Paris, chez Solvet, Libraire, ( Imprimerie de Terrelonge), An IX; in-8 broché de XII - 136 pp.- (1)p. ( errata).. Couverture d'attente de papier gris-bleu, inscriptions manuscrites au 1er plat et dos.
Reference : 12641
Cette nouvelle édition du voyage à Montbar chez Buffon est augmentée de réflexions. Dans cette édition l'exmplaire est cartonné la page 72 se trouvant au verso de la page 69, les pages 70 et 71 n'existant plus sans manque dans le texte. Modeste couverture d'attente, exemplaire entièrement non rogné à toutes marges en très bon état intérieur.( Reu-Bur)
Livres Anciens N. Rousseau
Nadine Rousseau
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Paris, Solvet, An IX In-8 de XII, 136 pp. et (1) f. d'errata, broché sous couverture d'attente de papier gris.
"Deuxième édition, en partie originale. Au retour de sa rencontre avec le célèbre naturaliste, le jeune Hérault de Séchelles (1759-1794) publie sous le voile de l'anonyme sa Visite à Buffon, septembre 1785. Repris, un an après l'exécution de l'auteur, dans le Magasin Encyclopédique, son texte connaît enfin une nouvelle édition, augmentée de pages inédites, donnée en 1801 par Aubin-Louis Millin. Dans son Voyage à Montbar, Hérault de Séchelles, jeune homme brillant et ambitieux - il a peu auparavant été nommé le plus jeune avocat général au Châtelet avec la faveur de Marie-Antoinette - vient rendre hommage à une gloire nationale, trésor vivant des Lumières (Voltaire est mort 7 ans plus tôt), l'auteur de l'Histoire naturelle. Dans cet récit piquant, l'orateur à la mode dresse un portrait domestique et familier du vieil académicien, d'une plume irrévérencieuse mais aussi chaleureuse où perce, au-delà d'un persiflage affectueux, une sincère admiration. L'homme derrière le grand Homme. Hérault pointe ainsi la vanité de l'illustre Bourguignon, ""un des premiers traits de son caractère"", son contentement à se faire nommer ""M. le comte"", ou sa manie de se faire friser ses ""beaux cheveux blancs"". Il souligne encore ""son grand plaisir de dire des polissonneries"", ou le fait que ""ce grand homme est quelquefois un peu commère"". Le spirituel égratigneur révèle également le goût que son hôte ""a toujours eu pour les petites filles"", et moque son attachement aux convenances religieuses provinciales quand ""il est clair que ses ouvrages démontrent le matérialisme, et cependant c'est à l'Imprimerie Royale qu'ils se publient"". Le style est l'homme même. Au-delà de ses quelques piques, la fascination de Hérault pour son modèle transparaît dans les pages qu'il consacre à Buffon l'écrivain, particulièrement sensible au style, ""personne n'est plus sévère que lui sur le style, sur la précision des idées, […]"", et aux conseils qu'il délivre au narrateur, ou dans leur discussion au sujet de Rousseau. Et le plus vaniteux des deux n'est plus celui qu'on croit, lorsque le visiteur est invité à soumettre au vieux maître une page de sa main. Le Voyage à Montbar s'inscrit dans un genre littéraire à part entière qui fait encore florès aujourd'hui : la visite au grand écrivain ou - et pour Buffon - au grand homme ; rite de passage obligé pour tout jeune aspirant à la gloire des lettres qui se respecte. Parmi maints exemples, rappelons les imaginaires Huit jours chez M. Renan (1888) de Maurice Barrès, plus tard à son tour ""victime"" de deux visites de Cocteau racontées dans la Noce massacrée (1921). Monglond, La France révolutionnaire et impériale, III, 272. - Talvar et Place, VIII, p. 153."