In-8 (215 x 135 mm), couverture de parution bleue, étiquette de titre au dos, (4), 236 pages, 3 tableaux dépliants hors-texte. Paris, F. Buisson, an X [1801].
Reference : 39275
Edition originale de cet ouvrage fondateur de la pensée économique moderne, couronné par lInstitut national en 1801.Nicolas-François Canard (17541833), mathématicien et économiste, y propose pour la première fois en France une formalisation rationnelle et quantitative des phénomènes économiques, appliquant lalgèbre à la production, à léchange, à la monnaie et à limpôt. Cette démarche novatrice fait de lui lun des premiers à tenter une modélisation de léquilibre économique, bien avant Cournot ou Walras.Il développe en particulier une théorie originale de la fiscalité selon laquelle tout impôt retombe sur la rente, en contradiction avec les postulats physiocratiques.Nourrie dune admiration critique envers Quesnay et Smith, sa pensée se situe à la croisée dune rationalité scientifique naissante et dun humanisme éclairé.Mal accueilli en France à sa parution, son usage des mathématiques fut critiqué par Say, Blanqui ou même Cournot qui pourtant sen inspira. Louvrage demeure aujourdhui reconnu comme un jalon essentiel dans la formalisation abstraite et systémique des lois économiques.(Einaudi 830 Goldsmiths 18122 Kress B.4350)Provenance : André Jacques Porchon de Bonval (1742-1836), notaire royal et député de la paroisse à lassemblée du bailliage en 1789, avec petite signature au titre et étiquette supra-libris sur la couverture.Exceptionnel exemplaire, très frais, dans son état de parution, sous couverture bleue dorigine, entièrement non rogné.
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F. Buisson 13 x 20,5 Paris 1801 In-8, an IX (1801], reliure pleine basane marbrée de l'époque, dos lisse orné d'une alternance d'étoiles à huit branches dorées et de frises à motifs géométriques, filets dorés, pièce de titre de maroquin rouge, titre doré, mince filet à froid encadrant les plats, roulette dorée sur les coupes, tranches jaunes, gardes marbrées, signet de soie, [4]-236 pp., 3 tableaux dépliants. Edition originale. L'ouvrage de Nicolas-François Canard représente aujourd'hui une étape importante dans l'histoire de la théorie économique. Il fut largement ignoré par l'Ecole française d'économie du XIXe siècle, dominée par l'héritage de Jean-Baptiste Say et hostile à l'emploi des mathématiques en économie politique. Il fut pourtant traduit rapidement en Espagne, en Allemagne, ou en Italie de 1804 à 1809. Canard a été remis à l'honneur au XXe siècle (Allix, 1920) et plus récemment par de nombreux travaux (Delaunay, 1968 / Breton, 1986 / Israel, 1996 / Bruneau, 2008 / B. Herencia et Th. Martin, 2011-2015). En 1801, Canard n'est pas un économiste, ce qu'on lui reprochera longtemps. Originaire de Haute-Marne, membre de la Congrégation enseignante de la Doctrine chrétienne, statut qu'il abandonna en 1790, il a été professeur de mathématiques à Chaumont, à Vitry-le-François, à Moulins de 1779 à 1793, où il se lia avec Lakanal, puis à l'Ecole centrale de Moulins en 1796. Par l'intermédiaire de Lakanal, il adhéra au Club des Jacobins et entra dans la mouvance des Idéologues, influents à l'Institut. C'est pendant cette période que Canard participa à plusieurs concours de la classe des sciences morales et politiques de l'Institut, avec plus ou moins de réussite, dans des domaines très divers, y compris juridiques, mais avec une constante qui était l'outil mathématique comme méthode d'analyse. Ses " Principes d'économie politique " publiés en 1801 sont le développement d'un mémoire couronné par l'Institut, à l'issue d'un concours, où il fallait examiner la question " s'il est vrai que, dans un pays agricole, tout espèce d'impôt retombe sur les propriétaires fonciers ". Critiqués par Jean-Baptiste Say (1767-1832) et Adolphe Blanqui (1798-1854), et même par Cournot (1801-1877, cf. " Recherches sur les principes mathématiques des richesses, 1838 "), négligés par les économistes français du XIXe siècle, les " Principes " sont considérés aujourd'hui comme la première tentative d'appliquer les mathématiques à l'économie politique. L'ouvrage comporte neuf chapitres : Canard part des " sources de la richesse " et développe une théorie de la valeur fondée sur le travail qui évoque celle de Cantillon (1680-1734) " c'est l'accumulation du travail superflu, qui a formé toutes les sources de rente rente foncière, rente mobilière et rente industrielle " ; la monnaie est rapidement évoquée comme moyen d 'échanges. Son chapitre sur la " Détermination du prix des choses " où l'application des mathématiques est la plus importante, présente une approche novatrice sur le rôle du marché et de l'offre et la demande. Est développée une théorie de l'équilibre fondée sur le pouvoir de négociation des acteurs, où il expose son concept de " latitude ". Les chapitres suivants traitent de la " Circulation de l'argent et du crédit " et des " causes d'accroissement et de décroissement de la richesse " d'une nation. Le chapitre " Des impôts " est un des plus importants : Canard propose une théorie de l'impôt fondée sur le travail, source de la richesse, rompant ainsi avec l'idée physiocratique que tout impôt retombe sur la propriété foncière, puisque seule la terre serait vraiment productive. Canard amorce ainsi une conception plus générale de l'impôt sur le revenu et sur le produit net. Il insiste enfin sur la nécessaire stabilité fiscale " Ce n'est pas l'impôt lui-même qui fait le mal, mais seulement le dérangement d'équilibre qu'il cause. Donc on peut avancer cette grande vérité, que tout vieil impôt est bon, et tout nouvel impôt est mauvais " Reliure élégante en très bon état, quelques légers frottements au dos, intérieur frais, petite étiquette collée sur un ancien ex-libris, ex-libris manuscrit "anno 1813, Maurice Jeannin, professeur de mathématiques", petite tache dans le coin gauche de la page de titre. Très bon exemplaire. Peu fréquent. (FourBbis8). PHOTOS NUMERIQUES DISPONIBLES PAR EMAIL SUR SIMPLE DEMANDE-DIGITAL PHOTOGRAPS MAY BE AVAILABLE ON REQUEST