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Livres Anciens Komar
M. Vladimir Komar
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Cologne, Pierre de la Vallée, 1657. - Suivi de nombreuses pièces de controverses philosophiques, théologiques et religieuses s'échelonnant de 1655 À 1658, et d'une pièce de 1748. Table des pièces calligraphiée à l'époque sur les ff. préliminaires et portrait du Père Antoine Escabar, Théologien de la Compagnie de Jésus, ajouté. Ensemble 1volume in-4, vélin. Reliure de l'époque. 237 x 175 mm.
Edition originale des 19 lettres provinciales, imprimées séparément de 1655 à 1657 et réunies sous un titre général, suivi de 3 feuillets «d’advertissement » qui n'ont pas été insérés dans tous les exemplaires. L'Avertissement est ici en premier tirage avec l'orthographe « avertissement » et la mention de «XVII lettres ». La 17ème lettre présente bien aussi les caractéristiques du 1er tirage plus recherché, en 8 pages. Tchemerzine. Éditions originales, V, 62 à 67. La collation est conforme à celle donnée par Tchemerzine : « Première lettre (23 janvier 1656), 8 pp. ; 2ème lettre (29 janvier), 8 pp. ; 3ème lettre (9 février), 8pp. ; 4ème lettre (25 février), 8 pp. ; 5ème lettre (20 mars), 8 pp. ; 6ème lettre (10 avril), 8 pp. ; 7ème lettre (25 avril), 8 pp. ; 8ème lettre (28 mai), 8 pp. ; 9ème lettre (3 juillet), 8 pp. ; 10ème lettre (2 août), 8 pp. ; 11ème lettre (18 août), 8 pp. ; 12ème lettre (9 septembre), 8 pp. ; 13ème lettre (30 septembre), 8 pp. ; 14èmelettre (23 octobre), 8 pp. ; 15ème lettre (25 novembre), 8 pp. ; 16ème lettre (4 décembre), 12 pp. ; 17ème lettre (23 janvier 1657), 12 pp. ; 18ème lettre (24 mars 1657), 12 pp. » Le recueil contient en outre à la suite de la 12ème lettre, la réponse en 8 pp. et la Réfutation de la Réponse en 8 pages, qui constitue ainsi la 19ème lettre Provinciale de Pascal. Il contient enfin la réponse à la 13ème lettre en 8 pp., à la 14ème lettre en 8 pp. et à la 15ème lettre en 8 pp. Précieux exemplaire en condition rare, enrichi d'un nombre impressionnant de pièces de controverses en édition originale, revêtu de sa très plaisante reliure strictement d'époque en vélin, constituant ainsi un épais volume de 935 pages. Les pièces des controverses ajoutées à l'époque, en édition originale, soit 739 pages, sont notamment les suivantes : — Lettre d'un docteur en théologie à un homme de grande condition de ses amys, touchant les questions du temps. 24 pp. — Lettre de Mr Arnaud à Mr Messier curé de S. Landry, 24 novembre 1655. 2 pp. — Lettre de Mr Arnaud aux docteurs de la Faculté de Théologie de Paris. 16 janvier 1656, 3 pp. — Traduction de 2 lettres de Mr Arnaud au Pape et à la Faculté. 26 août et 10 novembre 1655, 4 pp. — G. Le Roy abbé de Hautefontaine. Lettre sur la constance. 1661, 32 pp. Barbier, II, 1207. — Octave ou dialogues familiers sur les disputes du temps. 1663, 78 pp. — Arnauld. Nicole. Mémoire touchant les moyens d'appaiser les disputes présentes. 1661. Barbier, III, 180, 8 pp. — Arnauld. Considérations sur la lettre composée par M. L'evesque de Vabres. Barbier, I, 38 pp. — Anne de Levis de Ventadour. Lettres pastorales de Monseigneur, archevêque de Bourges. 1659, 16pp., 32 pp., 12 pp. — Anne de Levis de Ventadour. Censure d'un livre intitulé apologie pour les casuistes. 1659, 40 pp. — Requête des curés d'Évreux. 1659, 12 pp. — Lettre pastorale de monseigneur l'évêque de Chaalons. 1658, 8 pp. — Lettre pastorale de monseigneur l'évêque de Chaalons. 1659, 12 pp. — Godeau Antoine. Ordonnance de monseigneur l'évêque de Vence. 1659, 12 pp. — Forbin de Janson. Lettre pastorale monseigneur évêque de Digne. 1639, 16 pp. — Harley de Champallon. Censure d'un livre intitulé Apologie pour les casuistes, contre les calomnies des jansénites. 1639, 8 pp. — Récit du différend entre Messieurs les curés et les PP Jésuites de la ville de Nevers. 1658, 12 pp. — Contes J. B. et Hodencq. A. de. Censure d'un livre intitulé apologie pour les casuistes. 1658, 22 pp. — Solminihac. Censure d'un livre intitulé Apologie pour les casuistes. 1639, 12 pp. — Arnauld. Censure d'un livre...1658, 6 pp. — Lettre pastorale de Mgr l'évêque de Beauvais. 1658, 14 pp. — Lettre de Mrs les curés de Paris avec la réponse. 1658, 4 pp. — Gondrin H. de. archevêque de Sens. Censure d'un livre intitulé Apologie... 1658, 24 pp. — Lettre pastorale. Monseigneur évêque de Tulle. 1658, 4 pp. — Factum pour les curés de Rouen. 1658, 12 pp. — Dufour Charles. Lettre d'un curé de Rouen. 1656, 12 pp. — Requeste des curés de Rouen. 1656, 4 pp. — Requeste des curés d'Amiens. 1658, 20 pp. — Décret de N.S.P. Le Pape Alexandre VII 1659, 4 pp. — Censure de plusieurs mauvaises propositions des nouveaux casuistes. Louvain. 1657. 20 pp. — Condamnation d'un prêtre à Caen. 1661, 12 pp. — Dufour Charles, Nicolle Pierre, Mémoire sur la compagnie de l'Hermitage à Caen. 1660, 40 pp. Barbier, III, 142. — Lettre de Mrs les curés de Sens à Mrs les curés de Paris. 1659, 8 pp. — Lettre de Monsieur l'abbé Doyhenard, trésorier de l'église de Nantes, écrite a monseigneur l'évêque D*** au sujet des affaires du tems. Nantes, 1747. 24 pp. Georges Langlois, seigneur de Colmoulins [?] (ex-libris armorié aux armes écartelées Langlois, Florette et Le Fèvre de Caumartin). La mère de Georges Langlois, Marie de Florette, était la fille d'Elisabeth Lefèvre de Caumartin et de Jean Florette. En 1642, Georges Langlois est premier président de la chambre des comptes de Normandie. Il devient seigneur de Motteville en 1658. «Chanlatte», lié à Port-Royal. Plusieurs membres de la famille furent élèves aux Petites Écoles de Port Royal (Frédéric Delforge, Les Petites Écoles de Port-Royal : 1637-1660, Éditions du Cerf, 1958, p. 227 ; Antony Me Kenna, Les Petites écoles de Port-Royal, p. 23). Parmi eux, dom Noël Chanlatte, vicaire de Beaune, et Cécile Chanlatte (Jérôme Besoigne, Histoire de l'abbaye de Port-Royal, Cologne, 1752, tome I, p. 413). Un Noël Chanlatte succéda, en octobre 1648, à Etienne Pascal, père de Blaise, comme locataire de la maison de la rue Brisemiche dans le quartier de Saint-Merri (Archives nationales, MC/RS//436). Notons enfin que Nicolas Chanlatte, échevin de Paris et directeur du commerce des Indes, était oncle de Louis Gorin de Saint-Amour (1619-1687), docteur en Sorbonne qui fut mêlé de près à la polémique janséniste. Défenseur des cinq propositions de Jansénius, il fut exclu de la Sorbonne en 1656 pour avoir soutenu Antoine Arnauld. On connaît un exemplaire des Provinciales annoté par lui (Sotheby’s, 22 juin 2022, lot 51) et aujourd'hui conservé à la bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole (Em 0231). Précieux exemplaire vendu 25000 € le 13 décembre 2003, il y a 22 ans.
«Le premier livre de cuisine imprimé des temps modernes.» (G. Oberlé). (1528). (4) ff: page de titre imprimée en rouge et noir dans un encadrement, table, cxi ff., (1) f. de marque d’Antoine du Ry; impression en caractères gothiques sur deux colonnes, nombreuses lettrines décorées de motifs végétaux ou historiées. Peau de truie ivoire sur ais de bois, dos à nerfs, pièce de titre en maroquin brun, tranches mouchetées. Reliure ancienne. 238 x 167 mm.
Superbe exemplaire de la plus rare édition de Platine imprimée au XVIe siècle. «Edition que nous n’avons pas vue» mentionne Vicaire (col. 694). L’exemplaire cité et décrit de la bibliothèque de l’Arsenal de Toulouse est incomplet de la remarquable page de titre en rouge et noir. «Nous devons à Platine (1421-1481) le plus important traité de cuisine du XVe siècle.» (G.Oberlé). Le livre de Platine connaîtra une diffusion internationale et sera traduit en plusieurs langues. Grâce à cela, il va renouveler la cuisine européenne, en l'italianisant. Le souci primordial qui doit guider, selon lui, les cuisiniers est de distribuer de la joie, de la santé et du bien-être. Il se réclame d'Épicure, de Columelle et d'Apicius. Au XVème siècle, si le succès de certains manuscrits culinaires médiévaux est indéniable, c'est avec l'invention de l'imprimerie que les recettes de cuisine sont diffusées à plus grande échelle en Italie, en Allemagne et en France. Le premier livre de cuisine à bénéficier de cette technologie est De honesta voluptate et voletudine de Platine de Crémone dit « Il Platina », pseudonyme de Bartolomeo Sacchi (1421-1481). Rédigé en latin et imprimé à Rome en 1473, ce traité de gastronomie très original mêle souvenirs littéraires de l'Antiquité, recettes de cuisine et médecine médiévale. Plus qu'un livre de cuisine, De honesta voluptate et valetudine servira de "manuel de bien vivre" dans l'Europe humaniste du XVIèmesiècle. Platine est né à Piàdena, région de Crémone, en Italie en 1421. Après une courte carrière militaire et des études de lettres, il se rend à Florence où il devient précepteur chez les Médicis et se lie avec les humanistes de la ville. En 1461, il s’installe à Rome où il est secrétaire du Cardinal Francesco Gonzague, puis abréviateur des papes Pie II et Paul II. En 1475 il est nommé à la tête de la Bibliothèque du Vatican nouvellement créée. Il écrit alors le Liber de vita Christi ac pontificum omnium et Historia urbis Mantuae. Mais son œuvre majeure est le De honesta voluptate et valetudine, rédigé avant 1467 et dont il confie l’impression, en 1473, à Ulrich Han (1425-147.), l’un des tous premiers imprimeurs de Rome. Publié sans nom d’auteur, l’ouvrage rencontre sans doute un certain succès puisqu’une nouvelle édition paraît en 1475 à Venise (chez Laurentius de Aquila & Sibyllinus Umber) avec, cette fois-ci, la mention de l’auteur. Une vingtaine d’éditions se succèdent ensuite jusqu’au milieu du 16ème siècle à Venise, Bologne, Cologne, Bâle et Strasbourg. Mais c’est en France que l’ouvrage connut sa plus large diffusion grâce à la traduction de Didier Christol (14..-15..), prieur de Saint-Maurice près de Montpellier, qui augmenta le texte de nombreux commentaires. La première édition française de 1505 fut imprimée à Lyon. Une seconde édition lyonnaise, celle-ci, la plus rare de toutes, paraîtra le 4 juin 1528. Le titre de l’ouvrage annonce les thèmes abordés : le plaisir de la table (voluptate) et la bonne santé (valetudine), sans tomber dans les excès (honesta). Dans son prologue Platine précise : « J’écris à l’intention de tout citoyen qui recherche la bonne santé, la modération et l’élégance de la nourriture plutôt que la débauche, et pense avoir montré à la postérité que les hommes de notre temps avaient assez de talent au moins pour imiter sinon régaler nos ancêtres ». La première partie de l’ouvrage liste les principaux aliments et la meilleure façon de les préparer. La seconde partie contient, quant à elle, près de 200 recettes de plats classés en fonction de leurs vertus médicinales. Platine s’inspire des textes des naturalistes et médecins grecs et latins, Caton, Virgile, Pline ou Dioscoride. Basé sur les enseignements de Galien et la théorie des humeurs, il s’inscrit également dans la tradition de la diététique hippocratique selon laquelle la digestion serait un processus de cuisson chargé de transformer les propriétés des aliments, classés selon quatre types (froid, chaud, humide et sec), qui auront des impacts sur les quatre humeurs et quatre tempéraments humains. Les maladies internes étant dues à l’excès d’une humeur dans le corps, il suffit, pour obtenir la guérison, de l’évacuer ou de la faire disparaitre par un régime approprié. Ainsi, on administrera aux malades souffrant de fièvre des aliments particulièrement froids, telles que les cucurbitacées ou les salades - qui ne sont guère conseillées en temps ordinaire. Le De l’honneste volupté combine habilement la théorie (par l’analyse des qualités de chaque aliment) et la mise en pratique sous forme de recettes de cuisine. Les aliments « froids » pourront être réchauffés par des épices et des condiments dont la force se trouve être tempérée à son tour par des assaisonnements plus doux. Un gibier d’eau naturellement humide et froid, comme l’eau où il vit, sera ainsi asséché si on le rôtit et qu’on l’accompagne d’épices chaudes et sèches. Le De l’honneste volupté est organisé en dix livres. Pouletz au verjust : les pouletz cuyras avec quelque chair sallee, et quant seront demy-cuytz, mettras dedans ton pot des raysins passis levés les grains […] Après, decouperas menuement du persil et de la mente, et pilleras du poyvre et redigeras du saffran en pouldre. Et quant lesdits pouletz seront cuytz, tu mettras tout et infondiras dedans ledit pot […] Cette viande […] pource quest saine grandement et salutaire au corps, nourrist grandement, est de facile concoction, et convient sur tout à l’estomach, au cueur, foye et aux reins et : et aussi réprimist la colere. De la chair sallee ou jambon de porceau : la chair sallee du porceau, entrelardée du gras et du maigre, couperas a belles lesches ou pièces deliee, puis les friras à la poille, non mye grandement ; et cuytes et que soient mises sur ung plat, inspargiras par dessus icelles du vin aigre / sucre / cynamone et persil découpe bien menu. Tartre de cerises ou griotes : les cerises aigres qui sont dictes griotes exossees pilleras au mortier, pillees que soient y adjousteras des roses rouges bien pillees, ung peu de fromaige frais et du vieulx pillez ou gratusez, ung peu de poyvre, aussi peu de gingembre, aulcunement plus de sucre, quattre oeufz bien batus. Et tout mesle ensemble feras cuyre en la poille bien oincte et subscrostee a petit feu, et yssue du feu la surfondras du sucre et eaue rose. Et plus original, l’ours, dont Platine précise toutefois qu’il est préférable de ne pas manger la tête car il “a le cerveau envenimé”… Sa viande est de surcroit difficile à digérer. Les ours “nuysent à la rate & au foye, engendrent mauvaises humeurs… cest une viande fastideuse & visqueuse sur toutes autres chairs…& donnent petit nourrissement”. Les éditions lyonnaises de Platine au 16ème siècle: Depuis 1472 et la création du premier atelier par un marchand Barthélémy Buyer (1433-1485), Lyon n’a cessé d’accueillir de nouveaux imprimeurs. Classée troisième ville d’impression en Europe derrière Venise et Paris, elle attire les gens de lettres et devient un foyer de l’humanisme. En 30 ans, une cinquantaine d’imprimeurs viennent concurrencer Barthélémy Buyer ; la plupart sont allemands, quelques-uns viennent de Venise mais peu sont lyonnais. Si la plupart des œuvres sont écrites en latin et pensées pour des personnes lettrées, une quinzaine d’imprimeurs lyonnais ont imprimé les grands classiques de la littérature culinaire médiévale en langue vulgaire. On dénombre ainsi neuf éditions du Viandier de Taillevent imprimées entre 1534 et 1615, cinq éditions de La fleur de toute cuysine entre 1567 et 1604, deux éditions du Livre de cuysine tres utile et proufitable chez Olivier Arnoullet en 1542 et 1555, une de Pratique de faire toutes confitures chez Benoist Rigaud en 1588, De re cibaria (« Des aliments ») chez Sebastien Honoratum en 1560 et du Thresor de santé chez Antoine Huguetan en 1607. Pour l’œuvre de Platine, on dénombre 5 éditions lyonnaises imprimées entre 1505 à 1571. La première édition en langue vernaculaire de l’ouvrage de Platine, datée de 1505, paraît sous le titre Platine en francoys tresutile & necessaire pour le corps humain qui traicte de hôneste volupte et de toutes viandes et choses que lôme mange… L’ouvrage ici présenté est la seconde édition lyonnaise, la plus rare de toutes. Sorti des presses d’Antoine du Ry (14..-15..) en 1528, il prend le titre de Platine De honeste volupte. La page de titre en rouge et noir est ornée d’un encadrement gravé sur bois. Les caractères sont gothiques (bâtarde française). Au colophon figure : « imprime nouvellement a Lyon par Antoine du Ry, lan mil cinq cens vingt et huit, le IIII jour de juing ». À ses débuts, l’imprimé se situe dans la continuité du manuscrit. Ces deux éditions de l’ouvrage de Platine sont ainsi caractérisées par la présence des lettrines de grand modèle, gravées sur bois, ressemblant aux lettrines des miniaturistes. Les caractères typographiques utilisés pour ces deux éditions sont de la famille des gothiques et du groupe des bâtardes. A la Renaissance, la bâtarde française est essentiellement utilisée pour les ouvrages en langue vernaculaire. Elle est dérivée des cursives gothiques et se caractérise entre autres par des f et des s prolongés en dessous de la ligne que l’on voit distinctement sur ces deux éditions de 1505 et 1528. Caractéristiques de l’édition de 1528: La plus rare et la plus chère des éditions de Platine possédées par Yemeniz: ses éditions de 1480 et 1485 furent adjugées 160 F. Or et 23 F. Or (n° 884 et 883), celle-ci, reliée aussi par Trautz-Bauzonnet, fut adjugée 165 F. Or (n° 886) tandis que «Le Grant Testament de Maistre François Villon» imprimé par Guillaume Nyverd (vers 1518-1520) était adjugé 80 F. Or (n° 1625). Ce volume était adjugé 432818 € le 2 juin 2023. Le plus bel exemplaire répertorié en reliure ancienne depuis un siècle.
Un bel exemplaire de l’édition de 1498 – disparu du marché – est aujourd’hui estimé trois millions de dollars. Nuremberg, Albrecht Dürer, 1511. In-folio regroupant 16 gravures sur bois par Dürer dont le titre, texte en latin au verso. Une planche réemmargée (martyre de saint Jean), un feuillet légèrement plus court en marge inférieure (Le dragon à sept têtes). Maroquin ébène, dos lisse, filets dorés en encadrement intérieur (G.Cretté succ. de Marius Michel), chemise et étui de toile bleue. 428 x 295 mm.
[video width="1640" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2026/03/PXL_20260401_112526573.TS_.mp43.mp4"][/video] L’un des chefs-d’œuvre de la gravure et le premier grand livre illustré par Dürer. 16 gravures sur bois par Dürer dont le titre, texte en latin au verso. Toutes les gravures, sauf le titre, portent le monogramme de l’artiste. C’est entre 1496 et 1498 que Dürer commence cette série de 15 xylographies de l’Apocalypsependant son voyage en Italie.En 1498, paraissent simultanément une édition latine et une édition allemande. Quelques années plus tard, en 1511, il publie une nouvelle impression avec le texte en latin pour laquelle il conçoit un titre. "L’Apocalypseest le premier grand livre illustré conçu par Dürer. Premier livre exclusivement conçu et publié par un artiste, sans recourir au soutien financier d’un éditeur, il s’agit d’une entreprise résolument novatrice et ambitieuse". (Albrecht Dürer,Gravure et Renaissance, château de Chantilly, dossier de presse, p. 25). Détail des gravures: - (Titre) Saint Jean à Patmos (filigrane: tour couronnée surmontée d’un fleuron; Meder, 259). - Le Martyre de saint Jean l'Évangéliste (filigrane : triangle avec fleur). - La Vision des sept chandeliers (sans filigrane). - Saint Jean devant le seigneur et les anciens (filigrane: tour couronnée surmontée d’un fleuron; Meder, 259). - Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (sans filigrane). - L’Ouverture du cinquième et du sixième sceau (filigrane: tour couronnée surmontée d’un fleuron; Meder, 259). - Les Quatre Anges retenant les quatre vents de la terre (sans filigrane). - Les Sept trompettes (sans filigrane). - Les Quatre anges vengeurs (sans filigrane). - Saint Jean dévorant le Livre de Vie (filigrane : triangle avec fleur à six feuilles ; Meder, 127). - La Femme de l’Apocalypse et le dragon à sept têtes (sans filigrane). - Saint Michel terrassant le dragon (filigrane : triangle avec feuille à six feuilles ; Meder 127). - Le dragon à sept têtes et la bête aux cornes d'agneau (sans filigrane). - L'Adoration de l'Agneau (sans filigrane). - La Prostituée de Babylone (sans filigrane). - L'Ange tenant la clef de l'abîme (filigrane : triangle avec feuille à six feuilles ; Meder 127).). «Très sensible lui-même aux signes de «l’approche des temps maudits», Dürer a donné vie, comme nul créateur avant lui, aux visions fantasmagoriques de l’Apocalypse» (Albrecht Dürer, Œuvre gravé, p. 49). The Apocalypse, properly Apocalypse with Pictures (Latin: Apocalipsis cum figuris), is a series of fifteen woodcuts by Albrecht Durer published in 1498 depicting various scenes from the Book of Revelation, which rapidly brought him fame across Europe. These woodcuts likely drew on theological advice, particularly from Johannes Pirckheimer, the father of Durer’s friend Willibald Pirckheimer. Work on the series started during Durer’s first trip to Italy (1494–95), and the set was published simultaneously as a book with 15 pages of biblical text facing the 15 illustrations in Latin and German at Nuremberg in 1498, at a time when much of secular Europe feared an invasion of the Ottoman Empire and Christian Europe anticipated a possible Last Judgment in the year 1500. Durer was the publisher and seller of this series, and became the first artist to publish a book and create a copyright. Considering the 15 woodcuts, The Four Horsemen of the Apocalypse (c. 1497-98), referring to Revelation 6:1-8, is often viewed as the most famous piece. The overall layout of the cycle has the illustrations on the recto (right) and the text on the verso (left). This would suggest the importance of illustration over text. In 1511, Durer published the second edition of Apocalypse in a combined edition with his Life of the Virgin and Large Passion ; single impressions were also produced and sold. En 1511, Dürer publie une deuxième édition de la version latine, qui diffère principalement par la page de titre, dans une édition combinée avec sa Vie de la Vierge et la Grande Passion. Après 1511, la série fait l'objet d'une ultime réimpression, de nouveau sans texte au verso. Les frontispices des deux premières éditions présentent seulement la lettre sans la xylographie de La Vierge apparaissant à Saint Jean l'Évangéliste. Cette planche est ajoutée en 1511 pour la parution de la deuxième édition latine. La gravure sur bois atteint avec ce livre une virtuosité technique inédite, rarement égalée par la suite. Jamais le réseau des tailles dans le bois n'a été autant complexifié ; la combinaison de tailles variées permet à l'artiste d'obtenir des effets de lumière et de volume totalement nouveaux. Les lignes noires côtoient harmonieusement les zones où le papier a été laissé blanc, créant de subtils effets de clair-obscur jusque-là réservés au burin. Dürer parvient ainsi à offrir au regard du lecteur des images saisissantes qui, par un véritable tour de force, donnent corps aux visions de saint Jean et les rendent quasi réelles, sans pour autant leur enlever leur caractère surnaturel et fantasmagorique. La plupart des suites de 1498 ou 1511 ont été découpées et vendues sous forme de feuilles individuelles dans le commerce de l'art. On les trouve dans des collections et des musées du monde entier. L’édition de 1498 a disparu du marché. Seuls sept exemplaires sont répertoriés, quatre exemplaires sont connus aux États-Unis (National Gallery of Art à Washington, Musée d'Art de Saint‑Louis, Houghton Library à l'université Harvard et musée des Beaux-Arts (Boston)). Le British Museum de Londres, la Staatliche Kunsthalle Karlsruhe et la Staatliche Graphische Sammlung de Munich en possèdent également un exemplaire mais en allemand. Un bel exemplaire est estimé aujourd’hui trois millions de dollars. L’on rencontre un bel exemplaire complet de l’édition de 1511 tous les quinze ans et sa valeur ne cesse de croître. Fort bel exemplaire de l’édition de 1511 de l’Apocalypse de Dürer.
Première édition parisienne extrêmement rare de ce livre protestant, illustrée de 97 vignettes sur bois attribuées à Jean Cousin, conservée dans sa séduisante reliure parisienne de l’époque. Paris, Galliot du Pré, 1544. [Relié avec]: -IGNACE D'ANTIOCHE (Saint). Sancti Martyris Ignatii, Antiochiae Archiepiscopi, Epistolae. Paris, Guillaume Morel, 1558. Soit 2 ouvrages en 1 volume in-8 de [4]ff., 160 ff. ; [2] ff.bl., [4], 80 pp.Relié en veau havane de l’époque, double jeu de filets d’encadrement à froid sur les plats avec fleurons dorés au centre et aux angles, dos à nerfs orné de filets à froid et de fleurettes dorées. Quelques taches sur la reliure. Reliure du type des reliures réalisées pour Marcus Fugger. 155 x 101 mm.
Première édition parisienne, extrêmement rare, de ce livre protestant. Brunet, IV, 248 ; Cat. des livres précieux de la bibliothèque Firmin-Didot, 481 ; Brun, p.262 ; Yemeniz 182. André Osiander (1498-1552), théologien protestant disciple de Luther, se distingue par ses opinions nouvelles sur la question théologique de la justification. Il fut l'un des premiers à embrasser la Réforme protestante, soutenant Martin Luther à la diète d'Augsbourg. La grande rareté de cet ouvrage s’explique par le fait que la possession et la vente de livres protestants à Paris à l’époque de la Réforme étaient devenues très dangereuses. En effet, depuis la parution des écrits de Luther et de Calvin, et suite à l’affaire des placards (octobre 1534), François Ier avait entrepris une véritable chasse aux hérétiques et les persécutions à l’encontre des protestants s’étaient multipliées. C’est d’ailleurs dans ce contexte violent que l’humaniste Etienne Dolet fut brûlé vif sur la place Maubert le 3 août 1546. Cet ouvrage est donc beaucoup plus rare que les autres livres parisiens illustrés de la même époque. Le présent texte avait déjà été publié en 1537 à Bâle, au format in-folio, puis en 1540 à Anvers, mais il s’agit ici de la première édition publiée en France. L’illustration superbe se compose de 96 vignettes finement gravées et d’une figure plus grande au dernier feuillet. L’ensemble de l’illustration est attribuée à Jean Cousin. « Volume curieux qui contient un grand nombre de figures sur bois très finement gravées, dont le dessin est attribué à Jean Cousin. C’est un des plus charmants livres à figures sortis des presses parisiennes » (Yemeniz). « Ce volume des ‘Harmonies évangéliques’, d’une extrême rareté, présente 97 gravures sur bois dignes d’une attention toute particulière. Elles sont parfaitement gravées, et bien tirées typographiquement. Leur dessin est supérieur à celui de Bernard Salomon, dont Papillon fait un élève de J. Cousin, et qui n’a commencé à produire quelques œuvres de gravure importantes que vers 1553, c’est-à-dire neuf ans plus tard. La gravure sur bois prend ici un beau et grand caractère, que je n’hésite pas à attribuer à Jean Cousin » (Cat. Firmin-Didot, 481). « Suite de 96 vignettes (32 x 53) habilement gravées, représentant des scènes de la vie du Christ. Au verso du dernier f., une figure plus grande de la Pentecôte (78 x 55). Ces gravures, délicatement ombrées, où les personnages ont une élégance et un élancement très caractéristiques, sont les meilleures productions de l’atelier de gravure de D. Jansot. Elles s’inspirent des figures de Levinus de Witte, publiées à Anvers en 1540. On les retrouve dans ‘La Tapisserie de l’église chrestienne’ » (Brun, p.262). « La pureté de son dessin le plaça au-dessus de tous ses rivaux […]. Cousin est un des artistes dont la France du seizième siècle a le droit de citer le nom avec le plus de fierté » (Nouvelle Biographie générale, XII, 251-252). Le texte en latin relié avec l’ouvrage d’Osiander présente la seconde édition des lettres de Saint Ignace, édition qu’Hoffman (II, 391) considère comme meilleure que la rare originale publiée l’année précédente, en 1557. Très bel exemplaire de ce livre rare préservé dans sa séduisante reliure parisienne de l’époque du type des reliures réalisées pour Marcus Fugger. Seuls deux exemplaires sont répertoriés dans les grandes collections publiques : celui de la Bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne et celui de la NYPL.
Le grand livre illustré sur la cité d’Assise. Montefalisco (Montefiascone), Typographia Seminarii, 1704. In-4, (10) pp. dont 1 frontispice gravé, 104 pp., 78, (2), 16, 12 planches dont 11 dépliantes et 1 à pleine page. Plein veau brun, dentelle dorée encadrant les plats, dos lisse richement orné, doublures et gardes de papier polychrome, tranches rouges. Reliure du XVIIIe siècle. 283 x 190 mm.
Première édition du premier livre imprimé à Montefiascone. Graesse, Trésor de livres rares et précieux, 127; Platner p. 50. Pas dans Lozzi. «Rare.» (Catalogue de la bibliothèque de S.E.D. Paolo Borgese). « Livre curieux, notamment pour les gravures dont il est orné» (Catalogue des livres provenant de la bibliothèque de l’Abbé Sébastien Donati). “’They say that the body of St. Francis is buried there in a place which they show, but the truth is that no one knows the exact spot, not even those in the monastery, except the Pope, one cardinal, and a brother of the monastery, to whom the Pope confides the secret.’ Thus the Spanish pilgrim Pero Tafur summarized his visit to the tomb of St. Francis at Assisi in the spring of 1436… In the sixteenth century, widespread belief in a lost tomb below the Church crystalized around the concept of a third, hidden church. Giorgio Vasari, in the 1550 edition of his famous ‘Lives’, discussed the Basilica of S. Francesco in terms of a tripartite structure: ‘Maestro Iacopo Tedesco designed a beautiful church and convent, built according to the model of three orders: one to act as a crypt, the others as two churches’. In the early years of the seventeenth century, a pilgrim’s pamphlet printed in Assisi graphically captured these beliefs in a series of engravings, while a groundplan and view of the ‘third church’ were included in the first comprehensive history of the Basilica, Francesco Maria Angeli’s ‘Collis Paradisi’, published posthumously in 1704”. (“The tomb of St. Francis in history, legend and art”) L’illustration superbe comporte 1 frontispice gravé orné des armoiries du pape et 12 gravures sur cuivre par Francesco de Providonis dont 11 dépliantes et 1 à pleine page. Bel exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque de cet important ouvrage illustré sur l'histoire et l'art de la ville d'Assise et des lieux franciscains.