Villeneuve de Berg, Com Services, 2008. broché, couverture illustrée. in-8, titre, (1)-8-(2) pages, illustration de l'auteur.
Reference : 20153
Leon-Mary Estèbe, poète de Villeneuve de Berg (Ardèche).En fin d'ouvrage, poème de Pierre Tisserand ;
Librairie Ancienne du Vivarais
M. Patrick CARLE
Auriolles
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[À Helias Delbosc, Saint-Émilion] - GONTER, Ramon (ANDRAUD, Johan ; DELBINET, Helias)
Reference : 71913
Acte sur pachemin format oblong (environ 170 x 330 mm) avec grand seing manuel notarial tracé à la plume dans la souscription, 15 novembre 1391
Très remarquable document sur parchemin, témoignage très rare pour la mémoire foncière et institutionnelle de Saint-Émilion. Rédigé en ancien occitan (gascon de Guyenne), cet acte notarié daté du 15 novembre 1391 s'inscrit dans le contexte de l'Aquitaine anglaise à la fin du XIV siècle, en pleine Guerre de Cent Ans ! Dans cette reconnaissance de droits rédigée dans le gascon du temps et reçue par un notaire public juré de la juridiction de Saint-Émilion en novembre 1391 (« Anno domini millesimo ccc° nonagesimo primo »), Johan Andraud, qualifié de bourgeois de Saint-Émilion (« Johan Andraud, borges de Sent Melion »), reconnaît s'obliger à payer à Alais de la Nogueyrede et à Helias Delbinet la redevance fixée annuellement à cinq sols d'oublies (« d'ublies » – « ublias ») assortie des devoirs d'esporles (« d'esporles » – « esporlas »). Rédigé selon le formulaire juridique méridional coutumier, l'acte circonscrit précisément les limites territoriales (chemin public, vignes et parcelles limitrophes). Ancienne redevance, l'ublie était primitivement livrée sous forme de gâteaux de froment ou de pains azymes au seigneur ; l'esporle (« esporles ») incarne quant à elle le droit de mutation seigneurial par excellence du droit coutumier bordelais et gascon (on pouvait dire "tenir à esporle" pour "tenir en fief") : exigible à chaque changement de seigneur ou de tenancier, elle ne présente pas seulement un rendement pécuniaire mais perpétue solennellement la dépendance juridique et féodale du fonds. Établi en novembre 1391, durant la guerre de Cent Ans et sous la souveraineté du roi d'Angleterre Richard II ("regnante Richard plaguiat de Deu rey d'Anglaterra & de Francia") et de son oncle Jean de Lancastre, duc de Guyenne (le Parlement anglais l'avait nommé duc d'Aquitaine le 2 mars 1390), l'acte témoigne peut-être de la réorganisation méthodique des censives communales dans le sillage de la trêve de Leulinghem (1389). On y lit également le nom du maire de Saint-Emilion, Helias Arnaud (ou Armand) et celui de l'Archevêque de Bordeaux, Francesco Uguccione ("Frances"). Sur le plan paléographique et diplomatique, la coexistence de l'occitan gascon dans les stipulations et du latin pour la clause de datation offre un précieux témoin de la pratique des études notariales du Bordelais à la fin du Moyen Âge. La présence intégrale du grand seing manuel calligraphié du notaire juré garantit l'authenticité diplomatique de la pièce, et l'endossement dorsal en moyen français rédigé au tournant des XVIe et XVIIe siècles confirme l'archivage continu du titre et la pérennité séculaire de cette censive d'ublies et d'esporles dans les terriers locaux. Bon état (anciennes traces de mouill. mais le document reste très lisible)