‎BATAILLE (Georges).‎
‎L'Abbé C.‎

‎ Editions de Minuit, 1950, in-12, 225 pp, broché, couv. lég. salie, bon état. Edition originale sur papier courant, achevé d'imprimer du 10 mai 1950‎

Reference : 39971


‎Edition originale de ce roman scabreux dont le héros, un prêtre résistant, finit sous la torture par donner à la Gestapo son frère jumeau et sa maîtresse. "Les Lettres françaises" s'étant indignées que cette "apologie de la délation" soit publiée par l'éditeur historique de la Résistance, l'affaire se régla devant les tribunaux, au bénéfice des Editions de Minuit. (Vignes, 116) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.‎

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‎Charles-Irenée CASTEL, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743).‎

Reference : LCS-A63

‎Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe. Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’Abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle.‎

‎Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque. Utrecht, Antoine Schouten, 1713. - Projet pour rendre la paix perpétuelle entre les souverains chrétiens, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour maintenir toujours le commerce libre entre les nations, pour affermir beaucoup davantage les maisons souveraines sur le trône, proposé autrefois par Henry le grand. Utrecht, Schouten, 1717. 3 volumes in-12, I/ (1) portrait de l’auteur, (3) ff.., xxiv pp., 400, (10); II/ (1) gravure à pleine page, (1) f. de titre, 423 pp., (9) pp.; III/ xxxiv pp., (10) pp., 455 pp., (4) pp., 4 gravures hors-texte à pleine page dont une dépliante. Veau brun, filet à froid autour des plats, dos à nerfs richement ornés, coupes décorées, tranches marbrées. Reliure de l'époque. 165 x 93 mm.‎


‎Rare édition originale de ce qui va devenir le plus célèbre ouvrage de l’abbé de Saint-Pierre, le Projet de paix perpétuelle. L'abbé de Saint-Pierre (1658-1743) a rédigé non moins de quatre ébauches de ce texte, imprimées à petit tirage, avant de publier cet état définitif, qu'il fit donc imprimer sans nom d'auteur et sous une fausse adresse. Se situant dans le cours d'une vieille tradition pacifiste, le Projet donne des moyens géométriques d'obtenir une paix définitive. Le principal d'entre eux, anticipant les tentatives du XXe siècle en la matière, consistait en la réunion d'un congrès européen permanent, siégeant à Utrecht et composé des représentants de chaque pays. Chargé de résoudre les conflits entre membres par l'arbitrage et la médiation, il ne devait recourir à la force qu'en cas de refus d'une sentence. La présente édition édition, Utrecht, Schouten, 1713, fut complétée en 1717 d'un 3e tome. Charles Irénée Castel, Abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est issu d'une famille de noblesse normande. Ayant reçu les ordres mineurs (1680), l'abbé de Saint-Pierre, ami de Fontenelle, est mêlé assez tôt à la vie intellectuelle parisienne. Il sera un des fondateurs du club de l’entresol, société de libre réflexion politique. Jusqu'à la fin de sa vie, il multiplie les projets de réforme sur les impôts, le système bancaire, les routes, les armées, l'assistance aux pauvres, la pédagogie, l'orthographe. « Le « Projet de paix perpétuelle, » conçu vers 1708, a eu d'abord trois ébauches imprimées successives, à petit tirage, dont une, éditée peut-être sans son aveu, est datée de Cologne, 1712, sous le titre de « Mémoires pour rendre la paix perpétuelle en Europe ». La version la plus développée paraît en 1713 (deux tomes), complétée par un volume d'éclaircissement (1717), suivi par un « Abrégé» (1729) et une dernière édition (1747). Le « Projet » expose, dans une logique toute cartésienne, les moyens de mettre fin à la guerre. Se situant dans une tradition pacifiste qui remonte à l'Antiquité, il est aussi le sursaut d'une conscience révoltée par la politique belliciste de Louis xiv. Il préconise une diète européenne, siégeant à Utrecht, composée par les représentants de chaque pays. La situation territoriale des nations participantes étant garantie, la Diète règle par la médiation et l'arbitrage des différends entre les États. L'intervention armée est seulement prévue contre tout membre de l'alliance qui ne se conformerait pas à la décision arbitrale. La modernité et la générosité de ce projet, qui avait aussi pour les États l'avantage de « procurer une diminution très considérable de leur dépense militaire », ne font aucun doute. Mais l'auteur reste attaché à une idéologie d'Ancien Régime : en témoignent son souci d'assurer aux princes dans leurs États, grâce à leur alliance, « un prompt et suffisant secours (...) contre les séditieux et les rebelles », ainsi que ses variations, d'une version à l'autre, sur les rapports à établir entre la confédération des nations chrétiennes et l'Empire Ottoman, l'une d'elles (en 1717) impliquant l'organisation d'une croisade contre les Turcs. Malgré ses limites, ce rêve pacifique stimule Jean-Jacques Rousseau qui publie en 1761 un « Extrait du projet de paix perpétuelle », assurant à l'abbé une renommée européenne. Kant a été un de ses émules, comme tous ceux qui ont voulu préparer la « Société des Nations ». Roland Desné. Ce célèbre livre constitue l’une des toutes premières tentatives d'organisation systématique de la société internationale. Ému par les souffrances engendrées par la guerre de Succession d’Espagne, l'abbé de Saint-Pierre proposait aux États de renoncer à la force et de régler leurs litiges devant une - société européenne - disposant d'une Assemblée générale et de bureaux spécialisés (pour les problèmes juridiques, le commerce…). Avec un grand luxe de détails, et beaucoup d'optimisme, l’Abbé explique pourquoi les États ont plus d'intérêt à adopter son projet qu'à le rejeter, avec des arguments que reprendront par la suite les théoriciens libéraux, notamment la paix qui favorise le commerce et les discussions sur le fonctionnement d'un système à deux ou trois acteurs. Au-delà de son aspect utopiste qu'avait déjà dénoncé Rousseau (qui, en matière d'utopie, s'y entendait mieux que personne), l'abbé de Saint-Pierre a eu une vision qui anticipe sur plusieurs points les organisations internationales du XXème siècle et fait de multiples réflexions sur la société internationale qui en font un des grands fondateurs de la théorie des relations internationales. (Hervé Coutau-Bégarie. Paris, 1987). «Cette œuvre capitale, publiée à très petit nombre d’exemplaires, est à peu près introuvable, même en édition courante. Elle constitue, avec deux siècles d'avance sur l'Histoire, le premier essai d'organisation de la sécurité collective. Les idées développées par l'Auteur, reprises d'un projet dû à Henri IV et retrouvé dans les Mémoires de Sully, furent jugées à l'époque utopiques et subversive. Elles paraissent maintenant, sur beaucoup de points, prophétiques. Elles valurent à l’auteur d’être chassé de l’Académie française et de gagner l’immortalité en la perdant. Les calamités qui accompagnèrent et suivirent les guerres de religion au XVIè siècle avaient provoqué dans les esprits une aspiration générale vers une paix définitive, aspiration qui se concrétisa dans ce qui fut par la suite appelé le "Grand Projet" de Henri IV, rapporté par Sully dans les Oeconomies Royales, publiées en 1638: un plan pour l'établissement d'une Confédération destinée à maintenir la paix au sein du monde chrétien. En 1623paraissait un livre intitulé "Le Nouveau Cynée", attribué à un écrivain dont on sait peu de choses, Emeric de La Croix, qui présentait également un plan destiné à assurer une paix perpétuelle entre les nations chrétiennes, lié à un projet de liberté totale de commerce entre les nations. Assez vagues dans leurs conceptions, ces projets n'eurent aucun retentissement à l'époque où ils furent publiés. Par contre, celui que publia Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre eut dès sa parution une grande audience, qui se prolongea pendant le XVIIIe le XIXe et le début du XXe siècle. L'abbé de Saint-Pierre, qui avait accompagné l'abbé de Polignac au Congrès d'Utrecht en 1712, avait été témoin des difficultés qu'éprouvait la conclusion de la paix. Il forma aussitôt le projet de la rendre perpétuelle, et dressa sur le champ les articles du traité qui devait amener ce résultat important. Ce projet fut publié en trois volumes, dont les deux premiers parurent en 1713, et le troisième en 1717. Le bon abbé y démontrait que les traités de paix et d'alliance ne présentaient aucune garantie de durée, et que la paix qu'ils établissaient n'était en réalité qu'une trêve. Le seul moyen de rendre la paix permanente était de la garantir à l'aide d'institutions analogues à celles qui préservent au sein de chaque État la vie et la propriété des citoyens. II proposait donc un plan en cinq articles, qui commentait et expliquait longuement, en indiquant les moyens pratiques de les réaliser: 1°) une alliance générale et perpétuelle entre tous les souverains, sur la base des derniers traités signés. 2°) une contribution de chaque allié à la sûreté et aux dépenses de cette grande alliance. 3°) Le renoncement à jamais pour tous à la voie des armes pour le règlement des différends, et l'engagement d'avoir toujours recours à la conciliation par la médiation des grands alliés, dans le lieu de l'Assemblée Générale. L'intervention immédiate de la totalité des Grands Alliés contre tout souverain qui refuserait d'exécuter les jugements et les règlements des Grands Alliés. 5°) Le règlement à la majorité des voix, de toutes les décisions nécessaires- et importantes pour procurer à la Grande Alliance plus de sécurité et de solidité. Ce projet exposait en fait les bases morales et politiques des institutions qui, après les deux guerres mondiales, tentèrent la pacification du monde: la Société des Nations, et l'Organisation des Nations Unies, qui, toutes deux, se sont réclamées des idées de l’abbé de Saint-Pierre. Le projet de l'abbé peut donc à juste droit être considéré comme 1'utopie la plus importante qu'ait produit l'ancien régime. L’ouvrage parut en deux temps: deux volumes en 1713, c'est à dire à la fin du règne de Louis XIV, dont l'abbé de Saint-Pierre avait vivement critiqué la politique. Le tome troisième, paru en 1717, au début de la régence de Philippe d'Orléans, à l'époque où ce dernier s'efforçait de faire oublier, par de sages mesures, les misères du règne précédent, est dédicacé au Régent. Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, né le 18février 1658au château de Saint-Pierre et mort le 29avril 1743à Paris, écrivain et académicien français, est un représentant du courant des Lumières politiques favorable à des réformes impulsées par l'autorité monarchique. Il est surtout connu pour avoir pensé un monde sans guerre. Il fréquente le cercle de madame de La Fayette et celui de la marquise de Lambert, antichambre de l'Académie française et lieu de ralliement des Modernes, visite Nicole, qu'il tient en haute estime, et Malebranche. Grâce à Fontenelle, chef de file des Modernes, et à Madame de Lambert, il est élu en 1695au 8e fauteuil, en remplacement de Bergeret, et n'ayant alors encore presque rien écrit. Dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Fontenelle plaçait ainsi l'un de ses partisans. Il continua d'être reçu dans les salons littéraires, chez mesdames de Tencin, Dupin, d'Avaray, de Coigny, de Matignon, Geoffrin, d'Aiguillon. Introduit par son disciple et ami, le marquis d'Argenson, il participe aux travaux du club de l'Entresol de l'abbé Alary fondé en 1724et publie des mémoires sur des sujets variés pour tenter de persuader le pouvoir monarchique d'impulser des réformes en faveur du plus grand nombre. Après la cessation en 1731des activités de l'Entresol, à la demande du ministre Fleury, Saint-Pierre rassemble et révise la plupart de ses écrits pour les publier en Hollande dans la série des Ouvrages de politique et de morale édité en seize volumes à Rotterdam chez Jan Daniel Beman entre 1733et 1741. À la fin de sa vie il se lie avec Madame Dupin, dont il est le mentor, tout en continuant à promouvoir la paix, y compris auprès de Frédéric II de Prusse auprès de qui il se rend en 1740. Il meurt à Paris le 29avril 1743. Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque.‎

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EUR6,500.00

‎[BOUILLY (Jean-Nicolas)].‎

Reference : 43352

(1815)

‎Comédie historique de l'Abbé de l'Épée écrit d'après l'original par Jean H. Wouters.‎

‎, , 1815. Manuscrit in-12 de (1)-140 pp., titre orné, vélin souple bruni, dos lisse muet (reliure de l'époque). ‎


‎Un témoignage sur l’impact de L’Abbé de l’Épée de Jean-Nicolas Bouilly. En 1815, un certain Jean H. Wouters réalisa une copie manuscrite soignée de la pièce L’Abbé de l’Épée, comédie historique en cinq actes, écrite par Jean-Nicolas Bouilly et créée en 1799. Ce document témoigne de l’immense succès de cette œuvre qui contribua significativement à la reconnaissance et à la défense des droits des sourds-muets au XIXe siècle.Un succès théâtral et militant. Jouée à Paris 156 fois jusqu’en 1840, la pièce entra ensuite au répertoire de l’Odéon, où elle demeura jusqu’en 1890, tout en continuant à être représentée sur d’autres scènes françaises. Bouilly, déjà renommé comme librettiste auprès de compositeurs tels que Grétry, Dalayrac, et Méhul, et futur collaborateur d’Auber, choisit avec cette œuvre de magnifier la figure de Charles-Michel de l’Épée (1712-1789), l’inventeur de la langue des signes et fondateur de l’Institut des jeunes sourds.Un « fait historique » inspiré d’une affaire judiciaire. Le drame de Bouilly repose sur un épisode marquant de la vie de l’abbé de l’Épée : l’affaire Solar. En 1776, l’abbé recueille un enfant sourd-muet qu’il identifie comme le comte de Solar, disparu et présumé mort. Après un procès retentissant, l’enfant est reconnu comte de Solar en 1781. Cependant, un second procès en 1792 révèlera que cet enfant était un imposteur. Bien que ce dénouement n’ait pas terni la mémoire de l’abbé, Bouilly choisit de l’omettre dans sa pièce.Dans L’Abbé de l’Épée, le jeune sourd-muet Théodore est identifié comme Jules, comte d’Harancour, spolié par son oncle, le cruel Darlemont. L’abbé parvient à rétablir les droits de son protégé, offrant un dénouement où la vertu triomphe sans équivoque. Ce récit poignant, combinant justice sociale et exaltation des vertus humaines, touchait directement le cœur des spectateurs.Un plaidoyer en faveur des sourds-muets. Bouilly exploite avec talent l’émotion suscitée par un fait divers pour promouvoir la cause des sourds-muets. Théodore est présenté comme un jeune homme sensible et noble, tandis que l’abbé incarne la sagesse et la vertu. Leur relation, pleine d’humanité, constitue le cœur dramatique de l’œuvre. Le célèbre monologue de l’acte II, où l’abbé retrace la découverte des origines de Théodore, témoigne de la finesse narrative de Bouilly.Un héritage culturel et social durable. L’impact de L’Abbé de l’Épée dépasse largement le cadre théâtral. En 1866, Achille Jubinal, homme de lettres, souligne que « peu de personnes » ignoraient l’existence de ce drame qui avait marqué les esprits. L’œuvre permit non seulement de célébrer la figure de Charles-Michel de l’Épée, mais aussi de sensibiliser un large public à la condition des sourds-muets et à leur potentiel éducatif, renforçant ainsi la reconnaissance et les efforts en faveur de leur intégration sociale.Une œuvre au croisement de l’art et de la société. Avec L’Abbé de l’Épée, Bouilly réussit une double prouesse : créer un succès théâtral durable et faire de cette pièce un vecteur de progrès social. En s’appuyant sur des faits historiques, il transforma une simple anecdote judiciaire en un plaidoyer universel pour la justice et l’humanité, une leçon qui résonna tout au long du XIXe siècle. ‎

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EUR600.00

‎BENCIRECHI, Abbé.‎

Reference : LCS-17894

‎Leçons hebdomadaires de la langue italienne à l’usage des Dames. Suivies de deux Vocabulaires ; d’un Recueil des Synonimes Français de l’Abbé Girard, appliqués à cette Langue ; d’un Discours sur les Lettres Familières, & d’un Précis des Règles de la Poésies Italienne. Dédiées aux Dames Françaises par M. l’Abbé Bencirechi, Toscan, de l’Académie des Apatistes de Florence, de celle des Arcades de Rome, & Professeur de L. Itale. Nouvelle édition avec Additions faites par l’Auteur. Les célèbres Leçons hebdomadaires de la langue italienne à l’usage des Dames reliées en maroquin de l’époque aux armes d’Elisabeth-Philippe-Marie-Hélène de France, sœur de Louis XVI, appelée Madame Elisabeth.‎

‎Edition originale définitive des Leçons hebdomadaires de la langue italienne à l’usage des Dames, enregistrée à la chambre royale le 9 janvier 1778 par l’Abbé Bencirechi. Paris, chez l’Auteur et Fetil, 1778. In-12 de (1) f., vii pp., (1) p., 324 pp., vii pp., (3) pp. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs fleurdelysé, filet or sur les coupes, roulette intérieure, doublures et gardes de papier à décor floral doré, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque. 168 x 92 mm.‎


‎Edition originale définitive des Leçons hebdomadaires de la langue italienne à l’usage des Dames, enregistrée à la chambre royale le 9 janvier 1778 par l’Abbé Bencirechi. L'abbé Bencirechi, originaire de Toscane, était membre l'Académie des Apatistes de Florence, et de celle, non moins célèbre, des Arcades de Rome. Il aimait se dire « connu et protégé par plusieurs personnes d'un rang distingué » car ses manuels s'adressaient surtout à des dames de qualité, comme on peut le voir dans ses Dédicaces. Il a, pendant huit ans, résidé à Vienne en Autriche où il enseignait la langue italienne aux Dames de la Cour, et à d'autres « personnes de distinction » dans cette ville. Arrivé à Paris aux environs de 1771, il y fut également professeur d'italien pendant de nombreuses années. L’abbé Bencirechi semble donc avoir une expérience plutôt mondaine de l’enseignement. Les Leçons hebdomadaires de la langue italienne à l'usage des Dames, parues en 1772, sont dédiées aux Dames françaises, tout comme l'édition de 1778, peu différente de la précédente. L'auteur déplore que, contrairement à tant de pays d'Europe où les femmes ne dédaignent pas de parler italien, le public féminin français boude encore une langue pourvue de tant d'attraits. Le souci de ne pas lasser ses élèves se retrouve dans le plan même de son livre. Par peur d’ennuyer les Dames avec une nomenclature trop sèche, il la donnera insensiblement, aux endroits nécessaires. Il commence par quelques explications sur la prononciation italienne, pendant deux semaines, suivies des neuf parties du discours ou de l’oraison présentées tour à tour, tout au long des semaines suivantes : l’article, le nom, le pronom, le verbe, le participe, l’adverbe, la préposition, la conjonction et l’interjection. Toujours dans un souci de ne pas trop fatiguer les Dames, et leur éviter d'avoir à se procurer un dictionnaire, il rédige, à la suite de chaque leçon, deux petits vocabulaires français-italien et italien-français. Ainsi tous les mots nécessaires à chaque version seront expliqués progressivement et au moment opportun. Le choix des mots aussi, pris dans leurs préoccupations et leur vie quotidienne, plaira aux Dames en mêlant les connaissances utiles et agréables. Avec une telle méthode, la présence d'un Maître ne sera pas nécessaire, tout au plus une fois par semaine, pour la correction de la traduction hebdomadaire, et pour acquérir une bonne prononciation et l'habitude de parler la langue. Pour Bencirechi, les trois traités qui suivent les Leçons paraissent indispensables et seront présentés entièrement en italien car il suppose les Dames assez avancées maintenant dans la connaissance de la langue. 1 - Il est nécessaire quand on parle de savoir choisir les termes justes : l'abbé Bencirechi offre donc à ses élèves le Recueil des Synonymes français de l'abbé Girard, appliqués à l’italien. 2 - L'art épistolaire, tout comme celui de la conversation, est pratiqué souvent avec brio, et de façon naturelle, par les femmes qui pourront lire avec profit le Discours sur les lettres familières. De nombreuses Grammaires des Dames en France proposent des Conseils pour les Lettres, ou des Modèles de Lettres, pour chaque occasion de la vie. 3 - Le Précis des Règles de la versification italienne leur permettra d'apprécier la poésie. » (Madeleine Reuillon-Blanquet). Précieux et fort rare exemplaire du « dernier enfant de Louis Dauphin » relié en maroquin à ses armes, ses « volumes, selon Olivier, étant en général reliés simplement en veau marbré ou granité. » Elisabeth-Philippe-Marie-Hélène de France, huitième et dernier enfant de Louis, dauphin, fils de Louis XV, et de Marie-Josèphe de Saxe, et sœur de Louis XVI, appelée Madame Elisabeth, naquit à Versailles le 3 mai 1764 et vécut le plus souvent loin de la cour, dans sa petite maison de Montreuil, uniquement occupée d'œuvres de bienfaisance ; à partir de 1789, cette vertueuse princesse vint partager les dangers de Louis XVI, refusa d'émigrer et fut enfermée au Temple avec la famille royale. Accusée d'entretenir des relations avec ses frères émigrés, elle fut condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire le 10 mai 1794 et guillotinée le même jour sur la place de la Révolution. « Sa bibliothèque, qui contenait des ouvrages de piété, d'histoire et de science, fut transportée à la Bibliothèque Nationale ; les volumes sont en général reliés simplement, en veau marbré ou granité. » (Olivier-Hermal). L’exemplaire porte non seulement ses armoiries mais aussi son rarissime ex-libris dessiné par Dezauche présent dans ses quelques livres préférés.‎

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EUR5,900.00

‎DEIDIER, l’Abbé.‎

Reference : LCS-17903

‎Eléments généraux des principales parties de mathématiques, nécessaires à l’artillerie et au génie. Nouvelle édition, Dirigée, rectifiée, présentée avec plus d’ordre & de goût ; &, en plusieurs articles, réformée ou perfectionnée, par l’Auteur de la Théorie des Etres sensibles. Le Traité de mathématiques de l’Abbé Deidier destiné aux militaires.‎

‎L’exemplaire comporte en outre le Traité de perspective imprimé à part avec des notes de Cochin. A Paris, chez Charles-Antoine Jombert, Père, Libraire du Roi pour l’artillerie et le génie, 1773. - [Suivi de] : Deidier, l’Abbé. Traité de perspective théorique et pratique. Nouvelle édition corrigée & augmentée de notes par un artiste célèbre. Paris, rue Dauphine, chez Charles-Antoine Jombert, père, Libraire du Génie & de l’Artillerie, 1770. Soit 3 parties reliées en 2 volumes in-4 de : I/ xxviii pp., 472 pp., 19 planches dépliantes ; II/ (2) ff., 410 pp., 28 planches dépliantes, (1) f., iv pp., 124 pp., 15 planches dépliantes. Plein veau marbré, grandes armes frappées or au centre des plats surmontées de la mention REG. DU MAINE / INFANTERIE. en lettres dorées, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure de l’époque. 250 x 180 mm.‎


‎Seconde édition originale corrigée et largement augmentée de ce traité de mathématiques destiné aux militaires. L’exemplaire comporte en outre le Traité de perspective imprimé à part avec des notes de Cochin. « L’abbé Deidier (Marseille 1698-Paris 1746), mathématicien du 18e siècle, fit l’éducation de Louis-Ferdinand-Joseph de Croy, duc d’Havré, et fut récompensé de ses soins par des bienfaits du prince tels qu’il put se livrer tout entier à son goût pour les mathématiques. Il publia en 1739 son ‘Arithmétique des géomètres’, ou ‘Nouveaux éléments de mathématiques’ ; et la ‘Science des géomètres’, ou la ‘Théorie et la pratique de la géométrie’, 2 vol. in-4 formant un cours complet de mathématiques élémentaires. Cet ouvrage est estimé par la clarté et la précision, l’ordre et l’abondance des matières. En 1740, il publia la ‘Mesure des surfaces et des solides, par l’arithmétique des infinis et les centres de gravité’, in-4…. ‘la Connaissance des calculs modernes’ publié en même temps que le précédent, sous le titre de ‘Calcul différentiel et calcul intégral, expliqués et appliqués à la géométrie’. Enfin, pour former un cours complet de mathématiques, il donna sa ‘Mécanique générale, pour servir d’introduction aux sciences physico-mathématiques’, Paris, 1741, in-4. Tant de travaux, publiés dans l’espace de deux ans, lui firent obtenir la place de professeur de mathématiques à l’école d’artillerie de la Fère. A peine fut-il en fonction, que le désir d’écrire encore lui fit reprendre les deux premiers volumes de son cours pour les refondre et en former un ‘Nouveau Traité élémentaire’ destiné aux militaires. Il y joignit un ‘Cours de perspective’, et fit paraitre, en 1745, 2 vol. in-4, sous le titre d’’Elemens généraux des principales parties des mathématiques, nécessaires à l’artillerie et au génie’. En 1773, on eut une nouvelle édition de cet ouvrage, dirigée, rectifiée, présentée avec plus d’ordre et de goût, et en plusieurs articles, réformée ou perfectionnée par l’auteur de la Théorie des êtres sensibles (Para du Phanjas). L’éditeur y supprima le ‘Traité de perspective’, comme étranger aux militaires, et le fit imprimer à part, avec des notes par Cochin… L’abbé Deidier rendit de grands services à l’instruction par ses écrits et par son zèle à remplir les devoirs de sa place. ». (Michaud, Biographie universelle, X). « Au XVIIIe siècle, la naissance d’écoles pour la formation scientifique et technique des ingénieurs des fortifications et des artilleurs, crée un marché potentiel pour des ouvrages accompagnant et complétant cette formation. Pour que ce marché se concrétise, il faut publier des livres adaptés aux besoins de ces « jeunes militaires » mais aussi les convaincre de l’utilité de leur lecture. C’est le travail éditorial des Jombert qui font leur spécialité des ouvrages techniques « pour l’Artillerie et le Génie ». S’appuyant sur un groupe d’auteurs compétents, ils développent un discours d’annonce autour de la figure de l’officier accompli, homme d’étude autant que de terrain ; ils soulignent la qualité scientifique des livres autant que leur utilité pratique, leur facilité d’assimilation pour des lecteurs peu rompus à l’étude et leur coût accessible. Si ce discours promotionnel enjolive un peu la réalité, ils travaillent aussi la forme matérielle des ouvrages et leurs textes liminaires pour mieux les faire correspondre à cet idéal. » Auteur de plusieurs autres livres de mathématiques, Deidier est nommé vers 1741 professeur de mathématiques à l'école d'artillerie de La Fère, où il succède à Bernard Forest de Bélidor et publie son cours en 1745. Une seconde édition de ce cours sera publiée en 1773 par François Para Du Phanjas. « Après avoir fait ses premières études dans le collège de l'Oratoire, l'Abbé Deidier, mathématicien français (1696/1746), étudia la théologie chez les jésuites et fut ordonné prêtre. Chargé de professer la philosophie au séminaire d'Aix, il s'occupa spécialement de mathématiques. Ses nombreux ouvrages lui assurent une place distinguée parmi les mathématiciens de son temps ». (Hoefer). L’illustration se compose de 62 planches gravées dépliantes, 47 pour les « Elémens » et 15 pour le « Traité de perspective ». Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque aux armes du roi Louis XV portant frappée en lettres d’or la mention REG. DU MAINE / INFANTERIE.‎

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EUR4,500.00

‎MAURY (Louis-Sifrein)‎

Reference : 665000

‎Ensemble de 15 textes de ou sur l'abbé Maury.‎

‎ 15 textes in-8, dérelié. ‎


‎Ensemble formé des textes suivants :- Panégyrique de Saint Louis, roi de France, prononcé dans la chapelle du Louvre, le 25 août 1772, en présence de l'Académie françoise. Par M. l'abbé Maury, chanoine, vicaire général et official de Lombez. A Paris, chez Le Jay, 1772, 103 pp.- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur la propriété des biens ecclésiastiques ; prononcée dans l'Assemblée Nationale le mardi 13 octobre 1789. A Paris, chez Baudouin, 1789, 42 pp.Martin et Walter, III, 23598.- Copie d'une lettre écrite par M. l'abbé Maury, aux consuls de Valreas, sa patrie, dans le comtat Venaissen. S.l., Lejay Fils, s.d. (1789), 4 pp.Martin et Walter, III,23587 "Au sujet des droits du Saint-Siège sur le Comtat Venaissin".- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, dans la cause des magistrats qui composoient ci-devant la chambre des vacations du Parlement de Bretagne : prononcée dans l'Assemblée Nationale, le lundi 11 janvier 1790. A Paris, chez Baudouin, s.d. (1790), 46 pp.Martin et Walter, III, 23599.- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur le droit de faire la guerre, et de conclure les traités de paix, d'alliance et de commerce. Seconde édition. S.l., 1790, 68 pp., dernier feuillet détaché.Martin et Walter, III, 23600.- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur les finances et sur la dette publique. Dont l'état a été présenté et discuté par lui en comité des finances, le 23 et 24 juillet 1790. A Paris, de l'Imprimerie Nationale, 1790, 66 pp. Qqs mouillures.Martin et Walter, III, 23601.- Réponse de M. l'abbé Maury à M. Anson, député de la ville de Paris. A Paris, de l'Imprimerie Nationale, 1790, 16 pp.Martin et Walter, III, 23618 "Contre l'administration de Necker."- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur l'impôt du tabac, prononcée dans l'Assemblée nationale, le lundi 15 novembre 1790. A Paris, de l'Imprimerie Nationale, 1790, 74 pp. Deux feuillets détachés.Martin et Walter, III, 23607.- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur la souveraineté d'Avignon, prononcée dans l'Assemblée Nationale le 20 novembre 1790. S.l., De l'Imprimerie de l'Ami du roi, 1791, 96 pp.Martin et Walter, III, 23608.- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur la constitution civile du clergé, prononcée dans l'Assemblée Nationale, le samedi 27 novembre 1790. Cinquième édition. A Paris, de l'Imprimerie de l'Ami du Roi, s.d. (1790), 78 pp., Qqs mouillures.Martin et Walter, III, 23609.- [HEBERT]. Vie privée de l'abbé Maury, écrite sur des Mémoires fournis par lui-même, pour joindre à son Petit-Carême. S.l.n.d. (1790), 16 pp.Tourneux IV, 23996 et 23997.- Le retour de l'abbé Maury aux enfers, ou le massacre de Carpentras en Avignon. S.l.n.d., (1791), 8 pp. Mouillures. (2 exemplaires).- Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur la régence, prononcée dans l'Assemblée Nationale, le 22 mars 1791. A Paris, au Bureau de l'Ami du Roi, s.d. (1791), 40 pp.Martin et Walter, III, 23611. - Opinion de M. l'abbé Maury, député de Picardie, sur l'hôtel des Invalides, prononcée dans l'Assemblée Nationale, le mercredi 23 mars 1791. A Paris, au Bureau de l'Ami du roi, 1791, 73 pp. Un feuillet détaché.Martin et Walter, III, 23612.- Lettre de l'abbé Maury, à l'incomparable demoiselle Suzette Labrousse, prophétesse périgourdine, résidante à Paris, chez Madame la Duchesse de Bourbon. S.l., De l'Imprimerie de Crapart, s.d. (1792), 16 pp.Contre Clotilde-Suzanne Courcelles-Labrousse, célèbre visionnaire.Célèbre orateur, Jean-Siffrein Maury (1746-1817) fut ordonné prêtre en 1769 à l'âge de 23 ans. Il écrivit et prononça de célèbres panégyriques qui établirent sa réputation et le firent appeler à précher à Versailles, devant le roi. En 1777, il publia son Essai sur l'éloquence de la chair, et entra à l'Académie française en 1785. Lors des Etats-Généraux de 1789, il est élu député du clergé pour la circonscription de Péronne. Farouche opposant aux idées révolutionnaires, il défendit les intérêts du clergé et de la noblesse. Il combattit avec véhémence Mirabeau et protesta ardemment contre la Constitution civile du Clergé. A la dissolution de l'Assemblée Constituante, il émigra à Coblence, puis à Rome. En 1792, il est sacré archevêque de Nicée et reçoit le chapeau de cardinal en 1794. Plus tard, rallié à l'Empire, il rentra en France en 1806, retrouva un siège à l'Académie française, fut nommé cardinal français et archevêque de Paris. La Restauration lui fera payer cher son ralliement à l'Empire, il fuira vers l'Italie où il mourra. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.‎

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