1855 Ed. Michel Lévy Frères, Paris, 1855. 2 volumes in-8, demi-chagrin, dos orné. (xxvi), 572, 606 pages. Frontispice litho (portrait de Saint-Arnaud), fac simile de lettre. Lettres publiées posthumement par le frère.
Reference : 1619
Edition originale.Des rousseurs
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[Genève], [1765 - 1766]. In-8 de 350 et 78 pages, demi-basane brune à petits coins, dos à nerfs, étiquette de titre, tranches mouchetées rouge.
Éditions originales. C'est un ouvrage polémique publié dans un contexte de crise politique et religieuse qui oppose les autorités genevoises, les partisans de Jean-Jacques Rousseau et les défenseurs de la constitution de la République de Genève. Pour comprendre ce livre, il faut revenir aux années 1762-1765. Après la publication de "Du contrat social" et de "Émile, ou De l'éducation", Rousseau est condamné par les autorités de Genève. Une partie des citoyens, appelés les Représentants, conteste cette condamnation et réclame davantage de contrôle populaire sur le gouvernement. En 1763, Jean-Robert Tronchin publie les "Lettres écrites de la campagne", qui défendent la position du Petit Conseil et critiquent les revendications des Représentants. Ces lettres provoquent plusieurs réponses. François-Henri d'Ivernois publie une "Réponse aux Lettres écrites de la campagne"; et Tronchin réplique avec "Lettres populaires", qui examine et réfute point par point cette réponse. L'ouvrage est écrit sous la forme de lettres adressées au public. Son objectif est double : défendre les Lettres écrites de la campagne; démontrer que les arguments de d'Ivernois sont, selon l'auteur, juridiquement et politiquement erronés. Les thèmes abordés comprennent : la constitution de Genève; les pouvoirs du Petit Conseil; les droits des citoyens; la représentation politique; la justice; la religion réformée; la légitimité des institutions. Le ton est très polémique : Tronchin cite abondamment son adversaire avant de discuter chaque argument, dans une démarche proche du traité juridique.Bien que Rousseau ne soit pas l'auteur directement visé, il demeure au centre du débat.Les controverses autour de ses œuvres alimentent toute cette série de publications. Rousseau répondra lui-même avec son célèbre ouvrage "Lettres écrites de la montagne" (1764), où il critique les institutions genevoises et défend sa conception de la souveraineté populaire.On peut donc représenter la polémique ainsi : 1763 : Lettres écrites de la campagne (Tronchin). 1764 : Réponse aux Lettres écrites de la campagne (d'Ivernois). 1764 : Lettres écrites de la montagne (Rousseau). 1765 : Lettres populaires (Tronchin et Butini). 1766 : Suite des Lettres populaires. L'intérêt aujourd'hui de cet ouvrage est qu'il éclaire les institutions de la République de Genève au XVIIIᵉ siècle; il montre les débats sur la souveraineté populaire avant la Révolution française; il permet de comprendre les réactions des élites genevoises face aux idées de Rousseau; il illustre la culture politique des pamphlets et des controverses des Lumières. Rivoire, 815 et 829.
, c. 1800, in-8, 372 pp, Basane marbrée de l'époque, dos lisse orné de symboles chrétiens, tranches jonquille, Précieux recueil manuscrit reproduisant des lettres inédites de la soeur Jeanne des Anges (1602-1665), supérieure des Ursulines de Loudun, écrites à la suite de la retentissante affaire des possédées de ce couvent (1634-1637). Le volume est soigneusement rédigé à l'encre, sur feuillets réglés au crayon. Le compilateur, un anonyme du début du XIXe siècle, a choisi des lettres datées de 1638 à 1663. Parmi les correspondants se trouve M. Laubardemont, à qui Jeanne des Anges écrit de janvier 1638 à janvier 1648 : Jean Martin de Laubardemont (1590-1656), avait été l'ordonnateur du procès d'Urbain Grandier. Elle évoque auprès de lui, ses visions et les "marques" (stigmates) que lui envoie son "saint Ange". D'autres lettres sont adressées à la mère Angélique de Saint François, ursuline à Loudun; à M. Duplessis-Ravenel, conseiller au siège présidial de Rennes; à Marguerite Péchard, religieuse de la Visitation de Rennes; à la marquise de Boisferrier; à Claude Sain, procureur du roi; à l'influente religieuse Madame Du Houx; à Suzanne le Bréton, religieuse de la Visitation; etc. La supérieure des Ursulines de Loudun y prodigue des conseils spirituels, partage ses réflexions mystiques, évoque sa santé et les stigmates qui lui sont renouvelés; des entretiens rapportés évoquent encore des apparitions dont ont été témoins des religieuses du couvent en 1644. La plupart des lettres de Jeanne des Anges n'ont pas été éditées : elles sont dispersées dans les archives de la Visitation du Grand Fougeray (Ille-et-Vilaine) et à la Bibliothèque Mazarine de Paris*. Seules ses lettres au père Saint-Jure** et à Mme Du Houx*** ont été publiées. Possédée puis délivrée des démons de Loudun, Jeanne des Anges devint porteuse de stigmates et de miracles : sa réputation se répandit jusqu'à la Cour. Avec son conseiller spirituel Saint-Jure, elle entreprit la rédaction de son autobiographie, qui ne sera publiée qu'en 1886 (Légué et Gilles de la Tourette). En parallèle, elle entretint une abondante correspondance avec les mystiques de son temps, jusqu'à la maladie qui la rendit paralytique. Objet de vénération de son vivant et dans les décennies qui ont suivi sa mort en 1665, Jeanne des Anges est devenue, petit à petit, une figure troublante ou ridicule, puis finalement l'incarnation de l'hystérique, tel que le XIXe siècle a caractérisé les malades se disant victimes de possessions. In fine, le manuscrit présente un "Recueil des lettres du père Seurin de la Compagnie de Jésus" : Jean-Joseph Surin (1600-1665), conseiller spirituel de Jeanne des Anges. En tout, 17 lettres, non datées, sont adressées à sa "très chère soeur" Jeanne des Anges. Surin avait joué un rôle essentiel dans l'exorcisme qui avait délivré la religieuse. Ses lettres évoquent ses passions et tournements, les épreuves envoyées par Dieu, sa santé corporelle et spirituelle, ou encore son voyage en Bretagne. Ex-libris de N[icole] H[ebecourt] représentant un diable railleur. Charnières fendillées. Bon état intérieur. * Molinier, catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Mazarine, n° 1209. ** "Extrait des lettres que la mère Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun, a écrites au père Saint-Jure, de la Compagnie de Jésus, son directeur ". In Legué et Gilles de la Tourette. Soeur Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun, XVIIe siècle : autobiographie d'une hystérique possédée, d'après le manuscrit inédit de la bibliothèque de Tours. Bibliothèque diabolique de Bourneville. Paris, Aux bureaux du Progrès médical, 1886 : pp. 256 et suiv. *** "Correspondance de Jeanne des Anges et Mme du Houx (1652-1664)". In Elisabeth Goldsmith et Colette Winn. Lettres de femmes. Textes inédits et oubliés du XVIe au XVIIIe siècle. Paris, Champion, 2005 : Couverture rigide
Bon 372 pp.
Magnifique exemplaire, assurément l’un des plus beaux connus, revêtu d’éblouissantes reliures en maroquin de l’époque signées de Lefebvre, bien complet des Mémoires de Coulanges. Paris, J.J. Blaise, Libraire de S.A.S. Madame la Duchesse d’Orléans, 1818. 12 volumes. - Mémoires de M. de Coulanges, suivis de Lettres inédites de Madame de Sévigné, de son fils, de l’abbé de Coulanges, d’Arnauld-d’Andilly, d’Arnauld de Pomponne, de Jean de La Fontaine… Paris, J.J. Blaise, Libraire de S.A.S. Madame la Duchesse d’Orléans, 1820. 1 volume. Soit 13 volumes in-12, maroquin bleu nuit à grain long, roulette à fond perlé sertie de filets droits autour des plats, dos lisses ornés d’un décor doré à fond criblé, damiers dorés en pied, chaînette intérieure dorée, doublures et gardes de tabis parme, tranches dorées. Riche reliure de l’époque signée Lefebvre. 162 x 98 mm.
Précieuse édition collective originale de format in-12 des « Lettres de Madame de Sévigné ». Première édition critique des Lettres de Madame de Sévigné, établie par Louis-Jean-Nicolas Monmerqué (1780-1860). Parues en 1818, en 10 volumes in-8, chez J.J. Blaise, celui-ci en donna la même année cette édition en 12 volumes in-12. Les Mémoires de M. de Coulanges parurent simultanément en 1820 dans les deux formats. Tchemerzine loue grandement la première édition critique de Monmerqué imprimée en 1818. « Les éditions les plus complètes et les meilleures de Mme de Sévigné sont les éditions du XIXe siècle. La première édition critique est celle de Monmerqué [Paris, Impr. De P. Didot l’aîné : J.J. Blaise, 1818-1819, 10 vol. in-8] ; elle contient près de cent lettres inédites et plus de trois cents fragments également inédits. » (Tchemerzine, V, 829). « L’édition Monmerqué de 1818 est la meilleure que l’on eût jusqu’alors de cette immortelle correspondance (elle est ornée ici de 4 portraits, 6 fac-similé et une planche de monnaie). Il est convenable de réunir à cette édition le volume intitulé : Mémoires de M. De Coulanges ; suivis de Lettres inédites de Mme de Sévigné, de son fils, de l’abbé de Coulanges… Paris, Blaise, 1820, in-8 ». Brunet. Ces deux volumes sont ici réunis. « M. de Monmerqué a fait jouir le public du véritable texte de madame de Sévigné, par une édition augmentée de quatre-vingt-quatorze Lettres inédites, de deux cent quarante-six Lettres auxquelles il a restitué des passages également inédits, et de deux cent cinquante-six Lettres, ou qui n’avaient pas été réunies à la collection, ou dans lesquelles il a été rétabli des passages imprimés en 1726, en 1734, mais retranchés ensuite par des considérations qui n’existent plus. En conférant les diverses éditions originales, en méditant les mémoires du temps, il a rétabli une foule de passages omis ou altérés, et il a résolu des difficultés sans nombre. Les avantages d'un travail aussi précieux sont développés par l’éditeur dans une Notice bibliographique ; et M. de Saint-Surin y a joint une Notice fort étendue sur madame de Sévigné, sur sa famille et ses amis. Cette édition est le résultat de tant de recherches, qu’on peut la considérer comme la source où puisent avec plus ou moins de liberté tous ceux qui réimpriment les Lettres de notre inimitable épistoliaire ». Le dernier volume est terminé par une table analytique et alphabétique. Quelques exemplaires de luxe furent imprimés sur papier vélin. Magnifique exemplaire, assurément l’un des plus beaux connus, revêtu d’éblouissantes reliures en maroquin de l’époque signées de Lefebvre, bien complet des Mémoires de Coulanges. Neveu par alliance de Jean-Claude Bozérian, Lefebvre travailla un temps avec son oncle, avant de reprendre son atelier lorsque celui-ci se retira vers 1810. Il exerça jusque vers 1831. Le vocabulaire ornemental utilisé ici est d’un grand raffinement, en particulier le damier doré repris en pied de chaque volume. Exposition : Culot (P.), Relieurs et reliures décorées en France aux époques Directoire et Empire, Bibliotheca Wittockiana, 16 sept. 2000 - 10 févr. 2001, Bruxelles, n°85, avec reproduction.
A Maestricht, Chez Jean-Edme Dufour et Phil. Roux, 1778 16 vol. in-12, broché, couv. muette.
Bourgeois et André, XII, 1188 : "Peu fréquent complet des 16 volumes. I-VI. Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Maintenon et à celle du siècle passé, par M. de La Beaumelle. Nouvelle édition augmentée des remarques critiques de Voltaire, tirées de son "Essai sur l'histoire générale" ; VII. Lettres, T. I., contenant des lettres à différentes personnes, celles à M. d'Aubigné et celles à M. et à Mme de Villette ; VIII. Lettres, T. II., contenant des lettres à M. l'abbé Gobelin, celles de la comtesse de St-Géran, des lettres à différentes personnes et celles à Mme de Brinon ; IX. Lettres, T. III., contenant les lettres à Mme de La Viefville, celles aux dames de St-Louis et des lettres de direction à Mme de Maintenon ; X. Lettres, T. IV., contenant les lettres de Mme de Maintenon au cardinal de Noailles, avec quelques réponses ; XI. Lettres, T. V., contenant les lettres à M. le duc de Noailles ; XII. Lettres, T. VI., contenant les lettres réciproques de Mme de Maintenon et de Mme de Caylus, sa nièce ; XIII. Lettres, T. VII., contenant les lettres de Mme la duchesse de Ventadour, de Mme la marquise de Dangeau, de Mme la princesse Des Ursins, des princes, et de Mr. le duc et Mme la duchesse du Maine ; XIV. Lettres, T. VIII., contenant les lettres de divers seigneurs, celles des ministres et des magistrats, celles de M. le maréchal de Villeroy, celles de M. de Valincour, celles de diverses dames et celles du clergé ; XV. Lettres, T. IX., contenant des lettres de piété et de direction à elle adressées par M. Godet-Desmarais, évêque de Chartres ; XVI. Les Souvenirs de Mme de Caylus, pour servir de supplément aux mémoires et lettres de Mme de Maintenon, avec des notes de M. de Voltaire. Les six premiers tomes forment un ensemble bien complet, fort polémique et qui valut à leur auteur un an de réclusion à la Bastille. On a longtemps critiqué l'authenticité des lettres recueillies par La Beaumelle, mais il s'est avéré qu'elles lui avaient été transmises par les Dames de Saint-Cyr, qui, soucieuses de préserver la mémoire de Madame de Maintenon, ont altéré une partie des écrits originaux."Bon exemplaire tel que paru. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Edition originale de ce «virulent libelle cotre l’arbitraire de la justice de son temps» écrit par Mirabeau au donjon de Vincennes. Hambourg, 1782. 2 tomes en 1 volume in-8 de xiv pp., (1) f., 366, (2) pp., 237 pp., mouillure dans la marge sup. des pp. 1 à 17 de la seconde partie. Plein veau marbré, filet à froid autour des plats, dos lisse orné, tranches rouges. Reliure de l’époque, mors et coiffes frottées. 195 x 125 mm.
Edition originale du virulent ouvrage de Mirabeau écrit pendant sa détention au donjon de Vincennes et s’élevant contre le despotisme. Graesse, IV, 535; Einaudi 3932; Cioranescu 45191; Conlon 82; Bûcher 573. Mirabeau (1749-1791) est le fils de l’économiste Victor Riquetti de Mirabeau. Homme politique français, il est l’un des personnages les plus marquants de la Révolution et l’orateur de plus brillant de l’assemblée constituante. Il a des relations très difficiles avec son père et mène une vie de débauche où il accumule de nombreuses dettes. Pour le soustraire à ces dernières, il sera enfermé par lettres de cachet en prison sur demande de son père à plusieurs reprises. Après avoir interpelé son père et le Roi sur son sort de détenu, tous deux restés muets, Mirabeau rédigea cet essai qui analyse l'iniquité et dénonce le pouvoir arbitraire. Il fustige dans la seconde partie «le bon plaisir» et instruit les procès de Richelieu et de Louis XIV, en qui il voyait les fossoyeurs de la monarchie. L’ouvrage eut un grand retentissement à l'époque. L’ouvrage composé durant les 4 années d'incarcération de Mirabeau à Vincennes, est un réquisitoire contre la justice arbitraire et le pouvoir. Il débute par une histoire du droit pénal français, et poursuit sur l'organisation de l'administration pénitentiaire à la fin de l'Ancien Régime, qu'il dénonce violemment. Mirabeau est donc emprisonné au donjon de Vincennes de 1777 à 1780. Il y rencontre Sade, qui y est enfermé à la même époque. Il y écrit beaucoup: des lettres, notamment à Sophie de Monnier, publiées en 1792 sous le titre de Lettres à Sophie, chef-d’œuvre de la littérature passionnée, ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, Les Lettres de cachet et des prisons d’Etat, mais aussi une œuvre érotique particulièrement crue. Des Lettres de cachet et des prisons d'État sera publiée en 1782. «‘Des Lettres de cachet’ n’est pas seulement une éloquente protestation contre le despotisme, un plaidoyer chaleureux en faveur de la liberté individuelle, mais encore un véritable travail d’érudition rempli d’exemples historiques, et qui suppose d’immenses lectures». (Barbier). « C'est par l'histoire et par la raison que Mirabeau combat les détentions arbitraires ». (P Negrin) « Des Lettres de cachet mérite de grands éloges. Les principes du droit naturel, base de toute société et de toute civilisation, y sont exposés et développés avec autant de force que de netteté. Mirabeau s'y montre déjà grand publiciste et l'écrivain y fait pressentir l’orateur. » (A. de Montor). « Cet ouvrage, nouvelle dénonciation du pouvoir arbitraire, plaidoyer en faveur de la liberté individuelle, défense de la justice et de l'humanité contre le despotisme, eut un tel retentissement à l'époque, que Vergennes demanda à la Prusse d'arrêter la publication de cet écrit licencieux, de le saisir et de détruire le manuscrit... » (H. Auréole, Bibliographie sur Mirabeau).