Le dé bleu | s. l. 1987 | 11 x 19 cm | broché
Reference : 80851
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers. Petites rousseurs en marges des plats. Envoi autrographe signé de Gaston Puel à Régine Deforges. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Le Feu : exemplaire Maurice Genevoix Paris, Ernest Flammarion, (décembre) 1916. 1 vol. (115 x 180 mm) de 378 p. et [1] f. Demi-chagrin marine, dos à nerfs orné, titre doré, tête dorée, couvertures et dos conservés. Édition originale. Rare premier tirage, imprimé sur un papier légèrement glacé caractéristique des exemplaires imprimés avant l'obtention du prix Goncourt. Exemplaire de Maurice Genevoix, avec son ex-libris autographe à la page de titre.
Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d'abord comme soldat puis comme brancardier. C'est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien au front : « [...] fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue, et l'odeur et l'infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant à partir du carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues. Le roman est prêt dès le printemps, et l'idée du Goncourt est déjà en germe pour ses éditeurs, avant même la signature du contrat. La parution des premiers chapitres, sous forme de feuilleton dans le quotidien L'OEuvre, débute le 3 août : les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, flairent la bonne affaire et contactent l'auteur pour acheter les droits du Feu. Le 26 octobre, à la veille d'une réunion préparatoire de l'Académie, ils lui écrivent : « Nous avons parlé de la possibilité que nous entrevoyions relativement au Goncourt. Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. » Barbusse hésite, lié à d'autres éditeurs, mais la perspective du Goncourt le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé - six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons). Le 15 novembre, le texte part à l'impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1 000 exemplaires, imprimés sur un papier légèrement glacé. Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin, le 15 décembre, avec huit voix, sans celle de Léon Daudet ni d'Elémir Bourges, comme il l'avait anticipé. Il est élu - alors que l'ouvrage de Maurice Genevoix, Sous Verdun, paru plusieurs mois plus tôt, faisait figure de favori. Deux romans, deux styles, et deux façons d'appréhender un conflit qui, jusque-là, n'avait été abordé que par des ouvrages de propagande ou à tout le moins des ouvrages qui n'étaient pas écrits par des témoins directs, et encore moins des poilus. Barbusse n'est pas Céline et Le Feu n'a pas la violence géniale des premières pages du Voyage au bout de la nuit, ni même la force brute du témoignage de Genevoix. C'est entendu. Mais le roman vaut d'abord pour sa valeur documentaire et pour la dénonciation qui y est faite : la duperie de la propagande patriotique, qui fut à l'époque le discours officiel, et qui entraînera par exemple que Ceux de Verdun soit copieusement censuré. Barbusse ira un peu moins loin que Genevoix sur le sujet, et le jury Goncourt décida d'honorer le sacrifice des centaines de milliers de poilus déjà tombés pour la France. Il est à noter que les deux titres ne rentreront pas directement en concurrence : le jury Goncourt décide cette année-là de récompenser deux lauréats, l'un pour l'année en cours, l'autre pour rattraper le prix non décerné en 1914. Afin sans doute de ménager une opposition frontale, Genevoix sera mis en balance, pour le choix final, à Adrien Bertrand et son Appel du sol, lequel obtiendra le Goncourt 1914. L'historien Jean-Yves Le Naour indique combien « Genevoix a voulu raconter la vérité et éviter la fiction (...). Politiquement, Genevoix et Barbusse sont encore plus éloignés. Le Ligérien est un modéré qui fera preuve, dans sa littérature, d'une défiance permanente envers la ville et la modernité, censées détruire la nature. Lecteur de Barrès, c'est un patriote convaincu. De toute façon, la politique ne l'intéresse guère. Quand les normaliens de gauche s'affrontent avec les camelots du roi de l'Action française, l'étudiant préfère monter sur le toit de l'établissement et arroser tout le monde avec une lance à incendie ! Barbusse, lui, est un socialiste dreyfusard dont le premier engagement public vient justement avec la guerre. Lui qui, âgé de 41 ans et doté d'une santé fragile, devrait être réformé, fait le choix de signer un engagement volontaire. Il s'en explique le 3 août 1914, avec le ton du socialisme patriotique, à la façon d'un Péguy, qui confiait partir 'pour le désarmement général et la dernière des guerres'. (...) Sous Verdun de Genevoix et Le Feu de Barbusse bouleversent. Voilà pour la première fois des récits qui ne cachent ni la misère des poilus ni l'horreur de la guerre. L'héroïsme guerrier en prend un coup fatal. » Bel exemplaire d'une provenance parfaite, qui réunit les deux titres emblématiques de la période. Jean Norton Cru, Témoins, p. 555 à 565 ; Talvart, I, 239, « il existe des exemplaires de la première édition tirés sur papier glacé, avant l'attribution du prix Goncourt. Les autres exemplaires de l'édition originale sont tirés sur papier de qualité inférieure».
Au premier éditeur du Feu Paris, E. Flammarion, 1916. 1 vol. (115 x 180 mm) de 378 p. et [1] f. Demi-chagrin havane, dos à nerfs orné, monogramme «E. H.» en pied, couvertures conservées. Édition originale. Envoi signé : «à Edmond Hue, son ami, Henri Barbusse». Conservée dans l'exemplaire, une lettre autographe signée au même, datée du 13 juin 1916, l'informant des prochaines livraisons des épreuves du Feu, à paraître dans son journal L'œuvre à partir du 3 août.
Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d'abord comme soldat puis comme brancardier. C'est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien au front : «[...] fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue, et l'odeur et l'infâme saleté, surnageant sur la terre vorace», écrivant à partir du carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues. Le roman est prêt juste avant l'été, et les premiers chapitres paraissent sous la forme d'un feuilleton dans le quotidien L'Oeuvre, à partir du 3 août 1916. C'est un immense succès, comme l'a été celui de Sous Verdun de Genevoix quelques mois plus tôt. Précieux exemplaire, d'hommage et d'amitié, à celui qui aura le premier accepté de publier son roman : Edmond Hue, le rédacteur en chef de L'OEuvre et celui qui aura eu la charge de suivre la parution du roman, non sans heurts avec Barbusse qui se plaindra régulièrement des coupes faites dans son texte. Ce qui n'empêcha pas les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, de flairer la bonne affaire : ils contactent dès septembre Barbusse pour lui acheter les droits du roman, lui promettant même, dès octobre, le prix Goncourt. « Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. » Barbusse hésite, lié à d'autres éditeurs, mais la perspective du prix le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé - six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons) ; le 15 novembre, le texte part à l'impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1000 exemplaires. Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin un mois plus tard, le 15 décembre. Edmond Hué a fait relier son exemplaire en y faisant ajouter ses initiales en pied, conservant également l'un des toutes premières lettres sans doute reçues après l'envoi des premières épreuves, en juin. Jean Norton Cru, Témoins, p. 555 à 565 ; Talvart, I, 239, « il existe des exemplaires de la première édition tirés sur papier glacé, avant l'attribution du prix Goncourt. Les autres exemplaires de l'édition originale sont tirés sur papier de qualité inférieure».
Tirage spécial pour « Les XX», signé par l'auteur : le n° 1 Paris, Flammarion, (décembre) 1916. 1 vol. (126 x 175 mm) de 378 p. et [1] f. Demi-maroquin brun à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, double couverture et dos conservés (reliure signée de Semet & Plumelle). Tirage spécial à vingt exemplaires réimposés sur Arches et réservés pour « Les XX», signés par l'auteur (n° 1). Montée en tête : lettre autographe signée, adressée au président de la Société des XX, datée du 6 octobre 1917 « […] je vous suis très obligé d'avoir compris Le Feu dans votre belle et précieuse collection des XX, et c'est très volontiers que je signerai les pages de gardes que vous voudrez bien me faire parvenir…».
Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d'abord comme soldat puis comme brancardier. C'est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien et de la « fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue, et l'odeur et l'infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant depuis un carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues. Le roman est prêt à la toute fin de l'été, et l'idée du Goncourt est déjà en germe pour ses éditeurs, avant même la signature du contrat. La parution des premiers chapitres, sous forme de feuilleton dans le quotidien L'OEuvre, débute le 3 août : les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, flairent la bonne affaire et contactent l'auteur pour acheter les droits du Feu. Le 26 octobre, à la veille d'une réunion préparatoire de l'Académie, ils lui écrivent : « Nous avons parlé de la possibilité que nous entrevoyions relativement au Goncourt. Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. » Barbusse hésite, lié à d'autres éditeurs, mais la perspective du Goncourt le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé - six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons). Le 15 novembre, le texte part à l'impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1 000 exemplaires. Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin, le 15 décembre, avec huit voix, sans celle de Léon Daudet ni d'Elémir Bourges, comme il l'avait anticipé. Le présent exemplaire appartient au rare tirage des XX, limité à 20 exemplaires hors commerce, tous signés par l'auteur. Il s'agit du n° 1, réservé à Henri Lenseigne, président de la Société des XX. Une lettre autographe en tête, signée de Barbusse, permet de documenter précisément la publication : ce tirage est postérieur à l'édition originale, et ce n'est qu'en octobre 1917 que Barbusse accepte de signer les feuillets justifiés. L'enveloppe d'envoi conservée, oblitérée à cette date, le confirme. Très bel exemplaire. Des bibliothèques Henri Lenseigne (lettre autographe), Jules Exbrayat et José Fabbiani Ruiz (ex-libris). Jean Norton Cru, Témoins, p. 555 à 565 ; Talvart, I, 239 (n'indique pas ce tirage)
D'une Loire à l'autre : exemplaire Maurice Genevoix Paris, Grasset, (10 mars) 1954. 1 vol. (120 x 190 mm) de 331 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «À Maurice Genevoix, en hommage amical et reconnaissantHervé Bazin».
Roman des campagnes angevines et des désastres intimes, L'Huile sur le feu transpose, dans la Saint-Leup du Craonnais, une série d'incendies volontaires qui fissurent la communauté et exacerbent les colères : le capitaine des pompiers Bernard «Tête-de-drap» Colu, mutilé de guerre, lutte autant contre le feu que contre la vindicte villageoise, tandis que Céline, sa fille et narratrice de seize ans, perd peu à peu l'innocence au contact des rancoeurs adultes. En arrière-plan, le couple parental à l'agonie - mère humiliatrice et père meurtri qui refuse la séparation - donne au livre sa teneur de roman de moeurs et son thème de prédilection chez Bazin, la famille (Hervé Bazin fut père de sept enfants) : arbitrages impossibles, honte sociale du divorce au début des années 1950, fatalité d'un ordre rural et de celui d'un village où (hormis le curé), l'environnement social reposait essentiellement sur quatre membres indissolubles : le châtelain, le notaire, le vétérinaire et le médecin. Ancré près d'Angers - Bazin y est né -, le récit offre une proximité ligérienne éclairante avec l'univers de Maurice Genevoix à qui cet exemplaire est offert. Ce dernier , consacrera à Bazin un dossier portrait deux ans plus tard dans le revue « Livres de France », puis « Biblio » la même année, où il commente sa « personnalité forte et réfractaire aux compromis ». De la bibliothèque Maurice Genevoix (envoi et ex-libris).
Exemplaire sur hollande, broché Paris, Ernest Flammarion, 1916. 1 vol. (125 x 185 mm) de 378 p. et [1] f. Broché, à toutes grandes marges. Édition originale. Un des 165 exemplaires sur hollande (n° 77), justifié et paraphé par l'éditeur.
Henri Barbusse avait connu le feu des tranchées dès 1915, d'abord comme soldat puis comme brancardier. C'est principalement des hôpitaux que Barbusse, en vingt-quatre chapitres, témoigne de son quotidien et de la « fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue, et l'odeur et l'infâme saleté, surnageant sur la terre vorace », écrivant depuis un carnet de guerre où il avait noté ses expériences vécues. Le roman est prêt à la toute fin dès le printemps, et l'idée du Goncourt est déjà en germe pour ses éditeurs, avant même la signature du contrat. La parution des premiers chapitres, sous forme de feuilleton dans le quotidien L'OEuvre, débute le 3 août : les frères Fischer, directeurs littéraires de Flammarion, flairent la bonne affaire et contactent l'auteur pour acheter les droits du Feu. Le 26 octobre, à la veille d'une réunion préparatoire de l'Académie, ils lui écrivent : « Nous avons parlé de la possibilité que nous entrevoyions relativement au Goncourt. Certaines conversations que nous avons eues ces jours-ci, notamment avec Paul Margueritte, nous font croire que nous ne nous étions pas tout à fait trompés. Mais il faudrait aller bigrement vite pour cela. » Barbusse hésite, lié à d'autres éditeurs, mais la perspective du Goncourt le décide. Une semaine plus tard, le contrat est signé - six jours avant la fin de la parution en feuilleton (93 livraisons). Le 15 novembre, le texte part à l'impression et paraît in extremis chez Flammarion début décembre, dans un tirage initial de 1 000 exemplaires, dont les grands papiers : 33 sur japon et 165 sur hollande. Barbusse obtient le Goncourt au premier tour de scrutin, le 15 décembre, avec huit voix, sans celle de Léon Daudet ni d'Elémir Bourges, comme il l'avait anticipé. Un tirage spécial limité à 20 exemplaires pour la société de bibliophiles « Les XX» existe, tous signés par l'auteur.