Hachette, 1949, 2 vol. in-8°, 318 et 358 pp, brochés, bon état
Reference : 6708
Édition originale de ce que l’on a pu appeler une « bombe à retardement » littéraire, composée entre 1882 et 1888 pendant les villégiatures de l’auteur à Baden-Baden : Maxime Du Camp (1822-1894) avait intentionnellement renfermé et scellé son manuscrit dans un coffre confié à la Bibliothèque de l’Institut, pour une publication très postérieure à sa mort (50 ans). L’ouvrage fourmille de révélations et révèle l’envers de bien des décors pompeux du XIXe siècle. — "Les mémoires d'un contemporain ne laissent jamais indifférent. A plus forte raison lorsqu'un écrivain de qualité, curieux d'informations précises, ayant beaucoup vu et beaucoup retenu nous apporte un témoignage d'outre-tombe. L'histoire, l'histoire contemporaine surtout, a ses conformismes, son hagiographie : il est toujours salubre qu'un témoin vienne redresser le pli que le temps, peu à peu, lui imprime. Du Camp appartient à cette famille d'esprits qui a le goût de « l'histoire secrète » des hommes célèbres et des événements notoires. Les confidences du préfet de police Pietri, celles des familiers des souverains d'Europe du Nord l'ont confirmé dans cette tendance naturelle. C'est dire que ces mémoires, si attrayants à lire, doivent être critiques avec un soin vigilant. Tout d'abord, il convient de remarquer que ces souvenirs ont été rédigés tardivement, de 1882 à 1888. L'auteur, s'il est sans ambitions, n'est pas, à coup sûr, sans passions. La défaite de 1870 et les drames de la Commune commandent sa perspective. La moitié de l'ouvrage est consacrée à la guerre de 1870. Passant très vite sur la période antérieure au 2 décembre (on notera surtout son récit du coup de feu du boulevard des Capucines en février 1848 et l'exposé de négociations entre Louis-Napoléon Bonaparte, le duc de Broglie et Guizot en 1851, ainsi que les détails relatifs à la préparation d'un complot orléaniste), Du Camp brosse deux portraits intéressants de Napoléon III et de l'Impératrice. Mais il n'était pas le familier des souverains et certaines affirmations étonnent (ainsi I, 173, il avance que Victor Duruy fut désigné par l'Impératrice à l'Empereur, « qui en ignorait même l'existence »). Plus véridique est le portrait du prince Napoléon, que Du Camp a connu personnellement (à noter, I, 203, que le prince aurait essayé de mettre Gambetta en relations avec l'Empereur). Du Camp, sans être bonapartiste, fait cependant figure de demi-rallié. Son portrait d'Émile Ollivier, qu'il a connu, tourne au réquisitoire. Le récit de la guerre est aujourd'hui défloré par les publications postérieures à sa rédaction. De plus, son hostilité a l'égard des hommes du gouvernement de la Défense nationale, tout en apportant l'antidote à des apologies intéressées, l'écarte presque toujours de l'objectivité. II serait curieux de vérifier son affirmation que Thiers, en 1871, eut pu obtenir l'évacuation immédiate du territoire et repoussa cette opportunité pour garder figure de libérateur par la suite (II, 275). Par contre, les derniers chapitres sur les préparatifs d'un « retour de l'île d'Elbe » de Napoléon III, interrompus par sa mort, et sur le Prince impérial sont d'un vif intérêt. Sans se dissimuler que la France démocratique est la France de l'avenir, l'auteur reste un homme de l'Empire et ne comprend pas la politique de la IIIe République – dont il ne parle d'ailleurs que très peu. En résumé, en tant que source de documentation historique, ces « souvenirs » mêlent – c'est la loi du genre – la vérité et l'erreur dans une proportion délicate a discerner. En tant que témoignage de la psychologie d'un contemporain, ils sont d'un puissant intérêt, et leurs qualités de forme leur confèrent un attrait presque dangereux." (Louis Girard, Revue Historique, 1951) — "Grand voyageur en sa jeunesse, plus tard collaborateur assidu de la “Revue des Deux-Mondes”, lié d'amitié avec le Préfet de Police, J. Piétri, qui lui donna accès aux archives de la Préfecture, entretenant les relations les plus cordiales avec toutes les célébrités politiques et littéraires de son temps, M. Du Camp a rédigé des Souvenirs qui évoquent irrésistiblement Saint-Simon et révèlent tous les secrets et les dessous de son époque." (L'Editeur) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
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Paris, Hachette, 1949 2 volumes in-8, 318 pp. et 358 pp., broché.
Edition originale de ce que l'on a pu appeler une "bombe à retardement" littéraire, composée entre 1882 et 1888 pendant les villégiatures de l'auteur à Baden-Baden : Maxime Du Camp (1822-1894) avait intentionnellement renfermé et scellé son manuscrit dans un coffre confié à la Bibliothèque de l'Institut, pour une publication très postérieure à sa mort (50 ans). L'ouvrage fourmille de révélations que seuls les thuriféraires des hommes du passé trouvent s'apparenter à la calomnie ou à la médisance. On a exagéré à dessein le peu d'intérêt supposé de ces pages : elles révèlent au contraire l'envers de bien des décors pompeux du XIXe siècle. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.