Fayard, 1999, fort in-8°, 769 pp, 16 pl. en couleurs hors texte, 9 cartes et plans, chronologie, biblio, index, 4 généalogies, reliure souple illustrée de l'éditeur, bon état
Reference : 101918
ISBN : 9782213604046
Successeur des Césars, Charlemagne dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité. Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien. Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste. Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
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Monaco. Editions du Rocher. 1946. In-4° en feuilles sous couverture rempliée et sous papier cristal gaufré. 40 pages. Tirage à 550 exemplaires numérotés, tous sur pur fil Johannot.
Bon état.
Albin Michel, 1967, in-8°, 443 pp, un frontispice en couleurs, 8 pl. de gravures hors texte, 2 cartes et 2 fac-similés, nomenclature du siècle, biblio commentée, reliure toile rouge ornée d'une vignette de l'éditeur, rhodoïd, ex. numéroté, bon état (Coll. Le Mémorial des siècles)
Edition « de luxe » augmentée de 8 pl. de gravures hors texte. — Étude historique par Georges Tessier (120 pp), suivi de textes de Charlemagne, Eginhard, Alcuin, Hincmar, Notker, Thégan, Théodulphe, des Annales royales, des capitulaires de Charlemagne, etc. — " Cet ouvrage de la collection « Le Mémorial des siècles » est avant tout un recueil de documents importants et divers concernant Charlemagne. Ce recueil est précédé d'une substantielle étude sur le grand empereur par Georges Tessier qui a su réussir ce tour de force de présenter dans une langue entraînante et très vivante, Charlemagne, son œuvre, son temps, ce qu'il fut réellement, ce qu'il a représenté et ce qu'il représente toujours. Ces pages, pleines de substance n'oublient rien qui ne soit essentiel ou significatif. On ne saurait être plus complet, plus bref et plus vivant. En dehors de ce portrait de Charlemagne, par G. Tessier, G. Walter pour l'illustrer y a joint des documents contemporains du règne, un tableau général du règne de Charlemagne d'après les Annales Royales, de longs passages de la Vie de Charlemagne par Eginhard, le Couronnement par Charlemagne de son fils Louis par Thégan, Le Palais et la Cour de Charlemagne par Hincmar, Charlemagne dans ses rapports avec les hommes d'Église, d'après la relation de Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, et de larges extraits des Capitulaires, Charlemagne et sa correspondance, enfin différents extraits d'autres textes contemporains consacrés à la gloire du grand empereur. Notons enfin au début du volume une fort belle étude sur les empereurs byzantins iconoclastes, contemporains de Charlemagne. Ce nouveau volume du Mémorial des siècles est une réussite." (Bulletin de l'Association Guillaume Budé, 1967) — "M. Tessier a composé un tableau extrêmement brillant, juxtaposant l'empereur tel que les historiens le voient aujourd'hui, tel que les panégyristes de son temps l'ont décrit, enfin tel que la légende l'a transformé. Le parallèle, conduit avec esprit, ne manque pas d'humour ; il prouve que les chartistes, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne vivent pas hors de l'actuel. Voici un Charlemagne qui diffère de celui de Louis Halphen ou de celui de Fichtenau ; mais, d'une évocation à l'autre, le changement porte seulement sur des détails, sur la manière de présenter les choses. La documentation concernant le haut Moyen-âge est si limitée et déjà si largement utilisée que seul le talent de l'historien peut apporter un peu de nouveauté. L'auteur nous livre ensuite l'essentiel des textes concernant Charlemagne. Après de longs extraits des Annales royales, après Eginhard et Hincmar, avant les lettres de l'empereur, nous trouvons le texte d'une douzaine de capitulaires. Cette publication est une excellente chose." (Pierre Sorlin, Le Monde, 1967) — "Le « Mémorial des siècles » est une de ces collections qui se proposent de faire le bilan de l'histoire universelle. Gérard Walter a choisi comme point de départ la naissance du Christ et il a décidé de consacrer deux volumes par siècle, l'un aux événements, l'autre à l'homme qui a le plus marqué son siècle. Le “Charlemagne” que signe Georges Tessier appartient à cette seconde série. Selon la technique de la collection, à côté de la pièce de résistance constituée par le portrait de Charlemagne, nous avons une introduction d'histoire générale et d'abondants appendices. Le liminaire est consacré à la crise iconoclaste et au problème lombard, de manière à situer les partenaires politiques de Charlemagne. Le récit est détaillé, sérieux. Dans les appendices, le choix des textes est abondant et intéressant, avec une reproduction intégrale des “Annales royales” traduites en français, la traduction des “Capitulaires”, des passages de la “Vita Karoli” d'Eginhard et de la “Vita Ludowici” de Thégon, un extrait du “De officiis” d'Hincmar, etc. La partie originale de l'œuvre reste le portrait de Charlemagne dressé par Georges Tessier. Il s'agit d'une tapisserie de haute laine où ont été insérés les fils des meilleurs ouvrages. L'ensemble se lit agréablement avec d'excellents passages notamment sur la présentation d'Alcuin, sur la conception que Charlemagne se faisait de sa fonction d'empereur, se considérant d'abord comme l'empereur des Francs. L'auteur a présenté la vie conjugale et familiale de Charles en soulignant très justement à propos de ses nombreuses unions qu'il ne s'agissait pas de désordres de mœurs, mais plutôt de l'influence du milieu germanique et d'une « pratique sacramentelle qui ne devait s'affermir que plus tard ». Le conquérant, le législateur, l'empereur, tels sont ces chapitres que Georges Tessier consacre à l'œuvre de Charlemagne pour conclure en étudiant sa légende avec beaucoup de perspicacité." (J. Chélini, Revue d'histoire de l'Église de France, 1967) Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.
PARIS. AUX EDITIONS DE L’IBIS. 1983. GRAND IN-4 (33,5 X 23,5 X 4,5 CENTIMETRES ENVIRON) DE 191 + (5) PAGES, RELIURE DE L'EDITEUR A LA BRADEL PLEIN VEAU VERT BRONZE ESTAMPE D’UN DECOR A FROID ET EN DORE, AVEC PLAQUE CENTRALE REPRESENTANT CHARLEMAGNE SUR LE PLAT SUPERIEUR, GARDES EN SOIE MOIREE, TITRE ET TETE DORES, SOUS ETUI BORDE. TRES BELLE ILLUSTRATION DANS LE STYLE DE L’ENLUMINURE PAR JEAN-FRANCOIS MINCET, CONSTITUEE D’UNE PLANCHE DOUBLE, 4 PLANCHES HORS TEXTE, 8 DESSINS DANS LE TEXTE ET 1 PAGES DE TITRE, TOUS MIS EN COULEURS A LA MAIN DANS L’ATELIER D’ART D’ENLUMINURE AU POCHOIR DES EDITIONS DE L’IBIS A PARIS, AVEC 8 DESSINS DANS LE TEXTE TIRES EN BLEU. CHAQUE PAGE EST IMPRIMEE DANS UN ENCADREMENT EN COULEURS INSPIRE DES MINIATURES MEDIEVALES. LE TEXTE EST CELUI DU MANUSCRIT CONSERVE AU BRITISH MUSEUM, REPRODUIT PAR FRANCISQUE MICHEL. PREMIER TIRAGE LIMITE A 950 EXEMPLAIRES NUMEROTES. UN DES 928 SUR VELIN CHIFFON DE LANA COMPRENANT L’ETAT DEFINITIF DES ILLUSTRATIONS, CELUI-CI PORTANT LE NUMERO 765. PETITS DEFAUTS EXTERIEURS SANS AUCUNE GRAVITE, SINON BEL EXEMPLAIRE.
PARIS. AUX EDITIONS DE L’IBIS. 1983. GRAND IN-4 (33,5 X 23,5 X 4,5 CENTIMETRES ENVIRON) DE 191 + (5) PAGES, RELIURE DE L'EDITEUR A LA BRADEL PLEIN VEAU VERT BRONZE ESTAMPE D’UN DECOR A FROID ET EN DORE, AVEC PLAQUE CENTRALE REPRESENTANT CHARLEMAGNE SUR LE PLAT SUPERIEUR, GARDES EN SOIE MOIREE, TITRE ET TETE DORES, SOUS ETUI BORDE. TRES BELLE ILLUSTRATION DANS LE STYLE DE L’ENLUMINURE PAR JEAN-FRANCOIS MINCET, CONSTITUEE D’UNE PLANCHE DOUBLE, 4 PLANCHES HORS TEXTE, 8 DESSINS DANS LE TEXTE ET 1 PAGES DE TITRE, TOUS MIS EN COULEURS A LA MAIN DANS L’ATELIER D’ART D’ENLUMINURE AU POCHOIR DES EDITIONS DE L’IBIS A PARIS, AVEC 8 DESSINS DANS LE TEXTE TIRES EN BLEU. CHAQUE PAGE EST IMPRIMEE DANS UN ENCADREMENT EN COULEURS INSPIRE DES MINIATURES MEDIEVALES. LE TEXTE EST CELUI DU MANUSCRIT CONSERVE AU BRITISH MUSEUM, REPRODUIT PAR FRANCISQUE MICHEL. PREMIER TIRAGE LIMITE A 950 EXEMPLAIRES NUMEROTES. UN DES 928 SUR VELIN CHIFFON DE LANA COMPRENANT L’ETAT DEFINITIF DES ILLUSTRATIONS, CELUI-CI PORTANT LE NUMERO 402. PETITS DEFAUTS EXTERIEURS SANS AUCUNE GRAVITE, SINON BEL EXEMPLAIRE.
94 cartes et LAS, auxquelles nous joignons quelques photos et quelques lettres postérieures. Belle correspondance personnelle adressée aux deux frères Charlemagne et Jean Bart par leur frère Léo Bart, du 4 janvier 1915 au 21 août 1917, adressée à Jean Bart, matelot mécanicien à la Caserne Eblé au Havre, puis marin à l’Arsenal de Cherbourg, puis embarqué à bord du sous-marin Denis-Papin. Remarquable correspondance, car non soumise à la censure militaire, d’environ 94 lettres et cartes, auxquelles nous joignons quelques photos personnelles des protagonistes.La première lettre est datée du 29 septembre 1914 de Nomain Andignies, adressée des parents Bart à leur « Cher Fils », dont ils ont appris qu’il était blessé mais peu gravement. Ils racontent le passage des allemands, la fuite des habitants de Nomains vers Douai, « et les allemands sont restés pendant 15 jours à Orchies pour préparer leurs mauvais coups il y a eu des anglais qui sont venus les dénicher alors ils sont partis pour Valenciennes [ etc… ] depuis le 24 août nous n’avons plus de courrier nous sommes obligés de faire porter nos lettres à Lille. Nous avons été tranquille jusque le 24 septembre la nous avons eu un combat à Archies les français ont pris 3 auto et dans un fossé on a trouvé un officier tué avec un ordre dans la poche que l’on devait incendier Orchies à 7 heures du soir [… ] et le lendemain ils ont mis le fin à tout Orchies [ …] A l’heur ou je t’écrit on vient de nous dire qu’il y a des Hulans qui viennent reconnaître le terrain et ce matin nous avons vu deux aéroplanes une allemande et une française qui lui a fait la chasse [etc…] ». Il s’agit de l’unique lettre de l’ensemble provenant des parents de Jean Bart, Nomain ayant ensuite été occupée par les allemands.Un frère (manifestement Léo Bart) écrit le 7 décembre 1914 « je ne travaille plus pour l’armée depuis 8 jours car en général tous les patrons parisiens se figurent que parce que nous sommes des réfugiés nous devons subir toutes leurs humiliations et faire des bassesses. J’ai fait 3 boutiques depuis mon arrivée à Paris, et je rentre demain dans la 4e comme contremaître [… ] Je me suis fait inscrire pour passer le conseil mais j’ai bien stipulé « automobiliste » mais c’est une ressource car je ferai tout ce qu’il m’est possible de faire pour me faire réformer de nouveau et si je ne puis l’être au conseil j’aurai au moins la chance de l’être en arrivant au corps ».[ … ] je suis ici avec l’oncle de Germaine, le directeur de chez Thiriez. [ … ] Il a envoyé un télégramme à Germazine « par la voie d’un consul de Hollande » [… ] « tout ce que l’on sait c’est que les Allemands ont tout organisés comme s’ils étaient chez eux à Roubaix ils ont rouvert les écoles, il font marcher les usines en autres la maison Thiriez ». Il évoque la guerre qui va durer au moins l’hiver, s’inquiète de son frère : « Et ton bras, comment va-t-il ? Fais bien attention de ne plus retourner à cette orgie sanguinaire et si les mouvements de ton bras ne sont plus complets ils ne pourront certainement pas de renvoyer au feu si tu sais te débrouiller, maintenant si à force d’insister on voulait te réformer ne te laisse surtout pas réformer n°2 il faut te faire réformer n°1 c’est-à-dire avec pension car il ne faut pas que tous ces messieurs c’en tire à si bon compte [ … ] Maintenant je voudrais bien savoir l’état exact de ton bras, car je crois que tu ne me dis pas toute la vérité [ …] ». Il lui conseille de se faire inscrire comme décolleteur.Suivent deux autres CP datées du 20 puis du 28 décembre 1914. On y apprend que leur frère Charlemagne, blessé, est à Périgueux, et que lui-même, Léo, a dû abandonner côté allemand sa femme et sa fille…Le même écrit le 4 janvier 1915 (1914 par erreur sur la lettre) à Jean, depuis le Grand Hôtel du Pont du Cher, à Saint-Florent, et l’informe qu’il s’y trouve « non comme soldat, mais comme militarisé pour monter une usine pour la fabrication des gaines d’obus. Je suis ici dans un sale patelin et on s’y fait crever à travailer je t’assure que je préfèrerais être sur le front ». Il est sans nouvelles de sa femme et de sa petite-fille, restées à Loos. Le 12 février 1915, il s’inquiète pour son frère « il paraît que chaque fois que tu sors du bois et te rends malade ce n’est pas digne d’un jeune homme tel que toi, que dirais-je moi qui ait laissé ma femme et ma petite-fille à Loos », [ …], « prends patience un grand coup se prépare et avant 1 mois soit persuadé que tous ces bandits seront chassés de chez nous ». Le 9 juin 1915, automobiliste dans le secteur Postal 63, il lui reproche d’avoir fait « de la caisse ». Il sait bien que l’on souhaiterait savoir ce qui se passe sur le front ; leur frère Charlemagne « pourrait te raconter bien des choses, mais la guerre du mois d’août dernier n’était pas celle que l’on fait en ce moment. Je puis t’en causer car ce matin encore je suis allé à 1500 mètres des tranchées boches et je t’assure que ça barde quand tu vois des chevaux coupés en deux par des éclats d’obus il faut pas demander quand cela arrive dans groupe d’hommes [ …] ». Les 11 et 15 mars 1915, Léo Bart écrit à Jean, sur papier à en-tête de l’Hôtel franco-russe à Paris. Il est désormais automobiliste et compte « monter sur le front avec une auto-mitrailleuse ou une auto-canon ou auto-projecteur. Je te conseillerai de faire une demande pour être versé comme moi au 13ème Artillerie comme automobiliste car on en demande beaucoup » [ … ] Charlemagne me dit que tu désires aller voir comment ça se passe sur le front, ne fait jamais cette bêtise là moi j’en reviens j’y ai passé 8 jours et je t’assure que ce n’est pas amusant ». Le 17 mars, Léo lui envoie une des lettres les plus émouvantes : « Je reviens du front où j’ai fait des convois de chevaux et maintenant je suis automobiliste mais malheureusement je crois que je vais repartir bientôt comme auto-mitrailleur. Enfin si jamais j’y laissai ma peau je compte sur toi pour aller voir Germaine et l’embrasser pour moi. Surtout ne dit jamais que c’est moi qui ai demandé à partir, tu me le jureras dans ta prochaine lettre [ souligné six fois !] car je le regrette amèrement ». […] « Ne te fais pas de mousse pour moi, je ne suis pas encore parti et tu sais que je suis débrouillard ». Suivent six missives plus brèves adressées à Jean et Charlemagne (lequel est arrivé au centre des Convalescents de La Force en Dordogne). Léo est désormais au service du courrier.Le 17 juillet 1915, Léo écrit qu’il lui est « arrivé une sale blague, nous étions en train de discuter dans la cour de chez nous quand arriva le lieutenant un copain cria 22, ce lieutenant a peut-être cru que c’était moi qui avait crié et depuis 8 jours je suis sur les épines [ … ] figure toi que le fautif est parti en permission, mais je dois te dire que ce lieutenant est du Midi et soit certain qu’il ne doit pas gober les gens du Nord, et il n’est pas sans savoir que les Gars du Nord détestent les mauvais soldats du Midi. Mais vois-tu la Guerre finira un jour et il faut espérer qu’on les houspillera un peu car ils n’ont rien à souffrir ils sont les bienvenus dans les hautes sphères, ils sont en communication avec les leurs enfin ils ont tou pour être heureux tandis que nous, il nous manque tout cela et non content d’être ainsi favorisé ces salauds là rient de notre malheur et nous tourne en risées [… ] Lorsque j’ai demandé ma permission pour Bergerac au bureau ont ma demandé si c’était pour aller voir Cyrano, j’aurai bien pu leur répondre que s’ils étaient un peu moins fénéants et un peu plus patriotes nous pourrions faire comme eux aller embrasser les nôtres [ … ] ».Le 19 septembre il expose la manière de correspondre avec Lille (« l’enveloppe ne doit pas être cacheté et ne pas parler de la guerre »). Le 20 septembre, Léo annonce avoir reçu des nouvelles de sa femme et de sa fille. Le 22 octobre (à Charlemagne et Jean, tous deux à Cherbourg) : « hier ont a demandé des volontaires pour la Serbie, et je vous prie de croire que si je n’avais pas femme et enfant je me serai fait inscrire car j’en ai assez de vivre au milieu de tous ces salauds là. Qu’est-ce que c’est que la guerre pour eux, ce n’est rien au contraire ils font de l’automobile toute la journée, ils ont de l’argent plein leurs poches, ils font venir leurs femmes quand ils veulent. Tu vois que ces gens là voudraient bien que la guerre dure éternellement [ …] Maintenant dans notre secteur c’est plus calme depuis quelques jours les boches attaquent plus à l’Ouest du côté de Reims mais ils ramassent la purge [ … ] ces vaches là tiennent bon quand même et quand on fait des prisonniers c’est parce qu’ils sont prix par les tirs de barrages qui empêchent les vivres d’arriver sans cela il se font tuer jusqu’au dernier même étant prisonnier ils nous engueulent encore ».Le 1er novembre 1915 puis le 6 novembre, Léo écrit, précisant que « si je t’envoie un lettre par un civil, c’est pour ne pas que ma lettre passe à la censure militaire et farceur que tu es tu mets sur ton adresse pour remettre à un militaire farceur va enfin ça y est tout est arrivé à bon port [ … ] » Dans les lettres suivantes (novembre et décembre ), il essaie d’envisager la réunion des 3 frères à Cherbourg, mais avec prudence, car les mensonger exposent aux enquêtes de gendarmerie.Le 21 janvier 1916, il indique avoir reçu une photo de sa femme dont il est resté marqué, « elle fait pitié tellement elle a maigri ».Le 20 février 1916, il s’inquiète de ne plus recevoir de nouvelles. Il a appris par son oncle que l’explosion du dépôt de munition de la Porte des postes a causé des dégâts considérables, « tout le quartier de Moulins-Lille est rasé il y a 600 immeubles de démolis, 2000 victimes civiles et 300 soldats boches, tout cela demande confirmation bien entendu mais c’est le bruit qui coure ».Le 1er avril 1916 il écrit : « nous sommes de nouveau au repos et tu as dû lire la citation de tous les automobilistes du front de Verdun ». Le 19 mai 1916 il écrit (Motocycliste 551 T. M. Convois auto B.C.M. Paris) : « Pour le moment nous sommes très surmenés avec cette sacrée bataille de Verdun qui n’en fini pas, qui est très fatiguant pour nous car il faut marcher jour et nuit pour le transport des munitions ».Nous ne détaillons pas l’intégralité de la correspondance. En juillet 1916, il raconte que des « nuées d’avions sillonnent continuellement le ciel nuit et jour et les boches ne peuvent plus monter leurs saucisses car on les abat aussitôt ». Le 216 octobre 1916 il évoque un tuyau de l’Intendance anglaise prétendant que Lille sera repris pour la fin du mois. « Contrairement à ce que je t’avais dit, au lieu d’aller dans l’infanterie, c’est pour les tracteurs d’artillerie, ou dans les « Tancks » (crème-de-menthe ») et on relèvera jusqu’à la classe 1902. En novembre « j’ai bien peut d’être expédié à Salonique, car en ce moment c’est une vraie pétaudière ». La dernière lettre du temps de guerre date du 21 août 1917
Passionnant ensemble, à analyser en profondeur. Prix de l'ensemble, non séparable.