P., Emile-Paul Frères, 1946, in-12, 108 pp, broché, couv. rempliée, bon état, un des 1000 ex. numérotés sur papier vélin Boucher de Docelles
Reference : 116433
L'inflation sentimentale. Simone de Montmartre. Quelques films sentimentaux. Abécédaire. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
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Cette édition originale rarissime était présente lors de la célèbre exposition Molière. Charles Beys (1610-1659) « ami de Molière » (P. Foissac) fut le premier à porter sur la scène du théâtre français le spectacle de l’Asile d’Aliénés. In-4 de titre, frontispice, (18) ff., 260 pp., maroquin rouge, dos orné, larges dentelles, tranches dorées. Reliure anglaise. 225 x 175 mm. Beys, Charles (1610-1659). Les Œuvres poétiques du sieur Beys. Non encore mises en lumière. Paris, Th. Jolly, 1651-1652. Édition originale rarissime des Œuvres poétiques de Charles Beys (1610-1659), dramaturge et poète français qui fut le premier à porter sur la scène du théâtre français le spectacle de l’asile d’aliénés. Nous avons ici l’édition avec le titre frontispice de Toussaint Quinet de 1651 et le titre Thomas Jolly de 1652. Cette originale est si rare que Brunet ne cite aucun exemplaire. S'il faut en croire l'« Avertissement au lecteur » de ses Œuvres poétiques (1651), le jeune Beys commence très tôt, à l'âge de quatorze ans, à composer des pièces de vers. En 1634, il fait représenter avec grand succès L'Hospital des fous, tragicomédie inspirée de Los locos de Valencia et d'El Peregrino en su patriade Lope de Vega. La pièce sera publiée l'année suivante, sans épître dédicatoire mais avec un avis au lecteur, par l'imprimeur-libraire Toussaint Quinet, spécialisé dans la vente des pièces de théâtre. En même temps que L'Hospital des fous, Quinet met en vente Le Jaloux sans sujet, tragi-comedie de Beys, dont on ignore s'il a été représenté. La pièce est dédiée à « Monsieur de Gondy, abbé de Buzay et de Quimperlay, etc », le futur cardinal de Retz, de trois ans son cadet, dont Beys semble être un familier. Il évoque, en effet, « l'honneur que vous me faites de m'estimer » et « cette généreuse facilité qui donne de la résolution aux timides », ajoutant : « Sans cette facilité, qui m'introduit si librement dans votre maison, je n'aurais pas si bien remarqué, ni la vivacité de votre esprit, ni la force de votre jugement, qui se donnent pour objet les matières agréables aussi bien que les sérieuses. » Au cours de l'été 1636, un pamphlet intitulé Le Gouvernement présent, ou Éloge de son Éminence. Satyre ou la Miliade, circule dans Paris ; il dénonce en termes violents et crus, la politique de Richelieu, ses turpitudes et celles de ses affidés : le chancelier Pierre Séguier et sa femme, le Père Joseph, Isaac de Laffemas, Sublet de Noyers, Claude et Léon Bouthillier de Chavigny, Michel Moreau, Louis Testu de Frouville, Nicolas Le Jay etc. Beys, qu'on soupçonne, avec trois ou quatre autres, d'en être l'auteur, est emprisonné à la Bastille. Quelques pièces de vers qu'il y compose pour sa défense convainquent les autorités, et il est remis en liberté. L'attribution de ce libelle n'est toujours pas clairement établie. Dans les premiers mois de 1637, Toussaint Quinet met en vente Céline ou les Frères rivaux, tragicomédie de Beys (achevée d'imprimer le 13 février), qui a dû être représentée l'année précédente. En septembre 1638, Beys compose une « Ode pour la Naissance du Roy » et une série de « sixains sur les figures du feu d'artifice fait devant l'Hostel de Ville pour la Naissance du Roy ». Ils seront publiés en tête du recueil de ses Œuvres poétiques, en 1651, suivis d'une « Ode pour le sujet du Feu d'Artifice fait sur la Riviere devant le Louvre, pour célébrer le jour de la Naissance du Roy, en l'année 1645 ». Le 30 juin 1643, son frère Denis, qui a abandonné le commerce de la librairie, crée, avec Madeleine Béjart, Jean-Baptiste Poquelin (futur Molière) et quelques autres, la troupe de l'Illustre Théâtre. On ignore si, au cours de sa brève existence, la troupe a représenté des œuvres de Charles. En 1646, Beys est choisi par la reine régente Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV pour composer les pièces en vers français des Triomphes de Louis le Juste, luxueux in-folio destiné à célébrer le règne du feu roi Louis XIII. L'ouvrage, « entrepris et fini par Jean Valdor, Liégeois, calcographe du Roy », sera imprimé en 1649 par Antoine Estienne, « premier imprimeur et libraire ordinaire du Roy ». Au mois de novembre 1650, un carrousel est organisé à Stockholm dans le cadre des festivités du couronnement de Christine de Suède ; Beys en a composé les vers, qu'il intégrera l'année suivante à ses Œuvres poétiques. Est-ce à dire qu'il avait fait le voyage de Suède ? Rien ne permet de l'affirmer. Le recueil des Œuvres poétiques de Beys est achevé d'imprimer le 28 septembre 1651, en pleine Fronde des Princes. Il s'ouvre sur une dizaine de pièces liminaires signées, entre autres, de Scarron, Guillaume et François Colletet, Jean Royer de Prade, Tristan L'Hermite, Georges de Scudéry, Gabriel Gilbert, pièces que l'auteur prie son lecteur « de ne pas considérer comme des forces que je veux opposer à la critique, mais comme des présents que mes amis m'ont faits et que je n'ai pu refuser civilement ». À l'occasion du carnaval de 1657, il se voit confier, au nom du duc Henri de Guise, grand chambellan de Louis XIV, l'écriture des vers de la mascarade des Plaisirs troublez, dont la musique est composée par Louis de Mollier. Le spectacle sera créé dans les premiers jours de février à l'hôtel de Guise, puis donné à plusieurs reprises devant la cour. Loret et la Gazette de Renaudot en rendront compte le 17. Édition originale de toute rareté dont Brunet ne décrit aucun exemplaire. De la bibliothèque Robert Hoe avec ex-libris. Cat 1911 n° 268.
édition_originale
Édition en partie originale des Œuvres poétiques et du Recueil de quelques vers amoureux de Bertaut. Ensemble deux ouvrages reliés en 1 volume in-8 de (8) ff. 344 pp., (6) ff., 98 ff. Maroquin rouge, double encadrement de triple filet doré sur les plats et au dos, filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure de l'époque. 164 x 106 mm. Bertaut, Jean. Recueil des Œuvres poétiques de J. Bertaut, abbé d’Aunay, et premier Aumônier de la Royne. Seconde édition Augmentée de plus de la moitié outre la précédente Impression. Paris, Abel L’Angelier, 1605. Suivi de Bertaut, Jean. Recueil de quelques vers amoureux. Edition dernière, Reveue & augmentee. Paris, Philippes Patisson, 1606. « Collection complète des Œuvres de Bertaut qui fut un élève de Ronsard » (Edouard Rahir). Édition en partie originale des Œuvres poétiques de Bertaut et du Recueil de quelques vers amoureux. Brunet, I, 814-815 ; Renouard, Breyer, n°77 ; Renouard, Estienne, 194 ; J. P. Barbier, IV, 1, n°31 et n°32 ; N. Ducimetière, Mignonne allons voir…, n°135 ; Rahir Catalogue, V, 1242 ; Catalogue De Backer, n°538 ; Picot, Catalogue Rothschild, I, 820 ; Balsamo, L’Angelier, n°409. Cette édition des Œuvres poétiques « est augmentée de plus de moitié outre la précédente impression. C’est la plus belle et l’une des plus recherchées » (Catalogue De Backer). Brunet, dans son Manuel (I, 815), écrit à propos des éditions postérieures de 1620 et 1623 : « Ces deux éditions sont plus complètes, mais moins belles que celle de Paris ; Abel Langelier, 1605, in-8 de 8 feuillets et 344 pages ». Le Recueil de quelques vers amoureux comprend 89 pièces, dont 15 inédites. Cette édition est la seule connue sortie des presses de Philippe Patisson, fils de Mamert Patisson. Elle parut anonymement. A 16 ans Jean Bertaut (1552-1611) s’engoue des œuvres du chef de la Pléiade et de Desportes. L’un et l’autre devaient encourager le jeune poète. Desportes introduisit Bertaut à la cour et resta toute sa vie son ami fidèle. Nommé par Henri III précepteur du Comte d’Angoulême, fils naturel de Charles IX, puis de 1557 à 1589, secrétaire du cabinet du roi, il devint dès cette époque le poète de service tissant sur chaque évènement des vers mélodieux où se font jour parfois les accents d’une mélancolie naturelle qui ne manque point de charme. « Tant d’application, tant d’attentions méritaient récompense, on lui en fut d’autant plus prodigue que Bertaut fut fort sagement toujours du côté du plus fort – ce qui demandait quelque souplesse en ce temps. En 1594, il reçut l’Abbaye d’Aunay ; en 1600, il était aumônier de la reine, Marie de Médicis. Chose curieuse, ce courtisan eut l’estime et l’amitié des autres poètes qui louent à l’envie son désintéressement et sa noblesse d’âme ». « C’est à juste titre que Michel Jeanneret a placé Bertaut dans un chapitre intitulé « L’affranchissement des poètes », car ces derniers « prolongent le courant de poésie mondaine qui passe de la Pléiade à Desportes et travaillent cependant autour de Malherbe, mais avec un zèle inégal, à l’avènement d’une esthétique qui ouvre l’ère classique ». De son côté, Robert Sabatier est un de ceux qui furent sensibles au « lyrisme lamartinien » du poète. « Sa poésie rationnelle qu’on ne saurait confondre avec celle de Desportes diffère profondément de la poésie spontanée, quelques fois désordonnée de l’âge précédent. Cette horreur de l’excès, ce refus de la « fureur » que les amis et successeurs de Ronsard appelaient de toutes leurs forces, c’est ce qui marque constamment les chastes vers amoureux contenus dans ce recueil. Ils plurent aux contemporains du poète, ils furent adorés de la génération suivante » (J. P. Barbier). « Bertaut fut perçu par les auteurs classiques comme un véritable précurseur, maîtrisant une langue en avance sur son temps. Boileau, pourtant si féroce à l’égard des auteurs des siècles précédents, disait que Bertaut avait « attrapé dans le genre sérieux le vrai génie de la langue française » » (N. Ducimetière). « Bertaut s’est fait un chemin particulier entre Ronsard et Desportes. Il a plus de clarté que le premier, plus de force que le second et plus d’esprit et de politesse que les deux autres ensemble » (Melle de Scudéry). Précieux et bel exemplaire conservé dans sa reliure en maroquin rouge de l’époque. Provenance : Bibliothèque E. M. Bancel, avec ex-libris.
Édition définitive, en partie originale, des Œuvres d'Amadis Jamyn conservée dans son séduisant vélin à recouvrement du temps. In-12 de (4) ff., 309 ff., (11) ff. tables, caractères italiques. Plein vélin ivoire à recouvrement, dos lisse, tranches jaspées. Reliure de l'époque. 141 x 82 mm. Jamyn, Amadis (1538-1593). Les Œuvres poétiques d’Amadis Jamyn reveuës, corrigées et augmentées en ceste dernière impression. Au roy de France et de Pologne.Paris, Mamert Patisson Imprimeur du Roy, au logis de Robert Estienne, 1579. « Édition définitive », en partie originale, des Œuvres poétiques d’Amadis Jamyn, publiée de son vivant, augmentée de plusieurs pièces par rapport à la première de 1575 et à la seconde de 1577. Elle sera réimprimée en 1582. « Quoique j’estime plus les poésies de Jamyn que celles de Ronsard, quoique je trouve le disciple beaucoup plus naturel, moins guindé, et moins emphatique que le maître, il n’y a aucun lieu de croire que ces poésies ayent été recherchées avec assez d’avidité pour qu’on eût été obligé d’en faire trois éditions en moins de huit ans » (l’Abbé Goujet). « Ce jugement résulte de la haute estime que l’abbé portait à Desportes, avec lequel Jamyn avait rivalisé, non sans succès, dans l’imitation des poètes néo-pétrarquistes italiens, quand Mme de Retz et d’autres précieuses arbitraient les joutes littéraires illuminant l’heureuse époque des dernières années du règne de Charles ix » (J. P. Barbier). Disciple préféré de Ronsard qui le fit nommer secrétaire de la chambre du roi, Amadis Jamyn (1538-1593) étudia les langues classiques avec Dorat et Turnèbre. Fort érudit, il reprit la traduction de l’Iliade commencée par Hugues Salel, et mit en vers les treize derniers livres du poème homérique, puis il entreprit la traduction de l’Odyssée, qu’il abandonna au troisième livre. Cette traduction indique une certaine maîtrise poétique et fait montre d’une grande rigueur dans la versification. Les Œuvres personnelles de Jamyn comprennent des élégies, des sonnets dont certains sont groupés sous un titre commun : Artémis, Oriane, quelques grands poèmes comme « Le Poème de la chasse ». Cette édition de 1579 ne se rencontre que très rarement conservée dans sa première et séduisante reliure en vélin de l’époque. Jacques Guérin possédait un bel exemplaire des « Œuvres poétiques » de Jamyn imprimé à Paris en 1575 également relié en vélin de l’époque, vendu 24 500 € chez Maître Tajan le 7 juin 1990, il y a 26 ans (Livres exceptionnels, n° 28).
«Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'une personnalité politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France» Série complète en quatre volumes : Premières méditations poétiques avec des commentaires, La mort de Socrate, 267pp. Hachette 1900 - Recueillements Poétiques, épîtres et poésies diverses, 374pp, Hachette 1888 - Nouvelles méditations poétiques, avec commentaires. Le dernier chant du pèlerinage d'Harold, chant du sacre, 376pp, Hachette 1900 - Harmonies poétiques et religieuses, 408pp,Hachette 1900 volumes in8, 18x11, reliure demi cuir, très bel état de l'ensemble. "Harmonies poétiques et religieuses" est un recueil de poèmes écrit par le poète français Alphonse de Lamartine. Ce recueil a été publié en 1830 et fait partie des œuvres littéraires les plus importantes de Lamartine. Les "Harmonies poétiques et religieuses" sont caractérisées par leur ton méditatif et religieux. Lamartine, qui était un écrivain romantique, y aborde des thèmes tels que la nature, la foi, la méditation, la réflexion sur la vie et la mort, et l'aspiration spirituelle. Le recueil exprime une sensibilité religieuse profonde et une quête de sens existentiel. Le poème "La Mort de Socrate" a été écrit par le poète français Alphonse de Lamartine (1790-1869). C'est l'un de ses poèmes les plus célèbres et a été publié dans son recueil "Méditations poétiques" en 1820. Ce poème évoque le moment de la mort du philosophe grec Socrate, qui est souvent considéré comme l'un des fondateurs de la philosophie occidentale. La mort de Socrate est un sujet fréquemment abordé dans l'art, la littérature et la philosophie, car elle symbolise le courage de Socrate face à la condamnation à mort injuste, ainsi que sa réflexion philosophique sur la nature de l'âme et de la vie après la mort. Lamartine, dans son poème, décrit le calme et la sérénité de Socrate au moment de sa mort, mettant en avant la noblesse de l'âme et la force de la philosophie. Le poème célèbre la figure de Socrate en tant que modèle de sagesse et de dignité, même face à la sentence de boire de la ciguë, qui était une méthode d'exécution en Grèce antique. La "méditation poétique" est une forme de poésie qui se caractérise par son ton réfléchi, méditatif et introspectif. Ce genre poétique se concentre souvent sur des sujets profonds, tels que la nature, l'amour, la spiritualité, l'existence humaine, la beauté et la signification de la vie. Les méditations poétiques visent généralement à susciter une réflexion profonde et à provoquer une réponse émotionnelle chez le lecteur. Les méditations poétiques se distinguent par leur rythme, leur langage et leur structure, qui favorisent la contemplation, l'introspection et la spiritualité. Ces poèmes peuvent être courts ou longs, et ils sont souvent écrits en vers, bien que certaines formes de méditations poétiques puissent également être en prose. ref/267
« Bertaut s’est fait un chemin particulier entre Ronsard et Desportes. Il a plus de clarté que le premier, plus de force que le second et plus d’esprit et de politesse que les deux autres ensemble » (Melle de Scudéry). Précieux et bel exemplaire à très grandes marges conservé dans sa première reliure en vélin ivoire de l'époque. In-8 de (4) ff., le premier blanc, 112 ff., vélin ivoire, dos lisse, ancienne restauration au bas du plat supérieur, tranches dorées. Reliure de l'époque. 166 x 103 mm. Bertaut, Jean (1552-1611). Recueil des Œuvres poétiques de Jean Bertaut, Abbé d’Aunay et premier aumônier de la Reyne. Paris, Mamert Patisson, Imprimeur du Roy, 1601. Édition originale très rare du Recueil des Œuvres poétiques de Jean Bertaut.Renouard, Breyer, n°76 ; Renouard, Estienne, 192 ; J. P. Barbier, IV, 1, n°29. Ronsard suscita sa vocation poétique : Je n’avais pas seize ans quand la première flamme / Dont ta muse m’éprit s’alluma dans mon âme. Il admira bientôt aussi Desportes : Seul je vous estimai l’ornement des humains. / A tout heure, en tous lieux, je sentis votre image / Devant mes yeux errante exciter mon courage. Ronsard daigna lui promettre « quelque fruit de ses premières fleurs » ; mais Bertaut remarqua vite que la modestie de son talent limitait ses ambitions, et que « ses vers de cuivre » ne vaudraient jamais « les vers d’or » de Ronsard. On préceptorat dans la famille Matignon l’introduisit à la cour, ou son honnêteté foncière et sa timidité ne lui permettront d’obtenir ni les rentes de Desportes, ni le chapeau cardinalice de Davy Du Perron. Il s’y distingua d’abord comme librettiste des ballets de cour et des allégories rythmées dont les strophes élégantes émerveillaient jusqu’aux nonces et aux rois. Nul ne chantait aussi agréablement les nymphes étoilées / Naguère ici dévallées / Du palais céleste des dieux / Pour voir un grand roi dont la gloire / Sur l’aile de mainte victoire : / Est volée au plus haut des cieux. Il excelle aux élégies mélancoliques, il sait condenser sa pensée en une phrase nerveuse, traduire avec émotion la douleur, faire gémir ses vers en accords adoucis : Ignorez-vous encor qu’aux âmes désolées / Commander les chansons, c’est conseiller les pleurs. Ses poésies religieuses ont préludé, en quelque sorte, aux Harmonies et aux Méditations. Les stances de ses Psaumes sont supérieures à celles de Marot et de Desportes, dont Malherbe disait avec impertinence : « Votre potage vaut mieux que vos Psaumes. » De la paraphrase du psaume CXLVIII, où le prophète convie la création à glorifier Dieu, E. Faguet a écrit : « C’est tout à fait une Harmonie de Lamartine. La forme est parfaite, et comme l’inspiration est très profonde, et que la puissance de développement, quoique abondante encore, se restreint en de justes limites, nous avons là une pièce classique vraiment admirable. » Malherbe, passant en revue Ronsard, Desportes, Régnier, d’Aubigné, a dit qu’il « estimait Bertaut le plus de toute la volée ». Boutade, sans doute, mais hommage peut-être à la fermeté ou à la mélancolie de la forme à l’allure du mouvement, qui lui avaient servi. La cour la chantait ; les Solitaires de Port-Royal « la consacrèrent en la citant » ; M. de Sacy l’inséra dans son Commentaire de Job ; Mme Guyon en fit une application inattendue à l’amour de Dieu, et Sainte-Beuve constatait : « Nos mères les savent encore. » Mais Boileau a plus fait pour que le nom de Bertaut demeure, en l’introduisant dans son Art poétique, après un coup droit à Ronsard qu’il n’aimait pas : Ce poète orgueilleux, trébuché de si haut, / Rendit plus retenus Desportes et Bertaut. Il lui a fait encore justice par ce mot de son Traité du Sublime : « Bertaut a attrapé dans le genre sérieux le vrai génie de la langue française. » L’Académie partageait son sentiment. Car, « voulant, dit Pelisson, rendre notre langue capable de la dernière éloquence et faire un choix de tous les auteurs morts qui avaient le plus purement écrit, elle inscrivit, parmi les auteurs les plus célèbres en prose : Amyot, Montaigne, Bertaut, Du Perron et François de Sales ». « Bertaut fut perçu par les auteurs classiques comme un véritable précurseur, maîtrisant une langue en avance sur son temps. Boileau, pourtant si féroce à l’égard des auteurs des siècles précédents, disait que Bertaut avait « attrapé dans le genre sérieux le vrai génie de la langue française » » (N. Ducimetière). Les Œuvres poétiques furent réimprimées en 1605, 1620 et 1623. L’édition originale de 1601 est très rare ; nous avons trouvé trace d’un exemplaire de l’édition de 1605 relié à l’époque vendu 10 000 € le 15 juin 2002. Précieux et bel exemplaire à très grandes marges conservé dans sa première reliure en vélin ivoire de l’époque. De la bibliothèque A. J. Guibert.
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