : sans nom, 1770. CURIEUX MÉLANGE DE CONTES LÉGERS, ANTICLÉRICAUX ET GRAVELEUX, VOIRE NAUSÉABONDS
2 tomes reliés en 1 vol. in-16° (163 x 101 mm), [1] f. - vi pp. - 161 pp. - [1] f. - 104 pp. - [2] ff., demi-chagrin violine, dos lisse, plats de papier chagriné (reliure postérieure, second quart du XIXe siècle). Édition en grande partie originale de ce très rare recueil de 88 contes (d'après la préface de l'éditeur, une douzaine d'entre eux avait déjà été publiés). La plupart de ces pièces en vers sont dues à Siméon Fagon, dit Valette ; une vingtaine d'autres sont de Vergier («Le Mal d'Aventure», «Le Tonnerre»...), Grécourt («Les Bottes», «Le Pucelage»...), Ferrand («Les Doigts bénis»), La Monnoye («La Rage d'Amour»), Piron («L'Ane et le Cordelier») ou encore Voltaire («La Mule du Pape» ) - ce-dernier avait pris Valette, recommandé à lui par d'Alembert, comme modèle de son «Pauvre Diable». Contes de Perrault mis en vers («Le Petit Chaperon Rouge», «Les fées», «La Barbe Bleue») y côtoient réécritures de contes arabes («Les Trois Bossus»), anecdotes rimées (impliquant souvent un ecclésiastique humilié ou un amant dissimulé dans un placard) et une 50aine de pièces graveleuses, concentrées surtout dans la dernière partie de l'ouvrage. Ainsi, dans «Le Trésor», le Diable trompe un homme pour le pousser à déféquer dans la bouche de sa femme. Dans «La Reine de Cadie», un homme entre possession d'un anneau magique qui lui permet d'allonge son sexe - mais l'anneau est perdu, et cause bien des ennuis au prélat qui le ramasse sans connaître son pouvoir : «Et son instrument de paroître / D'autant plus dur, d'autant plus long / S'il continue encore de la même façon / Il passera par la fenêtre» (p. 49). «Les deux rats» met en scène le dialogue de deux rats ayant surpris les ébats d'un couple : le premier «dans le plus prochain trou brusquement se jeta [...] Mais le maudit Mitron m'a bourré tout son sou / Avec je ne sais quoi qu'il poussoit à mesure / Que pour sortir je voulois avancer : Il m'a coigné le nez [...] / Ce gros et long je ne sais quoi / Prenant enfin congé de moi / M'a craché, par mépris, au visage». Le sort du second rat n'est pas plus enviable : «Dans l'encoignure d'une cuisse / Sans grouiller m'étant cantonné [...] / Deux boules, qui pendaient à son chien de derrière / Sans cesse allant, venant, coignoient mon nez aussi» (p. 52). Deux des pièces apparaissent dans deux versions : l'une, «Le Don de la Nayade», apparaît une fois mise en vers par Jacques Vergier, et une autre fois par Valette («Richardet»). Siméon Valette (1719-1801), professeur de mathématiques à Montauban, séjourna à Ferney chez Voltaire ; il laissa, en plus de ces contes, un Traité de Trigonométrie Sphérique et un poème portant sur l'astronomie, «La Lumière», paru dans le Mercure. PROVENANCE : Philippe-Louis de Bordes de Fortage, ex libris «Ph-L. des Bordes de Fortage» contrecollé au contreplat supérieur. Bibliophile bordelais de renom issu d'une famille de parlementaires reconvertis dans le commerce. Les 3 ventes de sa bibliothèque en 1924, 1925 et 1927, marquèrent les esprits. TOURLET, «Anecdote sur le Pauvre Diable de Voltaire et sur le personnage qui en a fait naître l'idée». In Magasin Encyclopédique, t. II, 1811, pp. 68-81. Manque à la BnF. Deux bibliothèques en France : Bordeaux, Humathèque Condorcet. Aucun exemplaire à l'étranger. Note bibliographique manuscrite (d'après Barbier 747) insérée à la reliure. Légers frottements à la reliure. Déchirure marginale aux pp. 27-28.
LA FONTAINE (Jean de) ; HOOGHE (Romeyn de, ill.) / (Eisen, Charles, ill.)
Reference : 1094
Paris ; id. : Adolphe Delahays ; [s.n.], 1858 ; 1858. UN PROTOTYPE D'ÉDITION ILLUSTRÉE PAR LES SUITES GRAVÉES ANCIENNES
2 vol. in-12° (165 x 106 mm), [3] ff. - [1] pl. - ci pp. - [1] pl. - [1] f. - 257 pp. - [87] pl. + [1] f. - [222] pp. numérotées de 259 à 480 - [52] pl., cartonnage à la bradel, demi-veau rouge estampé d'un quadrillage, dos lisse orné, tranches naturelles, non rognée en gouttière et en queue (Reliure de l'époque). Édition non illustrée, truffée de pages de titre imprimées sur papier filigrané «T. DE LA RUE & Cie » ainsi que de 2 célèbres suites de gravures pour les Contes. Cet exemplaire unique pourrait avoir été établi en vue d'un projet d'édition illustrée. On y trouve : Une copie en contrepartie de la suite de 59 gravures réalisée par Romeyn de Hooghe pour la première édition collective et première illustrée des Contes, parue chez Henry Desbordes à Paris en 1685. Gravures découpées avec titre du conte contrecollées sur feuillets blancs. Suite complète, avec le frontispice portant le titre «Contes de Mr. La Fontaine enrichis de taille-douce». Seule illustration contemporaine de ces récits licencieux, la suite de De Hooghe est considérée comme un chef d'oeuvre. Une copie en contrepartie de la suite des 81 gravures (seconds frontispices et vignettes in-texte non-compris) réalisées par Charles Eisen pour l'édition dite «des fermiers généraux» (Amsterdam [Paris], 1762). La figure illustrant «Le cas de conscience » apparaît en 2 versions, l'une «couverte » (sexe de l'hermaphrodite censuré) et l'autre «découverte ». La plupart des gravures de cette seconde suite, non-signées, semblent être issues de la contrefaçon «assez jolie » de 1777 (Cohen I 571-572). 5 d'entre elles, signées «Boily », «C. Boily » ou «Boily sculp » semblent provenir de la contrefaçon d'Amsterdam, 1764 (Cohen I 571), jugée comme la plus réussie. D'autres gravures portent les signatures «Binel 1763 » («La courtisane amoureuse »), «Milcent sc » («A femme avare galant escroc », «Le Magnifique ») ou encore «Balibeth [?] » («La coupe enchantée»). Un portrait de l'auteur gravé par Ingouf Junior d'après Hyacinte Rigault (1778). Deux culs de lampe imités des culs de lampe de Chouffard pour l'édition des Fermiers généraux, découpés et rapportés. Soit 141 planches et deux culs de lampe. PROVENANCE : Victor Diancourt (1825-1910) : Ex-libris gravé à la devise «Eligere Colligere Legere » contrecollé au contreplat supérieur. Bibliophile, homme politique et écrivain, Victor Diancourt fut maire de Reims, sénateur de la Marne et président de l'Académie de Reims. À sa mort, la plus grande partie de ses livres furent légués à la bibliothèque municipale de Reims. Toutefois, près de 16 000 volumes disparurent en 1917 dans l'incendie de l'Hôtel de ville, où ils étaient entreposés. Les quelque 3000 ouvrages survivants firent en 2016 l'objet d'une exposition organisée par la Bibliothèque municipale de Reims («Le goût des livres : Victor Diancourt, collectionneur champennois »). Quelques frottements. Un cahier décalé, gravure imitée de De Hooghe pour "On ne s'avise jamais de tout" légèrement rognée, quelques rousseurs.
Paris : P. Ducrocq libraire-éditeur, successeur de son père, s. d. (1864). LES MILLE ET UNE NUITS DE L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE
2 vol. in-12°(184 x 118 mm) [1] pl. - 281 pp. - [1] f. - [3] pl. + [1] pl. - 284 pp. - [1] f. - [3] pl. Édition en 2 volumes in-12° de 24 contes des Mille et une nuits donnée par Paul Ducrocq et illustrée de 8 figures gravées d'après René Demoraine (ou De Moraine) par Nivet, Pouget, Bernard, Budzilowicz et Guillaumont. Les gravures de cette suite semblent avoir paru pour la première fois dans l'édition des Contes arabes donnée par Lehuby en 1843, puis avoir été reprises dans de nombreuses éditions des contes parues notamment chez Ducrocq père et fils au format in-12° et in-8°. Certaines de ces éditions (comme l'édition in-12° en 2 vol. à l'adresse «A la librairie de l'enfance et de la jeunesse / E. Ducrocq / successeur de P. C. Lehuby», 1861) semblent ne comprendre qu'une partie de la suite ; c'est le cas de la présente, dont nous n'avons par ailleurs pu localiser aucun autre exemplaire. Elle comprend les gravures ayant pour légende «Il arriva un autre viellard suivi de deux chiens noirs» (frontispice, t. I), «et touchant de son baton un des poissons» (t. I, p. 72), «et du bout de sa queue il me creva l'oeil droit (t. I, p. 185),»Cortège du roi de Sérandib«(t. I, p. 270),»ma femme me frappa impitoyablement jusqu'à ce que les forces lui manquèrent«(t. 2, frontispice),»Il la vit venir au travers d'une fente«(t. II, p. 129),»Et dans cet état, il fut conduit vers la ville«(t. II, p. 196), et»Vous êtes le bien venu, lui dit-il, entrez«(t. II, p. 266). PROVENANCE : Monogramme couronné de l'impératrice Eugénie en tête et pied des dos (voir Lamort Reliures impériales p. 232) ; il s'agit peut-être d'une bibliothèque de campagne - on imagine sans peine que ces ouvrages destinés à la jeunesse auraient pu être lus par son fils, le Prince impérial. Bibliographie : Manson, Michel.»Les éditeurs de littérature de jeunesse au Musée National de l'Éducation«in Trois siècles de publications pour la jeunesse (du XVIIIe au XIXe siècle) au Musée national de l'éducation, Paris / Rouen, Institut national de recherche pédagogique / Musée national de l'éducation, 2008, p. 46-65. Reliures frottées, dos passés, coins rognés. Rousseurs à certains feuillets, déchirure sans manque habilement restaurée à la planche de la p. 129 au v. 2.
Paris, Jean-Jacques Pauvert & Librairie Hachette, 1962 ; in-8, 4-584 pp., broché (couverture légèrement décollée). Erckmann-Chatrian est le nom sous lequel écrivaient ces deux écrivains lorrains : Émile Erckmann et Alexandre Chatrian. Erckmann est né à Phalsbourg, Chatrian à Abreschviller. Les deux écrivains collaborèrent de 1850 à 1885. En fait, après une collaboration commune, Erckmann écrivit essentiellement des romans tandis que Chatrian s'occupait de théâtre. Nombreuses illustrations en noir et blanc in texte (illustrations de Léon Benet et de Gluck). Bon état.
[Contes de fées]. [CAYLUS, Anne-Claude-Philippe de Tubières, comte de].
Reference : LCS-18020
Rarissime exemplaire relié en élégant maroquin ancien. De la bibliothèque Cécile Eluard. A La Haye, 1741. 2 tomes en 2 volumes in-12 de : (3) ff., 346 pp.; (1) f., 390 pp., (1) f. de table. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisses ornés, coupes et bordures intérieures décorées, tranches dorées. Reliure du XVIII' siècle. 158 x 90 mm.
Edition originale de quatorze délicieux contes de fées, d’une insigne rareté en maroquin ancien : « Le Prince Courtebotte et la princesse Zibeline ; Rosanie; Le Prince Muguet et la princesse Zaza ; Tourlou et Rirette ; La princesse Pimprenelle et le prince Romarin ; Les Dons ; Nonchalante & Papillon ; Le Palais des Idées ; Lumineuse ; Bleuette & Coquelicot ; Mignonnette; L'Enchantement impossible ; Minutie ; Hermine. » Leur réimpression dans le Cabinet des fées suscita des réserves de la part de l'éditeur qui les estimait un peu trop licencieux. (Les Contes de fées, B.n.F., 2001, n° 32 ; Gumuchian, n° 1519: "Édition originale rare."). Barchilon (Le conte merveilleux français, 1690-1790, pp. 125-128) - qui fait un éloge dithyrambique de Caylus et de ses contes - a montré que Le Prince Courtebotte pouvait être une des sources d'Andersen pour La Reine des Neiges. « Caylus est l'ami des écrivains modernes, il est le mentor des fameux dîners du-bout-du-banc chez Mlle Quinault ; société où la libre-pensée et le goût des plaisirs réunissent des écrivains comme Crébillon fils, Voisenon, Moncrif, Duclos et quelquefois Maurepas ou Montesquieu. C'est là que naissent 1'« Académie de ces dames et de ces Messieurs » et l’« Académie des colporteurs », productrices collectives d'œuvres facétieuses et satiriques ; c'est là également que s'élaborent dans une sorte d'atelier d'écriture avant la lettre, toutes sortes d'œuvres brèves dans tous les genres, dont nous restent par exemple, le recueil des Étrennes de la Saint-Jean, certains textes attribués à Crébillon, ou encore la Reine Fantasque de Rousseau. Le style « poissard » qu'on aimait y pratiquer après Vadé, trouvait en Caylus un amateur doublé d'un collecteur, qui finit par rédiger en 1740 tout un roman dans ce style : Histoire de Guillaume (1740), sans compter de nombreuses parades. Ces fréquentations et ces amitiés ne lièrent pas pour autant le comte au milieu encyclopédiste dont il méprisait le sectarisme ; cet hôte habituel de Mme Geoffrin n'aimait ni Voltaire, ni d'Alembert et détestait Diderot. Concernant la production féérique de Caylus, Julie Boch défend une thèse originale : celle de la cohérence d'une esthétique qui s'actualise autant dans la production savante du comte que dans l'œuvre contée. Traducteur du fameux Tyran le Blanc (1737), auteur d'un essai : Sur l'origine de la chevalerie et des anciens romans (1756), cet ami du comte de Tressan doit être compté comme une figure à réévaluer dans la cohorte des théoriciens « classiques » et « modernes » du genre romanesque (et de sa composante merveilleuse), en compagnie de Chapelain, Huet, Perrault, Addison, etc., mais aussi de certains adversaires relativement intéressants du genre sur des bases moralisantes, de l'abbé de Villiers jusqu'à Moncrif. Concernant le conte et la féerie, Caylus est l'auteur de deux mémoires produits dans le cadre de l'Académie des Inscriptions, l'un Sur les fabliaux (1753), l'autre Sur la féerie des anciens comparée à celle des modernes (1756) : « ces deux essais théoriques postérieurs à la rédaction de trois des quatre recueils de contes, écrit Julie Boch, éclairent de façon rétrospective la conception à la fois historique et esthétique que Caylus se fait du genre qu'il pratique ». On y trouve un retour à l'esthétique de la 'ligne claire' exemplifiée par Perrault : élégance, naïveté, brièveté, simplicité ; mais surtout un recentrage sur la dimension axiologique qui oppose Caylus à la tendance satirique et libertine qui prévaut depuis 1730. Génériquement, Caylus travaille le conte dans une perspective large, comme un élément du muthos (apologues, récits fabuleux divers, paraboles bibliques) ; il situe le conte merveilleux dans la filiation du roman médiéval, pose des jalons pour la transmission de certains éléments depuis l'Antiquité, et remonte encore en arrière vers l'Inde (serait-il l'un des premiers porteurs de la théorie indianiste?) ; contrairement à Huet, il insiste sur la continuité d'une transmission depuis la culture arabe jusqu'à La Fontaine. Julie Boch montre bien comment cette réflexion vient s'inscrire en fiction dans certains de ses contes. Elle montre aussi la précision de sa culture relativement à l'histoire moderne du genre, notamment par rapport aux grandes conteuses du XVIIe siècle, qu'il cite ou dont il reprend onomastique ou situations. Elle confirme après J. Barchilon et R. Robert, que «l'entreprise littéraire de Caylus se présente doublement comme un retour aux sources », soulignant sur ce plan ce qu'il partage avec le conte éducatif à la façon de Fénelon. La partie consacrée aux Féeries nouvelles, concerne le double jeu de Caylus entre « convention et parodie » dans ses contes de fées. Julie Boch épingle formules et procédés, accessoires et métamorphoses magiques, contes étiologiques et contes à gageures, contrastes et parallélismes plus ou moins sophistiqués, pour montrer que Caylus tente de renouveler le genre en finesse. Quant à sa forme de parodie, elle recourt aux compétences supposées des amateurs pour couper court, susciter le burlesque, inscrire une intertextualité affichée, démythifier rois et fées, les premiers faisant les frais d'une intention satirique qui signe bien l'époque où ces contes s'écrivent. Touchant l'édition des textes eux-mêmes, il faut souligner la pertinence et la qualité de l'annotation littéraire : rapports citationnels ou intertextuels avec les conteuses antérieures (Aulnoy, Lhéritier, Murat, de la Force, Lintot), avec Perrault, Fénelon, Galland, Bignon, Hamilton, Crébillon, le Montesquieu des Troglodytes (La Belle Hermine et le prince Colibri), avec le roman baroque, le roman arthurien et les Amadis, la poésie de salon, le monde de la pastorale, les moralistes classiques, etc., ou encore la filiation fo1klorique à travers certains contes-types. On vérifie ainsi tout ce que gagne le conte merveilleux d'auteur à être lu comme texte de part en part littéraire. Dans les Contes de fées de Caylus ressortent au plan moral : critique politique (relativement délimitée mais féroce à l'égard des rois ou des collecteurs d'impôts), satire de mœurs (très prononcée, dans la lignée de La Bruyère et Montesquieu), rejet des valeurs liées au matérialisme et au libertinage ainsi qu'à une certaine approche « bourgeoise » du monde ; construction morale des personnages à l'épreuve de l'expérience, dans un contexte où le personnel féerique perd de sa toute puissance au profit d'une plus grande humanité. Au plan esthétique : retour à l'idée classique du naturel, rejet des éléments baroques du genre : « tout le fracas devenu si commun dans les histoires de féerie » (Rosanie), réévaluation du genre pastoral, mais aussi « contamination du genre féerique par une esthétique réaliste » que Julie Boch rattache selon sa thèse de la cohérence de l'ensemble du projet caylusien, au goût du détail concret, des usages ordinaires, de la couleur locale caractéristiques de l'érudit et de l'amateur d'art. Délicieux et rarissime exemplaire de l’édition originale relié en élégant maroquin ancien. De la bibliothèque Cécile Eluard.