P., A. Quantin - Coll. "Petits conteurs du XVIIIe siècle", 1882. In-8, demi-basane havane de l'époque, dos lisse orné, pièce de titre rouge, couv. conservée [2]ff.-XIV-283 pp.-[2]ff., portrait-frontispice gravé par Los Rios, 2 fig. gravées sur cuivre dt une par Gaujean, lettrines et ornements. Tirage à petit nombre. Ex. sur vergé.
Reference : 543311
Dos un peu passé et légèrement éraflé. Intérieur frais. Bel ex. - Frais de port : -France 6,9 € -U.E. 9 € -Monde (z B : 15 €) (z C : 25 €)
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Belle série complète : 13 volumes en cartonnages Bonet Paris, Gallimard, 1948 - 1962. 13 vol. (120 x 180 mm). Cartonnages éditeur d'après une maquette de Paul Bonet, sous double étui. Éditions originales et série complète. Exemplaires numérotés sur papier d'alfa ou alfama (tome 1 - 5) puis sur vélin labeur (6 à 13).
Le Trésor des contes est un recueil de près d'un millier de contes collectés en Auvergne par Henri Pourrat, mis en forme et publiés en treize volumes entre 1948 et 1962 - les derniers posthumes. C'est d'abord avec l'aide de l'ethnologue Arnold van Gennep que Pourrat recueille, à partir de 1911, tout ce que l'on veut bien lui conter dans un cercle autour d'Ambert, jusque dans les Monts du Forez et dans les fermes, maisons et hameaux isolés du Livradois où il se rend chaque après-midi. Le but de cet infatigable randonneur : partir à la rencontre des derniers détenteurs de ce précieux savoir populaire : les contes de fées, de sorcières, d'horreur, de brigands, facéties et de miracles, avec comme maître mot la nature et son respect. Interrogé sur sa méthode, Pourrat dit : « Pour les contes... suffit-il seulement de les recueillir, ce qui n'est déjà pas facile ? Neuf fois sur dix, ils sont racontés platement. Lui-même le conseillait : Il faut que la transcription redevienne une création. La suprême fidélité, comment la nommer autrement qu'art ou poésie ? Et il écrit encore : Impossible de ne pas toucher à ces contes : donnés tels quels, sans sel ni sauge, ils restent curiosités de spécialistes. Et impossible d'y toucher : ils ne sont pas tiens, ce sont des classiques de la paysannerie. Pour qu'ils se fassent leur destin, il s'agit de leur rendre sève. Les revoir verdissant, craquant, bruissant, dans un air qui sent le genêt et la roche chaude...» Très bel ensemble et série complète ; tous les volumes, complets de leurs étuis d'origine, sont protégés dans des étuis papier aux dos desquels ont été reproduits les décors des cartonnages illustrés d'après une maquette de Paul Bonet.
Exemplaire sur chine dans une reliure de P. Ruban Paris, Calmann-Lévy, (15 juin) 1908. 1 vol. (135 x 195 mm) de [8] f., 183 p., [4] et 2 f. Demi-maroquin brun à coins, dos orné, titre doré, tête dorée, date en pied, couvertures et dos conservés (reliure signée de P. Ruban). Un des 60 premiers exemplaires sur chine avec une suite en noir et en couleurs (n° 57),. Ils viennent après un exemplaire unique d'auteur sur Japon, contenant les aquarelles originales.
Un des plus fameux recueil de contes d'Anatole France. Bel exemplaire, dans une délicate reliure décoré par Ruban. De la bibliothèque Adrien Lachenal (ex-libris).
Paris, Garnier frères, [1873]. 1 vol. (150 x 230 mm) de XXXI-614 p. et [1] f. Demi-maroquin grenat à coins, dos lisse orné, titre donné, tête dorée, couverture illustrée et dos conservés (reliure signée de Bretault). La fameuse édition illustrée de 425 dessins par Gustave Doré. Un des rares exemplaires sur papier de Chine, dont on ne connaît pas le tirage exact, non mis dans le commerce.
Carteret (III, p. 52) en estime le tirage limité à 25 exemplaires : « Ce livre est considéré comme le chef-d’œuvre d’illustration de Gustave Doré. Il est apprécié pour son format agréable et la qualité de son illustration variée et abondante […]. Les épreuves sont très belles grâce à la qualité du papier de Chine, amoureux de l’impression ; les grands prix qu’atteignent ces rares exemplaires justifient leur qualité de grand papier et de premier tirage. » Brivois précise que l’édition presque tout entière a été cédée à Delahays, qui, après avoir fait imprimer des couvertures à son nom vendit l’édition au rabais. Lorsqu’elle fut épuisée, Garnier frères firent imprimer un nouveau tirage avec l’indication de sixième édition dont quelques exemplaires (titre rouge et noir) ont été imprimés sur chine avec le nom de M. Caen, libraire, sous la date de MDCCCLXI. 425 compositions, vignettes et grands bois parsèment l’ouvrage. Toute une pléiade de graveurs a concouru à la mise en œuvre des illustrations, faisant dire à Henri Beraldi que « tout ce qui est amateur de livres a une dévotion spéciale aux contes drolatiques et que de tous les ouvrages de Doré, s’il n’en reste qu’un seul, ce sera celui-là ! C’est un chef-d’œuvre où chaque vignette est une trouvaille ». Bel exemplaire en reliure de Bretault, complet des plats et du dos de la couverture. L’exemplaire a été lavé et les 70 premiers feuillets sont feutrés. Mouillures claires à plusieurs feuillets. De la bibliothèque Jacques Crépineau (ex-libris).
[Contes de fées]. [CAYLUS, Anne-Claude-Philippe de Tubières, comte de].
Reference : LCS-18020
Rarissime exemplaire relié en élégant maroquin ancien. De la bibliothèque Cécile Eluard. A La Haye, 1741. 2 tomes en 2 volumes in-12 de : (3) ff., 346 pp.; (1) f., 390 pp., (1) f. de table. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisses ornés, coupes et bordures intérieures décorées, tranches dorées. Reliure du XVIII' siècle. 158 x 90 mm.
Edition originale de quatorze délicieux contes de fées, d’une insigne rareté en maroquin ancien : « Le Prince Courtebotte et la princesse Zibeline ; Rosanie; Le Prince Muguet et la princesse Zaza ; Tourlou et Rirette ; La princesse Pimprenelle et le prince Romarin ; Les Dons ; Nonchalante & Papillon ; Le Palais des Idées ; Lumineuse ; Bleuette & Coquelicot ; Mignonnette; L'Enchantement impossible ; Minutie ; Hermine. » Leur réimpression dans le Cabinet des fées suscita des réserves de la part de l'éditeur qui les estimait un peu trop licencieux. (Les Contes de fées, B.n.F., 2001, n° 32 ; Gumuchian, n° 1519: "Édition originale rare."). Barchilon (Le conte merveilleux français, 1690-1790, pp. 125-128) - qui fait un éloge dithyrambique de Caylus et de ses contes - a montré que Le Prince Courtebotte pouvait être une des sources d'Andersen pour La Reine des Neiges. « Caylus est l'ami des écrivains modernes, il est le mentor des fameux dîners du-bout-du-banc chez Mlle Quinault ; société où la libre-pensée et le goût des plaisirs réunissent des écrivains comme Crébillon fils, Voisenon, Moncrif, Duclos et quelquefois Maurepas ou Montesquieu. C'est là que naissent 1'« Académie de ces dames et de ces Messieurs » et l’« Académie des colporteurs », productrices collectives d'œuvres facétieuses et satiriques ; c'est là également que s'élaborent dans une sorte d'atelier d'écriture avant la lettre, toutes sortes d'œuvres brèves dans tous les genres, dont nous restent par exemple, le recueil des Étrennes de la Saint-Jean, certains textes attribués à Crébillon, ou encore la Reine Fantasque de Rousseau. Le style « poissard » qu'on aimait y pratiquer après Vadé, trouvait en Caylus un amateur doublé d'un collecteur, qui finit par rédiger en 1740 tout un roman dans ce style : Histoire de Guillaume (1740), sans compter de nombreuses parades. Ces fréquentations et ces amitiés ne lièrent pas pour autant le comte au milieu encyclopédiste dont il méprisait le sectarisme ; cet hôte habituel de Mme Geoffrin n'aimait ni Voltaire, ni d'Alembert et détestait Diderot. Concernant la production féérique de Caylus, Julie Boch défend une thèse originale : celle de la cohérence d'une esthétique qui s'actualise autant dans la production savante du comte que dans l'œuvre contée. Traducteur du fameux Tyran le Blanc (1737), auteur d'un essai : Sur l'origine de la chevalerie et des anciens romans (1756), cet ami du comte de Tressan doit être compté comme une figure à réévaluer dans la cohorte des théoriciens « classiques » et « modernes » du genre romanesque (et de sa composante merveilleuse), en compagnie de Chapelain, Huet, Perrault, Addison, etc., mais aussi de certains adversaires relativement intéressants du genre sur des bases moralisantes, de l'abbé de Villiers jusqu'à Moncrif. Concernant le conte et la féerie, Caylus est l'auteur de deux mémoires produits dans le cadre de l'Académie des Inscriptions, l'un Sur les fabliaux (1753), l'autre Sur la féerie des anciens comparée à celle des modernes (1756) : « ces deux essais théoriques postérieurs à la rédaction de trois des quatre recueils de contes, écrit Julie Boch, éclairent de façon rétrospective la conception à la fois historique et esthétique que Caylus se fait du genre qu'il pratique ». On y trouve un retour à l'esthétique de la 'ligne claire' exemplifiée par Perrault : élégance, naïveté, brièveté, simplicité ; mais surtout un recentrage sur la dimension axiologique qui oppose Caylus à la tendance satirique et libertine qui prévaut depuis 1730. Génériquement, Caylus travaille le conte dans une perspective large, comme un élément du muthos (apologues, récits fabuleux divers, paraboles bibliques) ; il situe le conte merveilleux dans la filiation du roman médiéval, pose des jalons pour la transmission de certains éléments depuis l'Antiquité, et remonte encore en arrière vers l'Inde (serait-il l'un des premiers porteurs de la théorie indianiste?) ; contrairement à Huet, il insiste sur la continuité d'une transmission depuis la culture arabe jusqu'à La Fontaine. Julie Boch montre bien comment cette réflexion vient s'inscrire en fiction dans certains de ses contes. Elle montre aussi la précision de sa culture relativement à l'histoire moderne du genre, notamment par rapport aux grandes conteuses du XVIIe siècle, qu'il cite ou dont il reprend onomastique ou situations. Elle confirme après J. Barchilon et R. Robert, que «l'entreprise littéraire de Caylus se présente doublement comme un retour aux sources », soulignant sur ce plan ce qu'il partage avec le conte éducatif à la façon de Fénelon. La partie consacrée aux Féeries nouvelles, concerne le double jeu de Caylus entre « convention et parodie » dans ses contes de fées. Julie Boch épingle formules et procédés, accessoires et métamorphoses magiques, contes étiologiques et contes à gageures, contrastes et parallélismes plus ou moins sophistiqués, pour montrer que Caylus tente de renouveler le genre en finesse. Quant à sa forme de parodie, elle recourt aux compétences supposées des amateurs pour couper court, susciter le burlesque, inscrire une intertextualité affichée, démythifier rois et fées, les premiers faisant les frais d'une intention satirique qui signe bien l'époque où ces contes s'écrivent. Touchant l'édition des textes eux-mêmes, il faut souligner la pertinence et la qualité de l'annotation littéraire : rapports citationnels ou intertextuels avec les conteuses antérieures (Aulnoy, Lhéritier, Murat, de la Force, Lintot), avec Perrault, Fénelon, Galland, Bignon, Hamilton, Crébillon, le Montesquieu des Troglodytes (La Belle Hermine et le prince Colibri), avec le roman baroque, le roman arthurien et les Amadis, la poésie de salon, le monde de la pastorale, les moralistes classiques, etc., ou encore la filiation fo1klorique à travers certains contes-types. On vérifie ainsi tout ce que gagne le conte merveilleux d'auteur à être lu comme texte de part en part littéraire. Dans les Contes de fées de Caylus ressortent au plan moral : critique politique (relativement délimitée mais féroce à l'égard des rois ou des collecteurs d'impôts), satire de mœurs (très prononcée, dans la lignée de La Bruyère et Montesquieu), rejet des valeurs liées au matérialisme et au libertinage ainsi qu'à une certaine approche « bourgeoise » du monde ; construction morale des personnages à l'épreuve de l'expérience, dans un contexte où le personnel féerique perd de sa toute puissance au profit d'une plus grande humanité. Au plan esthétique : retour à l'idée classique du naturel, rejet des éléments baroques du genre : « tout le fracas devenu si commun dans les histoires de féerie » (Rosanie), réévaluation du genre pastoral, mais aussi « contamination du genre féerique par une esthétique réaliste » que Julie Boch rattache selon sa thèse de la cohérence de l'ensemble du projet caylusien, au goût du détail concret, des usages ordinaires, de la couleur locale caractéristiques de l'érudit et de l'amateur d'art. Délicieux et rarissime exemplaire de l’édition originale relié en élégant maroquin ancien. De la bibliothèque Cécile Eluard.