Paris, Fernand Lanore, 1964 16 x 22, 221 pp., illustrations photo. N/B, broché, bon état
Reference : 2739
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Brest : G.-M.-F. Michel, 1818. ARTISTES DE LA BRETAGNE, DONT QUELQUES FÉES ET FOUS LITTÉRAIRES
In-8° (214 x 136 mm), iv pp. - 503 pp., demi-veau brun à coins, dos lisse orné, couverture conservée sans le dos. Édition originale de ce recueil de 674 notices biographiques sur les écrivains et artistes de la Bretagne--parmi lesquels, curieusement, on trouve Merlin et la fée Morgan. Organisé chronologiquement, l'ouvrage contient également une table alphabétique et une table par lieu de naissance. Abondamment cité par Prosper Levot, auteur de la Biographie bretonne (1852), le recueil contient néanmoins quelques inexactitudes : une édition corrigée, prévue pour paraître sous le titre Encyclopédie bretonne, semble n'avoir jamais vu le jour. En 1713, Julien Miorcec, délégué aux États-généraux de Dinan, se voit remettre un volumineux ouvrage sur l'histoire de la Bretagne ; fasciné, il entreprend de constituer une collection d'écrits bretons qu'enrichiront plusieurs de ses descendants, dont l'avocat et historien Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet (1792-1874), auteur du présent recueil. Originaire de Lesneven, ce-dernier fait son droit à Rennes, où il établit un catalogue du fonds breton de la bibliothèque publique. Impliqué dans les débats sur les origines de la langue bretonne, il s'intéresse également à la légende arthurienne, et compte parmi les premiers à soutenir la thèse que Brocéliande, lieu de la sépulture de Merlin, n'est autre que la forêt de Paimpont. Ses articles sur le sujet paraissent dans le Lycée Armoricain, « première revue à inscrire la Bretagne dans le mouvement romantique » (Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons. pp. 294-295). Élu maire de Lesneven, Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet démissionne de ses fonctions à l'avènement de la monarchie de Juillet. Outre ce recueil, il fait notamment paraître une réécriture annotée de la Vie des Saints d'Albert Legrand et une histoire de la langue bretonne. Il dirige également, en collaboration avec l'éditeur Édouard Anner, la réédition de plusieurs ouvrages de sa collection familiale. La collection Miorcec de Kerdarnet, comprenant quelque 1200 ouvrages en français, latin et breton, est offerte en 2005 au Centre de Recherche Bretonne et Celtique de l'Université de Bretagne occidentale. « HARDOUIN (Jean) [1646-1729], un des plus profonds et le plus singulier de tous les savants qui aient paru dans la littérature. L'immensité de son érudition le précipita dans les plus absurdes chimères. À force de savoir, il embrouilla tout, et la connaissance de l'antiquité devint pour lui le principe des doutes les plus bizarres. Il prétendait que tous les écrits qu'on nous donne pour anciens furent fabriqués, dans le XIIIe siècle, par des Moines qui se donnèrent le mot pour s'appeler les uns Homère, Platon, Aristote, Plutarque ; les autres Tertullien, Origène, Bazile, Augustin, etc. » (p. 225). Provenance : " O : K Ginorgant ", ex-libris manuscrit au feuillet de titre. Dos et tête du plat supérieur insolés.
CONTEL (Jean-Charles) [LECONTE, Jean-Charles Maurice)] ; DUPOUY (Auguste)
Reference : 1430
Saint-Brieuc : O. L. Aubert, 1928. LE GOTHIQUE BRETON EN 12 LITHOGRAPHIES SIGNÉES
In-f° (395 x 288 mm), [12] pl - [4] ff., en feuilles sous couverture titrée. Édition originale peu courante de ce recueil de 12 planches lithographiques, en noir et en couleurs, consacrées au gothique breton (Auray, St Malo, Vitré, Dinan, Lamballe, Morlaix, St Brieuc, Quimper, Rennes, Vannes, Châteaubriant, Quimperlé). Un des 100 exemplaires sur papier vélin Canson Montgolfier avec toutes les planches signées à la main, après 2 exemplaires sur vieux Japon, 6 sur Japon impérial et 12 sur Madagascar. Suivent 300 exemplaires sur rives réservés aux Bibliophiles Bretons et 150 exemplaires sur Rives. Malgré les indications données au justificatif de tirage, l'artiste, malade, n'a pu signer les planches ni effectuer les remarques sur certains des exemplaires. Sur celui-ci (le n°43), les signatures ont bien été effectuées sur toutes les planches. Introduction par Auguste Dupouy : « Chers vieux murs décrépits, mais résistants, qui ne sauriez compter sur la bonne retraite du « monument historique », les artistes et les poètes sont vos derniers conservateurs. Qu'ils ont raison de craindre pour vous la fureur de démolition ou de rajeunissement qui s'est emparée de ce siècle inquiet ! » 4 exemplaires au CCfr : BnF (Richelieu), Brest, Quimper, Saint-Malo. Né à Glos, Jean-Charles Maurice Leconte, dit Contel, s'initie à la lithographie auprès d'Émile Morière, imprimeur établi à Lisieux. Sa première exposition parisienne, organisée en 1918, reçoit un accueil favorable : il s'installe à la capitale, où il côtoie Matisse et Vlaminck.. Contel fait paraître une série d'albums de planches consacrés aux vieux logis : la Normandie, Rouen, Paris... Vieilles Maisons de Bretagne en est le dernier. En effet, en 1927, alors que l'ouvrage est quasi-finalisé, Contel est interné à Sainte-Anne. Une lettre envoyée aux souscripteurs des Bibliophiles Bretons atteste de la situation : "Malheureusement, M. Jean-Charles Contel, gravement malade [...], se trouve dans l'impossibilité et de faire sur certains exemplaires les remarques convenues et de donner aucune signature. Les docteurs qui le soignent nous ont affirmé qu'il ne serait probablement jamais en état de pouvoir donner cette satisfaction aux admirateurs de son grand talent. Et il parait que les "VIEUX MURS DE BRETAGNE" constitueront sa dernière oeuvre.". La ville de Lisieux organise une grande exposition pour lui venir en aide mais Contel, frappé par une nouvelle attaque, meurt en septembre 1928 à l'âge de trente-trois ans. Bibliographie : Monod I-3116 ; LEFÈVRE, Eric et LAILLIER, Jean-Yves. Basse Normandie, terre d'artistes. 1840-1940. 2002. p. 58. Quelques légères rousseurs. Bords des plats de couverture insolés.
Rennes, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1985, gr. in-8°, 628 pp, illustrations, broché, bon état (Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 62)
"La Bretagne des cinq derniers siècles ne fut pas un « désert du livre ». C'est ce que s'attachent à souligner, entre autres, les vingt-six contributions historiques et la vaste chronique des bibliothèques bretonnes du volume consacré par la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne au demi-millénaire de l'introduction de l'imprimerie en Bretagne. Avant même l'apparition de la typographie, la province déjà fait place à l'écrit : des scriptoria monastiques, dont l'activité reste cependant difficile à cerner, y fonctionnent dès le haut Moyen Age (H. Guillotel) ; il est attesté dès la fin du XIVe siècle que les ducs de Bretagne sont aptes, non seulement à lire, à écrire et à signer, mais aussi à favoriser le développement des métiers du manuscrit puis de l'imprimé (M. Jones). Implantée de bonne heure à Brehan-Loudéac, l'imprimerie a peine toutefois à s'acclimater définitivement en Bretagne. Passé le temps des pionniers et des mécènes nobiliaires ou monastiques, le marché impose sa loi et toute une province se trouve marginalisée pour plusieurs siècles. L'analyse et l'explication de ce phénomène d'ensemble sont donc au centre des réflexions. Ainsi M. Simonin, tirant « Les leçons de Brehan » (p. 99-110), propose à juste titre de recentrer la recherche sur la « face inconnue de la Gallia typographica », à savoir la librairie et ses réseaux, « l'histoire de la pénétration du livre » plus que de sa production locale. J. Quéniart, à partir des résultats fort médiocres de l'alphabétisation bretonne, tente de cerner, en amont, la persistance d'une culture orale péninsulaire fortement enracinée et le poids de la langue bretonne, et, en aval, les « limites de la clientèle », le sous-développement typographique et la dépendance vis-à-vis des libraires normands et parisiens (« Livre et lecture en Bretagne », p. 287-300). Confirmant ces analyses, des articles plus circonstanciés font la démonstration d'une implantation typographique fragile, nettement tributaire des marchés monopolistes et de l'activité institutionnelle (Rennes, seul foyer stable, est le siège du parlement de Bretagne, dont l'exil, en 1675-1689, est une véritable catastrophe provinciale), de l'immigration des talents (parmi les plus grandes dynasties d'imprimeurs bretons, les Doublet sont originaires de Coutances, les Vatar probablement d'Auxonne, via Tours et Angers, et les Hovius des Pays-Bas), et menacée quotidiennement par la concurrence de diffuseurs ambulants, voire clandestins (A.-J. Lemaître, « Diffusion du livre et publications clandestines », p. 313-328). A ces caractéristiques de l'Ancien Régime, il semble bien que la Révolution et le début du XIXe siècle n'aient pas apporté de progrès immédiats. Le cas de Rennes (J. Gury, « Lire à Rennes de Louis XVI à Louis-Philippe », p. 395-405), laisse même apparaître les indices d'une régression... Il n'en reste pas moins qu'échappant au strict point de vue comparatiste qui la cantonne dans son image de province retardataire de notre hexagone, la Bretagne a développé une forme originale et parallèle d'échanges culturels. La langue bretonne, copieusement raillée par Voltaire, n'en est pas moins restée le fondement vivant de la culture orale locale ; elle a joué aussi un rôle majeur dans l'alphabétisation populaire, campagnarde notamment, et cela dès l'expansion de la Réforme catholique dans la province..." (Jean-Dominique Mellot, Bibliothèque de l'école des chartes, 1991) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.