Chez L Auteur Monaco 1946 In-12 ( 155 X 115 mm ) de 542 pages. Intérieur frais. Bel exemplaire.
Reference : 310780
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Paris, Librairie Orientale & Américaine E. Guilmoto, 1905, in-8 carré broché, LXIV-136 pp., couverture lilas rempliée. Traduits en sonnets français, avec notice texte anglais commentaire et notes par Fernand Henry. Tirage à petit nombre sur papier vergé de Rives. Bel exemplaire d'une édition peu commune.
Elizabeth Barrett Browning est surtout connue pour deux œuvres, "Sonnets from the Portuguese" (« Sonnets portugais ») dans lequel elle chante son amour naissant, puis triomphant, pour Robert Browning, et Aurora Leigh, long roman en vers où elle aborde des problèmes historiques, sociaux et politiques, mais aussi retrace l'itinéraire personnel, intellectuel et moral d'une artiste revendiquant sa féminité et l'accomplissement de sa vocation. Le poète Robert Browning, ébloui par la lecture d'un recueil de ses poèmes, entreprend avec elle une correspondance qui devient vite amoureuse. Au bout de deux ans, le couple se marie clandestinement et s'enfuit en Italie, où il réside jusqu'à la mort d'Elizabeth en 1861. C'est son mari, qui les découvrent sur le tard – trois ans après le mariage – insiste pour qu'elle les publie, lui remontrant qu'aucun ensemble de sonnets n'a existé d'aussi remarquable depuis Shakespeare.
Sonnets de guerre : exemplaire François Mitterrand Paris, Mercure de France, (10 mai) 1962. 1 vol. (125 x 165 mm) de 2, [37] et 1 f. Broché. Première édition sous le nom de Jean Cassou. Envoi signé : « à François Mitterrand, en souvenir de Toulouse résistante et hérétique, et dans l'ardent espoir d'une République républicaine, Jean Cassou ».
Édition originale de ce recueil composé en prison pendant l'hiver 1941-1942, publié pour la première fois clandestinement en 1944 sous le pseudonyme de Jean Noir, chez Minuit. La présente édition est la première à paraître sous le nom de Jean Cassou, écrivain, historien d'art et résistant, grand artisan de la Résistance intellectuelle du Midi. Le recueil s'ouvre sur une note de l'auteur, bouleversante de dépouillement et de lucidité, dans laquelle Cassou évoque les circonstances de la composition : « J'ai été arrêté à Toulouse par la police de Vichy pour 'atteinte à la sûreté de l'État', c'est-à-dire pour activité patriotique, en décembre 1941, et mis en prévention au secret à la prison militaire. (...) Couché sur ma paillasse, avec mon pardessus, mon cache-nez, mes gants, mes souliers, je me suis senti comme un bloc passif, la momie, l'Osiris qu'on envoie dans la nuit. (...) Je dormais très peu à cause du froid : je m'occupais donc à mes exercices poétiques, me récitant par coeur les sonnets déjà composés, les corrigeant, les complétant. (...) Au bout de près de trois mois, cela faisait trente-trois sonnets.» Rédigés sans crayon ni papier, les trente-trois sonnets furent mémorisés dans les ténèbres avant d'être retranscrits, à la Libération. La première édition, parue en 1944 dans la clandestinité, était préfacée par François la Colère, pseudonyme de Louis Aragon. En 1962, François Mitterrand est à la fois un parlementaire expérimenté et une figure d'opposition au pouvoir gaullien, s'opposant avec vigueur au référendum sur l'élection présidentielle au suffrage universel. C'est dans ce contexte qu'il reçoit cet exemplaire des mains de Jean Cassou, qui, si il incarne alors une autre lignée du socialisme français, livre ici des mots qui font écho au combat mitterrandien contre la concentration du pouvoir, avec ces termes de «République républicaine » qui prennent ici un relief politique et moral.
Paris, chez la plupart des libraires, 1884. In-8 de [2]-47-3 pages, plein maroquin rouge, dos à nerfs, double filets dorés encadrants les plats, tête dorée, couvertures conservées. Ex-libris Paul Coichot. Une coiffe et un mors légèrement frottés. La reliure est signée de B. Berthet.
Frontispice gravé de G. Clairin, fac simile d'une lettre de Charles Monselet imprimée sur papier de Chine et une eau-forte de Félicien Rops. On a ajouté dans cet exemplaire les gravures publiées dans la seconde édition (1888), de Félicien Rops encore: "Ecchymoses" et "Auscultation". Edition originale, publiée anonymement, mais imprimée à Dijon par Darantière; un des 350 exemplaires sur papier de Hollande. On ne résiste pas à vous faire lire quelques lignes de ce bon Octave Uzanne, à propos des Sonnets du docteur: " Cet opuscule d'une cinquantaine de pages est spécialement destiné aux bibliophiles ; le tirage total atteint à peine 500 exemplaires, et l'impression, faite par maître Vascosan Darantière, de Dijon, est hors ligne et fait grand honneur à ce trop modeste émule des Sheuring et des Hérissey. Le texte, d'une merveilleuse pureté, bien mis en page et interligné, est entouré d'un encadrement rouge très sobre et d'un ton harmonieux. Ce joli petit livre s'ouvre par un frontispice de Georges Clairin et se termine par un curieux culispice à l'eau-forte de Félicien Rops, le chemisier favori des déesses de la mythologie moderne et le gantier des amours, le seul qui sache attacher une jarretière sur les mailles rosées d'un bas follement capiteux ; un grand artiste, en un mot, qui est dans l'art le Villon des petites villotières et le Rembrandt des sabbats charnels. Les Sonnets du Docteur vivront spirituellement et typographiquement, et les bibliophiles du XXe siècle fouilleront les archives de l'Académie de médecine pour découvrir le nom de ce fantastique Hippocrate qui mis en exergue au cou de sa muse, au nez voluptueusement retroussé : Camuse est." A propos de l'auteur: " Le docteur... le nommerai-je ?... est un honorable oculiste dijonnais, natif du Vendômois, qui a conservé la pleine verdeur de son pays d'origine. - Poète rabelaisien de la bonne école, il aime le large rire gaulois et courtise la muse gaillarde et grasselette de Grécourt et de Panard. - Ses sonnets sont exquis et pleins d'originalité […]" in Le Livre, livraison du 10 janvier 1885 (merci à Bertrand Hugonnard-Roche, et à son site dédié à Uzanne). Vicaire, II, 38; Carteret, IV, p. 86.
Edgar Degas (1834-1917), peintre, sculpteur. Copie de ses sonnets, sd [entre le 28 et le 30 septembre 1917?], 8p in-8 oblong. Rare copie ancienne des fameux sonnets de Degas, écrits en 1888 et 1890, provenant des papiers du critique d'art Arsène Alexandre (1859-1937). Ces sonnets, connus seulement des proches de Degas, ont été publiés en 1914 dans un tirage limité à 20 exemplaires sur papier japon, pour les amis ; puis en 1918 par Paul Lafond dans son Degas. Ils ne semblent pas avoir été publiés à part avant 1943. Arsène Alexandre n'en eut pas d'exemplaire mais eut cette copie, qui porte d'ailleurs une note au crayon de sa main en tête du premier poème « les sonnets de Degas ». Degas meurt le 27 septembre 1917 et dès le lendemain, Le Figaro publie en première page un article d'Alexandre sur Degas où il dit notamment : « Il a même à certaines époques de sa vie écrit des sonnets que l'on dit fort beaux », preuve qu'il ne connaissait pas les sonnets à ce moment-là. Le 1er octobre, c'est aussi Le Figaro qui publie pour la première fois, à gros tirage, un sonnet de Degas, transmis par Alexandre. Il s'agit du 5e sonnet commençant par « Il semble qu'autrefois la Nature indolente ». Cela prouve donc qu'un lecteur du Figaro lui a transmis la copie de ce sonnet ou plutôt la copie des huit sonnets, très-certainement la copie en notre possession. Nous pouvons affirmer cela car, du vivant d'Alexandre, seules deux éditions ont existé (1914 et 1918), présentant les sonnets dans un ordre différent. L'ordre de notre copie est bien celui de l'édition de 1914. De plus, après la parution du livre de Lafond, il n'y a plus d'intérêt à faire une copie de l'édition de 1914. Malheureusement, il ne nous a pas été possible d'identifier quel ami de Degas avait envoyé les sonnets à Arsène Alexandre. En février 1935, dans L'Art et les Artistes (n°154), Arsène Alexandre cite deux cours passages de sonnets pour appuyer son propos sur Degas. Le numéro est d'ailleurs largement consacré au peintre avec un article d'Alexandre d'une trentaine de pages. Provenance : papiers et ouvrages d'Arsène Alexandre dispersés à Saumur en 2018. Arsène Alexandre est mort à Brain-sur-Allones, près de Saumur. Belle copie ancienne. [353-2]
La première anthologie de peintres de l'histoire du livre illustré : un des douze exemplaires sur chine. Reliure d'époque par Émile Carayon. Paris, Alphonse Lemerre, 1869 (20 décembre 1868). 1 vol. (275 x 355 mm) de 3 f., [84] p. et [2] f. (table et d'achevé d'imprimer). Bradel de demi-maroquin bleu nuit à coins, dos à nerfs orné de petits fers doré, absolument non rogné, couverture de simili parchemin imprimée conservée (reliure signée de Émile Carayon). Édition originale. Tirage à 350 exemplaires non numérotés. Hors commerce, il a été tiré 20 exemplaires sur Whatman, 12 sur Chine et 4 sur parchemin. Un des 12 exemplaires sur papier de Chine.
On doit à Philippe Burty l'idée d'avoir, le premier, jumelé poèmes et illustrations sous une forme d'anthologie, en convoquant des peintres appelés à dessiner directement sur le cuivre pour illustrer les sonnets de poètes contemporains - dont beaucoup sont alors à l'aube de leur carrière littéraire. 41 eaux-fortes originales sont ainsi réalisées, en réaction contre la gravure d'interprétation, confrontant pour la première fois des peintres-graveurs à leurs contemporains - à l'exception de Victor Hugo, qui « changea de camp » pour livrer son propre dessin, gravé par Courtry en illustration de « L'Éclair » de son ami Paul Meurice. Le recueil rassemble ainsi 42 sonnets, classés selon l'ordre alphabétique des auteurs, chacun accompagné d'une eau-forte. L'histoire retiendra celle, admirable, de Manet, illustrant un sonnet d'Armand Renaud, « Fleur exotique». Du côté des poètes, on relève les noms de Banville, Glatigny, Gautier, Heredia, Leconte de Lisle, Sainte-Beuve, Verlaine et Anatole France ; du côté des artistes, on retiendra Camille Corot, Édouard Manet, Gustave Doré, Johan-Barthold Jongkind, Jean-François Millet, Félix Bracquemond, Célestin Nanteuil, Seymour Haden, Léopold Flameng,... Les ornements du texte sont gravés sur bois par Prunaire, le graveur ami de Manet ; les planches furent détruites à l'issue du tirage, ce qui scandalisa Millet : « Entre nous, je trouve cette destruction de planches tout ce qu'il y a de plus brutal et de plus barbare. Je ne suis pas assez fort en combinaisons commerciales pour comprendre à quoi cela aboutit, mais j'entends donc que, si Rembrandt et Ostade avaient fait chacun une de ces planches-là, elles seraient anéanties. » De fait, l'ouvrage peut être considéré comme la première anthologie illustrée, et comme le second livre de peintre après le Faust illustré par Delacroix, en 1828. Le Fleuve de Charles Cros (en 1874), illustré de 8 eaux-fortes de Manet, constituant le troisième. Nous avons pu recenser trois des quatre exemplaires sur parchemin (exemplaires Burty puis Béraldi, relié par Marius Michel ; exemplaire Esmérian, également relié par Marius Michel ; un exemplaire sans provenance, relié par Auguste Petit) et seulement deux des exemplaires sur Chine (exemplaires Descamps-Scrive et Sicklès, les deux reliés par Marius Michel). Peu sont donc en reliure strictement d'époque : le parchemin de Petit, et ce chine de Carayon. Les autres sont légèrement postérieures, sans doute au tournant du siècle. «Beaucoup d'exemplaires ont été détruits pour satisfaire à la demande des collectionneurs d'estampes qui ont extrait de ce livre les gravures de Corot, Manet et Millet et autres, afin de compléter en estampe l'oeuvre de ces artistes» (Carteret). Bel exemplaire, d'une grande rareté. Rauch, n° 5 ; The Artist and the book n° 64 ; Carteret III, 564 (les exemplaires hors commerce sont « d'une grande rareté »).