Paris 27 décembre 1658 | 12.1 x 18.1 cm | deux pages sur un bifeuillet
Reference : 89907
Lettre signée de Saint Vincent de Paul, adressée au père Firmin Get, Supérieur des prêtres de la Mission à Marseille, dont le corps du texte a été écrit à Paris par l'un de ses secrétaires, probablement Bertrand Ducournau et datée à deux reprises du 27 décembre 1658, deux pages à l'encre noire sur un bifeuillet remplié, adresse manuscrite au verso du bifeuillet, sceau à sec sous cachet, traces de plis inhérents à l'envoi. Dans cette rarissime lettre, Saint Vincent de Paul se bat pour sauver le chrétiens captifs de Tunis, ayant lui-même été capturé et réduit en esclavage dans cette même ville pendant deux ans. La missive est un document essentiel, récemment cité dans la bibliographie vincentienne, pour comprendre les complexes manoeuvres du saint homme, qui parvient à échanger des esclaves turcs détenus à Marseille contre les chrétiens esclaves en Afrique du Nord. Il obtient grâce à d'influentes figures de l'aristocratie parisienne, dont la mère du célèbre Nicolas Fouquet des fonds pour soutenir l'hôpital à Marseille pour les galériens dont son correspondant, Firmin Get, assurait la gestion. «Solide, efficace, d'une puissance de travail comme Vincent les aime, le père Get domine alors de ses chiffres et de ses lettres toute la correspondance de Vincent de Paul. Car c'est lui qui transmet en Barbarie, grâce aux marins et aux commerçants qui relient les deux rives de la Méditerranée, l'argent reçu des banquiers de la Mission à Marseille» (Marie-Joëlle Guillaume). * Le père Firmin Get, né en Picardie, était entré dans la congrégation de la Mission le 6 janvier 1641, prit la direction de la maison de Marseille en 1654. Get est le deuxième plus important correspondant de Vincent de Paul, qui lui adresse, selon le grand biographe vincentien Coste, pas moins de cent cinquante lettres conservées, faisant de lui son interlocuteur épistolaire « le plus favorisé » avec sa mécène et amie Madame de Marillac. À lexception des marchands et des artisans qui sy étaient installés ou qui y faisaient escale pour des raisons commerciales, la majorité de la population chrétienne de Tunis et des deux autres régences ottomanes de la Côte barbaresque était composée desclaves. Le commerce de la traite à cette époque est prospère: «si Vincent l'a bien connu, c'est qu'il fut lui-même un article d'importation» rappelle Paul Lapie dans la Revue Tunisienne. En effet, Vincent de Paul fut capturé et passa deux années à Tunis dont on sait bien peu de choses. Il ne mentionnera jamais l« épisode le plus pittoresque, le plus romanesque même » de sa vie (Victor Giraud), à tel point quon douta même quil nait jamais été captif. Il tentera, pendant cette même année 1658 , de récupérer et brûler les rares lettres quil avaient rédigées à ce sujet. Mais cet épisode aura sans aucun doute une grande influence sur ses uvres. Le saint ne cessera de porter une constante sollicitude pour ces missions confrontées au problème des rachats desclaves chrétiens ainsi quà la violence des autorités. A lécriture de cette missive, « la situation en Barbarie est un tissu de souffrances » souligne Marie-Joëlle Guillaume. Le père Jean Barreau, consul dAlger, est régulièrement emprisonné dans les geôles du bey et subit les pires tortures. Les autorités attendaient des paiements promis en échange de la liberté de captifs, tandis que Vincent de Paul attendait désespérément la mise en route dune flotte française pour régler la situation une fois pour toutes. "Monsieur, La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais! Dieu soit glorifié des suites de votre mission et de votre heureux retour! Vous ferez bien, si les troubles durent, de ne vous éloigner pas. Je suis bien aise que les Turcs de Tunis soient en votre hôpital, attendant lordre et loccasion de les renvoyer ; vous aurez pour lors moyen décrire à nos chers confrères de Barbarie et peut-être de les assister. Voyez si cela se pourra faire sûrement. Je pense que vous avez raison de dire que la voie des
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