Paris, Denoël et Steele, 1936, 22x28. Broché. Couverture repliée imprimée. Vingt textes illustrés de trente photographies. Très bel exemplaire.
Reference : 3232
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Bibliothèque d'Education et de Récréation J. Hetzel | Paris 1865 | 11.5 x 18.2 cm | relié
Edition originale, rare. Cette première occurence du texte en volume constituait le format préféré de Jules Verne comme l'indique Jauzac : "Verne s'intéressait peu, sans doute, à l'aspect extérieur de ses uvres. De même, l'illustration ajoutée au texte ne lui paraissait pas essentielle. Il offrait d'ailleurs à ses amis des exemplaires de l'édition originale in-18 non illustrée plutôt que les grands in-8". Reliure en demi chagrin marron, dos à quatre nerfs sertis de filets noirs et orné de doubles caissons noirs décorés de fleurons centraux dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, quelques accrocs sur une coupe, reliure de l'époque. Une petite tache d'encre noire en marge inférieure droite des tous premiers feuillets Bel exemplaire joliment établi en reliure de l'époque de l'édition originale de De la terre à la lune, dont l'écho n'a cessé d'accompagner les grandes heures de la conquête spatiale. * Le roman inaugure une approche très scientifique des uvres de fiction narrant l'expédition vers notre satellite. Dès 1875, De la Terre à la Lune est adapté en opérette par le roi du genre, Jacques Offenbach. Lapproche au voyage lunaire de H. G. Wells (The First Men in the Moon, 1901) doit encore beaucoup à Verne même si on a souligné le parti pris peu scientifique de l'auteur britannique : la cavorite, sa substance antigravitationnelle, nétait quune fiction servant simplement de ressort narratif, pour se concentrer davantage sur ce que lon découvre sur la Lune. Au début du siècle, Méliès sinspire notamment de ce roman de Verne pour le tout premier film de fiction de lhistoire du cinéma, le fameux Voyage dans la lune. Après le pionnier du septième art, cest un maître du neuvième art cette fois qui construira le mythe de son personnage Tintin sur celui des héros de Verne, et consacrera deux bandes dessinées à ce sujet : Objectif Lune pour la préparation du voyage, comme le premier volume de Verne De la Terre à la Lune, et On a marché sur la Lune, narrant le voyage dans l'espace, comme Autour de la Lune. Bien que le voyage lunaire soit abordé depuis Dante, Cyrano de Bergerac et une quantité dillustres plumes aux siècles précédents, le réalisme de De la Terre à la Lunes'est avéré prémonitoire de la conquête spatiale des années 1960 : «La première tentative datteindre la Lune par des moyens véritablement scientifiques à lépoque moderne a été décrite dans le roman de Jules Verne De la Terre à la Lune, publié en 1865. Ce livre contient des descriptions qui présentent détonnantes similitudes avec les véritables vols lunaires du XXe siècle. A linstar des véritables astronautes de la mission historique Apollo 8 de 1968 (Frank Borman, James Lovell and William Anders), les voyageurs lunaires de Jules Verne, Impey Barbicane, président du Gun Club de Baltimore, son adversaire le capitaine Nicholl et le journaliste français Michel Ardan (anagramme du nom de lami de Verne, Nadar), ont décollé de Floride et ont atterri dans locéan à leur retour. Les préparatifs minutieux du voyage vers la Lune ressemblent étroitement au lancement des fusées d'aujourd'hui, bien que Verne utilise, à la place d'une fusée, un canon de 900 pieds de long.» (Franz Rottensteiner, The Science-fiction book). Cest précisément cette proximité avec la réalité du voyage lunaire qui en fait un texte incontournable, à lorigine de nombreuses vocations prestigieuses chez les astronautes : les russes Konstantin Tsiolkovski et Sergueï Korolev, l'américain Robert Goddard ou encore Hermann Oberth et Wernher von Braun en Allemagne ont puisé l'origine de leur passion dans ses romans. Youri Gagarine et Neil Armstrong le citaient également parmi leurs premières inspirations. En 1999, lastronaute européen Jean-Pierre Haigneré emmena avec lui à bord de la station spatiale Mir un exemplaire de De la Terre à la Lune qui effectua 3 000 fois le tour de la Terre à ses côtés. Jauzac, n° 3, p. 169. - Photographies et dét
Paris 11 février 1888 | 13.20 x 20.50 cm | 2 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée d'Emile Zola adressée à Henry Fouquier, rédigée à l'encre noire sur un double feuillet.Pliures inhérentes à l'envoi. Cette lettre a été transcrite dans la correspondance complète d'Emile Zola éditée par le CNRS et les Presses de l'Université de Montréal. Belle lettre évoquant La Terre et La Puissance des Ténèbres de Tolstoï. Henry Fouquier (1838-1900) fut critique littéraire et chroniqueur pour de nombreux journaux. Proche ami de Guy de Maupassant, il appuya la candidature d'Emile Zola à l'Académie française. * Cette lettre lui a été adressée au lendemain de la représentation de La Puissance des Ténèbres de Tolstoï au Théâtre-Libre. Nous n'avons pu trouver trace d'un article dans lequel le journaliste aurait fait le rapprochement entre le drame russe et La Terre d'Emile Zola, mais ce dernier lui adresse ici des remerciements: «Merci, mon cher Fouquier, de ce que vous voulez bien dire de «la Terre», si attaquée. J'en suis touché vivement, et croyez à toute ma gratitude.» Il faut dire que la critique n'a pas été tendre avec le quinzième volume des Rougon-Macquart qui, dès sa parution en feuilleton dans le Gil Blas, déchaîna les passions. Le 18 août 1887, alors que la fin du roman n'est même pas encore révélée au public, paraît dans Le Figaro le «Manifeste des Cinq», rédigé par Paul Bonnetain, J.-H. Rosny, Lucien Descaves, Paul Marguerite et Gustave Guiches. Ces jeunes auteurs dressent un constat sans appel: «La Terre a paru. La déception a été profonde et douloureuse. Non seulement l'observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractéristiques, mais la note ordurière est exacerbée encore, descendue à des saletés si basses que, par instants, on se croirait devant un recueil de scatologie : le Maître est descendu au fond de l'immondice.[...] Nous répudions ces bonshommes de rhétorique zoliste, ces silhouettes énormes, surhumaines et biscornues, dénuées de complication, jetées brutalement, en masses lourdes, dans des milieux aperçus au hasard des portières d'express. De cette dernière uvre du grand cerveau qui lança L'Assommoir sur le monde, de cette Terre bâtarde, nous nous éloignons résolument, mais non sans tristesse. Il nous poigne de repousser l'homme que nous avons trop fervemment aimé. » Zola, qui mûrissait l'idée d'un roman paysan depuis une dizaine d'années, est profondément touché et bien qu'il n'ait aucune réaction publique à ces accusations, sa correspondance est essaimée d'explications de l'uvre dont seule la brutalité semble avoir retenu l'attention des lecteurs: «Mais vous ajoutez que notre thèse, à Tolstoï et à moi, est la même et peut se résumer en ceci: le travail de la terre est corrupteur. Tolstoï, il me semble, protesterait bien haut, et quant à moi, je vous affirme que je n'ai jamais voulu prouver une telle chose, radicalement fausse à mon avis. Ce que je pense, c'est que la petite propriété, telle qu'elle existe chez nous, c'est que la suite de faits sociaux qui ont abouti à notre forme sociale, nous ont donné notre paysan d'aujourd'hui, avec ses qualités et ses vices. Notre paysan est le prisonnier de sa terre, et non l'homme libre qu'il devrait être. Comment voulez-vous qu'il n'y étouffe pas, dans son ignorance et sa passion unique? Labourer est très sain, mais à la condition qu'on sera le maître de son champ, au lieu d'en être le forçat. Je me suis exténué à faire sortir cette vérité de mon livre, si l'on ne m'a pas compris, la faute en est sans doute à moi.» Très belle lettre du maître du naturalisme révélant une nouvelle facette de l'un des plus brutaux volumes des Rougon-Macquart. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Chez Thomas Herissant | à Paris 1759 | 10 x 17.20 cm | 3 volumes reliés
Paris, Jean-Thomas Hérissant, 1759. Trois volumes in-8. Édition originale de la traduction française des Traités de physique, d'histoire naturelle, de minéralogie et de métallurgie de Johann Gottlob Lehmann, donnée et annotée par Paul-Henri Thiry, baron d'Holbach. Les trois volumes portent ce titre général au faux-titre et réunissent pour la première fois en français plusieurs des principaux travaux minéralogiques, métallurgiques et géologiques du savant allemand. L'illustration comprend quatre figures au premier volume et six au troisième, dont cinq dépliantes. Le premier tome est consacré à L'Art des mines, suivi du Traité des Moufettes ou des exhalations pernicieuses des souterrains, traduit du latin de Zacharias Theobald et enrichi de remarques par Lehmann, puis de sept mémoires sur différents sujets d'histoire naturelle. Le deuxième renferme le Traité de la formation des métaux et de leurs matrices ou minières. Le troisième donne l'Essai d'une histoire naturelle des couches de la terre, suivi des Considérations physiques sur les causes des tremblemens de terre et de leur propagation. Reliures de l'époque en pleine basane brune granitée, dos à nerfs ornés, pièces de titre de maroquin rouge, tomaisons dorées en queue. Traces de frottement, notamment aux mors. Léger accident en queue du mors inférieur du tome III, étroite fente de 0,5 cm en tête du mors supérieur du tome I. Très pâles rousseurs éparses. Bel exemplaire. * La progression des trois volumes suit presque naturellement celle du regard de Lehmann : de la mine que l'on exploite au métal qui s'y forme, puis du gisement particulier à l'architecture entière du sous-sol. Médecin de formation, Johann Gottlob Lehmann avait étudié à Leipzig puis à Wittenberg, où il obtint son doctorat en 1741. Tout en exerçant quelque temps la médecine à Dresde, il se tourna vers la chimie, la métallurgie et l'observation des terrains miniers. Installé à Berlin en 1750, il parcourut notamment le Harz et différents bassins d'exploitation afin d'observer les gisements et les techniques minières. En 1754, ces travaux lui valurent sa nomination comme conseiller des mines et son admission à l'Académie des sciences de Berlin. L'Art des mines procède directement de cette expérience du terrain. Lehmann ne traite pas seulement des minerais : il décrit l'organisation des exploitations, les montagnes qui les renferment, les méthodes d'extraction et les phénomènes auxquels sont confrontés les mineurs. Le Traité des Moufettes introduit au cur même de ce monde souterrain, celui des exhalaisons dangereuses qui s'accumulent dans les galeries. Autour de ces textes, les mémoires d'histoire naturelle élargissent déjà l'enquête aux volcans, aux eaux minérales et à la structure intérieure de la Terre. Le deuxième volume poursuit le mouvement en s'interrogeant sur la formation des métaux et les matrices qui les renferment. Lehmann cherche constamment à relier ce que révèle l'expérience chimique à ce que le mineur rencontre dans le terrain.C'est précisément cette circulation entre exploitation, minéralogie et théorie qui donne à son uvre sa place singulière dans les sciences de la Terre du milieu du XVIIIe siècle. La Neue Deutsche Biographie souligne combien il fut l'un des premiers à articuler systématiquement géologie des gisements, exploitation minière, métallurgie et chimie. Mais c'est avec l'Essai d'une histoire naturelle des couches de la terre que l'observation change véritablement d'échelle. Publié d'abord en allemand en 1756 sous le titre Versuch einer Geschichte von Flötz-Gebürgen, le texte étudie la succession des terrains stratifiés et tente de comprendre leur formation à partir de leur position relative, de leur composition et des fossiles qu'ils renferment. Lehmann distingue notamment les massifs anciens, traversés de filons métallifères, des terrains stratifiés plus récents. Il donne à cette succession une représentation graphique par des profils géologiques, faisant des couches ell
Chez Pierre Gosse Junior | à La Haye 1757 | 10 x 17 cm | relié
Edition originale. Page de titre en rouge et noir. Assez rare. Reliure en pleine toile beige moderne. Dos lisse avec pièce de titre de basane verte. 2 premiers feuillets restaurés habilement et doublés (les deux premières lettres de Mémoires sont manquantes). Réunion de 8 mémoires du géologue suisse Elie Bertrand sur les tremblements de terre, et notamment sur ceux observés en Suisse en 1755. On distinguera un mémoire sur l'histoire des tremblements de terre en Suisse. D'autres mémoires, plus théoriques, s'interrogent sur la nature et les causes du phénomène et sur l'histoire bibliographique des tremblements de terre. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
1938 | 21 x 27 cm | 1 page sur un feuillet
Manuscrit autographe original d'Antoine de Saint-Exupéry, une page rédigée à l'encre noire sur un feuillet de papier pelure jaune, nombreuses ratures, corrections et réécritures. Exceptionnel manuscrit de travail d'un passage du chapitre VI intitulé « Dans le désert » de Terre des Hommes, véritable ode à la magie de contrées sauvages vouées à disparaître avec l'avancée inéluctable de l'âge industriel. Saint-Exupéry livre de magnifiques souvenirs de l'adversité libératrice, la « dissidence » tant chérie qu'il connut au cur des déserts de Mauritanie et de Libye. Les deux derniers paragraphes du manuscrit sont absents de la version finale de Terre des Hommes ; le texte entier du feuillet demeure inédit en anglais, étant absent de la traduction anglaise de l'ouvrage publié sous le titre Wind, Sand and Stars. Cet état du texte, avec de nombreuses ratures, constitue la véritable genèse de son chef-d'uvre humaniste, lauréat du Prix Pulitzer et du Prix de l'Académie Française : l'écrivain retravaille et réarrange ses souvenirs publiés en reportages dans Paris-Soir en 1938. Certaines phrases (« Qu'importe ce que l'on trouve au pôle si l'on marche ainsi dans l'enchantement ») échappant aux biffures correspondent à des variantes d'un de ses reportages, accompagnées de passages inédits obscurcis de traits de plume. Manuscrit témoignant d'une étape d'écriture précoce, non citée dans les notes et variantes de l'édition de La Pléiade. Le manuscrit reprend un passage de son cinquième article pour Paris-Soir, intitulé « La magie du désert c'est ça », publié le 14 novembre 1938. Il paraîtra, avec une partie des modifications de ce manuscrit et d'autres corrections ultérieures, en fin du sixième chapitre de Terre des Hommes. DISSIDENCE ET LIBERTÉ Le thème central du texte, la dissidence, est cité dès la première phrase du feuillet, et deviendra le titre du passage indiqué par la suite sur les épreuves dactylographiées. Ce leitmotiv suscite une bouffée de nostalgie chez l'écrivain, qui se remémore avec émotion de fugaces moments de liberté lors de ses échappées dans le désert : « Les horizons [biffé : contrées] vers lesquels nous avons couru l'un après l'autre se sont éteints ['se sont éteints l'un après l'autre' dans le texte publié], comme ces insectes une fois pris au piège des [sic] mains tièdes ['qui perdent leurs couleurs une fois pris au piège des mains tièdes' idem]. Mais il n'y avait pas d'illusion ['celui qui les poursuivait n'était pas le jouet d'une illusion' idem]. Nous ne nous trompions pas, quand nous marchions ainsi de miracles en miracles ['nous courions ces découvertes' idem]. Le sultan des Mille et une nuits non plus, qui courait un matin ['poursuivait une matière si subtile' idem] [phrase biffée], que ses belles captives, une à une s'éteignaient à l'aube dans ses bras, ayant perdu, à peine touchées, l'or de leurs ailes ». Entre les lignes, on sent poindre la conscience aiguë de la fin d'une époque, qui s'acheva avec la faillite de l'Aéropostale et son grave accident au Guatemala. Il se réfugie dans le souvenir des déserts insoumis de Mauritanie, ces terres peuplées de rebelles dont le charme s'est définitivement rompu avec le temps qui passe : « Mais il n'est plus de dissidence. Cap Juby, Cisneros, Puerto Cansado, Dora, Smarra, il n'est plus de [mot biffé] mystère ». ESSENCE DES HOMMES CONTRE HOMMES DE L'ESSENCE L'écrivain-aviateur livre un sublime passage sur ces contrées dont ses camarades aviateurs et lui-même furent les heureux observateurs : « Car la poudre vierge des coquillages et les palmeraies interdites, nous ont livré leur part la plus précieuse : elles n'offraient qu'une heure de ferveur, et c'est nous qui l'avons vécue. » Le récit est conté à la première personne du pluriel, honorant la mémoire de cette « petite civilisation fermée maintenant disparue » constituée de ses camarades aviateurs tombés du haut du ciel, Guillaumet et Mermoz. Le feuillet contient également une prophétique re