s. n. Nella stamperia di Giovanni Montano | Milano [Milan] Firenze [Florence] 1779 ; 1760 | 12.6 x 18 cm | Broché
Reference : 91894
Réunion de deux éditions originales des traductions italiennes, consacrées chacune à un acteur de la diplomatie secrète française du XVIIIe siècle et parues de leur vivant : le chevalier d'Éon et le prince Charles-Édouard Stuart, décédés respectivement en 1810 et 1788. Ce volume dit "factice", c'est à dire réunissant deux ouvrages parus séparemment, présente en fait une véritable unité : le travestissement. La première traduction est bien complète du rare portrait en frontispice du chevalier en habit de femme, identité qui sera sienne dans la seconde partie de sa vie. "Elle" arbore fièrement la croix de l'ordre de Saint-Louis sur la poitrine, obtenu en 1763. La seconde traduction fut établie à partir d'un bestseller des XVIIIe et XIXe siècles à l'histoire éditoriale rocambolesque : Ascanius, or the Young Adventurer; a true history, écrit par Ralph Griffiths. Cette biographie de Charles-Édouard Stuart, avant d'être publiée en 1746, existait sous la forme d'un manuscrit qui circulait clandestinement à la cour de Versailles. Chez Griffiths, contrairement à notre traduction italienne, le « jeune prétendant » n'apparaît jamais sous son vrai nom. Toutes deux relatent cependant l'épisode où « Bonnie Prince Charlie » se déguisa en servante irlandaise lors de sa fuite vers l'île de Skye, suite à la défaite de ses armées à la bataille de Culloden. Cartonnage dattente en demi parchemin, titre à l'encre brune au dos avec en tête une ancienne étiquette de bibliothèque en partie manquante, tranche de gouttière non rognée. Titre effacé, discrets trous de vers et petites piqûres au dos. Rousseurs éparses et mouillure marginale sur le premier ouvrage. Second texte en bel état. * « Le traducteur aux femmes de ce siècle. À vous, moitié la plus chère de l'humanité, j'adresse ce doux travail, afin qu'il vous embellisse et qu'il vous incite à contribuer toujours plus à votre gloire par des actes illustres. La différence qui existe dans la société civile entre les femmes et les hommes, dans le domaine des fonctions de l'esprit et du corps, est généralement excusée, en ce qui concerne les femmes, par la faiblesse naturelle de leur nature trop délicate et douce. Mais est-ce une excuse tout à fait valable ? Si les familles de travailleurs agricoles ont raison, on ne constatera guère, voire aucune, différence dans le labeur quotidien entre les sexes. En effet, des voyageurs venus des régions les plus reculées d'Amérique, et même d'îles encore inconnues, rapportent que les hommes exercent une tyrannie si étrange sur leurs femmes qu'ils les soumettent aux travaux les plus pénibles de la vie rurale, tandis qu'eux-mêmes restent oisifs et n'ont d'autre souci que de se faire craindre. Quant aux femmes intellectuelles, l'histoire compte tant de femmes illustres, dans tous les domaines, qu'un simple inventaire serait trop long. Comment donc excuser, Seigneur, un tel gaspillage de forces et de talents au détriment de la société, gaspillage qui résulte de votre négligence ordinaire ? Je sais bien que l'exemple des Sémiramis et des Thalestres est qualifié de fabuleux ; et que les preuves d'un talent exceptionnel dans les sciences et les arts chez certaines femmes modernes sont discréditées par le soupçon qu'un confident secret leur aurait généreusement offert leur descendance. Mais que dire d'un exemple de notre époque, accompagné de telles circonstances, qui ne saurait être mis en doute, et dont le sujet, la célèbre dame française Signora D'Eon, n'est certainement pas soupçonnée, à juste titre, d'imposture ? Elle a excellé en littérature, en politique et dans les armes ; elle a servi sa patrie en compagnie de Minerve et de Mars ; enfin, elle a dû déployer des efforts constants pour dissimuler son sexe pendant 49 ans, un exploit remarquable. Les siècles futurs en douteront peut-être, et c'est pourquoi les louanges et les témoignages d'un fait aussi singulier ne sauraient être assez nombreux, afin que la postérité soit certaine de ne pas vouer son admirat
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