CulturesFrance éditions, 2001, grand in/8 broché, 111 pages. Illustrations en noir. Laurent Greilsamer : un poète en armes : Paul Veyne : la puissance et la grâce.
Reference : 32235
ISBN : 9782353120192
"La collection «Auteurs» présente des écrivains et des penseurs majeurs de langue française. Chaque ouvrage est confié à un ou plusieurs spécialistes et comporte un cahier iconographique et une bibliographie."
Librairie ancienne Philippe Lucas
M. Philippe Lucas
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Hommage aux résistants et amis de Céreste Céreste, (octobre) 1944. 2 tirages argentiques noir et blanc (11,5 x 70 mm) contrecollés sur 1 carte (130 x 160 mm). Tirages originaux, légendés par René Char, au milieu des habitants de Céreste. Envoi signé au verso : « À Max-Pol Fouchet, affectueusement, René Char », avec note autographe « Céreste, basse Alpes, à la Libération, Été 1944 (retour d'Alger). »
Le premier cliché présente René Char en blouson américain Field Jacket M-41 orné des galons de capitaine et d'un insigne en tissu de parachutiste de la R.A.F. en compagnie des Ginoux, le cantonnier du village et sa mère à laquelle, « craignant une perquisition, [il] demanda un jour [...] de cacher des codes et autres documents importants sous ses jupons » (René Char, Bibliothèque nationale, p. 76). Le poète l'a légendé de sa main : « ces trois-là se comprenaient... » L'autre photographie, prise le même jour et toujours à Céreste, le présente sous le même uniforme, parmi un groupe de villageois et de quelques gendarmes avec cette autre légende, toujours de sa main : « un rocher de braves gens ». La jeune fille qui porte une robe à carreaux et se tient au premier rang est Mireille Sidoine, la fille, âgée de onze ans, de Marcelle Sidoine-Pons, la « renarde » des Feuillets d'Hypnos en son poème 222. René Char, en octobre 1944, vient de rentrer d'Alger, où il avait été appelé le 15 juillet par l'état-major interallié pour préparer le débarquement de Provence qu'il regagne en septembre, affecté au bureau liquidateur de la Section des atterrissages et des parachutages (Sap). Enfin au grand jour, il peut regagner Céreste et revoir ceux qu'il aura tant cotoyé, dans la clandestinité, depuis 1941. Ces clichés sont pris par Irisson, le photographe ami de Char, dans le but de tourner un film documentaire sur la Sap et le maquis de Céreste - un projet qui n'aboutira pas. Ces planches, René Char les offre à celui qui aura sans doute le mieux « résisté par les Lettres» à l'étranger : Max-Pol Fouchet, rencontré à l'été précédent à Alger. Ces photographies auront probablement été offertes par René Char à Max-Pol Fouchet en même temps qu'un grand portrait dédicacé au « Sourcier de Fontaine», au moment où ce dernier prépare la publication des premiers extraits des Feuillets d'Hypnos, qui paraîtront dans la revue Fontaine, en octobre 1945. Char, BnF (n° 100, reproduite) ; une autre épreuve identique fut offerte à Adrienne Monnier, en 1949 (Vente Boisgirard, Paris, 1998, n° 66, reproduite). D'autres épreuves sont connues, Irisson en ayant tiré plusieurs autres à partir de 1945, dans des formats plus grands (100 x 170 et 120 x 180 mm), mais elles sont postérieures aux épreuves strictement d'époque, comme celles que nous présentons ici, plus petites, qui constituent les tirages originaux.
Exemplaire et reliure de rêve pour Rêves d'encreManuscrit autographe et dessins originaux. Paris, José Corti, (septembre) 1945. 1 vol. (170 x 250 mm) de [23] f. (manuscrits et dessins), 16 p. + suite. Buffle paille, plats évidés, ornés d'une pièce irrégulière d'ébène blanc reliée de part et d'autre d'une étroite bande d'ébène réhaussée de rivets dorés, titre à l'œser brun en long, gardes de chèvre velours assorties, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées (reliure signée de Renaud Vernier - E.D. Claude Ribal, 2025). Edition originale. 24 compositions de José Corti, plus une formant la couverture. Exemplaire unique, conservé par José Corti, imprimé nominativement pour son fils avec la mention : « Exemplaire imprimé pour Dominique Corticchiato ». Montés en tête, tous les manuscrits originaux signés des auteurs ayant servi à l’édition, ainsi que les compositions originales à l’encre de José Corti et des tirages d’essai annotés de sa main.
L'exemplaire contient notamment : le manuscrit autographe signé de Paul Éluard, Temps anciens, temps bénis (1 f.), avec la lettre autographe signée de José Corti à Éluard, datée du 15 mai 1945 ; le manuscrit autographe signé de René Char, La Lune rouge et le géranium noir (2 f.), avec deux lettres autographes signées de Char à Corti, datées des 8 et 24 août 1945 ; le manuscrit autographe signé de Julien Gracq, Éclosion de la pierre (1 f.) ; le manuscrit autographe signé de Gaston Bachelard, Une rêverie de la matière (4 f.) ; enfin 20 dessins originaux de José Corti et des tirages d'essai annotés au verso. Ainsi constitué, l'exemplaire n'est pas seulement un exemplaire enrichi : il est le dossier génétique presque complet du livre, demeuré dans les archives de l'éditeur. Imprimé spécialement pour son fils, cet exemplaire fut conservé par Corti dans ses archives où se trouvaient tous les manuscrits des textes de ce livre, ses propres dessins préparatoires et tirages d'essai ainsi que deux lettres de René Char relatives à ce projet éditorial. Dans cet ensemble, Corti garda aussi le brouillon de la lettre qu'il adressa à Paul Éluard, le premier auquel il pensa pour préfacer ses Rêves d'encre. Capitale, cette lettre à Éluard permet de restituer la naissance même de l'ouvrage : Corti songea d'abord à une simple présentation par Éluard de ses images, avant que Bachelard n'ait l'idée d'élargir le projet et que soient sollicités René Char et Julien Gracq. Surtout, elle s'achève sur ces mots dont l'histoire, depuis, confère à l'exemplaire son caractère autant tragique qu'émouvant : «Votre acceptation de mon projet me ferait très plaisir à moi - et aussi à mon fils, lorsqu'il reviendra. Il aime autant Bachelard et Gracq qu'il voyait souvent qu'il a d'admiration pour vous. Et Char a été si gentil pour lui... cette réunion aurait à mes yeux l'air d'une manifestation d'amitié, suis tout vôtre, José Corti, 15. 5. 45». Ce livre est ainsi préparé dans l'attente du retour de Dominique Corticchiato, arrêté par la Gestapo le 2 mai 1944, déporté dans le dernier convoi du 15 août 1944, et qui ne reviendra pas. Plusieurs sources, à commencer par les Souvenirs désordonnés de l'auteur, évoquent ce qui s'est passé ce jour maudit du 2 mai. Elles sont depuis complétées par le travail d'enquête biographique d'Olivier Salon, qui a publié en 2016 François le Lionnais, le disparate (Othello) : l'histoire de Dominique Corticchiato se révèle plus précise et ses liens avec la Résistance - avec François Le Lionnais en particulier - permettent de prendre quelque distance avec le récit de José Corti. Accusé de légèreté voire d'inconséquence grave par Corti, François Le Lionnais aurait, selon l'éditeur, porté toute la responsabilité de l'arrestation de son fils. hors, Si, comme le souligne Olivier Salon, «L'affaire Le Lionnais/Corti ne sera jamais pleinement élucidée » il demeure avéré deux choses : Le Lionnais, résistant au lendemain de la démobilisation, s'est servie de la librairie Corti «qui était le siège parisien de son activité de résistant (sous couvert de revue de poésie), lui assurant l'utilisation du téléphone de l'arrière boutique (tout en laissant José Corti dans l'ignorance totale de cette activité)», or le réseau dans lequel évolue Le Lionnais, Marco Polo est aussi celui où entre précocement, le fils de Corti, Dominique. Enfin, les dates d'arrestations de l'un et de l'autre premettent de restituer la chronologie de ces douze mois entre avril et mai 1945 pendant lesquels Corti va espérer sans relâche retrouver son fils : François Le Lionnais sera arrêté le 29 avril 1944 par la Gestapo, soit trois jours plus tôt que Dominique Corti et Nicole Corti, sa mère. Laissons à nouveau la parole à Olivier Salon dont le récit factuel suffit à dire l'insoutenable douleur de José Corti et de son épouse : «François Le Lionnais, Dominique Corti et Mme Corti sont envoyés à Fresnes durant trois mois, jusqu'au 15 août 1944. Le Lionnais est torturé, mais ne parle pas (selon ses dires, nous n'avons pas d'autre source). Il sera déporté dans le dernier convoi, celui du 15 août 1944, en même temps que Dominique Corticchiato [...]. On les retrouve ici tous les deux, dans la liste des déportés du tragique «dernier convoi». Mme Corti, quant à elle, sera liberée et rejoint son époux le 17 août 1944. François Le Lionnais survivra jusqu'à la libération des camps, et rentrera à Paris le 3 mai 1945, deux jours avant la lettre de Corti envoie à Eluard et dans lequel il espère encore. Il ne le sait pas, mais Dominique Corti ne reviendra pas. Éluard rendra hommage au fils de José Corti : son nom figure dans la litanies des poètes disparus pendant la guerre qu'Éluard pleure : « Éternité de ceux que je n'ai pas revus.» Le poème paru dans les colonnes des Lettres françaises (8 septembre 1945), avant de paraître dans le recueil Au rendez-vous allemand. Éluard avait signé, en 1943, une préface au texte de Horace Walpole Le Château d'Otrante, traduite par Dominique Corticchiato. Le volume garde aussi la trace, à l'état presque pur, d'un moment très particulier du milieu littéraire français : celui de l'immédiat après-guerre, où se retrouvent, autour de Corti, des amitiés anciennes, nouées bien avant 1940 et éprouvées par l'Occupation. Le rapprochement d'Éluard, de Char, de Gracq et de Bachelard autour d'un livre d'images a quelque chose d'exceptionnel qui dit assez la place singulière de José Corti dans cette constellation. Que l'éditeur ait souhaité offrir ce livre à son fils, qui admirait précisément tous ces écrivains, donne à cette réunion une intensité supplémentaire. Si Éluard et Corti se retrouvent en 1945 pour publier Rêves d'encre, l'établissement des « listes noires » successives d'écrivains ayant collaboré par le Comité national des écrivains, où Éluard et Aragon se montrent parmi les plus intransigeants, conduira à leur rupture. Par suite d'une demande de Maurice Chapelan, inscrit sur ces listes, puis écarté par Aragon, de la publication dans une anthologie d'un texte d'Éluard édité par Corti, ce dernier adresse au poète ce mot malicieux : « Je ne savais pas qu'Aragon tenait boutique de blanchisserie ». Ce mouvement d'humeur sera fatal à leur amitié : « je téléphonai trois ou quatre jours plus tard, racontera Corti. «Je suis justement en train de vous écrire, me dit Éluard car vous m'avez fait beaucoup, vraiment beaucoup de peine attaquer Aragon, c'est m'attaquer moi-même ». Je tombai, comme on dit, de haut. Sa lettre me parvint. J'y lus ce dont il m'avait téléphoné l'essentiel. Ce n'est que plus tard, beaucoup plus tard, que je compris qu'il s'agissait, en fait, et sans que rien ne le laissât deviner, d'une lettre qui devait être la dernière et devait dater la fin de notre amitié » (ibid., p. 102). Corti, bien plus tard, se rendra propriétaire d'une des versions autographes de Poésie et Vérité 1942, acquise auprès du libraire Lucien Scheler : un ultime repentir autant qu'un hommage envers un compagnon de route des années surréalistes puis des années de guerre. La conservation de Rêves d'encre dans sa bibliothèque, souvenir le plus concret de la présence de son fils, confère à cet exemplaire une valeur presque déchirante, qui n'est plus seulement que le plus bel état possible de Rêves d'encre : un mémorial privé, élaboré au moment même où l'éditeur espère encore, puis garde auprès de lui ce qui devait devait accueillir son fils disparu.
L'Isle-sur-la-Sorgue 2 novembre 1947 | 21 x 26.90 cm | 1 page sur une feuille
Lettre autographe signée de René Char de 11 lignes écrites à l'encre noire. Pliures inhérentes à l'envoi postal. René Char écrit cette lettre à René Wintzen, ancien rédacteur en chef de Documents,revue des questions allemandes. René Wintzen commence alors à faire paraître une revue littéraire, Vent debout, dont il a envoyé à Char un exemplaire. Le poète l'encourage et lui dit de persévérer tout en « discriminant le bon grain de l'ivraie ». René Char s'excuse de ne pas avoir de texte achevé à lui fournir : « je le regrette. J'écris peu et ne suis qu'accessoirement poète ! ». Cette mise en avant d'une écriture rare correspond à l'idée que René Char se fait de la poésie et qu'il oppose au travail prôné par Valéry. René Char écrit peu et se soumet aux exigences de la poésie : « Je ne triche jamais. Il m'est arrivé d'attendre six mois un mot ou une formule [...]. C'est l'exigence de la poésie. Une exigence absolue. Aucun mot n'est gratuit. » (entretien entre René Char et Édith Mora, Nouvelles littéraires, 1965). L'auteur montre également une distanciation vis-à-vis de la poésie en cette fin de décennie. En effet, Char expérimente alors des genres nouveaux : il s'essaie au ballet avec La Conjuration en avril 1947, mais aussi au théâtre avec Le Soleil des eaux, à la musique en compagnie de Boulez, et enfin au cinéma. Il ne quitte toutefois jamais la poésie et publie la même année Le Poème pulvérisé. La modestie de Char quant à son statut de poète exprime bien l'assujettissement de l'artiste à l'exigence de la poésie. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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GLM | Paris 1936 | 12.50 x 17 cm | broché
Édition originale, un des 100 exemplaires numérotés sur vélin, le nôtre non justifié, seuls grands papiers après 15 Japon. Ouvrage illustré, en frontispice, d'un dessin de Salvador Dali. Précieux envoi autographe signé de Paul Eluard à René Char?: «?Exemplaire de mon ami René Char. Paul Eluard.?» * C'est en 1929 que René Char découvre les vers de Paul Eluard.Subjugué, le jeune poète islois de vingt-deux ans décide de lui envoyer un exemplaire de son recueilArsenal sur lequel il rédige cette dédicace?: «?à Paul éluard enfin. L'Isle, 17 septembre 1929.?» Son aîné lui répond avec bienveillance quelques semaines plus tard?: «?Cher Monsieur, n'est-il pas possible que nous nous connaissions mieux?? Ne pensez-vous pas venir à Paris?? Je serais heureux de vous dire combien j'aime vos poèmes tout ce si beau livre.?» Le jeune Char est exalté et part pour la première fois rencontrer son «?frère de substitution?» (Laurent Greilsamer,René Char, Perrin, 2012), puis prend rapidement la décision de venir s'installer à Paris auprès de ses nouveaux compagnons Aragon, Breton et Eluard et se range sous la bannière surréaliste. Eluard, abandonné par Gala qui le quitte pour Dali, propose à Char de venir vivre dans l'appartement de la rue Becquerel. Les deux célibataires engagent bientôt Odette, une jeune bonne pour le moins avenante?: «?Char apprécie ce service stylé et s'étonne cependant de la gentillesse appuyée de cette jolie brune. Un jour, il la prend dans ses bras. La jeune beauté lui sourit, se laisse faire et se révèle experte. Le soir, René raconte son aventure à éluard qui se fait servir le lendemain son petit déjeuner au lit et invite Odette à le rejoindre. Un trio provisoire se forme.?» (op.cit.) Char et éluard, devenus inséparables, partagent le goût de la fête et de la séduction frénétique et arpentent les boulevards parisiens en quête d'aventures. Ainsi, le soir du 21 mai 1930, font-ils la rencontre d'une comédienne et trapéziste sans le sou?: Nusch. «?Eluard décide de la ramener, tel un colis précieux, rue Becquerel. Mais il faudra toute l'amitié de Char et sa force de persuasion pour convaincre la jeune femme de rester afin de donner à Eluard le temps, tout le temps de s'éprendre.?». (op. cit.) Char joua ainsi le rôle de médiateur et permit à Eluard de conquérir le grand amour de sa vie, décédé prématurément en 1946 d'une hémorragie cérébrale. Malgré plusieurs brouilles passagères jamais pour les femmes mais toujours pour les idées les deux poètes entretiendront une relation amicale et intellectuelle forte jusqu'à la fin de la vie d'Eluard. «?Je suis vieux, René, par instants à force de ne plus aimer la vie. Je vis par devoir. Mais je t'aime profondément, comme je t'ai toujours aimé?: ne te choque de rien ; venant de moi, tout est pour moi affection et admiration. [...] Quelle preuve de plus peux-tu en avoir que je te dise que tu es le seul homme à qui je pourrais avouer ce grand vide que je porte en moi et devant qui je pourrais pleurer autant que j'en ai toujours envie.?» - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
Supplément au n° 76 de la revue marseillaise SUD, paru après la mort de René Char, avril 1988. Plaquette in-8° agrafée. 20 pages. E.O. Propre.
Textes - surtout des poèmes - en hommage à René Char de Max Alhau, Gabrielle Althen, Simon Brest, Yves Broussard, Pierre Dhainaut, Jean Digot, Hughes Labrusse, Jacques Lepage, Daniel Leuwers, Jacques Lovichi, Benito Pelegrin, Gaston Puel, Jacques Phytilis, Dominique Sorrente, Jean-Max Tixier, André Ughetto. Sur les deuxième et troisième plats sont reproduits sept dédicaces autographes de René Char à certains de ces poètes régionaux.