s.l., Claude Aveline, (imprimé à La Charité-sur-Loire par Albert Delayance), 1930, Collection Blanche n°16 plaquette in 16 brochée de 25 pages plus justification de tirage et liste de la collection.
Reference : 12476
Edition originale numérotée à 100 exemplaires hors-commerce (tirage unique). Exemplaire non coupé. Papier jauni et fragile avec manque au coin d'une page. Rare. PRIX PORT ENVOI EN COLISSIMO INCLUS POUR LA FRANCE MÉTROPOLITAINE (Forfait de 5 euros déductible pour une remise en main propre. Nous consulter pour un envoi vers une autre destination).
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Précieux exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. S.l. [Paris], 1594.In-8 de (1) f.bl., 123 ff., (1) f.bl. Relié en plein vélin souple de l’époque, dos lisse avec le titre manuscrit. Reliure de l’époque. 164 x 104 mm.
Rare troisième édition, augmentée et amplement modifiée par rapport à l’originale parue quelques mois auparavant, de ce célèbre libelle rédigé par un ligueur. Brunet, II, 670 ; Adams, D.386. C’est dans un contexte historique des plus troublés qu’est rédigé l’ouvrage. Le siège de Paris interrompu par les campagnes de Henri IV contre le Duc de Mayenne avait été repris en mai 1590. Durant ce blocus la Ligue s’était employée à exciter le patriotisme des masses. L’approche du Duc de Parme avait contraint Henri IV à s’éloigner. Après les exécutions décidées par la Ligue, le Duc de Mayenne s’emparait de la Bastille, faisait décapiter quatre des seize responsables des quartiers de Paris et cassait leur conseil. Les Etats généraux étaient réunis en avril 1593. La Ligue avait vécu. Après l’abjuration, Henri IV entrait à Paris le 22 mars 1594. La véritable édition originale du célèbre dialogue fut publiée en 1593. Notre texte date de 1594. En cette année charnière l’entrée du Roi à Paris a rendu obligatoire la suppression de passages défavorables à Henri IV et nécessaires des additions en sa faveur ou dirigées contre la Ligue et contre les Seize. Une seconde édition de ce Dialogue, amplement modifiée, voit donc le jour au début de l’année 1594, et est réimprimée une nouvelle fois dans la même année (notre édition), puis à nouveau en 1595. Elle sera ensuite reprise dans la Satyre ménippée. Imprimé après l’entrée du roi dans Paris, le texte notre édition a été adapté au retournement de la situation politique de la France. Ce dialogue a été attribué à plusieurs ligueurs extrémistes : à François Morin dit Cromé par P. Cayet, puis à Crucé par l’abbé Dartigny, l’un des Seize, ou encore à Nicolas Rolland, également membre des Seize. Barbier (I, 940) explique : « J’ai trouvé sur un exemplaire la note suivante, d’une écriture du XVI esiècle : ‘ce livre a été fait par un nommé Crucé, procureur, demeurant Rue du Foin à Paris, qui était l’un des seize et a été imprimé dans Paris auparavant que le Roi Henri IV y entrast...’ ». « Dans cette réimpression de 1594, faite peu après l’entrée du roi à Paris, le texte présente des différences sensibles. On y a supprimé plusieurs passages défavorables à Henri IV, et on y a fait des additions qui sont en sa faveur, ou qui sont dirigées contre la Ligue et contre les Seize. Voilà pourquoi, sans doute les critiques qui n’ont connu de ce dialogue que la seconde rédaction ont pu dire que c’était l’ouvrage d’un ligueur, mais d’un ligueur mécontent du duc de Mayenne. Toutefois, ces critiques sont peu d’accord sur le véritable auteur, qui serait, selon Cayet, L. Morin, dit Cromé ; selon Dartigny, Crucé, procureur, et l’un des Seize ; et enfin, selon d’autres, un certain Roland, aussi l’un des Seize de l’union parisienne. » (Brunet) « Le Dialogue d’entre le malheustre (gentilhomme partisan d’Henri IV) et le manant (ligueur parisien) a fait l’objet d’une édition originale en 1593, de versions modifiées dans le sens royaliste dès 1594, qui devinrent pièces d’accompagnement à la ‘Satire Menippée’ dans ses éditions du XVIIIe siècle. » « Le ‘Dialogue d’entre le malheustre et le manant’ fait partie des libelles mythiques des guerres de religion, en raison surtout du caractère extrême de sa pensée. On le cite souvent pour ses violentes diatribes contre la noblesse devenue indigne de son rang. Cromé, l'auteur maintenant bien identifié de ce pamphlet, va si loin dans son réquisitoire contre les tièdes et les corrompus que Mayenne, qui n'est pas épargné, s'emporta contre lui et le menaça. Beaucoup de critiques avouèrent aussi leur embarras devant un texte écrit par un ligueur et souvent très critique à l'égard de la Ligue. Au début de notre siècle, un historien aussi avisé que Hauser se demandait quelle était exactement la cause servie par son auteur." (D. Ménager, Le Dialogue dans Histoire et littérature au siècle de Montaigne: Mélanges offerts à C.-G. Dubois', 2001, pp. 97-109). Hauser souligne l'intérêt de cet ouvrage, tant du point de vue de la philosophie politique qui y est développée que des faits relatés: "Le Manant n'est pas seulement un catholique intransigeant, c'est un démocrate révolutionnaire, un théoricien du contrat social et un adversaire de l'aristocratie... Il y a une vraie valeur historique dans le récit des événements parisiens après le meurtre de Blois. Ce texte est riche en détails personnels, en noms propres, en révélations sur les négociations secrètes avec Henri IV et sur les intrigues dont les Etats furent le théâtre" (Hauser). L’ouvrage fut poursuivi et détruit par le duc de Mayenne. Précieux exemplaire, grand de marges, conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Provenance : ex libris manuscrit et cachet Bar nabitarum s. eligii Paris sur le titre.
1 vol. grand in-8 reliure de l'époque plein veau marbré, dos à 5 nerfs dorés orné, triple filet doré d'encadrement en plats : [ Recueil de Mazarinades : ] [ Recueil de 19 Mazarinades : ] Dialogue entre le Roy Louis XI et Louys XII sur leur differente façon de regner à sçavoir lequel est meilleur ou de les Gouverner par amour, ou par force & puissance absolüe, 1649, 11 pp. [ annotation ms. : "Pièce singulière sur les evenements de 1771", Edition originale, Moreau, 1092 ] [ Suivi de : ] Le Confiteor du Chancelier au temps de Pasques, A Anvers, 1649, 8 pp. [ annotation ms. : "Pièce rare et singulière", EO, Moreau 751 : "Le Confiteor est attribué à M. de Bardonville. C'est de ce pamphlet que Saintot parle dans une lettre citée page 164 des "Mémoires" du Cardinal de Retz "] [ Suivi de : ] Le Prédicateur déguisé, s.l.n.d., 12 pp. [ annotation ms. : "Pièce rare", EO, Moreau 2838 ] [ Suivi de : ] Agréable Conférence de Deux Paisans de Saint Ouen et de Montmorency, sur les Affaires du Temps, A Paris, 1649, 8 pp. avec grande planche dépliante [ annotation ms. : "Pièce rare [ ... ] de l'estampe", EO, Moreau, 54 : "Cinq Parties de la "Conférence" avaient paru quand le Mascurat a été publié. Cependant, Naudé n'en loue que trois. C'est qu'en effet les deux autres sont beaucoup plus faibles [...]" On trouve ici les 5 pièces parues en 1649, trois autres parurent en 1651 et 1652. Cet ensemble connut un grand succès. Surtout notre exemplaire est bien complet de la rare gravure évoquée par Moreau : "La gravure s'est emparée de ce sujet si populaire. Il existe une caricature contemporaine du pamphlet qui représente Piarrot et Janin, le premier en paysan et le second en soldat. Elle porte pour titre : "Les deux paysans de Saint-Ouen et de Montmorency dans leur agréable Conférence touchant la guerre de Paris". Au-dessous de Piarrot et Janin on lit 2 quatrains, et "dans le fond on voit les députés allant à Saint-Germain sur un âne ; Guillot en avant, Piarrot au milieu et le fieu Jaquet battu par le procureur ; la grand'Margo à gauche et Robar à droite. Cette caricature, petit in-folio, est de P. Bertrand ] [Suivi de : ] Suitte de l'Agréable Conférence de Deux Païsans de Saint Ouen et de Montmorency, Par le mesme Autheur, A Paris, 1649, 8 pp. [ Suivi de : ] Troisiesme Partie de l'Agréable Conférence de Deux Païsans de Saint Ouen et de Montmorency. Ou la rencontre ou Dialogue de Piarot & de Ianin, fait par le mesme Autheur de la premiere Partie, A Paris, 1649, 8 pp. [ Suivi de : ] Suitte et Quatriesme Partie de l'Agréable Conférence de Piarot & de Ianin, Paisans de Saint Oüen & de Montmorency, sur les Affaires du Temps, par le mesme Autheur, A Paris, 1649, 8 pp. [ Suivi de : ] Cinquiesme Partie de l'Agréable Conférence de Deux Paisans de Saint Oüen & de Montmorency, sur les Affaires du Temps, par le mesme Autheur, A Paris, 1649, 11 pp. [ Suivi de : ] Conférence de Mazarin avec les Partisans, touchant sa Retaitte. Par le Sieur de la Besace, Chez Nicolas de La Vigne, Paris, 1649, 16 pp. [ Annotation ms. : "Pièce singulière", EO, Moreau, 739 : "On lit, au verso du titre, deux épigrammes assez mauvaises des sieurs de la Pointe et de la Valise, chevaliers de la Treille. Il ne faut pas négliger cette pièce, quoiqu'elle ne soit pas très rare" ] [ Suivi de : ] La Conferance de Mazarin avec la Fortune apparue à son Eminence sous le Nom et le Visage de la Dona Isabella, Courtisane Italienne, Chez Pierre Sevestre, Paris, 1649, 16 pp. [ Annotation ms. : "Rare", EO, Moreau, 738 : "Après la mort du roi d'Angleterre" ] [ Suivi de : ] L'Oyseau de Rivière, ou le Tournoy naval. Dédié aux Mariniers, Chez Pierre Variquet, Paris, 1649, 40 pp. [ dernière page paginée 23 ] [ Annotation ms. : "Pièce peu commune. Cette pièce est relative à nos spectacles de larapée. Et peut passer pour une comédie y ayant des acteurs", EO, Moreau, 2587 ] [ Suivi de : ] Déclaration du Roy, pour faire cesser les Mouvemens, & restablir le repos & la tranquillité en son Royaume. Verifiée en Parlement le premier Avril mil six cens quarente-neuf, Par les Imprimeurs & Libraires ordinaires du Roy, A Paris, 1649, 14 pp. et 1 f. n. ch. [ Annotation ms. : "Pièce relative", EO, Moreau, 944 ] [ Suivi de : ] Le Dialogue de S. Germain en Laye en forme de Tragedie par lequel on Remarquera la fidelité des Parisiens au Roy. Dedié à Monseigneur le Duc de Beaufort par le S.D.B.P.C.D.S.M. Première Partie, Chez Louis Sevestre, A Paris, 1649, 11 pp. [ Annotation ms. : "Rare", EO, Moreau, 1084 ] [ Suivi de : ] La Robbe Sanglante de Jules Mazarin, Avec la verité reconnüe ou le veritable recit de toutes les fourbes & impostures, s.n., pp. 61-68 [ cf Moreau, 3554 ] [ Suivi de : ] L'Equipage nécessaire pour aller à la Chasse aux Larrons de ce Royaume, Chez Nicolas de La Vigne, à Paris, 1649, 8 pp. [ avec erreurs de pagination, EO, Moreau 1271 : "Cette pièce n'est pas sans mérite" ] [ Suivi de : ] Discours d'un Philosophe mécontent envoyé à Madame La Fortune, sur le Malheur des Scavans de ce Siècle, s.n., 1649, 7 pp. [ par un "Philosophe mécontent", EO, Moreau, 1110 : "Les seuls rois qui aient favorisé les savants sont Chilpéric Ier, Charlemagne, Philippe le Bel, Charles V, Charles VIII, François Ier, Charles IX et Henry III" ] [ Suivi de : ] Le Prince vendu ou Contract de Vente de la personne du Prince libre & innocent Dom Edouard Infant de Portugal passé à Vienne le 25 jour de Juin 1642 [ etc... ] Traduit de l'espagnol, Chez Jean Pasle, à Paris, 1643, 41 pp. avec portrait en frontispice, au verso du faux-titre [ Suivi de : ] Harangue faite à Monsieur le Duc d'Orléans par Monsieur Nicolai Premier Président en la Chambre des Comptes, à Paris, 1649, 7 pp. [ Annotation ms. : "Note 1771 Mr Perraut acocat général de la Chambre et Cour des Comptes s'est servi des termes [ ... ] EO, Moreau, 1576 ] [ Suivi de : ] Séance du Roy Louis XIV en son Lict de Justice, en Parlement ou les vrayes Harangues de Messieurs le Chanceelier premier President, & Talon Advocat General, Chez Gervais Clousier, Paris, 1649, 8 pp. [ Annotation ms. : "Pièce singulière. M. Séguier a fait en 1771 usage de ces pièces", EO, Moreau, 3600 : "Peu commun" ]
Beau recueil de mazarinades, remarquable notamment pour la présence de la très rare gravure illustrant "l'Agréable Conférence de Deux Paisans de Saint Ouen et de Montmorency". Une main anonyme a enrichi à la fin du XVIIIe siècle les feuillets de titre d'annotations intéressantes, et fait souvent référence aux événements de l'année 1771, faisant écho aux événements de la Fronde. Bon exemplaire (accroc habituel sans manque à la planche dépliante, petit frott. à la reliure, bel exemplaire par ailleurs).
[s.n.] - Anonyme ; [ BILAIN, Antoine ; DE BOURZEIS, Amable ; DE LISOLA, Baron F. P. de ]
Reference : 52823
(1667)
1 vol. in-12, s.n., 1667 et 1668 (date in fine), 68 pp., 2 ff. blancs, 232 pp.
Bon état (coiffes arasées, rel. lég. frottées, très bon état par ailleurs) Il s'agit pour le premier ouvrage d'un Abrégé du "Traité des droits de la Reyne tres-chrétienne sur divers Etats de la monarchie d'Espagne", dû à Antoine Bilain, Amable de Bourzeis, mais également attribué à Guy Joly et à François Duhan. La suite "est une Critique du Dialogue ; elle pourrait bien être du Baron de Lisola, qui était Franc-Comtois" (Lelong, II, 28848 et 28852). L'un des adversaires les plus acharnés de Louis XIV, le diplomate François-Paul de Lisola (1613-1674) dénonça sans trêve les prétentions du Roi de France sur l'Europe entière. Une intéressante description est fournie par Charles Pieters (Annales de l'Imprimerie Elsevirienne, III, 31 et 32), qui attribue en définitive le premier ouvrages soit aux presses des Elseviers, soit aux concurrents d'Amsterdam (Wolfganck ou Boom), et le second aux Presses de François Foppens, à Bruxelles.Le premier chapitre commence ainsi : "Dialogue sur les Droits de la Reyne tres-Chrestienne. Un advocat François s'estant rencontré dans la ville de Bruxelles avec deux Advocats, l'un Flamand, & l'autre Allemend, ils eurent ensemble l'entretien qui suit". Le premier chapitre de la suite commence ainsi : "Suite du Dialogue sur les Droits de la Reyne tres-Chrestienne où se découvre la vanité des Prétentions de la France sur les Pays-Bas. Les Advocats François & Allemand s'estants rencontrez avec un Advocat Brabançon".
Nouvelle édition conforme à celle de Genève, 1782, et augmentée de quelques nouvelles pièces, 2 vol. in-8 reliure de l'époque demi-basane marron, dos lisse orné, tranches marbrées, s.n., A Lyon, 1796, 387 pp. ; 314 pp. : Tome 1 : Dialogues ; Tome 2 : Second Dialogue - Troisième Dialogue
Il s'agit des tomes 24 et 25 de l'édition des Oeuvres Complètes de J. J. Rousseau en 33 tomes publiée à Lyon en 1796. Etat satisfaisant (reliures frottées, bel état intérieur) pour cet exemplaire bien complet des "Dialogues" de Rousseau.
MONTESQUIEU. Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de.
Reference : LCS-18587
Des bibliothèques du chef Vendéen Jacques-Aubin Gaudin de La Bérillais et Giraud Badin, avec ex-libris. A Paris, rue S. Jacques, Chez Huart & Moreau fils, Libraires de la Reine, & Libraires-Imprimeurs de Monseigneur le Dauphin, à la Justice & au grand Saint Basile, 1748. 1 volume de 3 ff., 365 pp. et 3 pp. In-12 maroquin rouge, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, filet sur les coupes, tranches dorées. Reliure en maroquin de l’époque. 168 x 97 mm.
Edition originale définitive donnée par Montesquieu même. «L’édition définitive donnée par Montesquieu, est celle de Paris, 1748, in-12 de (3) ff. y compris le frontispice d’Eisen, 365 pp. et (3) pp. «Les ff. lim. contiennent un joli frontispice d’Eisen, gravé par De la Fosse et tiré sur papier fort. Les mêmes artistes ont signé le fleuron du titre et le fleuron placé au-dessus du titre de départ. Le Dialogue de Sylla et d’Eucrate paraît ici pour la première fois. Le privilège, daté du 20 septembre 1747, est accordé pour neuf ans à Pierre-Michel Huart.» (Cat.James de Rothschild, n° 2080). On y trouve joint, pour la première fois, le Dialogue de Sylla et d’Eucrate qui avait d’abord paru dans le Mercure de France de février 1745, pp. 61-72.» (Tchémerzine IV-928). L’œuvre se rattache par certains de ses aspects au Discours sur l’histoire universelle de Bossuet, mais elle est libérée des intentions théologiques qui présidèrent à la naissance de cette dernière ; les Considérations de Montesquieu se développent suivant une nouvelle harmonie, selon la logique humaine des faits qui s’enchaînent et s’ordonnent en un processus causal. Certaines « causes générales, morales ou physiques » influent sur le cours de l’histoire, et la direction générale de l’histoire entraîne à son tour tous les événements particuliers : les peuples qui changent de gouvernement pour en adopter un qui se trouve en contradiction avec leurs exigences historiques naturelles s’exposent à de graves conséquences. Les Romains furent grands et prospères aussi longtemps qu’ils se gouvernèrent selon certains principes : l’amour de la liberté, du travail, de la patrie, la sévère discipline militaire, la sage politique du Sénat dans ses rapports avec les peuples vaincus. Ils furent en décadence lorsqu’ils agrandirent de façon démesurée leur Empire et que leur puissance universelle les obligea à changer leur mode de gouvernement en substituant de nouveaux principes aux anciens. L’éloignement des armées fit s’évanouir l’esprit républicain ; le droit de cité fut étendu à trop de peuples ; les richesses furent accumulées indûment ; le pouvoir, passé des mains des patriciens dans celles du peuple, ouvrit la voie aux abus les plus monstrueux des empereurs. Au milieu de ces considérations, qui ont la clarté de l’évidence, trouvent place des portraits et des tableaux admirables qui font de ce livre un chef-d’œuvre de grâce austère, rempli de l’antique et classique amour de la liberté. Les idées fondamentales de L’Esprit des lois s’organisent ici et s’affirment dans un exemple historique précis, dont la conception, se libère nettement des influences religieuses et dynastiques et, par là, annonce les horizons plus vastes de l’historiographie moderne : celle-ci d’ailleurs reprendra et développera certains points de l’analyse de Montesquieu (par exemple l’importance de la tradition, et du milieu). Très bel exemplaire relié en maroquin rouge provenant de la bibliothèque du Vendéen Jacques Aubin Gaudin de La Bérillais, né à Nantes le 14 avril 1733, guillotiné à Nantes le 18 avril 1793, appelé aussi La Bérillais, Laberillais ou Gaudin-Bérillais. Au début de la Révolution française, il se retire sur ses terres près de Nantes. Il invite des prêtres réfractaires à célébrer dans sa chapelle des messes illégales. Il est secrètement l'un des deux chefs nantais d'une vaste conjuration royaliste, l'Association bretonne créée par La Rouërie. Quand la guerre de Vendée éclate en mars 1793, il désapprouve ce soulèvement paysan. C'est contre son gré qu'il est élu chef par vingt et une paroisses de la région. La Bérillais accepte alors le commandement, mais refuse d'attaquer Nantes à la tête de ses troupes royalistes et impose sa volonté de rechercher la paix par la négociation, en tant que conciliateur. Il rédige un manifeste présentant les principales revendications populaires, le transmet aux autorités, entreprend sur cette base des démarches de négociation et fait temporiser ses troupes, mais il est arrêté par les républicains. Malgré les témoignages attestant son désir de paix et les négociations en cours, il est condamné à mort le 18 avril 1793 comme général des insurgés, et de la bibliothèque Giraud-Badin.