2 pleines pages à l'encre noire. Revoil Beni-Ounif, 22 février 1940.Ayant fait son service militaire comme chimiste Michel Leiris est affecté, lors de la mobilisation, dans une unité d'artillerie qui part en Algérie, dans le sud saharien, pour expérimenter secrètement des armes nouvelles. Il restera à Revoil Beni-Ounif jusqu'en mars 1940.Très belle lettre, fort détaillée, sur ses conditions de vie et son état d'esprit de circonstance (Leiris ne tient pas son Journal durant cette période). Il est question, entres autres choses, de ses camarades du Musée de l'Homme lesquels auront une fin tragique (Anatole Lewitzky, Deborah Lifchitz) et les lecteurs de La Règle du Jeu pourront trouver dans l'avant-dernier paragraphe de cette lettre (à lire entres les lignes, comme seuls les libraires savent le faire!) une allusion à sa relation avec la belle Khadidja, la jeune prostituée qui deviendra l'héroïne du dernier chapitre de Fourbis : " Vois ! déjà l'ange "." Cette tendance toute militaire à l'inertie, que tu dois bien connaître, me fait répondre avec environ un mois de retard à tes deux lettres. Je compte sur ta propre condition militaire pour être compris et excusé...Du Sahara, je n'aurai vu que la bordure et, des évènements actuels, qu'un minime à-coté. Moi aussi, il me semble être au dépotoir ou - plus exactement - prisonnier d'un énorme VACUMM CLEA NER, dans lequel j'aurais été absorbé par mégarde avec quelques tonnes de poussière.En fait d'existence de bled, la Mission Dakar-Djibouti était de la petite bière à coté de ce que j'ai connu depuis que je suis ici. Il me semble que j'accomplis en ce moment mon premier véritable voyage et que rien, pour les amateurs d'exotisme, ne se peut comparer au seul passage de la vie civile à la vie militaire " (...)" Des nouvelles de Paris, j'en ai eu régulièrement par Zette et, de temps à autre, par notre Marcel Moré. Je n'en augure rien de bon et me prépare courageusement à subir le choc du retour.Je suis très heureux d'apprendre que tu es entré en contact avec Lewitzky, type de valeur à tous points de vue et camarade tout à fait agréable. J'apprends - par une lettre reçue aujourd'hui de Deborah Lifchitz - qu'il a obtenu de son chef de corps l'autorisation de faire des conférences sur l'ethnologie. Te dirais-je qu'en ce qui me concerne les gens ont ouvert de grands yeux et ont eu l'air de se demander si je ne me foutais pas d'eux quand j'ai décliné ma qualité d'ethnologue ? " Ça ne doit pas vous rapporter beaucoup, votre métier ! " m'a dit le robuste polytechnicien qu'est l'un d'entre eux. A quoi j'ai répondu que cela rapportait, du moins, l'intérêt qu'on pouvait y porter ".Il s'est attaché parmi les sous-offs ou " humbles non gradés " quelques types sympathiques, consciencieux dans les tâches qui leur étaient confiés : " on peut comprendre que certains aient grand espoir de " rénover ". Le Malheur est que ces types là ont bien l'air d'être une infime minorité et que ce sont souvent les plus pétris de préjugés. Leur force repose justement, en grande partie, sur les dits préjugés...Je ne me sens pour ma part, quant à moi, pas très d'attaque pour rénover. Au fond, je ne suis guère sorti de ma position d'observateur, ou mieux, peut-être : de touriste, voire même de flâneur. Ce qui me séduit toujours, c'est un contact (pour parler le jargon socio-sacrologique : une communion) - fût-ce d'un instant - avec quelqu'un, - le sentiment qu'il peut exister entre nous quelques affinités. De cela, je n'aspire pas à me " dégager ", bien que je me méfie de plus en plus du pouvoir d'attraction qu'ont sur moi certains éléments de pur pittoresque... "" J'espère que, bientôt, nous nous rencontrerons à Paris, et que nous pourrrons parler longuement de tout cela... "
Reference : 20612
J.-F. Fourcade - Livres anciens et modernes.
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Cannes 1952 | 20.90 x 27 cm | 90 feuillets
Dossier des fiches du jury remplies par Raymond Queneau pour le Festival de Cannes de 1952 soit 90 feuillets presque tous remplis de sa main.Un seul film manque hélas à l'appel,Dans la tempête(Arashi no naka no hara)de Kiyoshi Saeki, l'ensemble est sinon complet de toutes les critiques des35 longs et 50 courts-métrages en compétition officielleau festival cette année-là. S'y ajoutent 4 pages au crayon et un feuillet à la plume de notes autographes recensant chaque résultat de vote pour l'ensemble des prix décernés. Amusant ensemble des critiques de Raymond Queneau, alors membre du jury du Festival de Cannes. Ces fiches retracent les impressions acerbes ou élogieuses de l'écrivain au visionnage des films. L'année 1952 voit se dérouler la cinquième édition du jeune Festival de Cannes avec comme président du jury Maurice Genevoix. Le grand prix est remporté par deux films,Deux sous d'espoir(Due soldi di speranza) deRenato CastellanietOthellod'Orson Welles. Sur la fiche de ce dernier, l'avis de Queneau est sans appel :"Number one". Quant au film de Castellani, le critique estdithyrambique :"enfin ! du cinéma - intelligent, vivant, humain. Deux ou trois passages ont de la grandeur. Et ce n'est pas prétentieux.",il juge sa vedette féminine, Maria Fiore,"épatante". Du côté français, c'estFanfan la Tulipequi est en lice et Queneau n'est pas tendre : "ça aurait pu être un film agréable, mais le dialogue gâche tout." Gina Lollobrigida est "quelconque" et Gérard Philippe "pas bon, cette fois-ci". Le film obtiendra malgré tout le prix de la mise en scène. Il trouve Marlon Brando, qui sera sacré "meilleure interprétation masculine"; "T.B." dans Viva Zapatad'Elia Kazan. L'un de ses coups de coeur est incontestablementLe Mediumde Gian-Carlo Menotti qu'il qualifie d'"EPATANT/ un film ! un opéra ! saisissant ! poignant !"et qui remportera lePrix du film lyrique. Queneau a également inscrit sur quatre pages le résulat des scrutins du jury pour chaque catégorie. On y découvre que les deux films gagnants, Deux sous d'espoir(Due soldi di speranza) deRenato CastellanietOthellod'Orson Welles - ont récolté chacun 18 voix à l'issue de pas moins de six scrutins. André Cayatte se voyait décerner un prix spécial pour " Nous sommes tous des assassins " dans la catégorie hors compétition, à seulement une voix près. A travers les décomptes de Queneau, on y découvre également l'écrasant plébiscite du jury pour les stars Hollywoodiennes Lee Grant et Marlon Brando, qui remportent respectivement les prix d'interprétation féminine et masculine pour Detective Story et Viva Zapata! Précieux témoignage des coulisses d'un des tout premiers Festivals de Cannes, de la main d'un des plus grands écrivains français du XXe siècle. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Willi Weismann Verlag | München 1950 | 13 x 21.50 cm | Reliure de l'éditeur
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers. Exemplaire bien complet de sa jaquette marginalement et légèrement insolée sur le dos et les plats, petites déchirures en tête du premier plat. Précieux envoi autographe daté et signé de Elias Canetti à Raymond Queneau : " Für Raymond Queneau aus Freude über eine unerwartete Begegnung, Juni 1951 ", "Pour Raymond Queneau, joie d'une rencontre inattendue". - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Claude BONNEFOY - (envoi à Raymond QUENEAU) - Eugène IONESCO
Reference : 48119
(1966)
Pierre Belfond | Paris 1966 | 11 x 18 cm | broché
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers. Dos légèrement décoloré comme généralement. Précieux envoi autographe signé d'Eugène Ionesco à Raymond Queneau : "Pour Raymond Queneau, le Satrape, avec mon admiration affectueuse (et que tant je voudrais revoir plus que de temps à autre). Eugène Ionesco." - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
S. n. | Cannes 1952 | 19.50 x 13.50 cm | 2 feuilles
Reçu du garage Simca de Clermont-Ferrand ayant appartenu à Raymond Queneau, rempli au crayon de papier par le garagiste. Cette note concerne l'entretien de la Simca Aronde de l'écrivain qui s'est probablement arrêté en Auvergne au retour du Festival de Cannes 1952 auquel il participa en tant que membre du jury. On joint une note du Grand Hôtel de la même ville, elle aussi remplie au crayon et portant en tête la mention manuscrite "Monsieur Queneau". - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
S. n. | Cannes 1952 | 13.60 x 22.90 cm | 2 feuilles
Note de l'Hôtel Riviera d'Aix-en-Provence ayant appartenu à Raymond Queneau, remplie à l'encre noireet portant en tête la mention manuscrite "Monsieur Queneau". Quelques pliures transversales. L'écrivain s'est probablement arrêté en pays aixois au retour du Festival de Cannes 1952 auquel il participa en tant que membre du jury. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -