Nrf | Paris 1927 | 17 x 22 cm | broché
Reference : 44766
Edition originale, un des 129 exemplaires numérotés sur vergé Lafuma Navarre et réimposés au format in-quarto tellière, tirage de tête. Bel exemplaire tel que paru. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Outre leur remarquable intérêt iconographique, les grandes Chroniques de France présentent un intérêt capital pour l'histoire littéraire, linguistique et fondatrice de la nation française. Paris, G. Eustace / F. Regnault, 1514 : Le premier (second, tiers) volume des grans chroniqs de France. Nouuellement imprimees à Paris. Auecques plusieurs incidences suruenues durant les regnes des trefchreftiens roys de France tant es royaumes dytallie Dalmaigne Dāgleterre Despaigne Hongrie Jherusalem Escoce Turquie Flandres et autres lieux circonuoisins. Auecques La Cronique frere Robert Gaguin contenue a la cronique Martinienne. Ilz se vendent a paris en la rue neufue noftre dame a lenfeigne de agnus dei. (In fine vol III:) Imprimees a paris Lan mil cinq cens et quatorze le premier iour de octobre pour guillaume eustace libraire du Roy... In-folio. I/ (6) ff., 206 ff. chiff. 204; II/ (8) ff., 189 ff. chiff. 199 ; III/ (12) ff., 276 ff. Bâtarde, à double colonne de 50 lignes à la page et titre courant. Maroquin rouge, plats entièrement ornés d'un riche décor à la fanfare composé de compartiments quadrilobés répartis régulièrement, chacun orné d'une fleur de lys de maroquin bleu, compartiment central carré vide, doublure de maroquin bleu entièrement ornée d’un semé de fleurs de lys dorées, au centre l’écu royal aux fleurs de lys de maroquin rouge, tranches dorées sur marbrure et richement ciselées. Lortic. 304 x 204 mm.
Précieuse et très rare édition, en partie originale des grandes Chroniques de France dites de Saint-Denis, œuvre fondatrice de l'histoire du royaume et de l'état français. C'est la seconde édition illustrée, ornée de 50 superbes gravures sur bois provenant la plupart de l'atelier de vérard. Brunet, 1, 1865; Moreau, Éditions parisiennes, 1514-796. Sous ce titre des Chroniques de France on désigne une vaste compilation d'œuvres historiques élaborée entre le XIIè et le XVè siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Denis. Le recueil complet retrace l'histoire des rois de France et de la monarchie française depuis les origines mythiques troyennes jusqu'en 1461. Ces chroniques virent le jour sous la demande pressante de Saint-Louis qui désirait légitimer et consolider la dynastie capétienne. Elles furent commencées en latin par Suger puis traduites par Alexandre Primat qui offrit ce « roman des rois » à Philippe Le Hardi en 1274. Primat relie donc les capétiens à la branche carolingienne en remontant à Charlemagne, l'avenir dynastique capétien se trouvait ainsi fortement conforté. Jusqu’en 1350 le travail de Primat fut repris et continué au scriptorium de Saint-Denis dont l’activité historiographique se manifesta de façon intense avec des historiens comme Guillaume de Nangis et Richard Lescot. Jean Juvenal des Ursins rédigea ensuite la chronique des années 1380-1402, Gilles le Boubier dit «le Héraut Berry» celle des années 1402-1422, et Jean Chartier celle du règne de Charles VII. C'est un de ces manuscrits continué jusqu'en 1461 que Pasquier Bonhomme reproduisit dans son édition de 1477, la première imprimée des grandes chroniques. Même si leur diffusion resta limitée dans le temps et l'espace, les «grandes chroniques » ont eu au moyen âge un succès considérable. « Récit essentiellement généalogique et mythique, matrice d'une histoire monarchique, chrétienne, française et par là déjà nationale, elles ont fixé en langue vernaculaire la mémoire dynastique». Très précieuse et rare édition gothique de ces chroniques, en partie originale, la troisième en date et la seconde illustrée après celle qui immortalisa le nom de Vérard en 1495 ; dans cette édition, le texte est continué jusqu'à la date de 1513. L’iconographie magnifique se compose de 50 figures sur bois dont 27 de très grand format (230 x 170 mm) (205 x 170 mm), qui proviennent du fonds Vérard. Claudin dans sa célèbre bibliographie des incunables illustrés consacre une place primordiale à cette illustration et reproduit plusieurs des bois à pleine page. «On y remarque une suite de grandes planches qui occupent presque toute la page en tête de chaque livre. L'une d’elles, qui représente un combat en champ clos, rappelle la manière de l'artiste qui a dessiné « Le Baptême de Clovis » et « La Bataille de Tolbiac » dans « La Mer des Hystoires ». Les édifices et les arbres sont figurés en raccourci de la même façon. Le dessin est ferme, les tailles déliées, il y a de la souplesse dans les attitudes des personnages du premier plan, dont les visages expriment la diversité des sentiments qui les agitent. Les planches suivantes paraissent être d'une autre main. Le trait de dessin est plus lourd, les tailles sont plus épaisses. Dans celle qui représente le Sacre du Roi, l'archevêque de Reims, les évêques et les pairs de France apportent au monarque, assis près de l'autel, la Sainte Ampoule, la couronne, la bannière, l'écusson, les éperons et le glaive de justice, selon le cérémonial. Toutes les figures ont une expression de bonhomie qui ne déplait pas, malgré la naïveté de la composition. La planche qui représente Charles VIII entrant dans sa bonne ville de Paris est fort intéressante. Au premier plan, à gauche, les femmes se précipitent au-devant du Roi ; plus loin, l'auteur des «Croniques de France » présente son livre an monarque. Une troisième planche nous fait assister à l'arrivée du jeune roi Charles VIII à Paris, à son retour du sacre. Une députation vient lui souhaiter la bienvenue. Les costumes sont intéressants à étudier et les figures sont rendues avec un remarquable sentiment de réalisme ». Claudin. Histoire de l'Imprimerie en France, II, pp. 451 à 456. Outre leur remarquable intérêt iconographique, les grandes Chroniques de France présentent un intérêt capital pour l'histoire littéraire, linguistique et fondatrice de la nation française. L'édition fut partagée entre François Regnault et Guillaume Eustace et certains des exemplaires, tel celui-ci, portent sa devise sur le feuillet de titre ainsi que la grande devise de Eustace au verso (200 x 125 mm). Superbe exemplaire, grand de marges et très frais, revêtu d'une somptueuse reliure à la fanfare, doublée et mosaïquée, chef-d'œuvre de dorure réalisée par Lortic et inspirée des reliures Renaissance des Êve. Il provient des bibliothèques Rattier (1913, n° 3) et Édouard Moura (1923, n° 962) avec ex-libris. L’exemplaire cité par Bechtel: - Vente Paris (24 avril 2002, n° 28, 42000 €, maroquin Lortic, ex. Moura). - Librairie Sourget (Cat XXXV, mai 2007, n° 15, 75000 €, ex. Moura 962).
Imprimées par Anthoine Verard en l’année 1503. Imprimez à Paris pour Anthoine Verard, libraire demourant à Paris devant la rue Neuve Nostredame à lymaige Sainct Jehan l’évagelliste ou au palais devant la chapelle ou l’onchante la messe de messeigneurs des présidens, s.d. (1503). 3 tomes en 2 volumes in-folio de I/ (10) ff., 301 ff. dont 1 grande gravure, II/ (8) ff., 202 ff., (6) ff., 128 ff., petite déchirure restaurée à l’angle inférieur de la page 1 du tome 1 et au bas du titre du tome 2. Plein maroquin rouge, plats encadrés de filets dorés, dos à nerfs finement ornés, double filet or sur les coupes, large roulette intérieure, tranches dorées. Reliure de Trautz-Bauzonnet. 333 x 223 mm.
Seconde édition originale, très voisine de la première parue cette même année 1503. Mac Farlane n° 176 ; Tchemerzine, IV, 859. 861; Brunet III, 1831‑183; Bechtel M-469. Exemplaire exceptionnel par sa grandeur de marges: hauteur 334 mm. Précieuse édition gothique de grande rareté des chroniques de France et d’Angleterre considérée comme «l’un des chefs-d’œuvre des impressions gothiques françaises.» C’est la seconde après la princeps imprimée elle aussi pour Vérard début 1503: 45lignes par colonne, à l’adresse: «devant la Rue Neuve Notre-Dame» qui permet de la dater 1503, alors que l’édition précédente est à l’adresse «à petit pont». La qualité typographique de cette très élégante édition gothique est soulignée par les bibliographes. «Ces deux éditions (de Monstrelet) sont les plus belles qui aient été imprimées en lettres gothiques». (Brunet). Attaché au service de Jean de Luxembourg Enguerrand de Monstrelet était bailli de Compiègne en 1430. Lorsque Jeanne d’Arc tomba au pouvoir des Bourguignons, Monstrelet assista à son entrevue avec le Duc de Bourgogne. Prévot de Cambrai en 1444, il entreprit de son propre chef de continuer la Chronique de Froissart qui s’était arrêtée en 1400. Sa chronique très précieuse couvre les années 1400 à 1467. Il en rédigea lui-même les deux premiers livres; le troisième est l’œuvre de Matthieu de Covey ou d’Escouchey son continuateur. Monstrelet se veut un chroniqueur fidèle et précis de la France traumatisée par la guerre de centans: guerres civiles entre les maisons d’Orléans et de Bourgogne, occupation de Paris et de la Normandie par les Anglais, expulsion des Anglais du territoire français… Rabelais fustigea férocement Monstrelet dans son Pantagruel (Livre III). Lui reprochant d’être «baveux comme un pot à moutarde», il lui assigne «un chaperon vert et jaune à oreilles de lièvre». Ce jugement bien sévère est contredit par la critique historique qui voit en Monstrelet un chroniqueur «exact et consciencieux», soucieux du sérieux de ses informations, de la fidélité des dates, et d’un style simple et clair. Douet d’Arcq reconnaît ainsi que cette chronique contient «des pièces très instructives qui en font le guide le plus sûr pour pénétrer dans le détail si complexe des faits qui ont signalé la première moitié du XVe siècle.» La chronique de Monstrelet est un témoignage important pour l’histoire de la première moitié du XVe siècle. «C’est un récit original, dans lequel l’auteur mêle adroitement sources écrites et témoignages oraux. Il confronte ses différentes informations, les vérifie, les critique, et ajoute son expérience personnelle». Références: R. de Brandt de Galametz, Le chroniqueur Monstrelet gentilhomme picard, Abbeville, 1886, extrait des Mémoires de la société d’émulation d’Abbeville. – A. Lesort, Notes biographiques sur le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet, Paris, 1909, extrait du Bulletin historique et philologique. – H. Moranvillé, Note sur quelques passages de Monstrelet, dans BEC, t.62 (1901), p.52-56. Cette édition gothique s’ouvre sur chacun des 3 titres par une belle initiale L, de style calligraphique avec profils de grotesque très évocatrice du fonds Vérard (105x48mm). Cette initiale se retrouve dans l’«Hortus Sanitatis» imprimé pour Vérard vers 1500, (reproduite dans Fairfax Murray. Early Frenchbooks, n° 227) et dans les «Épîtres de St Pol», s.d. (reproduite dans Claudin. Histoire de l’Imprimerie. II. p 503). Une splendide gravure sur bois (180 x 150 mm) (qui serait le siège de Lille, différent du bois de la première édition) représente Roi et soldats en armures et combats devant une ville assiégée, au feuillet 163 du tome Ier. La scène élégante est bien campée et les détails architecturaux de grande beauté. «Le dessin est ferme, les tailles déliées. Il y a de la souplesse dans les attitudes des personnages du premier plan, dont les visages expriment la diversité des sentiments qui les agitent». La grande Marque de Vérard est apposée au recto du dernier feuillet du second volume (Renouard,1088). Monstrelet résida la plus grande partie de sa vie à Cambrai, possession du duc de Bourgogne. Il avait été pourvu dès 1436 de l’office de lieutenant de gavenier de Cambrai, - les gaves ou gavènes étant la redevance annuelle que les sujets des églises du Cambraisis payaient au duc de Bourgogne, pour la garde de ses églises, qui lui appartenaient en qualité de comte de Flandre. Bailli du chapitre de Cambrai en 1436, il devient prévôt de la ville de Cambrai, et le restera jusqu’à sa mort vers la mi-juillet 1453. Historien, il accompagnait le duc Philippe dans ses voyages et campagnes, ce qui lui permit de décrire nombre d’événements, dont il avait été le témoin visuel. Pour preuve, sa translation de la visite du duc Philippe à Jeanne, après sa capture sous les murs de Compiègne: «laquelle (Jeanne) icelui duc alla voir au logis ou elle étoit, et parla à elle aucune paroles, dont je ne suis mie bien recors, jà soit ce que j’y étois présent» désarmant aveu de candeur de la part du chroniqueur. Monstrelet se veut le continuateur de l’œuvre de Froissart: «Et commencera cette présente Chronique au jour de Pâques communiaux, l'an de grâce 1400, auquel on finit le dernier volume de ce que fit et composa, en son temps, ce prudent et très renommé historien maître Jean Froissart, natif de Valenciennes, en Hainaut, duquel, par ses nobles œuvres, la renommée durera par longtemps.» Le premier volume de Monstrelet s’arrête en 1422 « au trépas du très chrétien roi de France de très noble mémoire, Charles le Bien-Aimé, sixième de ce nom ». Le deuxième volume couvre la période octobre 1422 à l’an de Grâce 1444. Le troisième volume ne peut être attribué à Monstrelet, et nous rejoignons parfaitement l'avis de l’Historien Buchon, qui dès 1836 dans son « Choix de chroniques et mémoires de l’histoire de France » attribue les faits relatés de 1444 à 1467, à Matthieu d’Escouchy, Monstrelet étant mort en 1455. Matthieu d'Escouchy déclare lui‑même que Monstrelet s'est arrêté en 1444 et qu'il commence en conséquence sa continuation à partir de cette année. Avec la guerre de Gand, Matthieu d'Escouchy reprend presque littéralement les écrits d'un autre chroniqueur : J. du Clercq, et ceci jusqu'à 1467, fin du troisième volume et de notre deuxième tome. La présentation, en deux tomes, des trois volumes de chroniques d'Enguerrand de Monstrelet par l'éditeur imprimeur Antoine Vérard s'explique par le fait qu'il n'était pas bien entendu au courant de ces recherches plus tardives. Quoi qu'il en soit sa présentation des chroniques en deux tomes est parfaitement équilibrée : le premier tome couvre le volume I et comporte 313 folios. Le second 345, respectivement 210 feuillets pour le volume II et 135 pour le volume III. Au feuillet 00ii du premier volume, la complainte extraordinaire du pauvre commun et des pauvres laboureurs de France: Hélas! hélas! hélas! hélas! Gens d’armes et les trois estats, Prélas, princes et bons seigneurs, Qui vivez sur nous laboureurs, Bourgeois, marchands et avocats, Confortez nous d’aucun bon ayde, Gens de mestiers grans et mineurs Vivre nous fault, c’est le remède… Remarquable exemplaire de Sir Edward Sullivan, immense de marges, revêtu d’une riche reliure en maroquin rouge réalisée par Trautz-Bauzonnet, ainsi décrit dans la vente Sotheby’s du 3 juin 1890, n° 1440: «Very fine copy in red morocco super extra», £ 21-10s to Rimell; William O’Brien, bequest booklabel dated 1899; library stamp on titles. This was one of the more expensive books bought by O’Brien. Ce superbe exemplaire de l’un des livres fondateurs de l’histoire de France, imprimé en 1503, est rarissime en belle condition.
La plus belle édition ancienne des Chroniques de Froissart, « infiniment supérieure aux éditions précédentes » (Brunet). Somptueux exemplaire relié à l’époque aux très rares armes d’Antoine d’Alsace-Hénin-Liétard, baron de Dieuville. Lyon, Jean de Tournes, 1559-1561. 4 tomes en 4 volumes in-folio de : I/ (10) ff., 462 pp., (17) ff.; II/ (6) ff., 314 pp., (3) ff.; III/ (6) ff., 363 pp., (5) pp.; IV/ (6) ff., 350 pp., (3) ff. Reliés en pleine basane fauve de l’époque, double encadrement de triples filets à froid sur les plats avec fleurons d’angles dorés, armes frappées or au centre dans un médaillon avec les lettres H.A.D. et la date 1565 inscrits dans un semé de petites fleurs dorées, traces d’attaches, dos à nerfs ornés de filets à froid et de fleurons dorés. Quelques épidermures. Reliures de l’époque. 330 x 208 mm.
La plus belle édition ancienne des Chroniques de Froissart, « infiniment supérieure aux éditions précédentes ». (Brunet, II, 1405-1406). « Cette édition, devenue peu commune, est très belle, et, malgré le jugement désavantageux qu’en a porté Jean Le Laboureur (Mémoires de Castelneau, I, p. 677), elle mérite d’être recherchée ; car, selon Sainte-Palaye, juge irrécusable en pareille matière, Sauvage, avec le peu de secours qu’il a pu se procurer alors, a fait, pour améliorer le texte de Froissart, tout ce qui était en son pouvoir ; et si son édition est encore très imparfaite, elle n’a point de défauts qui ne lui soient communs avec les éditions précédentes auxquelles elle est du reste infiniment supérieure (Mém. de l’Acad. des inscriptions et belles-lettres, XIII, p. 568 et suiv.) » (Brunet). Cette édition, dédicacée au connétable Anne de Montmorency, est la première donnée par Denis Sauvage et la première édition critique du texte de Froissart qui assura à l’auteur une grande popularité. Les « Chroniques de France, d’Angleterre et des païs voisins » sont le récit des guerres qui se sont déroulées depuis l’avènement d’Edouard III (1327) jusqu’à la mort de son petit-fils et successeur Richard II (1399-1400). Les Chroniques restent une des sources narratives capitales pour l’histoire de l’Europe occidentale au XIVe siècle comme pour celle de la guerre de cent ans. Le troisième Livre est le plus brillant de tous ; il relate les événements depuis la paix de Tournai en 1385 jusqu’aux préparatifs de l’entrée d’Isabeau de Bavière à Paris en 1389, cérémonie à laquelle Froissart assista. Une partie importante du volume est consacrée au voyage que fit l’auteur en Béarn à la cour de Gaston Phébus en 1388, pour mieux comprendre ce qui s’était passé dans le sud-ouest de la France, après la défaite de Poitiers. Superbe exemplaire relié à l’époque aux armes d’Antoine d’Alsace-Hénin-Liétard, baron de Dieuville, mort grand-bailli de la Morée (Loir-et-Cher), vers la fin du XVIe siècle, provenance des plus rares selon Guigard. « Les lettres A.H.D. représentent ses initiales. Le millésime de 1565 est, bien certainement, la date de la reliure. Du reste, marque des plus rares. » (Guigard, Armorial du Bibliophile, II, p. 10).
Précieux exemplaire conservé dans son vélin du XVIIe siècle. On les vend a Paris, a Lenseigne du Pot cassé. (à la fin): Ce present Livre fust acheve dimprimer a Paris le XIII. Iour dapvril M.DXXIX, pour Maistre Geofroy Tory de Bourges, qui le vend au dict Paris a Lenseigne du Pot casse (13 avril 1529). Petit in-8, contenant (16) ff. préliminaires, 99 ff. de texte et (13) ff de table, lettres rondes, marque au pot cassé au dernier feuillet, l’ensemble du texte est imprimé au sein d’un triple encadrement de filets. Plein vélin ivoire, dos lisse, titre et date calligraphiés à l’encre brune, infime galerie de vers en marge intérieure d’une vingtaine de ff. sans atteinte au texte, taches d’encre sur 2 ff., garde finale renouvelée. Reliure du XVIIe siècle. 161 x 103 mm.
[video width="1920" height="1080" mp4="https://www.camillesourget.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_49791.mp4"][/video] Edition originale précieuse et rare de l’un des deux seuls livres de langue française imprimés et traduits par Geofroy Tory (1480-1533), premier imprimeur du roi François Ier, écrivain, graveur et peintre. Elle précède de quinze jours la parution du Champfleury (28 avril 1529). «Volume très rare dont M. Auguste Bernard (dans ses intéressantes recherches sur Geofroy Tory) ne signale qu’un autre exemplaire dans la bibliothèque de M. Ambr. Firmin Didot.» (J. Techener. Cat. Felix Solar. Paris, 1860). «Une des productions rares de Tory» (A. Firmin Didot. Paris, 1878). «Le seul exemplaire que j’ai vu de cette première édition, possédé par M. Ambroise Firmin Didot…» (Auguste Bernard. Bibliographie de Geofroy Tory - Paris, 1865). «Volume rare, dont un exemplaire relié en maroquin rouge par Trautz-Bauzonnet a été vendu 142 fr. F OR. Solar, ce qui est un prix exorbitant» (Brunet). A la même vente Solar (Paris, 1860), le bel exemplaire de la première édition du Champfleury du même Geofroy Tory, Paris, 1529, se vendait 152 F OR (valeur actuelle plus de 100000 €). N°613 du catalogue Solar. «Geofroy Tory, de Bourges, auquel M. Aug. Bernard a consacré une excellente monographie (voir la colonne 898 du présent volume), s’est rendu célèbre à plus d’un titre… Cependant malgré leur mérite réel, les admirables productions de cet artiste semblaient avoir été presque généralement méconnues; et c’est seulement de nos jours qu’on a su les bien apprécier. Aujourd’hui les curieux les recherchent avec le plus grand empressement et les payent, pour ainsi dire, au poids de l’or». (Brunet, année 1865). « Geofroy Tory, ce grand artiste qui paraît avoir été universel, comme les hommes de génie de son époque, était versé dans les littératures grecque, latine et même hébraïque. Il fut un des propagateurs les plus zélés de la langue française, dont il réforma l’orthographe. Il abandonna le professorat pour apprendre l’art de l’imprimerie, auquel il devait plus tard tracer des règles. Ses talents d‘artiste de littérateur et de typographe lui méritèrent de François Ier (en 1529) le titre d’imprimeur royal, titre qui fut transmis ensuite à Néobar pour le grec, à Robert et à Charles Estienne pour le latin et l’hébreu, à Olivier Mallard, successeur de Tory, pour le français, et à Denys Janot pour la même langue» (A. Firmin Didot). Geofroy Tory s’est aussi rendu célèbre par son «Champfleury» paru la même année 1529, ouvrage infiniment moins rare que celui étudié ici. Ses Livres d’Heures sont particulièrement recherchés; mais deux seules œuvres virent le jour pour lesquelles Tory fut à la fois imprimeur et traducteur et donc, dans la conception du XVIè siècle, auteur: le présent volume, imprimé en 1529 et «les Politiques de Plutarque» imprimé en 1532. Dans l’épitre imprimée en tête du volume, Geofroy Tory écrit en forme de préface. Geofroy Tory de Bourges a tous studieux et vrays amateurs dhonneste lecture et fructueux passe temps dit et donne humblement salut. Ie vous avois promis nagueres, au preface de la Table de Cebes et des Trente dialogues nouveaulx de Lucian, quen bref de mes petits labeurs je vous ferois quelque aultre nouveau livre, qui a mon advis vous pourroit donner quelque bon et gracieulx passe temps, en vous y esbatant a lire et veoir choses desquelles vostre esperit pourroit en temps et lieu estre recree et savoureusement soulace. A ceste fois cy (mes tres honorables seigneurs), comme vostre petit serviteur, qui vous est totallement desdie, ie vous fayz present dun Summaire de Chroniques, que je vous ay translate, comme les susdictz Cebes et Dialogues, de langue latine en langaige francoys, au moins mal quil ma este possible, vous advertissant que, a la maniere de Jehan Baptiste Egnace, present autheur, ie ny ay meu : ne change le sens de lhistoire en faveur dhomme quelconque. Ma traduction aussi ny est de mot a mot, car ce eust este stille trop mesgre et sans grace aucune. Ie scay, selon Horace, que (nec verbo verbum curabit reddere fidus interpres) ung translateur ne se doibt soucier de rendre ne adresser ung chacun mot de ce quil traduit a aultre mot de son langaige ; mais doibt bien maintenir le sens, et le coucher en plus beau stille qui luy sera possible. Ainsi ay ie faict au mieulx que iay peu, tant pour lamour et honneur que ie vous doibs, que pour ne desvoyer de la pure vente de lhistoire, qui est de telle nature, qu'elle ne veult aucunement estre alienee de sa purite. Marc Tulles Cicero nous la bien enseigne, quant il nous a laisse par escript, au second livre de son Orateur, ou il a dit : « Nam quis nescit primam esse historiae legem, ne quid falsi dicere audeat, deinde ne quid veri non audeat, ne qua suspitio gratiae sit in scribendo, ne qua simulatis ? » Mais qui esse (dit il) qui ne scayt que la premiere loy dhistoire est de ne oser dire chose faulce, et de ne se faindre a dire la verite, afin quil ny aye aucune suspition de faveur ou envye en ce quon escript ? Certainement histoire doibt estre purement vraye, tant pour les causes ia dictes, que pour ce que, comme ledict Ciceron a recite ung peu devant le ia dict lieu allegue: « Historia est testis temporum, lux veritatis, vita memoriae, magistra vitae, et nuncia vetustatis.» Histoire (dit il) est tesmoignage des temps, lumiere de verite, nourice et vie de la memoire, enseigneresse et maistresse deschole a nostre vie, et messagiere danciennete. Ie vous ay voulentiers plustost choisi faire present dune histoire, et icelle abregee en summaire, que dautre chose, pour ce quen vous y recreant vous y puissiez veoir, comme en ung mirouer, mille excellentes choses, desquelles pourrez cognoistre et entendre innumerables bons advertissemens pour vous faire service quelque foys en temps et lieu. Tite Live dit, en la prefation du premier livre de sa premiere Decade « Hoc illud est precipue in cognitione rerum salubre ac frugiferum, omnis te exempli documenta in illustri posita monumento intueri, unde tibi tuaeque Reipublicae quod imitare cupias, unde foedum inceptum, foedum exitu quod vites. Cela (dit il) est singulierement bon et fructueux en la congnoissance des choses, de veoir et congnoistre en la noble histoire les enseignemens de tout exemple, a limitation et ressemblance de quoy tu pourras eslire pour toy et pour ta chose publicque ce que tu doibvras imiter et ensuyvre, et ce que tu doibvras eviter comme cas abominable, tant au commencement que a la fin. Prenez doncques ores en gre, sil vous plaist ce petit œuvre, et lacceptez de front et face amyable, comme avez de bonne coustume par vostre benivolence, et vous me inviterez, de vostre honneste et singuliere grace, dicy en avant a faire mieulx, aidant Nostre Seigneur Iesus, auquel je prie vous donner a tous son amour et saincte grace, a vostre noble et bon desir. De Paris, ce X jour Dapvril M. D. XXIX. (10 avril 1529). Au dernier feuillet du livre on voit le Pot Cassé, avec cette souscription : Ce premier livre fut acheve dimprimer a Paris, le xiii jour Dapvril M.D.XXIX i, pour Maistre Geofroy Tory de Bourges, qui le vend audict Paris, a Lenseigne du Pot Casse. Rareté: seuls trois exemplaires sur le marché public depuis 1960: - un exemplaire en veau abimé vendu 5500 £ par Sotheby’s le 27 novembre 1986, il y a 39 ans (“one very small wormhole in the final 28 leaves only affecting a very few letters, contemporary rough calf, spine slightly wormed”), - «Abrams copy» avec 28 feuillets aux lettres atteintes par un trou de vers, défaut rédhibitoire pour les bibliophiles, adjugé cependant $ 11000 le 17 novembre 1989, il y a 36 ans, - un exemplaire en vélin du XIXe avec de nombreuses restaurations vendu par Bonhams 5000 £ le 2 octobre 2012, il y a 13 ans («ninetenth century vellum, skilful repairs to first two leaves, with part of border made good, minor repairs at end», catalogué et vendu par un libraire renommé quelques mois plus tard au prix de 25000 €. Deux exemplaires complets dans les bibliothèques américaines: Harvard Univ.; Newberry Libr. (relié au XXè siècle par Honnelaître). Rareté littéraire complète, bien conservée dans son beau vélin du XVIIe siècle, de l’une des plus belles prouesses typographiques de la Renaissance. Référence: BMC: 7. 1234. 85.
, Brepols, 2026 Hardback, Pages: 576, Size:178 x 254 mm, Illustrations:2 col., Language: French. ISBN 9782503622064.
Summary La vie d'Alexandre le Grand est longuement relatée dans les chroniques universelles françaises qui lui accordent une place majeure dans le cadre de l'histoire de l'Antiquité. Sa biographie est notamment incorporée à la Chronique dite de Baudouin d'Avesnes, composée par un écrivain anonyme entre 1278 et 1281, et à la Fleur des histoires, écrite par Jean Mansel, fonctionnaire à la cour de Bourgogne, dans les années 1440, puis remaniée et amplifiée par le même auteur dans les années 1460. Provenant du nord de la France, très lus par les lecteurs nobles de la fin du Moyen Âge, ces ouvrages constituent un corpus unifié inédit et restent un champ presque vierge pour la recherche. En insistant sur le rôle du roi macédonien dans la translatio imperii et studii, ils définissent une vision de l'histoire en marche vers le salut?; en mettant en valeur la figure d'Alexandre, ils transmettent aussi des modèles de comportement personnels et offrent un début d'individualisation du personnage. Le présent ouvrage comprend une étude de la tradition manuscrite de ces textes, une recherche sur leurs auteurs, leurs mécènes et leurs lecteurs ainsi qu'une analyse des stratégies de réécriture élaborées pour recomposer le portrait d'Alexandre et intégrer sa vie dans une histoire universelle. Nous retraçons l'histoire de la transmission manuscrite de nos chroniques, depuis les premiers possesseurs et destinataires jusqu'aux lecteurs de la fin du xve siècle et du début du xvie siècle. Sont étudiés ensuite le projet historiographique des deux auteurs et le rôle qu'y joue le récit de la vie d'Alexandre. Des Historiae adversus paganos d'Orose au Speculum historiale de Vincent de Beauvais, nos écrivains s'approprient l'héritage des histoires universelles latines et font entrer l'empire d'Alexandre dans le schéma préétabli des quatre royaumes du livre de Daniel, en l'investissant de la mission de transférer l'empire de l'Orient à l'Occident. Nous menons enfin une analyse approfondie du récit de la vie du souverain macédonien et de ses finalités, afin de comprendre comment ses réécritures contribuent au projet politico-didactique des chroniques et quelle image du héros elles cherchent à construire. Le volume propose également une édition des prologues des chroniques et des trois récits de la vie d'Alexandre. TABLE OF CONTENTS Introduction Première partie : Les manuscrits des chroniques universelles et leurs lecteurs Chapitre 1 : La tradition manuscrite Chapitre 2 : Les commanditaires et les possesseurs Deuxième partie : La vision de l'histoire Chapitre 1 : Le discours des auteurs sur leur écriture de l'histoire Chapitre 2 : Alexandre et son empire dans le cadre spatio-temporel de la chronique universelle Troisième partie : Alexandre le Grand au coeur du projet didactico-politique des chroniques universelles Chapitre 1 : Les enfances d'Alexandre et le rôle de l'héritage gréco-égyptien Chapitre 2 : L'éducation et l'exemplarité politique d'Alexandre Chapitre 3 : Instrument de Dieu, victime de Fortune Édition des prologues et des récits de la vie d'Alexandre Bibliographie Annexes