Camille Doucet et Abraham Dreyfus - Dossier croisé de 5 lettres, 3 cartes et 2 brouillons - Affaire de censure de Thermidor de Sardou et différend à la Société des Auteurs - 1891 Ensemble de 5 lettres autographes signées de Camille Doucet, secrétaire perpétuel de l'Académie française, à en-tête « Institut de France », accompagnées de 3 cartes de visite autographes et de 2 brouillons autographes du dramaturge Abraham Dreyfus, auteur notamment de Scènes de la vie de théâtre (Calmann Lévy, 1880). La pièce centrale du dossier est la lettre du 21 janvier 1891, dans laquelle Doucet, président de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, s'explique après avoir été mis en minorité en commission : « Mes sentiments n'ont pas été partagés par la Commission. Je m'incline. La majorité doit toujours avoir raison. Comment ai-je pu vous faire de la peine ! » Cette lettre s'inscrit dans le contexte de l'affaire de censure de Thermidor de Victorien Sardou, pièce créée à la Comédie-Française le 24 janvier 1891 et interdite quelques jours plus tard sur ordre du gouvernement, provoquant une intervention de Georges Clemenceau à la Chambre des députés le 29 janvier 1891. Le brouillon de Dreyfus répond directement à cette lettre du 21 janvier 1891 : il contient la phrase « mettons donc ce malentendu sur le compte de Robespierre ou de Danton, à votre choix », écho explicite et daté à l'épisode Thermidor. Ce dossier réunit ainsi les deux faces d'un même échange : la lettre d'excuses de Doucet et le brouillon de réponse de Dreyfus. Les autres lettres du dossier documentent la vie académique et théâtrale de Doucet sur la période 1887-1889 : Un remerciement pour un article de Dreyfus dans Gil Blas, accompagné de billets de théâtre pour lui et son épouse (28 mars 1887) ; Un billet d'entrée pour les obsèques d'Émile Augier, mort le 25 octobre 1889 (lettre du 27 octobre 1889) ; Le récit d'une séance de pose chez le portraitiste J.-B. Guth, qui juge son propre travail « détestable » et le refait (15 novembre 1889) ; Une lettre non datée (« Mardi ») où Doucet, après une demande de charité transmise à Dreyfus, s'inquiète de la circulation possible de son propre autographe et en demande la destruction, texte à l'ironie involontaire, puisqu'il a lui-même survécu jusqu'à cette vente. Le dossier comprend également des cartes de visite autographes de Camille Doucet, imprimées « Secrétaire Perpétuel de l'Académie Française - Palais de l'Institut », complétées de messages manuscrits : Une carte datée du 28 novembre 1886, recommandant chaleureusement un « spirituel collaborateur » à son correspondant, sur un ton badin (« Dites-lui qu'il n'est pas plus bête que vous, cela le flattera »). Une carte non datée, adressant des félicitations pour « un grand succès », cohérente avec une création théâtrale saluée par la critique. Un billet autographe bref, sans impression, fixant un rendez-vous . Dimensions : 13,6 x 21 cm pour les lettres ; 10,8 x 7 cm pour les cartes de visite ; 18 x 22,9 cm pour le brouillon de Dreyfus État : Bon état général, pliures d'archive d'usage, quelques légères rousseurs et salissures marginales sans atteinte au texte. Voir photos pour plus de détails Nombre de documents : 9 documents Envoi soigné dans un carton rigide et étanche.
Reference : boz_007060
L'Art Délivré
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