S. n. | Paris 1937 | 14.50 x 20 cm | broché
Reference : 16204
Edition originale imprimée à seulement 45 exemplaires numérotés sur vergé. Dos et plats légèrement et marginalement décolorés et insolés comme souvent. Rare et bel exemplaire. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Conservé dans son vélin ivoire de l’époque. Paris, Sébastien Cramoisy, 1624. In-8 de (12) ff. et 328 pages. Plein vélin ivoire, dos lisse, traces d’attaches. Reliure de l’époque. 167 x 99 mm.
Édition originale fort rare de « ce précieux manuel que l’on pourrait sous-titrer ‘Le Bâtiment sans douleur’ (Jean-Pierre Babelon). L’architecture françoise des bastimens particuliers paraît en 1624 à Paris chez Sébastien Cramoisy. L’auteur est qualifié à cette date de « médecin du roi ». Sa vie est mal connue ; il est né à Saulieu vers 1579, et il est mort vers 1640. Il étudia la médecine à Paris à l’âge de vingt ans. À son activité de praticien mais aussi de théoricien de la médecine se sont ajoutées des curiosités d’humaniste et des réflexions sur les meilleures conditions d’existence de ses contemporains. C’est à elles que nous devons son traité d’architecture. Comme le remarquait François Blondel, il est naturel que des médecins s’intéressent à l’architecture, Claude Perrault en est un autre exemple. Le premier témoignage que nous ayons de son activité est la traduction commentée d’un traité de Galien sur la saignée : Le livre de Galien, de l’art de guérir par la saignée, traduit du grec. Ensemble un Discours dédié à messieurs les médecins de Paris sur les causes pour lesquelles on ne saigne pas encore tant ailleurs qu’à Paris et pourquoy quelques médecins mesme ont détracté de cette pratique de Paris, un in-12 paru à Paris chez Pierre Mettayer en 1603. Nous le retrouvons ensuite en 1605, qualifié de bachelier en la faculté de médecine, témoignant déjà de son intérêt pour l’aménagement des logis en commandant l’exécution de deux cheminées en marbre de couleur pour sa maison de la rue Neuve Notre-Dame, dans la Cité. En 1609, nouveau traité, dédié à Godefroy de Pontac, De causis colorum sententia, avec des observations sur Hippocrate, De tetragoni... contra chymicos, Paris, chez Adrien Périer. C’est sans doute peu après 1614 qu’il faut situer son Discours sur le subject du colosse du grand roy Henry, posé sur le milieu du Pont-Neuf de Paris... avec un sommaire de la vie de ce grand prince, opuscule paru à Paris chez Nicolas de Montroeil, qui sera réédité au début du XIXe siècle par Antoine Laurent Castellan. Savot est également un numismate, comme en témoigne son Discours sur les médailles antiques, épais traité de 400 pages in-4° qui paraît à Paris en 1627 chez Sébastien Cramoisy, et dont la Bibliothèque nationale conserve un exemplaire relié aux armes de Condé. En 1624 il publie L’architecture françoise des bastimens particuliers. Sans doute avait-il réuni des réflexions sur le sujet depuis longtemps, et la parution en 1623 du traité de Pierre Le Muet, Maniere de bastir pour toutes sortes de personnes, dut-elle hâter sa décision d’intervenir dans le débat. Son compétiteur fait œuvre d’architecte, en proposant à une clientèle très diverse un catalogue de plans-types pour toutes les bourses. L’ouvrage de Savot est d’une tonalité bien différente. Les «particuliers» auxquels il s’adresse ne sont ni des princes ni le menu peuple : pas de palais, pas de petites maisons, mais les demeures de la noblesse et de la grande bourgeoisie, hôtels à élever en ville, dans les nouveaux quartiers où l’on dispose librement de la place, ou bien demeures « aux champs ». Médecin et donc hygiéniste, Savot conseille ses clients pour la construction de la maison parfaite par le confort et l’agrément, intervenant sur la meilleure orientation, le meilleur éclairage, l’éloignement nécessaire des écuries et des cuisines pour cause de pollution, bruits, odeurs, fumées. Il légifère sur la place de l’escalier, le nombre des salles, la disposition des chambres et des cabinets, le percement et la taille des fenêtres, la disposition des cheminées. Dans ses rééditions, François Blondel observera que l’ouvrage fut écrit « pour tirer les honnêtes gens des griffes des entrepreneurs et des ouvriers », notation qui fait suite aux cruels reproches que l’on adressa à François Mansart dans le pamphlet de la Mansarade (1651). De fait, Savot donne à ses lecteurs le meilleur mode d’emploi pour discuter avec les entrepreneurs des différents corps de métier, il leur procure le détail chiffré des dépenses à prévoir, les conditions du toisé des ouvrages, et même la description des matériaux à utiliser, pierre, brique, bois, plâtre, terre cuite, leurs dimensions, leur origine, leur coût. On n’avait jamais abordé la construction dans un sens aussi pratique, qui permettait à un particulier de surveiller personnellement son chantier. On comprend dès lors le succès remporté par ce précieux manuel que l’on pourrait sous-titrer « Le bâtiment sans douleur ». Dédié à l’éphémère surintendant des finances Charles de La Vieuville, il fut réédité, toujours sans gravures, en 1642, et le succès se prolongea bien au-delà de la mort de son auteur puisque l’architecte François Blondel, premier directeur de l’Académie d’architecture et illustre professeur, jugea bon de le rééditer, preuve qu’il était toujours utile à la clientèle. Cette première réédition parut en 1673 chez François Clousier l’aîné, enrichie de figures et de notes de Blondel (423 pages), et la seconde en 1685, augmentée de nouvelles figures contemporaines de son cours d’architecture, laissent bien mesurer l’évolution des réflexions de la société sur la maison et son usage depuis la génération précédente.» Jean-Pierre Babelon (Institut de France, Paris 2006). Précieux exemplaire conservé dans son vélin ivoire de l’époque.
94 cartes et LAS, auxquelles nous joignons quelques photos et quelques lettres postérieures. Belle correspondance personnelle adressée aux deux frères Charlemagne et Jean Bart par leur frère Léo Bart, du 4 janvier 1915 au 21 août 1917, adressée à Jean Bart, matelot mécanicien à la Caserne Eblé au Havre, puis marin à l’Arsenal de Cherbourg, puis embarqué à bord du sous-marin Denis-Papin. Remarquable correspondance, car non soumise à la censure militaire, d’environ 94 lettres et cartes, auxquelles nous joignons quelques photos personnelles des protagonistes.La première lettre est datée du 29 septembre 1914 de Nomain Andignies, adressée des parents Bart à leur « Cher Fils », dont ils ont appris qu’il était blessé mais peu gravement. Ils racontent le passage des allemands, la fuite des habitants de Nomains vers Douai, « et les allemands sont restés pendant 15 jours à Orchies pour préparer leurs mauvais coups il y a eu des anglais qui sont venus les dénicher alors ils sont partis pour Valenciennes [ etc… ] depuis le 24 août nous n’avons plus de courrier nous sommes obligés de faire porter nos lettres à Lille. Nous avons été tranquille jusque le 24 septembre la nous avons eu un combat à Archies les français ont pris 3 auto et dans un fossé on a trouvé un officier tué avec un ordre dans la poche que l’on devait incendier Orchies à 7 heures du soir [… ] et le lendemain ils ont mis le fin à tout Orchies [ …] A l’heur ou je t’écrit on vient de nous dire qu’il y a des Hulans qui viennent reconnaître le terrain et ce matin nous avons vu deux aéroplanes une allemande et une française qui lui a fait la chasse [etc…] ». Il s’agit de l’unique lettre de l’ensemble provenant des parents de Jean Bart, Nomain ayant ensuite été occupée par les allemands.Un frère (manifestement Léo Bart) écrit le 7 décembre 1914 « je ne travaille plus pour l’armée depuis 8 jours car en général tous les patrons parisiens se figurent que parce que nous sommes des réfugiés nous devons subir toutes leurs humiliations et faire des bassesses. J’ai fait 3 boutiques depuis mon arrivée à Paris, et je rentre demain dans la 4e comme contremaître [… ] Je me suis fait inscrire pour passer le conseil mais j’ai bien stipulé « automobiliste » mais c’est une ressource car je ferai tout ce qu’il m’est possible de faire pour me faire réformer de nouveau et si je ne puis l’être au conseil j’aurai au moins la chance de l’être en arrivant au corps ».[ … ] je suis ici avec l’oncle de Germaine, le directeur de chez Thiriez. [ … ] Il a envoyé un télégramme à Germazine « par la voie d’un consul de Hollande » [… ] « tout ce que l’on sait c’est que les Allemands ont tout organisés comme s’ils étaient chez eux à Roubaix ils ont rouvert les écoles, il font marcher les usines en autres la maison Thiriez ». Il évoque la guerre qui va durer au moins l’hiver, s’inquiète de son frère : « Et ton bras, comment va-t-il ? Fais bien attention de ne plus retourner à cette orgie sanguinaire et si les mouvements de ton bras ne sont plus complets ils ne pourront certainement pas de renvoyer au feu si tu sais te débrouiller, maintenant si à force d’insister on voulait te réformer ne te laisse surtout pas réformer n°2 il faut te faire réformer n°1 c’est-à-dire avec pension car il ne faut pas que tous ces messieurs c’en tire à si bon compte [ … ] Maintenant je voudrais bien savoir l’état exact de ton bras, car je crois que tu ne me dis pas toute la vérité [ …] ». Il lui conseille de se faire inscrire comme décolleteur.Suivent deux autres CP datées du 20 puis du 28 décembre 1914. On y apprend que leur frère Charlemagne, blessé, est à Périgueux, et que lui-même, Léo, a dû abandonner côté allemand sa femme et sa fille…Le même écrit le 4 janvier 1915 (1914 par erreur sur la lettre) à Jean, depuis le Grand Hôtel du Pont du Cher, à Saint-Florent, et l’informe qu’il s’y trouve « non comme soldat, mais comme militarisé pour monter une usine pour la fabrication des gaines d’obus. Je suis ici dans un sale patelin et on s’y fait crever à travailer je t’assure que je préfèrerais être sur le front ». Il est sans nouvelles de sa femme et de sa petite-fille, restées à Loos. Le 12 février 1915, il s’inquiète pour son frère « il paraît que chaque fois que tu sors du bois et te rends malade ce n’est pas digne d’un jeune homme tel que toi, que dirais-je moi qui ait laissé ma femme et ma petite-fille à Loos », [ …], « prends patience un grand coup se prépare et avant 1 mois soit persuadé que tous ces bandits seront chassés de chez nous ». Le 9 juin 1915, automobiliste dans le secteur Postal 63, il lui reproche d’avoir fait « de la caisse ». Il sait bien que l’on souhaiterait savoir ce qui se passe sur le front ; leur frère Charlemagne « pourrait te raconter bien des choses, mais la guerre du mois d’août dernier n’était pas celle que l’on fait en ce moment. Je puis t’en causer car ce matin encore je suis allé à 1500 mètres des tranchées boches et je t’assure que ça barde quand tu vois des chevaux coupés en deux par des éclats d’obus il faut pas demander quand cela arrive dans groupe d’hommes [ …] ». Les 11 et 15 mars 1915, Léo Bart écrit à Jean, sur papier à en-tête de l’Hôtel franco-russe à Paris. Il est désormais automobiliste et compte « monter sur le front avec une auto-mitrailleuse ou une auto-canon ou auto-projecteur. Je te conseillerai de faire une demande pour être versé comme moi au 13ème Artillerie comme automobiliste car on en demande beaucoup » [ … ] Charlemagne me dit que tu désires aller voir comment ça se passe sur le front, ne fait jamais cette bêtise là moi j’en reviens j’y ai passé 8 jours et je t’assure que ce n’est pas amusant ». Le 17 mars, Léo lui envoie une des lettres les plus émouvantes : « Je reviens du front où j’ai fait des convois de chevaux et maintenant je suis automobiliste mais malheureusement je crois que je vais repartir bientôt comme auto-mitrailleur. Enfin si jamais j’y laissai ma peau je compte sur toi pour aller voir Germaine et l’embrasser pour moi. Surtout ne dit jamais que c’est moi qui ai demandé à partir, tu me le jureras dans ta prochaine lettre [ souligné six fois !] car je le regrette amèrement ». […] « Ne te fais pas de mousse pour moi, je ne suis pas encore parti et tu sais que je suis débrouillard ». Suivent six missives plus brèves adressées à Jean et Charlemagne (lequel est arrivé au centre des Convalescents de La Force en Dordogne). Léo est désormais au service du courrier.Le 17 juillet 1915, Léo écrit qu’il lui est « arrivé une sale blague, nous étions en train de discuter dans la cour de chez nous quand arriva le lieutenant un copain cria 22, ce lieutenant a peut-être cru que c’était moi qui avait crié et depuis 8 jours je suis sur les épines [ … ] figure toi que le fautif est parti en permission, mais je dois te dire que ce lieutenant est du Midi et soit certain qu’il ne doit pas gober les gens du Nord, et il n’est pas sans savoir que les Gars du Nord détestent les mauvais soldats du Midi. Mais vois-tu la Guerre finira un jour et il faut espérer qu’on les houspillera un peu car ils n’ont rien à souffrir ils sont les bienvenus dans les hautes sphères, ils sont en communication avec les leurs enfin ils ont tou pour être heureux tandis que nous, il nous manque tout cela et non content d’être ainsi favorisé ces salauds là rient de notre malheur et nous tourne en risées [… ] Lorsque j’ai demandé ma permission pour Bergerac au bureau ont ma demandé si c’était pour aller voir Cyrano, j’aurai bien pu leur répondre que s’ils étaient un peu moins fénéants et un peu plus patriotes nous pourrions faire comme eux aller embrasser les nôtres [ … ] ».Le 19 septembre il expose la manière de correspondre avec Lille (« l’enveloppe ne doit pas être cacheté et ne pas parler de la guerre »). Le 20 septembre, Léo annonce avoir reçu des nouvelles de sa femme et de sa fille. Le 22 octobre (à Charlemagne et Jean, tous deux à Cherbourg) : « hier ont a demandé des volontaires pour la Serbie, et je vous prie de croire que si je n’avais pas femme et enfant je me serai fait inscrire car j’en ai assez de vivre au milieu de tous ces salauds là. Qu’est-ce que c’est que la guerre pour eux, ce n’est rien au contraire ils font de l’automobile toute la journée, ils ont de l’argent plein leurs poches, ils font venir leurs femmes quand ils veulent. Tu vois que ces gens là voudraient bien que la guerre dure éternellement [ …] Maintenant dans notre secteur c’est plus calme depuis quelques jours les boches attaquent plus à l’Ouest du côté de Reims mais ils ramassent la purge [ … ] ces vaches là tiennent bon quand même et quand on fait des prisonniers c’est parce qu’ils sont prix par les tirs de barrages qui empêchent les vivres d’arriver sans cela il se font tuer jusqu’au dernier même étant prisonnier ils nous engueulent encore ».Le 1er novembre 1915 puis le 6 novembre, Léo écrit, précisant que « si je t’envoie un lettre par un civil, c’est pour ne pas que ma lettre passe à la censure militaire et farceur que tu es tu mets sur ton adresse pour remettre à un militaire farceur va enfin ça y est tout est arrivé à bon port [ … ] » Dans les lettres suivantes (novembre et décembre ), il essaie d’envisager la réunion des 3 frères à Cherbourg, mais avec prudence, car les mensonger exposent aux enquêtes de gendarmerie.Le 21 janvier 1916, il indique avoir reçu une photo de sa femme dont il est resté marqué, « elle fait pitié tellement elle a maigri ».Le 20 février 1916, il s’inquiète de ne plus recevoir de nouvelles. Il a appris par son oncle que l’explosion du dépôt de munition de la Porte des postes a causé des dégâts considérables, « tout le quartier de Moulins-Lille est rasé il y a 600 immeubles de démolis, 2000 victimes civiles et 300 soldats boches, tout cela demande confirmation bien entendu mais c’est le bruit qui coure ».Le 1er avril 1916 il écrit : « nous sommes de nouveau au repos et tu as dû lire la citation de tous les automobilistes du front de Verdun ». Le 19 mai 1916 il écrit (Motocycliste 551 T. M. Convois auto B.C.M. Paris) : « Pour le moment nous sommes très surmenés avec cette sacrée bataille de Verdun qui n’en fini pas, qui est très fatiguant pour nous car il faut marcher jour et nuit pour le transport des munitions ».Nous ne détaillons pas l’intégralité de la correspondance. En juillet 1916, il raconte que des « nuées d’avions sillonnent continuellement le ciel nuit et jour et les boches ne peuvent plus monter leurs saucisses car on les abat aussitôt ». Le 216 octobre 1916 il évoque un tuyau de l’Intendance anglaise prétendant que Lille sera repris pour la fin du mois. « Contrairement à ce que je t’avais dit, au lieu d’aller dans l’infanterie, c’est pour les tracteurs d’artillerie, ou dans les « Tancks » (crème-de-menthe ») et on relèvera jusqu’à la classe 1902. En novembre « j’ai bien peut d’être expédié à Salonique, car en ce moment c’est une vraie pétaudière ». La dernière lettre du temps de guerre date du 21 août 1917
Passionnant ensemble, à analyser en profondeur. Prix de l'ensemble, non séparable.
Edition originale de ce «virulent libelle cotre l’arbitraire de la justice de son temps» écrit par Mirabeau au donjon de Vincennes. Hambourg, 1782. 2 tomes en 1 volume in-8 de xiv pp., (1) f., 366, (2) pp., 237 pp., mouillure dans la marge sup. des pp. 1 à 17 de la seconde partie. Plein veau marbré, filet à froid autour des plats, dos lisse orné, tranches rouges. Reliure de l’époque, mors et coiffes frottées. 195 x 125 mm.
Edition originale du virulent ouvrage de Mirabeau écrit pendant sa détention au donjon de Vincennes et s’élevant contre le despotisme. Graesse, IV, 535; Einaudi 3932; Cioranescu 45191; Conlon 82; Bûcher 573. Mirabeau (1749-1791) est le fils de l’économiste Victor Riquetti de Mirabeau. Homme politique français, il est l’un des personnages les plus marquants de la Révolution et l’orateur de plus brillant de l’assemblée constituante. Il a des relations très difficiles avec son père et mène une vie de débauche où il accumule de nombreuses dettes. Pour le soustraire à ces dernières, il sera enfermé par lettres de cachet en prison sur demande de son père à plusieurs reprises. Après avoir interpelé son père et le Roi sur son sort de détenu, tous deux restés muets, Mirabeau rédigea cet essai qui analyse l'iniquité et dénonce le pouvoir arbitraire. Il fustige dans la seconde partie «le bon plaisir» et instruit les procès de Richelieu et de Louis XIV, en qui il voyait les fossoyeurs de la monarchie. L’ouvrage eut un grand retentissement à l'époque. L’ouvrage composé durant les 4 années d'incarcération de Mirabeau à Vincennes, est un réquisitoire contre la justice arbitraire et le pouvoir. Il débute par une histoire du droit pénal français, et poursuit sur l'organisation de l'administration pénitentiaire à la fin de l'Ancien Régime, qu'il dénonce violemment. Mirabeau est donc emprisonné au donjon de Vincennes de 1777 à 1780. Il y rencontre Sade, qui y est enfermé à la même époque. Il y écrit beaucoup: des lettres, notamment à Sophie de Monnier, publiées en 1792 sous le titre de Lettres à Sophie, chef-d’œuvre de la littérature passionnée, ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, Les Lettres de cachet et des prisons d’Etat, mais aussi une œuvre érotique particulièrement crue. Des Lettres de cachet et des prisons d'État sera publiée en 1782. «‘Des Lettres de cachet’ n’est pas seulement une éloquente protestation contre le despotisme, un plaidoyer chaleureux en faveur de la liberté individuelle, mais encore un véritable travail d’érudition rempli d’exemples historiques, et qui suppose d’immenses lectures». (Barbier). « C'est par l'histoire et par la raison que Mirabeau combat les détentions arbitraires ». (P Negrin) « Des Lettres de cachet mérite de grands éloges. Les principes du droit naturel, base de toute société et de toute civilisation, y sont exposés et développés avec autant de force que de netteté. Mirabeau s'y montre déjà grand publiciste et l'écrivain y fait pressentir l’orateur. » (A. de Montor). « Cet ouvrage, nouvelle dénonciation du pouvoir arbitraire, plaidoyer en faveur de la liberté individuelle, défense de la justice et de l'humanité contre le despotisme, eut un tel retentissement à l'époque, que Vergennes demanda à la Prusse d'arrêter la publication de cet écrit licencieux, de le saisir et de détruire le manuscrit... » (H. Auréole, Bibliographie sur Mirabeau).
LE JARDIN DES MODES. MARS-AVRIL 1950. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 90 pages. Nombreuses illustrations en couleurs et noir et blanc dans et hors texte.. . . . Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
Revue officielle du salon des arts ménagers. Sommaire : Avant-première au salon des arts ménagers, Ménagère mais par Marcelle Auclair, Ménagère mais Mimi pinson par P. Dedeban, Ménagère mais artiste peintre, Ménagère mais toujours pressée, Ménagère mais souriante, Ménagère mais attrayante par Suzanne Berçot Classification Dewey : 70.49-Presse illustrée, magazines, revues
WALCKENAER, Baron Charles Athanase [ Homme Politique ; Historien ; Géographe ] ; DENTU, Gabriel-André [ Imprimeur ; Editeur ]
Reference : 44282
(1811)
34 pp. manuscrites rédigées par Walckenaer, 2 pp. par Dentu et 2 pp. d'un auteur inconnu (nom indéchiffrable) Descriptif complet fourni sur demande : 1 L.A.S. du Libraire Gabriel Dentu datée du 29 Avril 1811, 2 pp. [copie par lui-même ou projet de lettre adressées à l'Empereur Napoléon Ier ] "Sire, Permettez à l'un de vos sujets de réclamer votre attention sur une affaire d'un genre tout à fait nouveau dans la République des Lettres. Le nommé Malte-Brun, Danois, accueilli en France, n'a reconnu cette hospitalité qu'en insultant les Savans français et en les dépouillant des fruits de leurs travaux. J'ai réuni dans le petit ouvrage que je remets à Votre Majesté les preuves irrécusables des nombreux plagiats de cet étranger. Je demande à votre Majesté qu'elle veuille bien lui donner l'ordre que je puisse répondre aux attaques de cet homme, dans le Journal de l'Empire. Je saisis cette occasion pour remettre à votre Majesté un exemplaire d'une nouvelle édition des Poésies d'Officier : c'est le Chantre des Braves" ... "Agréez, Sire, les sentimens respectueux du plus fidèle et du plus dévoué de vos Sujets". / 1 L.A. par Walckenaer datée du 29 Mai 1811, 2 pp. avec adresse de Dentu Libraire, rue du Pont de Lodi n°3 : "J'irai voir Mr. de Vandebourg, c'est un homme aimable et franc que j'aime beaucoup, un véritable littérateur". ... "J'espère peu de M. Guizot - voici pourquoi : il est l'entrepreneur d'une Journal d'éducation qui commence, il a besoin du Journal des Débats. Voilà la cause de la résistance que vous éprouvez dans M. Etienne. ... Mais c'est égal, réimprimez votre brochure et répandez là, elle fera tête à tous les journaux et les discréditera parce que les journaux des départements et les journaux étrangers seront pour vous. ... Il est vrai que pour faire tranquillement ma Turquie je pense à aller passer sept ou huit jours à la campagne... " / 1 L.A. par Walckenaer adressée à Monsieur Dentu, s.d., 2 pp. : "Vous êtes un étourdi et je vous renvoye encore la copie de l'Empire Birman que vous aviez pris hier. Il y a plus de trois semaines que je vous ai observé qu'il y avait une lacune. C'est probablement les feuillets moeurs langues que Mr. Langles aura gardé" ... "Je suis désolé de l'affaire de St **** une gazette aussi ridicule et un rédacteur qui l'est autant ne peut que relever votre ennemi et vous faire du tort, ainsi qu'à votre cause. Malte Brun sera enchanté de telles attaques et fera de jolies plaisanteries. Je crois à toutes les bontés du ministre pour vous excepter à celle de vous ouvrir une seule fois [ souligné ] le Journal de l'Empire, voilà bien pourquoi je me garderai bien de perdre mon tems à préparer une réponse. ... Qu'on nous ouvre seulement tous les autres journaux pour réponses, répliques et répliques de répliques ... sera beaucoup". / 1 document de 6 pp. manuscrites par Walckenaer, s.d. intitulé : "Suite du tableau des nouveaux plagiats de Malte-Brun". Document divisé en deux colonnes opposant le T. 3 du "Précis de la Géographie Universelle de Malte-Brun" au T. 5 de la traduction française de Pinkerton dans l'édition de 1804. Walckenaer y relève notamment un passage de Malte-Brun le mettant lui-même en cause pour une traduction trop ingénieuse et il commente en regard : "tout cela paraît bien curieux à imprimer". / Importante L.A. de 2 pp. et 2 lignes par Walckenaer, s.d. : "Etant aussi peu aidé que vous l'êtes par les journaux, il n'y a pas de doutes que votre brochure ne sera pas assez répandue" ... "Non seulement votre idée pour l'Empereur est bonne mais vous devriez faire une pétition au Grand Maître de l'Université pour obtenir un règlement qui exclut les écoles des livres où le plagiat est ainsi aussi évidemment constaté. Au ministre de la Police pour qu'il écrive aux Journaux de ne pas faire l'éloge de pareils livres" ... "Au Ministre de la Justice et à la Commission du Sénat pour la liberté de la Presse pour solliciter une loi à ce sujet"... "N'oubliez pas d'en envoyer à Biquet deux exempl. Tous ceux qui aiment la géographie vont chez lui. Envoyez en aussi à Monsieur le Comte Estève, à M. Daru et au Grand Chambellan qui a le département de la Bibliothèque dans la maison de l'Empereur. N'oubliez pas le Prince Berthier et sa soeur qui demeure rue Royale n° 3. Envoyez en aussi à De Wailly les autres proviseurs et les chefs de maison d'éducation à Paris. / 1 document autographe de 6 pp. par Walckenaer, s.d. intitulé : "Projet de pétition pour le Ministre de la Police". "Excellence, un des plus grands bienfaits de votre ministère est de prévenir, de punir, et d'arrêter les délits ténébreux que les lois n'ont point prévues. Qu'il me soit dont permis de dénoncer à votre Excellence un brigandage auquel elle peut seule mettre un terme..." ... "Voici les faits : Le Sieur Malte-Brun, danois, depuis six ans copie des pages et des volumes entiers d'un ouvrage que j'ai acquis et que j'ai payé. Il en a fait d'anciens ouvrages qu'il a vendu à un librairie nommé Tardieu. Il en a composé encore très rapidement et très facilement un nouvel ouvrage qu'il a vendu au Sieur Buisson. Ces fragments de livres réimprimés dans un ordre différent sont vantés dans le Journal de l'Empire et dans tous les autres journaux. L'ouvrage original au contraire, qui a été payé par moi très cher est critiqué presque tous les jours avec acharnement et ceux qui y ont travaillé sont non seulement critiqués mais même mentionnés avec des termes injurieux et méprisants. Et cependant, ce sont des Membres de l'Institut et d'autres gens de lettres aussi recommandables par leur moralité que par leurs talents". ... "Je suis ruiné pour avoir été utile à mon pays en dénonçant des délits également nuisibles à la gloire nationale..." ... "Je demande donc à Votre Excellence justice pour le passé et protection pour l'avenir". / 1 document autographe de 4 pp. par Walckenaer, s.d., [ Brouillon de lettre à Son Excellence le Duc de Rovigo, Ministre de la Police Générale ] / 1 document autographe de 4 pp. in-4 par Walckenaer : [ brouillon de lettre à une Excellence anonyme, peut-être Charles-Guillaume Etienne, Censeur général de la Police et Rédacteur du Journal de l'Empire : "Voilà ce que j'ai griffonné. Votre brochure fait effet, ne vous découragez pas. ... N'oubliez pas M. de Fortia rue de la Rochefoucauld. ... et François de Neufchateau, mon voisin..." ] "Excellence, on s'est armé d'une de vos décisions pour exclure de toutes les institutions publiques un livre qui leur avait été précédemment recommandé, mais on avoulu chercher à le flétrir sous le prétexte qu'il était désapprouvé par vous dont l'opinion est si importante et exerce un si grand empire sur tous ceux qui cultivent les lettres".... etc. / 1 L.A. par Walckenaer, s.d., 1 p. avec adresse de Dentu Libraire, rue du Pont de Lodi n°3 : "Je vous envoye votre brouillon de lettre au ministre. Vous ferez très bien d'écrire toutes ces lettres ou pétitions et de les faire appuyer. Mais tout le monde dit que pour une chose aussi bien faite et aussi décisive vous ne l'avez pas tiré en assez grand nombre et que vous n'avez pas assez répandu cela". Lettre faisant manifestement référence à l'un des brouillons décrit ci-dessus. / 1 L.A. par Walckenaer, s.d., 1 p. in-folio adressé à Dentu :"Tout le monde est d'avis, et surtout Monsieur de Se [ Sevelinges ] que vous adressiez des pétitions aux ministres et surtout à celui de la police et à celui de la justice." ... Ne vous endormez pas auprès des puissans. Tâchez s'il est possible de gagner M.r Ett. le censeur des Débats. Consultez vos almanacs pour voir si vous n'avez pas oublié d'envoyer à de certains personnes qui l'attendent lorsque d'autres du même corps ou du même rang en ont reçu"... / 1 L.A. par Walckenaer, s.d., 2 p. in-folio adressé à Monsieur Dentu Imprimeur Librairie rue du Pont de Lodi : "Ne perdez pas un instant. Ditez que si vous n'avez pas réclamé plut tôt, cela vient de ma répugnance à cet égard. Plaignez vous de moi comme un homme apathique pour tout autre choe que pour le travail et ne se souciant de rien de ce qui se passe hors de son cabinet."... / 1 L.A. par Walckenaer, s.d., 2 pp. in-12 adressé à Dentu : "Comme je ne travaille que pour vous et qu'il est instant que je finis votre abrégé, je croirai vous voler votre temps que de l'employer à une révision que tout autre peut faire mieux que moi" ... "En comparant avec le Pinkerton, il vous sera facile de trouver ces fautes. Je vous engage aussi à relever les corrections de l'errata .... comme Malte-Brun a copié un exemplaire de la première journée, ... on pourra ajouter peut-être ajouter à cela quelques petits mots où l'on observera cela ". / 1 document autographe de 3 pp. in-4 par Walckenaer : [ adressé à Dentu qu'il exhorte au combat ] : "Je vous renvoye la lettre d'Etienne et une réponse" [ voir ci-dessus ]. " ... ce qui me désole c'est que vous n'ayiez pas répandu déjà les six mille exemplaires". ... / 1 document autographe de 1 pp. in-4 par Walckenaer [ Projet de lettre pour les présidents des trois "Classes" de l'Institut, langue, histoire, beaux-arts ] / 1 lettre manuscrite d'auteur non identifié, 2 pp. 1/2, s.d., destinée aux Rédacteur du Journal de Paris : "Messieurs, Les deux lettres que je vous ai envoyées ont excité la bile de M. Malte-Brun et ont donné lieu de sa part à une réclamation insolente..."
Ce dossier est remarquable par la force du style et la précision des conseils donnés par Walckenaer au librairie Gabriel Dentu. L'affaire du plagiat par Malte-Brun de la Géographie de Pinkerton abrégée par Walckenaer et publiée par Dentu défraya la chronique littéraire et fut l'occasion de combats littéraires (Dentu imprimera notamment dans ce but les 140 pp. d'un ouvrage intitulé "Moyen de parvenir en littérature" !) et juridiques épiques. Les présents manuscrits de Walckenaer ne sont jamais signés ; mais lui seul pouvait être l'auteur de tous ces textes puissants et informés, et la vérification de sa graphie confirme l'attribution sans aucune équivoque. Les stratégies élaborées par Walckenaer pour son ami Gabriel Dentu n'obtiendront peut-être pas tout le succès espéré, mais elle révèle l'homme d'une intelligence supérieure, familier des puissants du temps et des rapports de pouvoir.