Raoul Dautry. Lettre dactylographiée signée à Thierry Maulnier, Reconstruction de la France et permis de construire, 1945 Très intéressante lettre dactylographiée signée de Raoul Dautry, adressée à Thierry Maulnier, datée du 6 Octobre 1945, à Paris. Rédigée sur deux feuillets de papier vélin. Papier à en-tête officiel du ministère. Dans cette longue lettre de trois pages, Dautry répond à une chronique de Maulnier parue la veille dans Le Figaro (« Le Visage de la France »). Il y développe une réflexion structurée sur les enjeux esthétiques et civiques de la Reconstruction, la tension entre liberté individuelle et intérêt collectif, la nécessité d’un permis de construire, le rôle des architectes et urbanistes, et la protection des paysages et du patrimoine. Le propos, ferme mais argumenté, éclaire la doctrine administrative et culturelle mise en place à l’immédiat après-guerre. Il justifie l'obligation du permis de construire non comme une entrave, mais comme un rempart contre le « dévergondage anarchique » des constructions d'avant-guerre. On y trouve une charge célèbre contre les erreurs de goût : il refuse les « maisons de style basque en Ile de France » ou les « chalets normands en Provence » . Dautry affirme que la liberté individuelle ne doit pas nuire à l'intérêt collectif ni enlaidir le paysage français, qu'il considère comme un patrimoine national. Cette lettre s’inscrit dans le contexte immédiat de la Libération et de la Reconstruction de la France, alors que le pays fait face à des destructions massives, à une pénurie aiguë de logements et à la nécessité de repenser durablement l’aménagement du territoire. Nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme en novembre 1944, Raoul Dautry joue un rôle central dans la mise en place des premières grandes orientations de la politique urbanistique de l’après-guerre. Ancien ingénieur et administrateur des chemins de fer, il défend une approche rationnelle, planifiée et culturellement exigeante de la reconstruction, où l’architecture et l’urbanisme deviennent des instruments d’intérêt général. Le destinataire, Thierry Maulnier, intellectuel influent et chroniqueur au Le Figaro, incarne alors une voix critique attentive aux enjeux esthétiques, moraux et civilisationnels de la France renaissante. Cet échange illustre un moment clé du débat public de 1945, où se confrontent liberté créatrice, responsabilité collective et protection du paysage français, conçu comme un héritage commun à transmettre. Dimensions : 21 x 27,1 cm État : Voir photos et description pour plus de détails. Nombre de pages : 3 pages
Reference : boz_000201
L'Art Délivré
M. Jérôme Kayser
7 rue du Petit Locher
37230 Fondettes
France
07 82 69 98 28
Envoi soigné dans un emballage rigide et étanche. Satisfait ou remboursé. Si vous n'êtes pas entièrement satisfait, je reprends la marchandise avec retour à ma charge pour l'Europe et à la charge de l'acheteur pour le reste du monde.