26 p., Lyon, in-4 ou in-8 toutes à son en-tête (ou celui des Éditions de Savoie), 18 février 1942 10 janvier 1946, enveloppes conservées. Excellente et rare correspondance du père de San Antonio. Frédéric Dard dans Le cirque Grancher, recueil de souvenirs publié en 1947, présente ainsi Clément Bouvetier : marseillais mélancolique dont lesprit na dégal que limpassibilité il est devenu mon ami, après des essais infructueux pour mapprendre lorthographe& Il fut son professeur de français à La Martinière, lécole professionnelle à Lyon que Dard fréquenta durant trois années afin de devenir comptable et quil quitta ignorant en réalité si lactif se situe à gauche ou à droite dans les colonnes du Grand livre& Mis en relation en 1938 avec Marcel E. Granger qui dirigeait les éditions Lugdunum et le journal Le Mois à Lyon, Dard débutera dans le journalisme dabord anonymement, puis il publiera un livre La Peuchère suivi, en 1941, de son premier roman Monsieur Joos. Ce seront les débuts dune longue carrière& Cette correspondance marque donc les débuts de lécrivain. Le ton est fort chaleureux, plein de sollicitude et toujours très amical même si Dard se considère toujours comme lélève de son « bon maître » qui laide à revoir ses manuscrits, corrige ses épreuves et son orthographe et lui sert aussi parfois de documentaliste. Il est question le plus souvent de ses ouvrages en cours (notamment Croquelune, Saint-Gengoul, La Crève&), des maisons déditions, des confrères journalistes ou écrivains (SIMENON est évoqué à plusieurs reprises), danciens élèves ou professeurs de La Martinière croisés à Lyon. La guerre sert de toile de fond : lévacuation de Marseille, les bombardements, etc. Le ton devient aussi celui de la confidence quand le père de San Antonio est pris de doutes, parle de son manque dinstruction ou de son incapacité à faire un article, quand la difficulté du métier décrivain rejoint celle du métier de vivre& 4 avril 1944 : J ai honte de vous infliger le pensum de Croquelune en période dexamens, dévacuations et didées noires, et je trouve un peu impertinente ma sérénité. Mais voyez-vous j ai hâte davoir lavis du « lecteur cultivé ». Je pense me rendre à Marseille à la fin du mois (&) vous savez combien je serai heureux de vous retrouver. Je me souviens dun petit caboulot sur la corniche où lon sempiffrait de langoustes, lan dernier et, sil existe encore une corniche et des langoustes, je me fais une joie de vous y convier.
Reference : 18501
J.-F. Fourcade - Livres anciens et modernes.
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