Paris, Delpire, Encyclopédie essentielle, 1964, in-8 carré, cartonnage éditeur, 168 pages. Bon exemplaire.
Reference : 10075
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Fayard, 2007, in/8 broché, 295 pages.
"On sait quelle oeuvre pionnière a accomplie la Révolution française en établissant une stricte égalité juridique entre tous les hommes, en donnant aux protestants et aux Juifs la totalité de leurs droits civiques, et le Code civil, promulgué en 1804 par le Premier Consul, passe pour avoir consolidé à jamais ces principes. En ce qui concerne les Juifs, pourtant, c'était sans compter sur les préjugés très prononcés de l'Empereur conseillé par les penseurs catholiques réactionnaires comme Bonald.Ne se met-il pas en tête, en effet, de convoquer une assemblée de « notables » à qui il enjoint de former un « Grand Sanhédrin » qui se réunit il y a deux siècles, en février 1807, et désignera un Consistoire central, bref des interlocuteurs plus faciles à surveiller auxquels il entend imposer des mesures discriminatrices concernant le mariage, la conscription, la liberté d'aller et de venir ou encore celle de s'établir ? Voilà une entorse de taille aux principes de 89 : les intéressés, feignant de l'ignorer, s'en tiennent au Code civil, désireux qu'ils sont de se conformer seulement à la « loi du pays » qui doit régir de la même manière tous les citoyens. Ils font même assaut d'éloges et célèbrent sans rire? la Saint-Napoléon ou chantent, dans d'innombrables poèmes et odes, la gloire impérissable de l'Aigle dont les ailes sont supposées les protéger."
Jérome Do Bentzinger Editeur, 2019, in/8 broché, 340 pages, illustrations en couleurs.
"Depuis soixante dix ans Israël vit en état de guerre permanent et lutte pour sa survie. Les Arabes palestiniens toujours plus nombreux, ne sont pas revenus au pays. Plus de cinq millions vivent expatriés, dans des conditions précaires dans les pays voisins. Plus de 400.000 Juifs ont continué de constituer en territoire palestinien 136 colonies de peuplement. Cette colonisation rampante ne peut contribuer au retour de la paix."
Könemann 1998, in/4, reliure éditeur et jaquette en couleur, 440 pages. Avant-propos de Marion Gräfin Dönhoff. Illustrations en noir et en couleur
"L'histoire des juifs en Allemagne est un aspect de l'histoire. Cet ouvrage est dédié à leur mémoire."
Edition originale de ce texte important concernant l’un des actes majeurs de la lutte des Juifs quant à l’obtention de la citoyenneté française. [Révolution]. Exceptionnelle réunion de 2 brochures sur la question juive en Alsace au début de la Révolution française. [Godard, Jacques]. Pétition des Juifs établis en France, adressée à l’Assemblée Nationale, le 28 janvier 1790, sur l’ajournement du 24 décembre 1789. Paris, Prault, Imprimeur du Roi, 1790. Brochure in-8 de (1) f. de titre, iv pp., 108 pp. numérotées de 3 à 107. Cousue, sous couverture de papier, non rognée. Dos absent. [Avec:] Adresse des Juifs Alsaciens au Peuple d’Alsace. S.l.n.d. Brochure in-8 de 6 pp., (1) p. bl. Non rognée et non coupée. 220 x 149 mm.
I/ Edition originale de ce texte important concernant l’un des actes majeurs de la lutte des Juifs quant à l’obtention de la citoyenneté française. Szajkowski (Emancipation, 52) attribue ce texte à Jacques Godard. Jacques Godard (1762-1791), auteur du présent mémoire, fut avocat et député français à l'Assemblée législative. Il fut un des principaux militants pour que les Juifs de l'Est obtiennent la citoyenneté française. La présente pétition émane des juifs alsaciens et lorrains, sous la signature (imprimée) de Cerf-Berr, ci-devant Syndic Général des Juifs, Mayer-Max, Ber-Isaac-Berr, David Sintzheim (le futur Grand-Rabbin, par ailleurs gendre de Cerf Berr), Théodore-Cerf-Berr, Lazare-Jacob et Trenelle père. Elle est précédée d’une lettre au président de l’Assemblée, signée Mayer-Marx, Ber-Isaac-Berr, etc., députés, Cerf-Berr, ci-devant Syndic-général des Juifs. «On se rappelle que l’Assemblée nationale, en accordant aux non catholiques qui auront rempli les conditions d’éligibilité le droit d’être élus dans tous les degrés d’administration, et de posséder les emplois civils et militaires comme les autres citoyens, déclara par le même décret qu’elle n’entendait rien préjuger sur les juifs, sur lesquels elle se réservait de statuer. C’est sur cet ajournement indéfini, qui laissait en sus-pens le sort de cinquante mille juifs établis en France, que leurs députés viennent, en leur nom, de présenter cette pétition à l’Assemblée nationale [...] Si quelque chose peut avancer l’époque de cette délibération, et préparer la décision de cette grande cause de la justice et de l’humanité, c’est sans doute le mémoire qui vient d’être présenté à l’Assemblée nationale par les juifs établis en France. Il est divisé en quatre parties. La première est destinée à établir les principes qui réclament pour les juifs le droit de citoyen. – La seconde, à prouver que l’intérêt de la France est de leur accorder ce droit. – La troisième, à rétracter et combattre les objections qu’on oppose au rétablissement de leurs droits civils. – La quatrième, à démontrer que le droit de citoyen doit être accordé aux juifs sans restriction et sans retard; c’est-à-dire, qu’il serait à la fois injuste et dangereux de vouloir les préparer à le recevoir par des améliorations graduées, et qu’il y aurait aussi de l’injustice et du danger à ne pas les en revêtir avec la plus grande promptitude [...]. Les juifs prouvent donc que la France doit, par justice et par intérêt, leur accorder les droits de citoyen, parce qu’ils sont domiciliés dans cet empire, qu’ils y vivent comme sujets, qu’ils servent leur patrie de tous les moyens qui sont en leur pouvoir, qu’ils contribuent à l’entretien de la force publique comme tous les autres citoyens du royaume, indépendamment des taxes onéreuses, avilissantes, arbitraires, que d’anciennes injustices, d’anciens préjugés, soutenus par l’ancien régime, ont accumulées sur leurs têtes: il n’y a, disent-ils, il ne peut y avoir que deux classes d’hommes dans un Etat; des citoyens et des étrangers; prouver que nous ne sommes pas étrangers c’est prouver que nous sommes citoyens [...]. Cette pétition, écrite avec philosophie, éloquence et sensibilité, a été rédigée par M. Godard, et est digne, sous tous les rapports, du talent dont il a donné des preuves dans toutes les circonstances où il a consacré sa plume aux intérêts de l’humanité». (Réimpression de l’Ancien Moniteur, III, 1860, pp. 368-369). II/ «Les Juifs alsaciens publient une «Adresse» au peuple d’Alsace dans laquelle ils tendent fraternellement la main aux Alsaciens. Dans l’intérêt des deux parties, ils espèrent que leur appel recevra un accueil fraternel». Szajkowski, Emancipation, 120. Exceptionnelle réunion de brochures sur la question juive en Alsace au début de la Révolution française.
Bordeaux, Le Courrier d'Aquitaine, 1984, in-8 br. (14,5 x 20,5), 317 p., "Les Cahiers de l'I.A.E.S. - N° 5", traduit de l'anglais par Jean Cavignac, un portrait d'Abraham Furtado, bon état.
Cet ouvrage est centré sur une petite communauté de juifs français, les juifs de Bordeaux. Ils ont été les premiers juifs en Europe à avoir dû faire face aux exigences d’un Etat-nation en formation et à avoir été reconnus par cet Etat comme citoyens égaux à part entière. Les sépharades de Bordeaux n’étaient représentatifs ni de la majorité des juifs de France ni de celle des juifs de l’Europe de l’Ouest. Ils étaient arrivés en France comme nouveaux-catholiques et ce n’est qu’après plus d’un siècle d’adhésion formelle au catholicisme que leur communauté fut officiellement reconnue comme juive. Néanmoins leur assimilation, leur conformité aux modèles de la société française comme leur attachement au judaïsme, constituent un legs pour le judaïsme français et un modèle pour le développement des juifs modernes. L’auteur veut montrer comment les sépharades de Bordeaux ont réussi à léguer leur héritage aux juifs de France. Frances Malino analyse ainsi les imbrications entre la politique de Napoléon et la question des juifs de France tout en soulignant l’apport et la spécificité des juifs de Bordeaux au sujet de l’émancipation. Elle rappelle que de la même façon que les sépharades avaient cherché à prouver leur utilité, tous les juifs de France devaient désormais justifier leur admission au sein de l’Etat français en devenant des citoyens utiles et productifs. Comme les juifs sépharades avaient dépouillé le judaïsme de son héritage rabbinique, désormais tous les juifs de France devaient confesser un judaïsme dépouillé de sa dimension nationale, vidé de ses rêves messianiques et subordonné à la loi laïque et à la vie politique françaises. Enfin, l’auteur rappelle que le reste des juifs de Bordeaux a rejoint les ashkénazes ; ensemble pour la première fois, ils entreprennent d’achever la transformation des juifs de France. En dépit des compromis qu’ils ont passés avec le judaïsme et leur engagement pour adopter la France pour patrie et les Français pour concitoyens, les juifs de France ont continué à être des marginaux. Si d’un côté la coercition légale avait bien disparu, une pression sociale qui n’était pas moins ressentie comme une véritable humiliation a longtemps persisté. Voir le sommaire sur photos jointes.